Saint-Jean-d'Angély est une commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine), chef-lieu de l'un des cinq arrondissements du département. Ses habitants sont appelés les Angériens..

Avec une population municipale de 6784 habitants (2023) et une population totale portée à 7218, au centre d'une aire d'attraction de habitants, cette sous-préfecture est la principale ville de son arrondissement.

Géographie

Localisation et accès gauche|vignette|242x242px|Vue aérienne d'une ancienne partie du centre-ville, autour de l'abbaye royale. La commune de Saint-Jean-d'Angély se situe dans le nord-est du département de la Charente-Maritime, dans l'ancienne province de Saintonge. Appartenant au Midi de la France — on parle plus précisément de ., au cœur de l'Arc atlantique, elle peut être rattachée à deux grands ensembles géographiques, le Grand Sud-Ouest français et parfois le Grand Ouest français.

Saint-Jean-d'Angély est traversée par la rivière Boutonne, à proximité de l'autoroute A10 - sortie 34 - distante de de Bordeaux et de Paris.

Hameaux et lieux-dits Les lieux-dits de la commune sont : Fossemagne, les Granges, Moulinveau, la Touzetterie.

Communes limitrophes

Géologie et relief, hydrographie gauche|vignette|Avenue Georges Brossard, RD 150 - plate-bande aménagée.|302x302px La ville est construite sur le versant sud-ouest d'un coteau qui descend en pente douce vers la Boutonne. Celle-ci forme dans la partie basse de la ville le « Plan d'eau de Bernouët » aménagé pour les loisirs et la détente : chemins de promenade, espaces verts pour pique-nique avec bancs, mini parc avec jeux pour enfants, mini-golf, parcours de santé, location de pédalos en été, aire de stationnement aménagée pour camping-car, bar-restaurant.

Lieux de promenades, sentier au bord de l'eau très fréquentés les fins de semaine. Rassemblements d'oies et canards sauvages sur le plan d'eau, certains jours près du parking.

Climat Données générales

Saint-Jean-d'Angély possède un climat de type tempéré, avec quelques particularités typiques du département de la Charente-MaritimeMétéo-France : le climat de la Charente-Maritime..

Tempête de décembre 1999 La Charente-Maritime est le département français qui a été le plus durement touché par la tempête Martin, le . Les records nationaux de vents enregistrés ont été atteints avec sur l'île d'Oléron (à à vol d'oiseau de Saint-Jean-d'Angély) et à Royan (à ). Les bois de la commune, dont les peupleraies le long de la Boutonne, le toit de la tour de la grosse horloge, l'abbaye et l'église, ainsi que de nombreuses toitures et hangars ont subi d'importants dégâts..

Voies de communication et transports Par la route, Saint-Jean-d'Angély n'est qu'à trois kilomètres de la sortie de l'autoroute A10 qui continue vers le Sud et permet de rejoindre Bordeaux (à ), vers le Nord, Poitiers (à ) et Paris (à ).

La petite gare de Saint-Jean-d'Angély est située sur la ligne à voie unique reliant Niort à Saintes, ancienne magistrale dénommée ligne de Chartres à Bordeaux-Saint-Jean de l'Administration des chemins de fer de l'État. Des correspondances TGV à Niort permettent de rejoindre Paris en trois heures environ.

Par les airs, l'aéroport international de Bordeaux-Mérignac est à et l'aéroport de La Rochelle à (liaisons quotidiennes avec Paris, Lyon, Clermont-Ferrand et Londres).

L'aérodrome de Saint-Jean-d'Angély avec sa piste en herbe homologuée de est ouvert à l'aviation d'affaires.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Jean-d'Angély est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Saint-Jean-d'Angély, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Jean-d'Angély, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (75,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (50,7 %), zones urbanisées (20,3 %), zones agricoles hétérogènes (16 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (8,8 %), prairies (2,8 %), forêts (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques majeurs Le territoire de la commune de Saint-Jean-d'Angély est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment la Boutonne et le Pouzat. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1986, 1993, 1999, 2010 et 2021, chapitre Risque inondation..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Saint-Jean-d'Angély. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain..

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 4,5 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (54,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 6 sont en aléa moyen ou fort, soit 0 %, à comparer aux 57 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003, 2005 et 2011 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.

Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une ou des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..

Toponymie Le nom de la ville serait dérivé du nom de domaine gallo-romain Angeliacum, formé à partir de l'anthroponyme chrétien Angelus (ange) ou germanique Angel (les Angles, nom d'une tribu germanique) et du suffixe de possession -acum, indiquant la présence d'un domaine au cours des premiers siècles de notre ère. La forme Angeriacum est liée à une mutation secondaire /l/ > /r/, commune en phonétique. Homonymie avec Angely (Yonne)..

La première partie fait référence à Jean le Baptiste, à qui la paroisse avait été dédiée. Une légende médiévale raconte que Pépin d'Aquitaine, petit-fils de Charlemagne, en guerre contre les Vikings, fut averti en songe du retour d'un moine parti chercher la tête de saint Jean-Baptiste à Alexandrie. Le roi d’Aquitaine accueillit le moine Félix sur la plage d'Angoulins et un miracle eut lieu : une trentaine de guerriers francs morts au combat ressuscitèrent. Le roi décida de fonder un monastère en face de son château pour y abriter la sainte relique.

La ville apparaît sous le nom de communie Sancti Johannis Angeliacensis en 1204, et sous le nom de Saint Jouan avant 1312. Elle fut renommée Angély-Boutonne sous la Révolution française..

Histoire

Une nécropole datant d'il y a a été découverte sur les rives de la Boutonne..

une centaine d'années après la chute de l'Empire romain.

Moyen Âge vignette|redresse|Saint-Jean-d'Angély sur la via Turonensis.

Une résidence des ducs d’Aquitaine, ainsi qu'une chapelle, sont ensuite construites sur le même emplacement.

C'est en 817 qu'un monastère est fondé par Pépin d'Aquitaine pour abriter la relique de saint Jean-Baptiste.

En 860, les Vikings font une incursion à Saint-Jean-d'Angély, détruisent le monastère et égorgent les moines.

En 1010, l'abbaye royale de Saint-Jean-d'Angély est fondée à la place du monastère par les bénédictins de Cluny, assurant ainsi le développement de la ville. La fondation de ce monastère est l'occasion d'une rencontre entre , et . est ainsi le premier souverain chrétien d'Espagne à voyager au nord des Pyrénées..

Au Moyen Âge, Saint-Jean-d'Angély devient une étape sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, entre Aulnay et Saintes, car la ville est connue pour abriter une relique de la tête de Saint Jean-Baptiste.

Des libertés communales sont octroyées à la ville par Aliénor d'Aquitaine et son fils Jean sans Terre en 1199 puis par Philippe Auguste en 1204.

Entre le et le , la ville est tantôt anglaise tantôt française. La ville est prise par le duc de Lancastre en 1346, qui y installe une grande garnison de 800 hommes et y perçoit des impôts importants.

Elle est assiégée par les troupes de en 1351.

En 1360, avec le traité de Brétigny, la ville, comme toute la Saintonge septentrionale, repasse aux mains des Anglais. Du 8 au , John Chandos, lieutenant du roi et connétable d'Aquitaine, chargé d'appliquer le traité de Brétigny en particulier en Basse Saintonge, prend possession de la ville et de son château. Le maire Jehan de Marteaux lui remet les clefs. Jean Chandos les lui rend au nom du roi d'Angleterre. Il fait de même avec Tassart de la Venue, châtelain du château. Puis Jean Chandos reçoit les serments de fidélité au roi d'Angleterre des principales personnalités de la ville. Il nomme Jeffren Michel prévôt de la villeProcès-verbal de délivrance à Jean Chandos, commissaire du roi d’Angleterre, des places françaises abandonnées par le traité de Brétigny, d’après le manuscrit du Musée britannique, A. Bardonnet, Niort, 1867 Histoire passion..

En 1372, Patrice de Cumont, maire de la ville, meurt en chassant définitivement les Anglais hors de la ville.

Dès le , le monastère et ses terres viticoles s'enrichit grâce au commerce et à l'exportation du vin de Saint-Jean-d'Angély, devenu célèbre. Ce vin était consommé en Europe du Nord (Angleterre, Belgique, Pays-Bas…) grâce à son acheminement par mer jusqu'au port de Damme en Belgique où subsiste encore la maison de Saint-Jean-d'Angély. Une autre source d'enrichissement était le commerce du sel, l'abbaye possédant des salines sur la côte Atlantique.