thumb|325px|Des touristes prenant des photos du coucher du soleil sur la plage de L'Hermitage. thumb|325px|Randonneurs sur un cône volcanique de La Réunion. Le tourisme est une activité essentielle sur l'île de La Réunion. Située dans l'archipel des Mascareignes, dans le sud-ouest de l'océan Indien, celle-ci est à la fois un département d'outre-mer français et une région ultrapériphérique de l'Union européenne.

Histoire De la découverte de l'île à la départementalisation thumb|Sur le chemin des thermes de Salazie au milieu du , Antoine Roussin, Album de la Réunion Inhabitée jusqu'au milieu du , difficilement accessible avant l'apparition de l'aviation commerciale, l'île reste longtemps à l'écart des circuits touristiques.

Dans l'île même, les déplacements sont aussi problématiques. Jusqu'à l'inauguration du tronçon de chemin de fer entre Saint-Denis et Saint-Pierre en 1882, il faut presque deux jours pour se rendre de la première à la secondeEric Boulogne, « Le petit train longtemps, île de La Réunion », Le siècle des petits trains, éditions Cenomane/La Vie du Rail & des Transports, 1992.. Seuls des marcheurs intrépides font l'excursion de plusieurs jours qui mène au volcan en activité, le Piton de la FournaiseLe mensuel de l'université, juin 2008, , « Bourbonnais, explorateurs européens et la Fournaise du au début du », Prosper Ève. On estime à un millier les visiteurs qui ont accédé au moins au Pas de Bellecombe entre la découverte de l'île et les années 1950, alors que plusieurs centaines de visiteurs s'y rendent quotidiennement de nos jours. Les familles créoles de l'ouest explorent des sites plus accessibles mais encore sauvages comme celui du Bernica ou de la Ravine Saint-Gilles, chantés par Leconte de LislePerdu sur la montagne, entre deux parois hautes,/ Il est un lieu sauvage, au rêve hospitalier,/ Qui, dès le premier jour, n'a connu que peu d'hôtes ;, «Le Bernica », 1862, paru dans Poèmes barbares.. L'Album de l'île, qui est publié sous forme d'une série de fascicules dès 1857 par le peintre Antoine Roussin, réunionnais d'adoption, donne une idée des paysages et des sites les plus populaires de l'île dans la seconde moitié du siècle.

L'apparition du thermalisme au siècle développe une petite activité touristique en direction d'une clientèle réunionnaise aisée. Les curistes séjournent dans l'élégante station de Hell-Bourg puis, à partir de 1882, à CilaosThermalisme à La Réunion.

De la départementalisation aux années 1990 En 1946, La Réunion devient un département français. Dès la fin de la guerre, des liaisons aériennes régulières mettent La Réunion à trois journées seulement de la métropole.

En 1963, la Réunion ne possède que 4 hôtels de tourisme, et reçoit 3000 visiteurs. Quelques groupes tentent leur chance, le Club Méditerranée dans la première moitié des années 1970, Novotel en 1976. Il faut cependant attendre la dérèglementation du trafic aérien (dans les années 1983-86) et la fin du monopole d’Air France ou de l’UTA« Les DOM-COM : poussières d’empire ou paradis touristiques ? », Jean-Christophe Gay, géographe, professeur à l’université de Montpellier III, Alexandra Monot, 31 mai 2005, disponible sur cafe.geo.net pour que le tourisme commence à se développer. En 1989, l'île se dote d'une structure spécifique, le Comité du tourisme de la Réunion, ou CTRTourisme et développement (Note d'Information , 01/04/1998). C'est au cours des années 1990 que le tourisme devient une des ressources économiques importantes de l'îleLe Tourisme à La Réunion.

1990-2004 : le grand boom touristique thumb|Gros porteur d'Air France au décollage sur la piste de l'aéroport de La Réunion Roland-Garros construite dans les années 1990. En 2000, le chiffre d'affaires du tourisme dépasse celui de l'industrie sucrière localeJournal de l'Île de la Réunion, mardi 14 novembre 2000, «Pour un tourisme sans risque », et les autorités sont confrontées à de nouveaux problèmes : la gestion du foncier et l'articulation du tourisme sur la culture locale. Comment ?.

En effet les initiatives commencent à se multiplier, témoigne l'ouverture de meublés de vacances dans l'ouest de l'îleJournal de l'Île de la Réunion, vendredi 14 janvier 2000, « Tourisme : un toit pour les vacances ». En 2001, plusieurs communes élaborent le concept des Villages créoles, afin de valoriser la diversité du patrimoine réunionnais. Quinze villages vont ainsi mettre en avant leur spécificité. Pour Bourg-Murat, c'est vivre aux portes du volcan; pour l'Entre-Deux, ce sont les maisons et cases créolesSite du concept Villages créoles. Une charte de qualité « Réunion Qualité Tourisme » a été élaborée en 1995 et récompense les meilleurs prestataires de l'hébergement et de la restaurationJIR, mardi 22 mai 2001, « Saint-Denis : Remise de diplômes Réunion qualité tourisme ».. En 2002, 70 établissements ont rejoint le palmarès des « chartés »JIR, vendredi 25 octobre 2002, « Le club des "chartés" s'agrandit »..

La Réunion accueille touristes en 2002L'emploi lié à la fréquentation touristique et se classe au cinquième rang des destinations lointaines choisies par les MétropolitainsJIR, samedi 23 novembre 2002, « Le tourisme réunionnais reste stable malgré la conjoncture ».. Les activités touristiques se concentrent surtout au nord et aux plages de l'ouest. Les succès du secteur encouragent les municipalités jusqu'ici peu concernées par cette nouvelle manne, par exemple Saint-Louis ou Sainte-Suzanne, à prendre des initiatives pour attirer les touristes, autant extérieurs qu'intérieurs« Saint-Louis édite un guide touristique », JIR, samedi 6 septembre 2003.JIR, 24 novembre 2003,« Plein phare sur sainte Suzanne ».. Le gouvernement intervient lui aussi pour soutenir le développement du tourisme outre-mer en lançant en 2003 la campagne « la France des trois océans »JIR, mercredi 10 septembre 2003, « Une campagne en faveur du tourisme outre-mer »., tandis que l'Insee note un progrès des recettes touristiques à La Réunion malgré les tensions internationales qui affectent le trafic aérien« Économie de La Réunion », - deuxième trimestre 2003.

Lorsque la région Réunion publie en 2004 le texte du Schéma de développement touristique de La Réunion, l'heure est à l'optimisme : l'île a accueilli touristes extérieurs, générant dans le secteur, « 6,5 % de l’emploi salarié marchand total »Chiffres de l’Observatoire du Développement de la Réunion, JIR, lundi 5 avril 2004, « Le tourisme génère plus de 6000 emplois salariés ».JIR, samedi 23 avril 2005, « Office de tourisme intercommunal » : « [..] le bilan des actions menées par ses trois antennes à Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne tout au long de 2004. Une année couronnée de succès... du nord : fréquentation touristique en hausse. ». En 2004, à l'initiative du Comité du tourisme de la Réunion (CTR), La Réunion participe au salon gay européen Rainbow Attitude en faisant la promotion du tourisme gay-friendly ; un site web destiné à cette même clientèle est créé (www.la-reunion-gayfriendly.org)Schéma de développement touristique de La Réunion, .

À partir de , la région devient l'acteur institutionnel principal du tourisme sur l'île à la suite du transfert des compétences du département. En mars 2005, le conseil régional propose l'objectif ambitieux de dépasser le million de touristes en 2020JIR, mardi 8 mars 2005, « Objectif : un million de touristes en 2020 ».. En , La Réunion héberge les sixièmes assises du tourisme dans les DOMJIR, mardi 30 août 2005, « Assises du tourisme dans les DOM ». et conclut avec Maurice, l'île sœur, un partenariat visant à promouvoir les Mascareignes comme destination touristiqueJIR, samedi octobre 2005, « La Réunion et Maurice s'allient »..

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2005-2006 : La crise Les premiers indicateurs de la crise apparaissent en 2005 avec des chiffres qui témoignent d'un fléchissement de l'activité dans le secteur du tourisme, qui doit faire face, selon l'Insee, à une concurrence de plus en plus forteÉconomie de La Réunion, - 2005. . Une série d'accidents contribuent à ternir l'image de la destination Réunion. Fin 2004, c'est la mise en liquidation d'Air Bourbon, qui laisse des vacanciers bloqués sur l'île, tandis que voyageurs attendront en vain le remboursement de leurs billets. La foudroyante épidémie de chikungunya qui débute fin 2005 et connaît un pic en a un effet dissuasif sur les visiteurs, les recettes touristiques extérieures diminuant de 27 %, tandis que l'emploi est durement frappé dans l'hôtellerieChikungunya : Un préjudice limité, sauf pour l'activité touristique - Insee.

Les professionnels se tournent vers la métropole pour obtenir de l'aideJIR, mardi 21 mars 2006, « De l'aide et vite ! », L'association Defit Réunion (Défense des indépendants du tourisme) se mobilise autour des modalités d'attribution des aides gouvernementales.. Trois mois plus tard, à peine 3 millions sur les 60 millions d'euros débloqués ont atteint leurs destinatairesNouvel Observateur, jeudi 18 mai 2006, « Villepin : 4,5 millions pour relancer le tourisme ».. Les groupes de stature internationale comme Bourbon ou Accor sont exclus du dispositif d'aide en raison de la règlementation européenne; les acteurs locaux, eux, peinent à constituer des dossiers. Le gouvernement Villepin promet 4,5 millions pour relancer le tourisme. Un plan de relance de la destination Réunion est annoncé pour JIR, mercredi 24 mai 2006, « Le plan de relance du tourisme annoncé pour septembre »., date à laquelle, à l'invitation de Bertrand Delanoë, maire de Paris, La Réunion se lance dans une opération de communication sur le parvis de l'hôtel de ville, dans l'espoir de relancer la destination auprès des métropolitains, des réunionnais exilés et des touristes étrangers séduits par le punch et les samoussas du village créoleRelance du tourisme à La Réunion. La campagne en France métropolitaine est relayée par les médias écrits et la télévision, ainsi que par l'InternetRelance du tourisme à La Réunion, 15/09/2006. Il est également prévu un budget de (à la charge majoritairement du CTR) pour mieux faire connaître la destination Réunion en Allemagne, en Belgique et en Suisse.

Dans le même temps, l'agence Odit France est chargée par le premier ministre d'établir un rapport analysant les forces et les faiblesses de l'offre touristique réunionnaise.

Fin 2006, le Journal de l'île publie un article qui avoue que les problèmes conjoncturels masquent en fait de véritables problèmes structurels dans cette brancheJIR, dimanche octobre 2006, « Tourisme, pourquoi ça foire ? ». Mauvais ciblage de la clientèle, positionnement flou du « produit Réunion » sur le marché, handicaps multiples, naturels et structurels, face à la concurrence qui se développe dans l'océan Indien, le rapport d'Odit donne une autre image de la crise.

L'Insee a constaté une reprise du tourisme en 2007 avec la fin de l'épidémie avril 2008 :Les touristes reviennent, mai 2008 Poursuite du redressement dans l’hôtellerie-restauration, mais avec , ayant dépensé environ 293 millions d'euros, le niveau d'avant 2006 n'est pas encore atteintRevue économie de La Réunion Hors série - juillet 2008.

Entre 2007 et 2014 : efforts et perspectives Si les chiffres du dernier trimestre 2007 témoignent d'une certaine reprise du tourisme, ils n'atteignent cependant pas ceux de 2005, selon l'Insee qui note les bonnes performances des hôtels 4 étoiles alors que les hôtels de 0 à 2 étoiles voient leur fréquentation chuter pratiquement de moitiéInsee : Revue économie de La Réunion, Hors série - juillet 2008, « Services - Tourisme - Transports ». Au mois de , l'Insee notait la poursuite de cette tendanceTendances en mars 2008, Insee.