Jean-Baptiste Bresson ou Jean-Baptiste Marie François Auguste de Bresson, né le à Darney (Vosges) et mort le à Meudon, est un homme politique français, député des Vosges.
Biographie
Troisième des cinq enfants de Louis de Bresson (1721 - 1771), écuyer, lieutenant général au bailliage de Darney (1754-1771) et subdélégué de l'intendant de Lorraine à DarneyLa Révolution française, 1882, p. 1030., et d’Anne Diez (vers 1730 † vers 1800).
Jean-Baptiste obtient deux maintenues en la noblesse, par le roi Stanislas en 1765, et par lettres patentes du roi Louis XV en date du . Il est admis comme élève interne au collège Mazarin à Paris. Il revient à Darney pour s'établir comme avocat au début de la Révolution.
Au début de 1795, il épouse Marie de Catuffe, née Farges, divorcée d’un vieillard auquel elle a été mariée à quinze ans.
Sa fille, Blanche Edmée Fédora Bresson (- ) fut une romancière, mariée le à Antoine Richard de Montjoyeux (Paris, - Annay, ), maire d'Annay, député de la Nièvre puis sénateur de l'Empire, chevalier de la Légion d'honneur.
La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.
Le même mois, Jean-Baptiste Bresson, alors administrateur du district de Darney, est élu député suppléant du département des Vosges, le premier sur trois, à l'Assemblée nationale législative. Il n'est cependant pas appelé à siéger.
La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.
En , Jean-Baptiste Bresson est élu député des Vosges, le septième sur huit, à la Convention nationale.
Il siège sur les bancs de la Gironde. Il fréquente, à Champlan (département de l'Essonne), le salon littéraire de Sophie Cottin, amie de son épouse et autrice de Claire d'Albe, roman épistolaire.
Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention et le bannissement quand la sûreté publique le permettra et vote en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine. Dans ses mémoires, Vincent-Marie Viénot de Vaublanc défend « le courage héroïque de son vote en faveur de Louis XVI » : Lorsque sur la première question, j'ai dit : Louis est coupable, j'ai prononcé d'après la conviction du législateur et non du juge, car je ne le suis pas, et une autorité supérieure à la vôtre, ma conscience, me défend d'en remplir les fonctions. Puisque je ne suis pas juge, je n'ai pas du ouvrir le Code criminel pour y lire ma détermination ; j'ai interrogé le bonheur de mon pays : il est pour moi la loi, la justice suprême. [...] Homme d’État, j'oublie les maux que Louis nous a faits sur le trône ; je ne m'occupe que de ceux qu'il pourrait nous faire sur l'échafaud. [...] Je demande que Louis soit banni jusqu'à l'époque où la tranquillité publique permettra de le bannir. Le , il vote en faveur de la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze.
Le , au terme du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, Jean-Baptiste Bresson est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire. Il se soustrait à son décret d'accusation et se réfugie dans une maison de forestier, aux environs de Contrexéville. Le 17 frimaire an III (le ), les poursuites contre lui et les vingt-trois autres députés décrétés d'accusation et mis hors-de-la-loi sont levées. Le 8 ventôse (le ), au terme du rapport de Philippe-Antoine Merlin (député du Nord), ils sont réintégrés à la Convention.
Après l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV (), il aide Vincent-Marie Viénot de Vaublanc, condamné à mort par contumace, à se cacher.
180px|thumb|Comte de Vaublanc Il y disserte sur les assignats et sur le projet de Constitution, puis, en 1795, fait imprimer ses Réflexions sur les bases d'une constitution, dont le véritable auteur n'est autre que Vincent-Marie de Vaublanc encore proscrit à l'époque. Ce texte attaque la constitution de 1793.
Sous le Directoire, Jean-Baptiste Bresson est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le prairial an VI ().
Bresson quitte cette assemblée pour entrer dans la magistrature, au tribunal du département des Vosges, à Épinal. L'année suivante, son adhésion au coup d’État de Bonaparte, le 18 Brumaire, lui donne l’occasion de poursuivre une carrière parisienne.
Ministre plénipotentiaire de l'Empire Dès 1800 (an VIII), il est placé en disponibilité de la magistrature, Talleyrand l’ayant nommé « chef de la division des Fonds et de la comptabilité » du ministère des Relations extérieures. Le traitement de Bresson, qui a rang de ministre plénipotentiaire, est de par an. Il est porté à en 1802, puis l'année suivante à , niveau élevé auquel il se stabilise. Il dispose également d'un appartement de fonction dans le bâtiment du ministère.
Bresson est fait chevalier de la Légion d'honneur le , 25 prairial an XII.
En 1815, Bresson occupe toujours la position de « chef de la division des fonds et de la comptabilité » du ministère des Affaires étrangères, toujours en disponibilité de la magistrature.
En , le ménage BressonAnnuaire biographique: Années 1830-1834, Mathieu-Richard-Auguste Henrion, ed. P. Méquignon, 1834 << Bresson aimait à cacher sa vie ou ses bonnes actions, et ses amis les plus intimes n'ont appris que par les Mémoires du comte de Lavalette le service qu'il lui avait rendu. Sans le connaître, au risque de sa fortune et de sa liberté, se souvenant qu'il avait été victime des réactions politiques, et que lui aussi avait dû la vie au dévouement de sa femme, il offrit un asile dans son appartement, aux affaires - étrangères, à cet homme condamné à l'échafaud >>. cache, avec l'aide d'Amable de Baudus, le comte de La Valette, ancien ministre bonapartiste condamné à mort et évadéCauses célèbres de tous les peuples, Les procès politiques, Lavalette, Armand Fouquier, Achille François Bazaine, éd. Lebrun 1815. (version romancée).. Ce proscrit demeure plusieurs semaines dans leur appartement de fonction... au cœur même du ministère des Affaires étrangères.
Les Bresson ne seront jamais soupçonnés et Jean-Baptiste Bresson prend paisiblement sa retraite en 1825, dans une maison sise au Moulineaux sur la commune de Meudon auprès de l’abbé Bresson, frère aîné de Jean-Baptiste.
Sources
Biographie universelle, ancienne et moderne..., Joseph Fr Michaud, Louis Gabriel Michaud, ed. A. T. Desplaces, 1843 Nouvelle biographie générale depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours..., Jean Chrétien Ferdinand Hoefer, ed. Firmin Didot frères, 1857 La Liberté de l'Est, 24 /08/1960 : La dynastie des Bresson. Le grand livre des élus vosgiens, 1791-2003, Bertrand Munier, ed. Gérard Louis, 2003 Les Vosgiens célèbres, Albert Ronsin, ed. Gérard Louis, 1990 Les décapités de la Révolution : BRESSON Jean-Baptiste Marie François
Notes et références
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