Pleyel est une marque de pianos française fondée en 1807 par Ignace PleyelVoir sur larousse.fr.. C'est l'une des plus anciennes manufactures de pianos au monde, facteur de pianos officiel du roi sous la Restauration et sous la monarchie de Juillet, reconnaissance qu'elle a alors en partage avec la maison Érard. vignette|Logo officiel de la marque.
Pleyel est avec Érard et Gaveau l'un des trois grands noms français de la facture de piano. À l'instar des deux autres, Pleyel compte parmi les grandes marques mondiales.
Les pianos Pleyel se distinguent aussi par leur sonorité romantique dite « à la française », donnant aux notes et à la musique interprétée une coloration caractérisée par une rondeur des basses et une finesse des aigus avec un timbre puissant et riche, traits caractéristiques des instruments de la marque.
Elle a fait reconnaître son savoir-faire auprès de nombreux compositeurs parmi lesquels : Frédéric Chopin Macintyre, Ben ( "". . Chopin, Frédéric, 1810-1849; Voynich, E. L. (Ethel Lillian), 1864-1960; Opienski, Henryk, 1870-1942., Claude Debussy, Edvard Grieg, Jacques Offenbach, Gioachino Rossini, Johann Strauss, Igor Stravinsky, Maurice Ravel, Manuel de Falla, Arthur Honegger, Camille Saint-Saëns, Craig Armstrong… mais aussi de nombreux pianistes concertistes internationaux comme entre autres Alfred Cortot, Marguerite Long, Arthur Rubinstein, Boris Berezovsky… « Artistes Pleyel ». Très sensibles à la sonorité romantique dite aussi « à la française »Larousse encyclopédie, « Manufacture française de pianos et de harpes, fondée en 1807 par I. Pleyel », au sujet du « son Pleyel » et du son à la française voir le § 1, lire en ligne., spécifique des pianos Pleyel, ils participent du renom international de la marque depuis sa fondation jusqu'à aujourd'hui.
Depuis 2017, la marque est la propriété de la société AlgamAlgam : Instruments de musique et matériel audio Site de la société Algam., distributeur officiel de d'instruments de musique et de matériel audio. Le rachat de Pleyel est intervenu à l'initiative de Gérard GarnierJournal Les Échos, « Gérard Garnier, de la flûte en roseau au piano Pleyel » , lire en ligne., président d'AlgamJournal Ouest-France, « Artisanat, Algam ressuscite les pianos Pleyel » , lire en ligne.Journal Ouest-France, « Musique. Les pianos Pleyel renaissent à Thouaré-sur-Loire » , lire en ligne.Journal Les Échos, « Algam fait renaître les pianos Pleyel » , lire en ligne..
Le pianiste Yves Henry et le Trio Sōra sont ambassadeurs Pleyel.
Historique L'histoire de Pleyel se confond avec celle de ses réalisations et des entrepreneurs qui ont contribué à bâtir son histoire et sa réputation. La salle Pleyel notamment est en fait un prolongement direct et logique des pianos Pleyel.
Ignace Pleyel de 1807 à 1831
vignette|Ignace Pleyel, fondateur de la manufacture Pleyel.
Né le à Ruppersthal en Basse-Autriche, Ignaz Pleyel se révèle très tôt comme un musicien talentueux, compositeur très apprécié de ses contemporains puis à partir de 1802 facteur de pianos de grand renom. Grâce au mécénat du comte Ladislaus Erdödy, il suit les enseignements de Jean-Baptiste Vanhal, avant d’être l’élève de Joseph Haydn. Il devient maître de musique et chef d’orchestre à la cour du Prince Esterhazy à Eisenstadt, et fait de nombreux voyages à travers l’Europe, au cours desquels il rencontre les principaux acteurs de la vie musicale.
En 1783, Ignaz Pleyel , arrive à Strasbourg pour assister Franz-Xavier Richter, maître de chapelle de la cathédrale depuis 1769, il est nommé directeur de la musique en 1784 avant de lui succéder en 1789. Il se marie en 1788 et aura quatre enfants, dont Camille qui lui succédera. À la fin du , Ignace Pleyel est un des musiciens français les plus populaires et les plus joués, son talent est unanimement apprécié, y compris par ses confrères, au premier rang desquels Wolfgang Amadeus Mozart. Il est à cette époque un compositeur prolifique, et il laissera derrière lui une œuvre abondante : quarante et une symphonies, six symphonies concertantes, soixante-quatre duos, deux opéras, et de très nombreux octuors, septuors, quintettes ou quartettes. Pleyel est un exemple de ces compositeurs qui furent célébrissimes en leur temps (sa musique s'était fait un chemin jusque dans la des États-Unis) mais dont la musique est aujourd'hui presque tombée dans l'oubli.
Les troubles politiques qui accompagnent la Révolution française le poussent à partir, en , pour l’Angleterre (où il retrouve son maître Joseph Haydn) sur invitation des dirigés par le violoniste Wilhelm Cramer. À son retour en France, il est arrêté par les révolutionnaires comparaissant pas moins de sept fois devant le Comité de salut public et ne devant son salut qu’à la composition de l’hymne fleuve La Révolution du composée en quelque sorte le fusil sur la tempe après un travail de sept jours et sept nuits, avec deux gendarmes à la porte et le librettiste lui donnant ses instructionsDans , on peut lire que lors de la première exécution, le premier son, donné par des cloches rapportées de partout suspendues à la coupole de la cathédrale, fut un accord parfait .. Il avait déjà composé en 1791 un Hymne à la liberté avec Rouget de Lisle, et dès lors il est sollicité de nombreuses fois pour composer ou jouer des hymnes lors de fêtes révolutionnaires. On dit même qu’il aurait prêté main-forte à Rouget de Lisle pour composer La Marseillaise…
Après la chute de Robespierre et la fin de la Terreur avec l'avènement du Directoire le calme revenant peu à peu en France, on le retrouve en 1795 à Paris. Sa musique, point trop technique ou difficile, est célèbre. Il va ouvrir son premier commerce de musique puis une maison d'édition musicale. En 1797, Ignace Pleyel décide de s’établir dans le quartier de la Chaussée d’Antin où il ouvre son magasin d’éditions musicales. Au même moment, il élabore une Méthode pour le piano forte avec Jan Ladislav Dussek, et publie certaines de ses œuvres, puis celles de ses confrères. Il crée, quelques années plus tard, une collection de partitions en format de poche à bas prix qu’il appelle la « Bibliothèque musicale ». La maison d’édition Pleyel aura sorti en tout près de quatre mille titres.
Désirant adapter les instruments aux exigences des compositeurs et interprètes, il conçoit en 1802 son premier piano (prémices de la Maison Pleyel), muni d'un échappement simple où les cordes sont frappées par un marteau et non plus pincées (comme pour le clavecin). Le mérite de l'« échappement double » apparu en 1821 qui permet la répétition rapide d'une note, revient pour sa part à Sébastien Érard, son concurrent et devancier, à la tête des pianos Érard qu'il a fondés sous , époque où il est rapidement nommé facteur officiel du roiL'histoire Érard, lire en ligne. charge qu'il conserve ensuite jusqu'à la Révolution. Pleyel dépose son brevet en 1807 année où il lance la fabrication des premiers pianos Pleyel et maintient cette activité grâce au soutien de quelques mécènes. Les premiers pianos Pleyel sortent avec le concours de Charles Lemme pendant quelques mois, puis en 1811 il a la chance de recruter Jean-Henri Pape. Celui-ci est nommé très rapidement chef des ateliers Pleyel, mais dès 1815 il quitte Pleyel pour fonder sa propre fabrique de pianos à son nom. Ignace Pleyel décide alors de travailler seul. En 1824, il commence à confier l’entreprise à son fils Camille qui poursuit alors une carrière de concertiste.
Déjà nommé en 1827 fabricant de pianos à queues du duc d'Orléans, Ignace Pleyel est nommé en 1829, conjointement avec son fils Camille, facteur de pianos du roi. En 1831, à la suite de l'avènement de la monarchie de Juillet, il est de nouveau nommé à cette charge par le nouveau roi qui nomme aussi dans le même temps son fils Camille, facteur de harpes du roi« Pleyel, Wolff & Cie : facteurs de pianos : 1807-1891 », , lire en ligne . vignette|Piano Pleyel à queue de Frédéric Chopin, au musée Chopin de Paris.
Camille Pleyel de 1831 à 1855
vignette|Piano Pleyel à queue marqueté, au musée du romantisme de Madrid. vignette|Piano Pleyel à queue de George Onslow en hêtre, érable et épicéa de 1845, au château d'Aulteribe vignette|Piano à queue de 1844 Pleyel. Compositeur moins prolifique que son père, Camille Pleyel est un concertiste de talent remarqué à la cour du roi d’Angleterre, . Il voyage énormément en Europe, rendant visite aux autres grands facteurs, notamment Broadwood et Érard, qui sont avec Pleyel les pionniers dans la fabrication de pianos.
Au moment où à la demande de son père Ignace, il reprend les rênes de la manufacture, Camille va pouvoir, au décès de ce dernier fin 1831, s'appuyer sur la position et la reconnaissance officielles que lui procure le double titre de facteur de pianos du roi dans lequel il succède à son père et de facteur de harpes du roi qu'il possède déjà en propre.
Le son « à la française » par Pleyel, lien avec Frédéric Chopin Camille accorde une attention extrême au perfectionnement de ses instruments, en réponse « aux exigences des compositeurs qui souhaitent des sonorités puissantes et riches : c'est la naissance du « son Pleyel offrant rondeur, puissance des basses et finesse des aigus », si caractéristique des pianos de la marque.
Parmi ces compositeurs, le plus emblématique est Frédéric Chopin qui fait partie des inconditionnels des pianos Pleyel qu'il considère comme le « nec plus ultraChopin's letters. By Chopin, Frédéric, 1810-1849; Voynich, E. L. (Ethel Lillian), 1864-1960; Opienski, Henryk, 1870-1942. » en matière de piano. Il est particulièrement attaché à leur sonorité romantique dite « à la française » qu'il considère sans égale, notamment pour l'interprétation du répertoire musical qu'il compose. Il n'accepte d'ailleurs de se produire que sur un piano Pleyel lorsqu'il joue en concert dans le cadre de l'ancienne salle Pleyel (de son époque). Camille Pleyel et Frédéric Chopin ont beaucoup plus en commun qu'un lien de fournisseur d'instrument à musicien, ils deviennent rapidement des amis proches.
Il est à noter que ce « son français », dit aussi « romantique », continue toujours d'être recherché et apprécié de nos jours par des pianistes concertistes internationaux. L'exemple de Valentina Lisitsa qui pour un concert donné en 2014 salle Gaveau donne la préférence à un piano Grand queue de concert Pleyel, après avoir essayé cinq instruments similaires de la marque Steinway, motivant le pourquoi de son choixÀ ce sujet, il est possible de se référer à la vidéo du choix par cette pianiste, pour un concert Beethoven qu'elle donne en 2014 salle Gaveau, d'un Grand queue de concert Pleyel de préférence aux cinq Steinway qu'elle vient d'essayer juste avant. Dans les commentaires plus bas en réponse au message d'un internaute (« Martin van Boven »), elle complète ses premières explications situées juste en dessous de la vidéo (elles aussi en anglais) : « », Visionner en ligne.Concert du salle Gaveau, Ludwig van Beethoven, Sonate no 17 La Tempête, par Valentina Lisitsa, Visionner en ligne., vient illustrer ce point de façon particulièrement éclairante.
Le développement international Camille impulse à la maison une nouvelle dynamique et lui apporte une renommée croissante qui va devenir internationale.
Très vite il s’entoure de musiciens qui suivent de près la conception des pianos et exportent le nom de Pleyel dans le monde entier.