Le régiment de cuirassiers (ou RC) est un régiment de cavalerie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment des Cuirassiers du Roi, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime, sous le nom de de cavalerie avant de prendre sous le Premier Empire sa dénomination actuelle.

Création et différentes dénominations 1635 : levée du régiment de cuirassiers du Roi 1638 : renommé régiment du marquis d'Aumont 1645 : renommé régiment de Chappes 1665 : renommé régiment de Villequier 1740 : renommé régiment de Cuirassiers-cavalerie 1791 : devient le de cavalerie 1803 : renommé de cuirassiers 1815 : dissous 1826 : renommé de cuirassiers 1916 : renommé de cuirassiers à pied 1919 : dissous 1933 : d'automitrailleuses 1936 : reformation sous le nom de de cuirassiers 1942 : dissous (maintenu dans le maquis) 1944 : reformé sous le nom de de cuirassiers 1954 : dissous (devient RCA) 1954 : de cuirassiers 1964 : Dissous

Garnisons

1781-? : Moulins 1792-? : Béthune 1827 : Vesoul 1841-1842 : St Omer (source : recensement de 1841 St Omer) 1885-1889 : Cambrai 1886-1889 : quartier Ordener de Senlis 1892 : Lyon 1899-1914 : Tours 1936-1939 : Saint-Germain-en-Laye 1939-1940 : Bataille de France 1940-1942 : en garnison à Châteauroux et à Buzançais 1942-1944 : maintenu dans le maquis 1944-1954 : Bizerte (Tunisie) 1954-1964 : La Valbonne (département de l'Ain)

Colonels/chef de brigade

1788 : Charles-Malo de Lameth - Mestre de camp (**) 1792 : Charles-Joseph Randon de Pully - Colonel (**) 1792 : Albert-Victor-Marie Desprez De la Marliere - Colonel (*) 1795 : Jean-Baptiste Doré - Chef-de-Brigade 1796 : Jean Louis Brigitte Espagne - Chef-de-Brigade (**) 1799 : Jean-Baptiste-Gabriel Merlin - Chef-de-Brigade puis Colonel en 1803 1805 : Louis Stanislas François Grandjean - Colonel 1813 : Louis-Jean-Claude-Clément Lafaivre - Colonel 1815 : Garavaque - Colonel 1815 : de Saint Geniès 1826 : de Montagu 1830 : Arnaud Rogé - Colonel 1832 : Hoffman 1833 : Desaix 1835 : de Dancourt 1846 : Porcher 1848 : Rey 1850 : Boyer 1855 : Texier-Pommeraye 1856 : Charles Louis Thérémin d'Hame 1865 : de la Rochefoucaud 1869 : François Henri Guiot de La Rochère 1874 : Humblot 1881 : Dufaud - Colonel 1887 : de Bremond d'Ars - Colonel 1888 : Torel - Colonel 1896 : de Carne 1900 : de Seroux 1908 : de Font-Reaulx 1912 : Hugner 1913 : Colonel Mesplé 1915 : de Latour 1916 : de Tessières 1918 : Leandri 1936 : Morio - Colonel 1940 : de Chanterac - Lieutenant-Colonel 1941 - 1942 : Segur - Colonel 1944 : Calvel puis de Beaumont 1945 : Fayolle 1947 : de l'Estoile 1949 : Henry 1953 : de Roquemaurel 1954 : Volpert 1956 : de Balincourt 1959 : Reppelin 1960 : Metivier 1961 : Desrippes 1962 : Dumas-Delage

Colonels tués et blessés alors qu'ils commandaient le de cuirassiers : Colonel Jean-Baptiste Doré : tué le à Altendorf (Bavière). Colonel Merlin : blessé le 21/ Colonel Grandjean : blessé le Colonel Lefaivre : blessé le Colonel Garavaque : blessé le

Officers tués ou blessés alors qu'ils servaient au de cuirassiers durant la période 1805-1815 : Officiers tués : 8 Officiers mort des suites de leurs blessures : 20 Officiers blessés : 81

Historique des combats et batailles du

Ancien Régime thumb|Insigne de 1954 à 1964 Au siège de la Rochelle, on réunit deux ou trois compagnies en esquadres ou escadrons de cent à cent-vingt chevaux.

En 1638 seulement, sur ordre du cardinal de Richelieu, les compagnies de cavalerie sont formées en régiments de sept à huit compagnies de soixante-dix maîtres. De cette année date la création des régiments de cavalerie. Le Cardinal fait revêtir à ce nouveau régiment une cuirasse par-dessus l'habit et le confie au mestre de camp, marquis d'Aumont. Celui-ci charge à Rocroi à la tête de cette unité et s'y couvre de gloire, puis le devant Fribourg il repousse mille cavaliers ennemis avec trois cents hommes de son régiment.

Portant les noms de ses différents mestres de camp, Chappes puis Villequier, le régiment participe à toutes les campagnes de Louis XIV.

En 1665, le roi , décida de créer un corps de cuirassiers, les cavaliers de cette époque ne portant seulement qu'un plastron.

En 1672, durant la campagne de Hollande, il effectue le fameux passage du Rhin qui à comme l'écrira Boileau.

À Cassel, en 1677, l'ennemi abandonne 17 étendards, 44 drapeaux et prisonniers ; le mestre de camp des cuirassiers, le comte de Revel, est nommé maréchal de camp.

Les cuirassiers chargent à Neerwinden en 1693, bataille gagnée par Luxembourg, le .

Très élégants, les cuirassiers du roy parcourent la France dans ses différentes garnisons, du Jura au Nord, durant le début pacifique du règne de Louis XV. Puis durant la guerre de succession de Pologne (1733-1738) guerroie en Italie aux batailles de San Pietro et de Guastalla (1734).

Avec quatre escadrons, les cuirassiers partent de nouveau en campagne pour la Guerre de succession d'Autriche et chargent le à Fontenoy aux côtés de la Maison du Roy, de la Gendarmerie et des Carabiniers.

En Allemagne pendant la Guerre de Sept Ans, ils chargent à Krefeld, à Lutzelberg où, sous les ordres du marquis de CaulaincourtLe chargera en 1812 à la Moscova sous les ordres d'un autre Caulaicourt., ils chargent cinq fois, avec Royal-Piémont et Dauphin-Cavalerie ; l'infanterie hanovrienne en subira de très grosses pertes.

En 1791, les cuirassiers perdent leur nom de cuirassiers du roy, porté pendant 125 ans, pour celui de de cavalerie-cuirassiers.

Guerres de la Révolution et de l’Empire thumb|Bataille de Valmy: des cuirassiers du se trouvent au premier plan de ce tableau de Jean-Baptiste Mauzaisse.

régiment de cavalerie L'ordonnance du fait disparaître les diverses dénominations, et les corps de cavalerie ne sont désormais plus désignés que par le numéro du rang qu'ils occupaient entre eux. Ainsi le régiment des Cuirassiers du Roi est renommé .

Le régiment de cavalerie a fait les campagnes de 1792 et 1793 à l’armée de la Moselle où il participe à la bataille de Valmy, à l'expédition de Trèves, aux batailles de Hondschoote et de Wattignies; 1794 à l’armée du Nord où il participe aux batailles de Fleurus et d'Aldenhoven. Il participa également aux campagnes des ans IV et V à l’armée de Sambre et Meuse, notamment aux batailles de Schweinfurth, de Hirschaid, de Bamberg, de Wurtzbourg et de Neuwied. Il se rangea dans les armées de l’Ouest et de Mayence durant l'an VI, dans celles de Mayence, du Danube et du Rhin pendant l'an VII. Il se trouvait pendant les années VIII et IX à l’armée du Rhin, où il participa notamment aux batailles de Stockach de 1799 et de 1800, ainsi qu'aux batailles d'Engen, de Moesskirch, de Biberach (1800), de Höchstädt et de Hohenlinden. Faits d’armes : passage de la Rednitz le  ; passage du Danube le .

Par l'arrêté du le devient le

Le a fait les campagnes de l’an XIII à 1806 à l’armée d'Italie où il participa aux batailles de Caldiero et de Valvasone; on le retrouve en 1807 au corps de cavalerie de réserve de la Grande Armée où il participa à la bataille de Heilsberg; en 1808 il est affecté au de la Grande Armée ; 1809 et 1810 au de l'armée d’Allemagne avec lequel il participe aux batailles de Essling et de Wagram; il est affecté en 1812 au corps d'observation de l'Elbe () dans lequel il participa à la bataille de la Moskova; en 1813 et 1814 au et garnison de Hambourg dans lequel il participa aux batailles de Leipzig et de Hanau pendant la Campagne d'Allemagne et à la bataille de Vauchamps pendant celle de France; 1815 à la dans lequel il participa aux batailles des Quatre-Bras ou il s'emparent de l'étandard du 69th Regiment of Foot et ensuite Waterloo.

Restauration Le régiment est dissout en 1815. Il est recréé en 1826.

Monarchie de Juillet

Deuxième République

Second Empire Durant la guerre franco-prussienne de 1870, lors de la Bataille de Frœschwiller il s'illustre par ses charges désespérées au sein de la du général Michel, division de cavalerie du d'armée, sur l'ennemi retranché dans le village de Morsbronn. Le régiment est décimé. Par son sacrifice il permet à la Division d'infanterie de Lartigue de battre en retraite en ordre.

Troisième République Durant la Commune de Paris en 1871, le régiment participe avec l'armée versaillaise à la semaine sanglante.

De 1886 à 1889, il est caserné au quartier Ordener de Senlis

Première Guerre mondiale

Le de cuirassiers est formé à Tours. Il fait partie de la division de cavalerie.

1914

1915

1916 Le , le de cuirassiers, est démonté, devient « régiment de cuirassiers à pied » et prend le nom de de cuirassiers à pied.

1917

1918 En janvier 1918, le 8e régiment de cuirassiers à pied forme avec les et de cuirassiers à pied, la de cuirassiers à pied sous les ordres du général Brécart.

En , il notamment engagé dans la troisième bataille de l’Aisne et gagne la fourragère 1914-1918 avec deux citations à l’ordre de l’Armée.

1919 Le régiment est dissous en 1919 dans le cadre des mesures de réorganisation de l'Armée.

Entre-deux-guerres vignette|Motocyclistes du à Paris en 1938. Il est recréé en 1933 comme unité mécanique équipée d’engins blindés sous le nom de (groupe d'automitrailleuses), affecté à la de cavalerie. Il est formé par des unités à Lyon et à Melun, où caserne notamment un escadron mixte / équipé d'AMR 33. En , le régiment est regroupé à Melun. Le , le est transformé en de cuirassiers, régiment de découverte de la légère mécanique.

Le régiment est alors constitué de deux groupes d'escadrons, chacun formé d'un escadron d'automitrailleuses de découverte (AMD) et d'un escadron motocycliste. Les AMD sont d'abord des Panhard 165/175 puis des Panhard 178.

Seconde Guerre mondiale vignette|Le colonel Morio (à droite), commandant le , avec le général Bougrain, commandant la , et le capitaine Pecqueur. Drôle de guerre Pendant la drôle de guerre, rejoint Bellicourt jusqu'en novembre puis la Thiérache.

Campagne de France Régiment de découverte (éclairage) de la légère mécanique (DLM), il est le premier régiment à franchir la frontière belge au matin du . Il éclaire l'avancée de sa division avec des détachements de découverte formés d'un peloton moto et d'un peloton d'AMD. La mission de la , et de sa voisine, la , est de retarder les Allemands pour couvrir le flanc de la montée en Belgique des forces françaises (plan Dyle).

Le 11, la rejoint ses positions le long de la Mehaigne et de la Meuse, au sud de celles de la . Le 12, la première ligne sur l'Ourthe est abandonnée et les cuirassiers, conformément à leur mission, se replient au fur et à mesure que les Allemands avancent. Le même jour, la bataille de Hannut commence et continue le jour suivant. La subit la majorité des attaques allemandes de la et de la , le reste des Allemands fixant la . Le combat dans le secteur entre Branchon et Ciplet puis les deux divisions se replient. Le 14, lors de la bataille de Gembloux, les unités de la tiennent avec succès Grand-Leez face aux Allemands. À partir du 15, le régiment couvre le repli de la qui revient de Belgique (les Allemands ont percé le front à Sedan et risquent de couper en deux l'armée française). Le 18, le régiment part établir un front défensif sur la Sambre face à l'avancée de la 7e Panzerdivision de Rommel.