L'église des Cordeliers de Nancy, officiellement église Saint-François-des-Cordeliers, est une église catholique située dans la Vieille-Ville de Nancy (Meurthe-et-Moselle), juste à côté du palais des ducs de Lorraine dont elle héberge les tombeaux depuis 1743. L'église et le couvent qui la jouxte font aujourd'hui partie du musée Lorrain., mais l'église reste affectée au culte dans le cadre de la paroisse Saint-Epvre.

La chapelle de l'ancien couvent des Cordeliers., où se trouvent les tombeaux des ducs de Lorraine, est classée au titre des monuments historiques depuis 1840 et a bénéficié de classements supplémentaires en 1945 et 2005.

Localisation Située au cœur de la Vieille-Ville de Nancy, l'église des Cordeliers se trouve précisément dans la Grande-Rue, au numéro 66.

Elle dépend de la paroisse Saint-Epvre.

Histoire

Construite sous le règne (1473-1508) de René II de Lorraine après la bataille de Nancy contre Charles le Téméraire, qui y est vaincu et tué, elle est consacrée en 1487.

Elle jouxte le palais ducal, reconstruit à la même époque.

En 1743, elle devient la nécropole des ducs de Lorraine, précédemment située dans la collégiale Saint-Georges, détruite à cette date.

Pendant quelques années à partir de 1857, l'église des Cordeliers sert de lieu de culte paroissial durant la période de reconstruction de la vieille basilique Saint-Epvre.

Description vignette|La coupole de la chapelle des Cordeliers.

Extérieur L'édifice surprend par sa grande sobriété extérieure.

Il a une longueur totale de pour seulement de largeur.

Intérieur La grande nef unique, typique de l'architecture des églises des Cordeliers, était décorée de nombreux vitraux., dont quelques fragments supposés sont visibles au musée Lorrain, ainsi que de fresques dont il reste une travée intacte au niveau du chœur.

Latéralement à la nef se trouvent des chapelles abritant les enfeus de certains ducs de Lorraine. Juste avant l'autel, sur le côté droit, se trouve l'impressionnant enfeu polychrome de style Renaissance du duc René II de Lorraine.

L'autel () est décoré d'un retable polychrome datant de 1522.

La grande rosace refaite à l'époque classique représente les armes de la Lorraine.

À gauche de l'autel se trouve la chapelle funéraire des ducs de Lorraine fermée par une imposante grille aux armes de la dynastie.

Une partie du plafond est recouverte d'une fresque du , attribuée à Hugues de la Faye, qui représente les Anges tenant les instruments de la Passion. Une autre peinture à la détrempe, qui se trouve sur les deux premières travées de gauche, proche des gisants de Claude de Baudoche et René de Beauvau, est dédiée à Notre-Dame-de-Consolation.

Au ont été installées dans le chœur les stalles de bois provenant de l'abbaye de Salival et datant de 1691.

La chapelle Notre-Dame-de-Lorette, nécropole des ducs de Lorraine La chapelle Notre-Dame-de-Lorette, chapelle funéraire des ducs de Lorraine depuis 1743, est accolée au chœur, sur le côté gauche. Elle a été construite de 1609 à 1612 dans un style baroque italien, avec notamment une remarquable coupole en trompe-l'œil. Au sol, une trappe en bois masque l'accès au caveau, où sont les tombeaux.

Cette chapelle, créée par la volonté de Charles III de Lorraine (1543-1608), héberge les dépouilles et les cénotaphes de tous les ducs de Lorraine, aïeux de la famille de Habsbourg-Lorraine depuis 1743.

Le seul duc à ne pas y être inhumé est François III, qui a renoncé au duché au profit de Stanislas Leszczynski (traité de Vienne). Époux (1736) de Marie-Thérèse d'Autriche, de la maison de Habsbourg, et élu empereur en 1745 (sous le nom de François ), il est inhumé dans la nécropole des Habsbourg à Vienne.

Galerie

Les tombeaux des ducs de Lorraine Le tombeau de René II et le gisant de son épouse thumb|Gisant de Philippe de Gueldre.

Dans la nef, à proximité du chœur se trouve le tombeau du duc René II de Lorraine, caractérisé par un monumental enfeu polychrome Renaissance dû à l'architecte Jacques Vauthier, réalisé en 1511Jacques Baudoin, La sculpture flamboyante en Champagne et Lorraine page 49.. La polychromie a été reprise au .

Parmi les gisants situés dans la première partie de la nef (tous rapportés ultérieurement), celui de l'épouse de René II, Philippe de Gueldre (originellement à Pont-à-Mousson), est remarquable par la performance sculpturale de Ligier Richier ainsi que par le traitement de la pierre calcaire de Meuse lui conférant l'aspect du marbre.

Autres tombeaux On trouve aussi les gisants d'Henri III de Vaudémont, d'Antoine de Vaudémont et de Marie d'Harcourt (1398-1476), ainsi que le tombeau du cardinal Charles de Vaudémont par Florent Drouin .

Un bel ensemble de facture romane, appelée Le retour du croisé () est présumée être le tombeau soit de Gérard de Vaudémont et d'Huderige de Dagsbourg soit d'Hugues de Vaudémont et Aigeline de Bourgogne. Dans cette sculpture,

Le graveur Jacques Callot et le peintre Jean Le Clerc sont inhumés dans le cloître attenant à l'église.

Liste des tombeaux

La maison de Habsbourg-Lorraine et l'église des Cordeliers depuis 1737 En 1737, le duc François III, époux depuis 1736 de l'archiduchesse d'Autriche Marie-Thérèse de Habsbourg, renonce par le traité de Vienne au duché de Lorraine au profit de l'ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV. Le duché de Lorraine devient français en 1766, à la mort de Stanislas, conformément aux stipulations du traité de Vienne.

Ni François , ni ses descendants, qui forment la maison de Habsbourg-Lorraine, ne se sont désintéressés de l'église des Cordeliers de Nancy, surtout après qu'elle est devenue la nécropole ducale.

Dès les années 1760,

En 1770, l'archiduchesse Marie-Antoinette, fille de François et Marie-Thérèse, fait une halte dans la chapelle de ses ancêtres lors du voyage qui l'aemmène vers son fiancé, le dauphin Louis (futur Louis XVI).

Durant la Révolution française, les tombeaux sont profanés et les cercueils éventrés.

Sous la Seconde Restauration (à partir de 1815), le roi de France Louis XVIII et l'empereur d'Autriche François (1768-1835), petit fils de François du Saint-Empire, s'émeuvent du triste état de la chapelle ronde. Celle-ci est restaurée et les dépouilles ducales sont solennellement réinstallées le lors d'une cérémonie expiatoire qui se déroule sous la direction de Nicolas-Charles de Vincent (1757-1834), noble lorrain et ancien ambassadeur d'Autriche, et de Charles de Forbin-Janson, évêque de NancyMarie-France Jacops, Le baron de Vincent (1757-1834), officier et diplomate au service de l'Autriche, et la terre de Bioncourt en Lorraine, p. 296.. D'autres dépôts funéraires ont lieu par la suite.

En 1826, l'empereur d'Autriche établit une fondation pour l'entretien d'un aumônier chargé de dire chaque jour une messe et d'assurer un service funèbre solennel chaque mois de novembre à la mémoire de ses ancêtres.

En 1867,

Le service des messes est interrompu en 1914 par le déclenchement de la Première Guerre mondiale (août 1914-novembre 1918). Après la fin de celle-ci, un groupe de Lorrains sous l'égide du maréchal Lyautey rétablit une messe solennelle annuelle à la mémoire des ducs et des princes de Lorraine et de Bar. Cet office, assuré depuis 1934, a lieu durant l'automne, généralement à la fin du mois d'octobre. Il est organisé par la Société d'histoire de la Lorraine et du Musée Lorrain. La messe est célébrée par le curé de la paroisse Saint-Epvre, dont dépend l'église des Cordeliers. Elle est parfois présidée par l'évêque de Nancy et Toul.

Le , c'est dans la chapelle des Cordeliers qu'est célébré le mariage d'Otto de Habsbourg-Lorraine (1912-2011) et de Regina de Saxe-Meiningen (1925-2010). Ils y ont par la suite célébré leurs noces d'or le . Le , une messe de Requiem y a été dite à la mémoire d'Otto de Habsbourg-Lorraine par l'Oratoire Saint-Philippe Néri qui dessert la paroisse Saint-Epvre, en présence de quelque 350 personnes.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie (Ordre chronologique de publication) Abbé Pierre-Étienne Guillaume, « Cordeliers et Chapelle ducale de Nancy », dans Bulletin de la Société d'archéologie lorraine, tome 2, 1851, (lire en ligne) Pierre Marot, « Nancy. Église des Cordeliers », dans Congrès archéologique de France. session. Nancy et Verdun. 1933, Société française d'archéologie, Paris, 1934, Michel Hérold, « Les vitraux disparus de l'église des Cordeliers de Nancy », dans Bulletin Monumental, 1984, tome 142, , (lire en ligne) Pierre Colas, « Meurthe-et-Moselle. Nancy, mise au jour de peintures murales du XVIe siècle à l'église des Cordeliers », dans Bulletin Monumental, 1988, tome 146, , (lire en ligne) Marie-Claire Burnand, « Nancy. La chapelle des Cordeliers », dans Lorraine gothique, Picard éditeur, Paris, 1989, , Sylvain Bertoldi, « Nancy, église des Cordeliers », dans Congrès archéologique de France. session. Nancy et Lorraine méridionale. 2006, Société française d'archéologie, Paris, 2008, , Francine Roze, « Nancy, la chapelle ducale de l'église des Cordeliers », dans Congrès archéologique de France. session. Nancy et Lorraine méridionale. 2006, Société française d'archéologie, Paris, 2008, ,

Étienne Martin et Pierre-Hippolyte Pénet, L'église des Cordeliers. Le sanctuaire des ducs de Lorraine à Nancy , Nancy, Société d'histoire de la Lorraine et du Musée lorrain, 2022.

Articles connexes

Liste des monuments historiques de 1840 Liste des monuments historiques de Nancy

Liens externes L'église des Cordeliers, sur le site de l'office de tourisme de Nancy

Catégorie:Église à Nancy Nancy Catégorie:Patrimoine du XVIe siècle Catégorie:Patrimoine du XVIIe siècle Nancy Catégorie:Tombe en France Nancy Cordeliers Eglise des Cordeliers de Nancy Eglise des Cordeliers de Nancy Eglise des Cordeliers de Nancy Eglise des Cordeliers de Nancy Catégorie:Couvent en Meurthe-et-Moselle Catégorie:Duché de Lorraine Catégorie:Palais des ducs de Lorraine Catégorie:Musée lorrain Catégorie:Église baroque dans le Grand Est