François (ou Francis) Louvard ou Louvart, bénédictin de la congrégation de Saint-Maur et appelant, né en 1661, à ChampgenêteuxSa date de naissance n'est ni 1662, ni 1665, comme l'indiquent plusieurs biographies., mort le à Schonaw. Il est l'un des plus fougueux jansénistes de son temps.
Biographie Origine Il est originaire d'une famille plutôt notableEt non d'une famille indigente, comme l'annonce certaines sources dans le pays de Champgenêteux et ChampéonJean Louvard, mort à Champéon le , a son épitaphe à la porte du presbytère sur une dalle de granit..
La vie monastique Il embrassa la vie monastique, à l'âge de dix-huit ans, dans l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes, et s'occupa de la direction des âmes. Ses supérieurs le firent venir en 1700, à l'abbaye de Saint-Denis, pour terminer l'édition de Saint-Grégoire de Nazianze, interrompue par la mort de Dom Jacques du Frische ; et il y travailla quelque temps, mais sans résultat.
Jansénisme En 1709, il ouvrit une conférence publique sur les points qui divisent les communions chrétiennes, et ramena à l'unité de l'Église plusieurs dissidents. Il fut le premier opposant de son corps contre la bulle Unigenitus ; et il soutint, dans un écrit exprès, que la recevoir était une apostasie. L'excès de son zèle lui attira plusieurs exils et emprisonnements.
L'arrestation Il est relégué successivement dans différentes maisons de son ordre, dans la Bretagne et le Maine. À Saint-Gildas (1725), il se met en rapport avec l'abbé Mellinet, janséniste, prêtre de la paroisse de Saint-Denis. Leur correspondance est saisie par un jeune abbé nommé Bahuau. On y voit des relations suivies avec l'ex-supérieure de l'Hôtel-Dieu, la supérieur du Bon-Pasteur, la marquise de la Muce, et surtout avec Mellinet. Il y est question de la distribution de brochures, d'impressions de libelles en France et à l'étranger.
L'arrestation fut décidée et exécutée sur l'ordre du maire de Nantes, le , par Charles Gelée, conseiller de l'AmirautéIl était 4 ou 5 heures du soir. Le père était au dortoir. Rejoint par le père Leliepvre, prieur, il accompagne dans sa cellule l'envoyé du maire, refuse de livrer ses papiers, l'agent n'ayant pas d'ordre du roi, et déclare ensuite céder à la force. On emplit du fruit de la saisie une taie d'oreiller sur laquelle l'officier et les religieux apposent leur cachet. Le père était âgé et incommodé : on remit le départ au lendemain, le prieur promettant de garder son religieux. On coucha en route à Pontchâteau pour repartir à 3 heures du matin, et le père fut écroué au château de Nantes par le comte de Menon, gouverneur du château. Aussitôt qu'il fut sorti de la chambre noire, où on l'avait enfermé, il prit la plume pour se plaindre des traitements qu'on lui infligeait, et plus encore de la saisie des papiers dérobés à Mellinet, et qui contenaient, disait-il de quasi-confessions. Mellinet rejoignit son ami sous les verrous, reconnut qu'il correspondait avec Dom Louvard en termes convenus, et témoigna pour lui une profonde vénération..
Enfermé au château de Nantes, d'où il fut transféré à la BastilleIls partirent avec Mellinet ensemble pour la Bastille, le , salués dans la cour du château par de fidèles partisans qui se jetèrent à leurs genoux. Le moine demanda qu'on le bénît lui-même. Dans la route, d'autres coreligionnaires trouvèrent moyen de dérober le dossier des deux prisonniers., il arriva dans cette prison le et il essaya d'y reprendre son travail sur Saint-Grégoire ; mais ne pouvant pas se procurer les secours nécessaires, il l'abandonna, et remit ses notes à dom Maran, son confrère. Après une captivité de cinq ans, il fut conduit à l'abbaye de Rebais par lettre de cachet, le , d'où il lui était défendu de sortir.
Le refuge en Hollande Mais, au bout de quelques mois, le , ses adversaires ayant obtenu un nouvel ordre pour le faire resserrer plus étroitement, il parvint à se soustraire aux recherches des archers, et se réfugia en HollandeIl reçut le lendemain un viatique de 100 pistoles du prieur et partit pour la Hollande., où il trouva un asile dans la chartreuse de Schonaw, près d'UtrechtDom Thuillier, religieux de son ordre, le juge sévèrement : . Il s'y livra à la rédaction de plusieurs écrits, pour la défense de son parti, et y mourut le .
Publications Prospectus novae editionis operum Sancti Gregorii theologi seu Nazianzeni. Studio et labore D. Francisci Louvard (Paris) : (Johannes-Baptista Delespine), 1709, 4 p. quelques Lettres, dans les journaux du temps, relatives à ce travail ; plusieurs écrits sur la bulle Unigenitus, et sur la nécessité de l'appel de l'Eglise de France au futur concileOn en trouvera la notice détaillée dans l'Histoire littéraire de la congrégation de St-Maur, p. 540 et suiv. On peut consulter aussi les Nouvelles ecclésiastiques, et l'ouvrage intitulé les Appelants célèbres. . Protestation de D. Louvard, bénédictin, pour être signifiée avant son interrogatoire. (.) (), In-4 ̊ , 4 p.
Notes et références
Bibliographie E. de Boceret, Bulletin archéologique de Nantes, tome XLIII, p. 225. . , t. IV, p. 574.
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