La toiturophilie ou stégophilie est la passion de l'accès aux toits et l'activité qui consiste à s'y promener.

Description Définition L'adepte de la toiturophilie est un amateur de visites des toits des bâtiments et éventuellement un photographeStéphanie Fasquelle, . Il se promène notamment sur les toits d'immeubles, ou de monuments, les parties hautes d'églises et les structures hautes dont notamment les grues.

Étymologie Le terme toiturophile est un néologisme étymologiquement hasardeux issu de toiture, « le toit », et du grec philein, « aimer », qui donne le suffixe –phile, « celui qui aime », utilisé publiquement pour la première fois dans un reportage intitulé : « Sur les toits de Paris » d’Olivier Lassu, diffusé le sur la chaîne ARTE. Il semble être inspiré du terme « cataphile », lui-même créé au début des années 1980Voir Étymologie de « cataphilie ».. Le mot stégophilie, forgé par Sylvain Tesson et dont la construction est plus orthodoxe, (du grec ancien στέγος, stégos, « toit », φίλος, philos, « ami, amateur »)Jérôme Dupuis, Sylvain Tesson écrivain aventurier, L'Express, 10 novembre 2005. et le mot anglais rooftopping sont parfois rencontrés.

Pratique Accès et droit thumb|Escalade d'une tour à Bangkok, en Thaïlande. Cette activité se pratique généralement de nuit, à la faveur d'accès le plus souvent illégaux. Certains cependant obtiennent des autorisations, notamment dans le cadre de campagnes d'entretiens ou de reportages photographiques. Certaines églises ou grands magasins ouvrent l'accès de leurs hauteurs au public, à titre onéreux ou gratuit. Sans l'autorisation expresse du propriétaire du bâtiment exploré, la toiturophilie est une activité illégaleLorine L. . Elle présente en outre de nombreux dangers, au premier rang desquels se trouve la chuteC'est par exemple arrivé à Paris le 27 mai 2018 (« Paris : un homme se tue en tombant du toit du théâtre du Châtelet », Le Parisien, 29 mai 2018)..

Lieux visités Les lieux visités sont toujours des toits, que ce soit de résidences, de grands immeubles (administration, site public), d'églises ou de cathédrales. Par extension, le toiturophile escalade aussi des grues, de hautes cheminées ou toute structure qui permet de s'élever.

Vue et panorama thumb|Vue depuis un toit du de Paris.

Les vues sont très différentes en fonction du moment de la journée. De nuit, la ville luit, les couleurs blanche, orange et jaune dominent et seuls les grands bâtiments éclairés sont visibles. De jour, une multitude de détails sont visibles, laissant toute une gamme colorée apparaître. L'ambiance diffère.

Architecture et patrimoine Cette activité permet d'approcher de près des éléments architecturaux habituellement hors de portée. En particulier, la visite des parties hautes des églises et cathédrales révèle des détails ornementaux et des sculptures d'une finesse et d'une précision invisibles depuis le sol. Surtout, l'exploration des toits permet d'avoir des points de vue peu communs sur le bâtiment lui-même et son architecture, sur son environnement urbain et sur la villeVoir par exemple le récit de l'ascension de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris : Irène Omélianenko, « Escalader la nuit », France Culture, 29 septembre 2011..

Photographie thumb|Séance photographique sur les toits de Paris. Souvent équipé de matériel photographique, le toiturophile profite de ses visites pour documenter ses points de vueVoir par exemple les catégories Vues depuis le magasin 2 de la Samaritaine ou Vues depuis le dôme des Invalides.. Des adeptes de la photographie panoramique sillonnent ainsi les toits et enregistrent des prises larges.

Art urbain Certains adeptes de l'art urbain (), et notamment auteurs de graffiti, montent sur les toits pour y apposer leur marque, profitant de la visibilité et du prestige que peuvent offrir certains murs élevésIci M. Chat à Paris, par exemple.. Ces interventions vont à l'encontre de la démarche des toiturophiles ; en effet, pour la plupart d'entre eux, il est primordial de ne laisser aucune trace de leur passage.

Activités similaires Les toiturophiles pratiquent souvent l'exploration urbaineCoralie Lemke, . Cette activité regroupe les cataphiles, toiturophiles et amateurs de lieux abandonnés (friches) ou en chantier.

Références

Annexes

Bibliographie Sur Paris : Michel Setboun et Pierre Guicheney : Paris : La balade des clochers, Éditions Hermé, 2004, . Catherine Vialle : Les toits de Paris, Éditions Parigramme, 2000, . Frédéric Vuillod : Paris, les toits, la nuit..., Les Éditions du Mécène, 2005, . Sur les toits de Paris, Olivier Lassu, 2002, film de 55 minutes. Vers les hauteurs, roman, Ludovic Escande, Allary Éditions, 2023. La rubrique Toiturophilie du forum CKZone (l'inscription est nécessaire pour parcourir le forum.)

Articles connexes Grimpe urbaine Comportement ordalique Sylvain Tesson, écrivain et toiturophile

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