Božidar Kantušer (Bozidar Kantuser) est un compositeur slovène né le à Pavlovski Vrh et mort à Paris le Relevé des fichiers de l'Insee.
Kantušer vécut en France à partir de 1950. Il est l'auteur d'œuvres de musique de chambre et de solos, d'œuvres de musique symphonique, de concertos et de ballets. Il fut le directeur de la Bibliothèque Internationale de Musique Contemporaine (BIMC). Il était marié avec l'artiste peintre américaine Grace Renzi. Kantušer était citoyen slovène et américain.
Biographie Božidar Kantušer est né le à la ferme de Pavlovski Vrh, dans la campagne du nord-est de la Slovénie. Il fut le premier des cinq enfants de Blaž Kantušer et de son épouse Katarina, née Hočevar. Le père, issu d'une famille paysanne des alentours de Celje, et la mère, issue d'une famille de forgerons de Kamnik, étaient tous deux employés à Ljutomer après la Première Guerre mondiale et vécurent à Pavlovski Vrh, non loin de Ljutomer de 1919 à 1929. Le milieu rural, le patrimoine culturel et la nature de sa région natale de Prlekija où il vécut ses sept premières années laissèrent une empreinte sur le compositeur. Les danses de masques d'origine païenne (Kurenti) et les roues de feu de la St Jean (Kresi) dont il fut alors témoin ouvrirent chez l'enfant l'univers fantastique, sujet auquel Kantušer dédia plusieurs œuvres - ainsi le ballet Nuit d'Été qui fait aussi appel à un autre souvenir d'enfance, celui de rythmes particuliers à certains labeurs paysans.
Kantušer fait sa première année scolaire (1928-29) à Ljutomer au terme de laquelle la famille déménage à Celje d'où le père était originaire et où il endosse un emploi au cadastre. Par ailleurs apiculteur, le père encouragea l'éducation musicale de tous ses enfants et Kantušer apprend le violon (et l'alto) de 1932 à 1940 à l'École de musique de Celje (Glasbena Matica Celje) avec Ivan Karlo Sancin. Sancin sut aussi partager sa connaissance de la lutherie et c'est grâce à lui que Joža, le frère cadet du compositeur deviendra par la suite luthier. L'affinité particulière de Kantušer pour les instruments à cordes naît ainsi de son expérience au sein de l'orchestre de Celje et de la pratique de la musique de chambre. C'est au cours de l'adolescence que se forme en lui le désir de s'exprimer et le besoin d'étudier la composition. Durant la seconde moitié des années 1930, il ira au lycée de Celje et prend aussi part au mouvement laïque scout. Les enfants Kantušer passent souvent les mois d'été au pied des Alpes, à Kamnik d'où était originaire la mère du compositeur.
En 1941, Kantušer doit fuir l'occupant nazi. Il quitte sa famille à Celje et se rend à Ljubljana pour y terminer le lycée. À Ljubljana, il rencontre le professeur de composition Srečko Koporc dont il commence à suivre l'enseignement. Agitateur, Kantušer sera arrêté par les fascistes en 1942 et déporté dans les camps de concentration pour Slaves, en Italie. À son retour de cet internement en 1943, il faillit succomber au paratyphus, mais il revoit Koporc à Ljubljana. En 1944, Kantušer rejoint les partisans, la résistance organisée par Tito. Après la Libération, il s'installe de nouveau à Ljubljana pour y poursuivre ses études chez KoporcL'éducation chez Koporc est sévère. Il dispense toutes les classes, et il est à jour des explorations de la Seconde école de Vienne.. Sa première œuvre date de 1946, une fugue à deux sujets, à laquelle il ajoute le prélude en 1948. Prélude et Fugue pour piano est la seule œuvre que Kantušer retint dans son catalogue pour cette époque, deux partitions pour orchestre étant introuvables. En 1947 il reçoit un visa pour étudier à Prague, mais il reste à Ljubljana et parachève ses études chez Koporc en 1948. Menant une vie d'étudiant de 1945 à 1950, il côtoie notamment le peintre Karel Zelenko avec lequel il partagera divers logements, mais il vécut aussi chez Koporc. En 1950, il se rend à Paris, muni d'un visa.
Au début des années 1950, il vit à Montparnasse et divers petits emplois se succèdent. Il côtoie le milieu artistique, se liant notamment d'amitié avec les peintres Pranas Gailius, Raphael Kherumian, Veno Pilon et Emil Wachter. En 1952 et 1953, Kantušer suit les classes d'Olivier Messiaen ainsi que celles de Tony Aubin et de Jean Rivier au Conservatoire de Paris. Il assiste par ailleurs au cours d'esthétique d'Étienne Souriau à la Sorbonne et prend aussi part à Darmstadt à la conférence Internationale Ferienkurse für Neue Musik. En 1953, avec Luc FerrariLuc Ferrari fait la création de Prélude et Fugue pour piano en 1953 et de Trois Bagatelles en 1954, à la Maison des Arts (Sorbonne)., Pierre Migaux et Yves Ramette il forme le Groupe 84Le but du Groupe 84 était de promouvoir la musique contemporaine par des concerts et des lectures. Il semble par exemple que la Sonate pour deux pianos et percussion de Béla Bartók ait été donnée en France pour la première fois lors d'un concert organisé par le Groupe 84.. La même année, il signe son premier quatuor à cordes et rencontre la peintre américaine Grace Renzi qui deviendra sa femmeTout au long de leurs carrières respectives, leurs œuvres sont en relation. La peintre et le compositeur traitent souvent du même "sujet", ainsi certainement dans les ballets, mais aussi avec Épaves ou "How long…".. Le couple s'installe rue de la Fontaine-au-Roi. En 1954 Kantušer signe sa première symphonie, la Symphonie de chambre. En 1955 naît un fils, Borut, et le Quatuor est créé. Faute de pouvoir faire renouveler son passeport yougoslave, Kantušer reçoit le titre d'émigré. En 1957, la famille déménage à Bordeaux, Grace Renzi y ayant obtenu un poste d'enseignante dans une école de l'armée américaine. Suivant cet emploi, les Kantušer déménagent à Fontainebleau en 1959, année de la signature du deuxième quatuor à cordes.
À Fontainebleau, vivant en bordure de forêt (Villa Bois Couvert), Kantušer renoue avec la nature, faisant de longues promenades. Au cours des années bellifontaines, le compositeur produit nombreuses pages symphoniques: le drame symphonique Sire Halewyn (1960), la Symphonie (1965), l'Ouverture de concert, le concerto pour violoncelle et celui pour flûte. En 1965, Roger Bourdin crée le concerto pour flûte qui est retransmis à la télévision (ORTF) dans une émission consacrée au compositeur. Le ballet Deux ImagesOutre Deux images, Kantušer écrivit plusieurs ballets: la Bête du Vaccarès, Nuit d'Été et Légende flamande. est créé à l'American Center. C'est dans la deuxième moitié des années 1960 que naît son amitié avec le chef d'orchestre Jean-Jacques Werner, l'organiste Georges Delvallée, et Marc Lombard, avec lesquels il aura des rapports professionnels tout au long de sa carrière. Le quatuor à cordes est créé, ainsi que la Symphonie et le drame symphonique Sire Halewyn. Trois Mélodies pour baryton et piano est enregistré pour l'ORTF. Lors de vacances, la famille prend régulièrement la route, visitant divers pays d'Europe. En été 1966, ils entreprennent un long voyage en bus à travers les USA, séjour au cours duquel Kantušer obtient la nationalité américaineKantušer eut par la suite la double nationalité, d'abord USA/Yougoslavie, puis USA/Slovénie.. Cela lui permettra par ailleurs, muni d'un passeport, de visiter à nouveau son pays de naissance. C'est aussi en 1966 que pour la première fois une de ses pièces (Évocations pour cor et piano) sera créée et enregistrée en Slovénie. Toujours en 1966, les Éditions musicales transatlantiques (EMT) éditent la Symphonie . En 1968, Kantušer devient l'instigateur et l'un des membres fondateurs de la B.I.M.C.. Dès lors son directeur, Kantušer consacre une partie considérable de son temps en cette fonction qu'il maintint pendant plus de trente ans (la BIMC porte de nos jours le nom de Bibliothèque Božidar Kantušer).
En 1970, Ouverture de concert est créé à Nice sous la direction de Jean-Jacques WernerJean-Jacques Werner créa et enregistra deux autres pages symphoniques de Kantušer au cours des années 1960., et Largo est créé à Trieste par le Trio Musica Rara. Le pianiste du trio est Leon Engelman avec lequel Kantušer entame une coopération professionnelle et une amitié durables. En 1971 les Kantušer quittent Fontainebleau et reviennent à Paris, habitant d'abord dans le quartier de la Bastille, puis rue de Rome, et enfin à la Cité des Arts où ils restèrent et où le couple fit beaucoup de connaissances. Par ailleurs, dans les années 1970, la famille passe souvent les étés à Grožnjan, y ayant rejoint une colonie estivale d'artistes qui font revivre ce bourg d'Istrie. Le compositeur y renouera notamment avec son ami Karel Zelenko. Les Éditions françaises de musique (EFM) éditent le concerto pour violoncelle, et en 1973, Kantušer signe la Symphonie . Prélude et Fugue pour orguePrélude et Fugue pour orgue parut sur un disque microsillon d'orgue contemporain par Georges Delvallée, un dessin de Grace Renzi figurant sur la couverture du disque. est créé par Georges Delvallée auquel sera aussi dédié "How long…" en 1974. En 1974/75, dans un effort de pluri-centralisation, Kantušer réussit à ouvrir un centre BIMC en SlovénieDans ce même effort Kantušer fut en pourparlers avec le Lincoln Center à New York. en collaboration avec la Bibliothèque nationale et universitaire slovène (NUK), à Kamnik, ce qui l'amena à souvent voyager entre la France et la Slovénie. En 1976, il révise la Symphonie et écrit Lettres à ma femme (pour piano). En 1977, les Éditions de l'association des compositeurs slovènes (EDSS - Edicije Društva Slovenskih Skladateljev) éditent Deux images, et il signe Coexistence ()Le titre "Coexistence" est sans doute à comprendre en relation avec le terme "symphonie". qui est donné à Opatija la même année. En 1978, il organise un concert de musique de chambre à la Cité des Arts (Salle Edmond Michelet) en avant-première du cycle de concerts intitulé "Compositeurs de notre temps". Toujours en 1978, la Suite pour percussions est donnée à Radenci, au Festival de musique de chambre du . Cette suite est choréographiée en 1979 par Majna Sevnik pour RTV SLO sous le titre Nuit d'Été (Kresna noč).