François Bozizé Yangouvonda, né le à Mouila (Gabon), est un homme d'État centrafricain, président de la République après le coup d'État du qui l'a porté au pouvoir. Il est renversé le et s'enfuit au Cameroun. Il est un soutien de la rébellion de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) depuis 2020.

Biographie Sous Bokassa Issu de l'ethnie Gbaya. et engagé très tôt dans l’armée après avoir fini à peine le collège, François Bozizé est entré à l'École Spéciale de Formation des Officiers d'Active (ESFOA) de Bouar Bozize to contest presidency as an independent candidate, site des Réseaux d'information régionaux intégrés. Il devient général de brigade sous Jean-Bedel Bokassa. Responsable avec le général Mayo Mokola des troupes de Bangui, il est chargé de la répression des manifestations de lycéens, du 15 au , faisant plusieurs dizaines de morts parmi les élèvesD. Bigo, 1988, Pouvoir et obéissance en Centrafrique, Paris, Karthala, pages 196-197. Cet évènement est commémoré par la « journée des martyrs », le de chaque année.

Sous David Dacko Il devient ministre de la Défense de David Dacko,après l' de l'armée française qui renverse BokassaLe général Bozizé couronné président, Libération, mai 2005.

Putsch manqué et exil Sous le régime militaire du général André Kolingba, le général Bozizé soutient l'opposition et fomente un coup d'État en 1982. À la suite de l’échec de ce putsch, Bozizé et Ange-Félix Patassé, le chef politique du coup d’État, partent en exil au Togo.

En 1993, il se présente une première fois à la présidentielle contre Ange-Félix Patassé, sans succès.

Le retour en Centrafrique : un pilier du régime de Patassé Dix ans plus tard, le général Kolingba, suivant le mouvement amorcé dans les anciennes colonies francophones, tient une élection présidentielle libre, multi-partite et équitable. Ange-Félix Patassé est élu président de la République avec 52,5% des voixÉlection d'Ange Félix Patassé à la présidence de la République centrafricaine, Université de Sherbrooke.

Au fil des ans, Bozizé devient un des hommes forts du régime Patassé et surtout sa courroie de transmission dans l'armée. Avec l'aide militaire de la France, Bozizé rétablit le calme après les deux dernières mutineries de 1996 et 1997. Devant la montée des mécontentements dans l'armée, Patassé ressent le besoin de donner plus de pouvoirs à Bozizé en le nommant chef d'état-major des armées centrafricaines.

Second putsch manqué et second exil Lors d'un autre coup d'État en mai 2001 contre un Patassé de plus en plus contesté, ce sont les troupes libyennes qui assurent la sécurité du président. Le putsch échoue, mais Bozizé est sur la sellette. Dans l'entourage du président, on lui reproche une participation à cette tentative de renversement ou tout du moins un certain laisser-faire. Sentant venir sa fin, Bozizé fuit la Centrafrique pour le Tchad voisin avec quelques troupes.

Du Tchad, Bozizé mène quelques incursions en Centrafrique, mais rien de bien inquiétant pour le pouvoir du président Patassé, toujours vacillant mais désormais soutenu par la puissante armée libyenne. La tentative de renversement d'octobre 2002 échoue, Patassé recevant en outre l'appui du Mouvement de libération du Congo (MLC), un groupe de miliciens soutenus par l’Ouganda et actifs dans la guerre civile en république démocratique du Congo voisin.

Le soutien ou tout du moins la bienveillance tchadienne à l'égard des activités militaires de Bozizé irrite Patassé au plus haut point, d’autant plus que l’armée centrafricaine est acquise au général en exil. Patassé accuse son homologue tchadien et recherche l’aide de la France pour assurer sa sécurité. À plusieurs reprises, l’ancienne puissance coloniale était déjà intervenue pour le sauver, mais devant l’instabilité chronique de la RCA et le manque total de soutien populaire, la France rejette poliment ses demandes et le laisse tomber.

Le coup d'État réussi de 2003

Le , alors que Patassé est en voyage au Niger, Bozizé rentre au pays et s’empare de Bangui avec le soutien de l'armée tchadienneQui va sauver Bozizé ? Abdou Karim Sawadego, décembre 2012, Courrier internationalCentrafrique : comment François Bozizé a perdu ses alliés, RFI, 2013. Patassé doit alors partir en exil au Cameroun puis au Togo.

Présidence Devenu chef de l'ÉtatDjotodia, l'autocrate à l'école de Patassé et Bozizé, Courrier international, mars 2013, Bozizé promet d'engager un processus de normalisation politique pour le retour à la démocratie. Après plusieurs reports dus à la mise à jour des listes électorales, les élections démocratiques et multi-partites qu'il a promises sont fixées au .

Le gouvernement français lui envoie en qualité de conseiller en matière de défense le général Jean-Pierre Perez, qui commandait les forces françaises en Centrafrique jusqu'à leur départ en 1998.

Après les émeutes des « Chimères » en , le président haïtien Jean-Bertrand Aristide est renversé et Bozizé l'accueille en exil en Centrafrique.

En 2004, la douane allemande découvre une mallette remplie de diamants dans son avion privé.

Bozizé remporte l'élection présidentielle et son parti la Convergence nationale - Kwa Na Kwa remporte sur 105 lors des élections législatives de 2005François Bozizé est réélu à la tête de l'État centrafricain, Agence France-Presse et Le Monde, 25-05-2005].

Son mandat qui expire le est prolongé le par un vote du Parlement, validé le . par la Cour constitutionnelle. Bozizé est réélu au premier tour de l'élection présidentielle de 2011 avec 64,37 % des voix face à Ange-Félix Patassé (21,41 %) et Martin Ziguélé (6,8 %)François Bozizé élu président, Le Nouvel Observateur, 25-05-2005. Sa famille occupe une vingtaine de siègesLa Lettre du Continent n° 605 – 10 février 2011.. Plusieurs candidats déposent des recours devant la Cour constitutionnelle, dénonçant des fraudes. La Cour rejette les recours mais dans l'annonce des résultats finaux, elle écarte les résultats de certains bureaux de vote jugés « litigieux ».

En 2012, le pétrole de Gordil, à la frontière tchadienne est concédé par son régime à la China National Petroleum Corporation.

Chute et exil

Fin 2012, menacé par la rébellion de la Seleka arrivée aux portes de la capitale Bangui, le président François Bozizé appelle à l'aideLe président centrafricain appelle la France et les États-Unis à l'aide, Libération, 27 décembre 2012En Centrafrique, la capitale redoute une entrée des rebelles, La Croix, 27/12/12Central African Republic's Bozize in US-France appeal, BBC, 27 décembre 2012 la France et les États-Unis. Le président sud-africain Jacob Zuma aurait envoyé, face à la Séléka, une force d’interposition d'environ 300 hommes en , en échange de concessions minières à des proches de son partiPatrice Gourdin, octobre 2013, Diplo Web.

Un cessez-le-feu est négocié en décembre sous le patronage de Denis Sassou-Nguesso, le président congolais, mais ne tient pas.

Le , les rebelles de la Seleka, parrainés par le Tchad et le Soudan, s'emparent du palais présidentiel et leur chef de file, Michel Djotodia, prend le pouvoirAgonie silencieuse de la Centrafrique - Une histoire violente, Le Monde diplomatique, octobre 2013Mystery Shrouds Rise and Aims of Rebel at Helm of Central African Republic, SCOTT SAYARE, 13 avril 2013, New York Times.

François Bozizé s'enfuit alors vers le Cameroun, où il est hébergé par le président de la République, Paul Biya CAR rebels 'seize' presidential palace, Al Jazeera English, 24 mars 2013Centrafrique : Paris envoie 300 soldats en renfort après la fuite de Bozizé, Le Monde, 24 mars 2013.Centrafrique: Bozizé au Cameroun, Le Figaro et AFP, 25/03/2013.

Le , un mandat d'arrêt international est émis contre lui par la justice centrafricaineCAR issues arrest warrant for ex-president, Al Jazeera English, juin 2013« RCA : François Bozizé visé par un mandat d'arrêt international », in rfi.fr, juin 2013..

Élection présidentielle de 2020

En 2019, Bozizé rentre en RCA..

En , le parti Kwa na Kwa propose François Bozizé comme candidat à l'élection présidentielle de décembre 2020. François Bozizé dépose sa candidature auprès de l'Autorité nationale des élections. Le , la Cour constitutionnelle invalide cette candidature en raison des poursuites en RCA, entre autres pour « assassinats » et « tortures », et des sanctions de l'ONU à l'encontre de Bozizé..

La Coalition des patriotes pour le changement (CPC), un groupe armé est formé en . La CPC cherche à annuler les élections (présidentielle et législatives) prévues pour fin décembre. Bozizé annonce son soutien à la CPC le jour des élections.. La CPC gagne du territoire mais sa progression est arrêtée par le groupe Wagner et les Forces armées rwandaises, alliés du président Touadéra. À partir de , Bozizé coordonne officiellement cette rébellion depuis des zones non contrôlées par le pouvoir central...

Depuis 2021 : nouvel exil et CPC

Bozizé repart en exil au Tchad voisin en 2021 et deux ans plus tard, il quitte ce pays pour la Guinée-Bissau. Ce nouvel exil fait suite à des discussions entre les présidents tchadien, Mahamat Idriss Déby, et centrafricain. Mahamat Idriss Déby souhaite garder de bonnes relations avec son voisin centrafricain or ce dernier craint l'influence de Bozizé et le risque d'un nouveau coup d'État...

Le , la Cour d'appel de Bangui le condamne par contumace, avec d'autres dirigeants de la CPC, à une peine de travaux forcés à perpétuité pour « complot » et « rébellion »...

Le , la (CPS), tribunal formé par l'ONU, émet un mandat d'arrêt international contre François Bozizé. La CPS indique que le mandat d’arrêt international vise les crimes commis entre et , par la Garde présidentielle de François Bozizé à Bossembélé.. Le président bissau-guinéen Umaro Sissoco Embaló considère que son pays n'a pas de loi d'extradition et que par conséquent Bozizé ne devrait pas être extradé..

Notes et références

Voir aussi Ref: Jean-Marc Aractingi, La politique à mes trousses, Paris, Éditions l'Harmattan, 2006

Articles connexes Deuxième guerre civile centrafricaine Liste des chefs d'État centrafricains Politique en République centrafricaine

Liens externes

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