La bataille de Cérisoles a lieu le lors de la neuvième guerre d'Italie près du village piémontais de Cérisoles (actuelle ville de Ceresole Alba). Elle oppose les Français, parmi lesquels le jeune Gaspard II de Coligny, commandés par François de Bourbon, comte d'Enghien, aux troupes de Charles Quint commandées par Alfonso de Ávalos, marquis del Vasto. Jeremy Black observe également que (). dans lesquelles on retrouve notamment Rodolfo Baglioni, Charles Gonzague ou encore le prince de Salerne Ferrante Sanseverino, cousin de l'empereur Charles Quint et d'Alfonso de Ávalos.
Les combats () d'après le cinéaste américain Bert Hall., d'une durée inhabituelle, se soldent par une victoire française. Toutefois, malgré les pertes infligées à l'ennemi, les Français n'exploitent pas leur avantage, alors que Milan se trouve sans défense, comme l'a indiqué Blaise de Monluc. Elle constitue toutefois une victoire française décisive.
Le comte d'Enghien et le marquis d'Ávalos déploient leurs armées sur deux crêtes parallèles : du fait de la topographie du champ de bataille, les actions individuelles s'engagent sans réelle coordination. La bataille s'ouvre par plusieurs heures d’escarmouches et de tirs d'artillerie à l'efficacité douteuse, après quoi le marquis d'Ávalos donne l'ordre de marcher sur l'ennemi sur toute la largeur du front. Au centre, les lansquenets viennent au contact des mercenaires suisses au service de la France, et subissent d'énormes pertes. Au sud, l'infanterie piémontaise, harassée par les charges de la cavalerie française, ne se replie qu'à l'annonce que le centre allemand est enfoncé. Au nord, l'infanterie française se débande, le comte d'Enghien entreprenant une série de charges de cavalerie aussi coûteuses qu'inutiles contre les lignes austro-espagnoles, jusqu'à ce que celles-ci finissent par battre en retraite sous la menace d'enveloppement par les mercenaires suisses victorieux au centre.
Cérisoles est l'une des rares batailles rangées des dernières guerres d'Italie. Connue des historiens pour le combat à outrance qui suit le choc des arquebusiers et des piquiers au centre, elle témoigne de l'importance conservée par la cavalerie lourde dans des engagements désormais dominés par les fantassins armés d'arquebuses et de piques.
C'est par ailleurs à cette bataille qu'Imbert de La Platière, seigneur de Bourdillon (1524–1567), maréchal de France en 1564, se distingue.
Contexte François considérant que Charles Quint a rompu la trêve d'Aigues-Mortes en léguant le Milanais à son fils Philippe, la neuvième guerre d'Italie s'ouvre sur le siège de Nice, une opération combinée franco-ottomane en août 1543 ; entretemps, les forces impériales s'ébranlent depuis la Lombardie vers Turin, abandonnée aux Français lors de la guerre précédente en 1538. . .. Au cours de l'hiver 1543–44, les Français, menés par le capitaine Guigues Guiffrey, seigneur de Boutières, et les Impériaux du marquis d'Àvalos arrivent à une paix armée dans le Piémont.. Les positions françaises, centrées autour de Turin, sont bornées par quelques places fortes : Pignerol, Carmagnole, Savillan, Suse, Moncalieri, Villeneuve d'Aste, Chivas, et quelques autres ; Ávalos, de son côté, contrôle plusieurs forteresses alentour : Mondovì, Asti, Casal, Verceil, et Ivrée. Ávalos vient juste de s'emparer de Mondoví.. Les deux armées attaquent mutuellement leurs places frontières ; Boutières s'empare ainsi de San Germano Vercellese, près de Verceil, et met le siège devant Ivrée ; Ávalos prend Carignan, à seulement au sud de Turin, et entreprend d'y loger une garnison et d'en renforcer les fortifications. Oman, citant du Bellay, dit que les nouvelles fortifications comportent « cinq bastions, joints par de bons remparts, et un fossé profond »..
left|thumb|Portrait d'Alfonso de Ávalos, marquis del Vasto, en armure avec son page (huile sur toile du Titien, vers 1533). left|thumb| Portrait de François de Bourbon-Vendôme par Corneille de Lyon, vers 1540. Alors que les deux armées prennent leurs quartiers d'hiver, François relève Boutières de son commandement et nomme à sa place François de Bourbon-Vendôme, comte d'Enghien, un prince encore dépourvu d'expérience militaire.. Il dépêche en outre des renforts vers le Piémont : plusieurs lances, quelques compagnies de fantassins du Dauphiné et du Languedoc, et des piquiers de Gruyères. Les piquiers ne sont cette fois plus des mercenaires des Cantons suisses, mais sont recrutés par le comte de Gruyères parmi ses sujets ; Oman cite la description que Giovio donne de ces hommes .. En janvier 1544, Enghien met le siège devant Carignan, défendue par la garnison de Pirro Colonna. . Oman signale que cette garnison comportait les meilleures troupes du marquis d'Ávalos..
Les Français estiment que le marquis d'Ávalos sera forcé de porter secours à la ville assiégée, et qu'il est ainsi possible de le contraindre à une bataille rangée ; mais de telles batailles étant désormais jugées aléatoires, Enghien préfère dépêcher Blaise de Monluc auprès du roi pour faire approuver son plan . Oman rapporte que du Bellay, qui visiblement n'aimait pas Monluc, tait le nom de l'émissaire du comte, et évoque simplement ….
Apparemment, Monluc parvient à convaincre François (sous réserve, cependant, que les capitaines du comte d'Enghien approuvent l'attaque) contre les avis du comte de Saint-Pol, lequel observe qu'une défaite exposerait la France à une invasion par le marquis d'Àvalos au moment même où Charles Quint et Henri VIII d'Angleterre s'en prennent à la Picardie . La source essentielle sur la teneur du discours de Monluc au roi, et sur le débat qui suivit, est la propre autobiographie de Monluc ; Oman rappelle que si , dans la mesure où Monluc se voit toujours au centre de l'action, . Hackett donne une description semblable des événements (). Le fait qu'Enghien doive recueillir l'approbation de ses capitaines avant d'engager le combat est un détail donné par le seul du Bellay ; Monluc n'y fait même pas allusion.. Monluc, en retournant en Italie, amène avec lui une centaine de jeunes nobles volontaires, dont le jeune Gaspard de Coligny . Une liste complète des noms de ces chevaliers est donnée par du Bellay : on y relève les noms de Dampierre, Saint-André, Vendôme, Rochefort et Jarnac..
Ávalos, qui attendait l'arrivée d'une troupe de lansquenets expédiée par Charles Quint, se met en route d'Asti vers Carignan.. Son armée compte de à , parmi lesquels environ et mousquetaires, mais il n'a pu réunir qu'entre 800 et , dont moins de 200 forment la cavalerie lourde. . Ávalos admet la relative faiblesse de sa cavalerie mais considère qu'elle est compensée par l'expérience de son infanterie et le grand nombre d'arquebusiers dans ses rangs.
Enghien, prévenu de l'arrivée des Impériaux, laisse quelques troupes faire le blocus de Carignan et rassemble le reste de son armée à Carmagnole afin de barrer la route de Carignan à Ávalos.. La cavalerie française, qui surveille discrètement les mouvements de l'armée adverse, découvre que les Impériaux se dirigent droit sur les positions françaises. Le , Ávalos occupe le village de Ceresole Alba, à environ au sud-est des Français.. Les officiers d'Enghien pressent celui-ci d'attaquer immédiatement mais Enghien est déterminé à combattre sur le terrain qu'il a choisi. Le matin du , les Français quittent Carmagnole pour prendre position à au sud-est et attendent l'arrivée de l'armée adverse. Enghien et Montluc pensent que le terrain dégagé donnera à la cavalerie française un avantage significatif. L'armée française se compose d'environ à , 600 chevau-légers et de 900 à ; les deux armées ont chacune environ d'artillerie .. La bataille arrive à point nommé pour Enghien car ses mercenaires suisses menaçaient de rentrer chez eux s'ils n'étaient pas payés et l'annonce de la bataille imminente a permis de faire regagner le calme dans leurs rangs.
La bataille Ordre des troupes Les troupes d'Enghien prennent position sur une ligne de crête plus élevée au centre que sur les ailes, si bien que les deux ailes françaises ne peuvent se voir l'une l'autre . Hall estime que le manque de coordination des Français au cours de l'affrontement s'explique principalement ainsi. Black est également d'avis que la topographie a eu sa part dans la confusion des combats ().. L'armée française est ordonnée de façon traditionnelle : le corps de bataille, l’avant-garde et l’arrière-garde avaient respectivement pris position au centre, à l'aile droite et à l'aile gauche du front. Oman affirme que cette stratégie était une recommandation à l'époque.. À l'extrémité de l'aile droite française a pris position un corps de cavalerie légère composé des trois compagnies des capitaines de Thermes, Bernadino et Mauré, soit près de . Oman penche plutôt pour un effectif de .. Ils sont flanqués des fantassins de Jean de Taix, près de , et, plus à gauche encore, d'un escadron de 80 gens d'armes commandés par Boutières, commandant en titre de l'aile droite française. L'escadron de Boutières était amoindri, il aurait dû compter une centaine de chevaliers.. Le centre français comporte treize compagnies de vétérans suisses, près de emmenés par Wilhelm Frülich de SoleureSelon André Thevet (Hommes illustres, tome VI), Frühlich est sénateur de la ville de Soleure et passe au service de la France. Il meurt à Paris en 1562 . et un capitaine du nom de Saint-Julien. ou baron de Hohensax, , .. Saint-Julien commande six compagnies, et Wilhelm Frülich les sept autres. À leur gauche, le comte d'Enghien commande trois compagnies d'hommes d'armes, un escadron de cavalerie légère, et les jeunes gens d'armes venus de Paris, soit au total près de , ou 45 lances. Les chevaliers en armure, commandés par Charles de Crussol, d'Accier et Montravel, ne sont pas à effectif complet ; et la compagnie de cavalerie légère, emmenée par d'Ossun, ne compte que .. L'aile gauche consiste en deux colonnes de fantassins, soit levés dans la région de Gruyères et , tous commandés par Descroz. Descroz prend le commandement en l'absence de M. de Gruyères, retardé.. À l’extrémité gauche, 400 archers montés sont déployés comme cavalerie légère ; ils sont commandés par Dampierre, qui a la responsabilité de toute l'aile gauche des Français. Les archers avaient été détachés de la cavalerie lourde, qu'ils accompagnaient d'ordinaire..
Les lignes des Impériaux sont en position sur une crête parallèle à celle des Français. La crête occupée par les troupes du marquis d'Ávalos s'abaisse, elle aussi, vers les ailes : Ávalos se poste sur un monticule au centre, d'où il peut voir l'ensemble du front.. À l'extrémité de son aile gauche, face aux chevaliers de de Thermes, se tiennent florentins commandés par Rodolfo Baglioni ; ils sont appuyés sur leur droite par italiens sous les ordres de Ferrante Sanseverino, prince de Salerne.. sous les ordres d'Eriprando Madruzzo tiennent le centre.. À leur droite, le marquis d'Ávalos et 200 chevaliers commandés par Charles Gonzague. La cavalerie lourde impériale faisait exactement face à la chevalerie française d'Enghien. L'aile droite des Impériaux compte environ allemands et espagnols commandés par Raimond de Cardona ; ils sont appuyés sur leur droite par les italiens de Philippe Charles II de Lannoy, prince de Sulmona et 236. l'infanterie de Cardona est formée de vétérans des campagnes africaines de Charles Quint..
Mouvements de troupes