La direction du Renseignement militaire (DRM) est une direction du ministère des Armées français et un organisme interarmées responsable du renseignement militaire et d'intérêt militaire pour l'ensemble des Forces armées françaises. La DRM est chargée du recueil de l'information, de son analyse et de la diffusion du renseignement vers les autorités civiles et militaires, les armées, les forces en opérations et les organismes centraux de la défense. Elle fait partie avec d'autres services de renseignement de la communauté nationale du renseignement. Elle relève du chef d'état-major des armées (CEMA).
La DRM a été créée en Décret 92-523 du portant création de la direction du renseignement militaire, JORF, 139, , NOR DEFD9201508D. sur une initiative de Pierre Joxe, alors ministre de la Défense, pour rassembler les différents services de renseignement des armées. Elle fut créée au lendemain de la guerre du Golfe.. Il est en effet apparu que le renseignement militaire était faible et ses services trop dispersés, rendant la France trop dépendante des sources américaines.
Dès 1992, le contre-amiral Yves de Kersauson est appelé à assister le général Jean Heinrich qui est chargé par le gouvernement de mettre sur pied la direction du Renseignement militaire. À la tête de la DRM de 1998 à 2001, il est le seul officier général de la marine, à ce jour, à commander cet organisme. Il a initié des « dialogues » avec ses homologues américain, britannique, allemand, canadien, belge, espagnol et italien permettant de développer des relations multilatérales dans le domaine du renseignement.
Elle est aujourd'hui régie par les articles D. 3126-10 à D. 3126-14 du code de la Défense.
Structure Elle est composée de militaires et de civils répartis sur deux sites principaux, à Paris auprès de l'état-major des armées et à Creil (Oise), siège d'organismes techniques.
Le directeur du Renseignement militaire est un officier général (terre, mer ou air), placé sous l'autorité directe du CEMA.
Ses services recueillent du renseignement d'intérêt militaire concernant les forces et les systèmes de combat d'adversaires potentiels.
Le budget de fonctionnement de la DRM est de d'euros, chiffre théorique, la DRM utilisant les moyens des trois armées.
Elle se compose de trois sous-directions : la sous-direction recherche (SDR) ; la sous-direction exploitation (SDE) ; la sous-direction appui (SDA).
Le pôle de renseignement de la DRM, situé sur la base aérienne 110 Creil, à au nord de Paris, comporte divers organismes : le centre de formation et d’emploi relatif aux émissions électromagnétiques (CF3E) ; le centre de formation et d'interprétation interarmées de l'imagerie (CF3I) ; le centre interarmées de recherche et de recueil du renseignement humain (CI3RH) ; le centre de renseignement géospatial interarmées (CRGI) ; le centre de recherche et d'analyse du cyberespace (CRAC), spécialisé dans le renseignement d'origine sources ouvertes (ROSO) ; le centre d'interception et de recherche cyber électronique (futur fusion en 2026 du CF3E et du CRAC).
Le centre de formation interarmées au renseignement (CFIAR) - autrefois appelé école interarmées du renseignement et des études linguistiques (EIREL) - a déménagé de Strasbourg à Creil en 2021..
D'autre part, près de sont réparties dans avancés des transmissions (DAT) installés en métropole (Giens), outre-mer (Guadeloupe, Mayotte, Nouvelle-Calédonie et Polynésie française), au Sénégal (Cap-Vert), au Gabon, à Djibouti et aux Émirats arabes unisAnnexe 5 de l'arrêté du relatif aux formations et aux unités pouvant bénéficier de l'avance de trésorerie pour l'activité des forces, JORF, 46, , texte 5, NOR DEFF1203932A.. Ces détachements participent aux interceptions de télécommunications.. Outre ses organismes directement sous sa responsabilité, la DRM dispose, au sein des armées, d'unités spécialement dédiées au recueil du renseignement.
Moyens dépendant de l'Armée de terre Unité dépendant du commandement des actions spéciales terre (CAST) de Pau : de dragons parachutistes de Martignas-sur-Jalle et Saint-Médard-en-Jalles, de recherche aéroportée en 2003. ;
Unités dépendant du commandement des actions dans la profondeur et du renseignement (CAPR) de Strasbourg : Centre du renseignement terre de Strasbourg, produit le renseignement d'intérêt terre ; Brigade de renseignement et cyber-électronique comportant : de hussards de Haguenau, régiment de recherche du renseignement d'origine humaine (ROHUM) dans la profondeur, 44 patrouilles de recherche profonde et 13 patrouilles spécialisées en 2003 ; de transmissions de Mutzig, régiment de guerre électronique opératif qui participe à l'acquisition de renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) dans la profondeur et arme un centre de guerre électronique enterré et les détachements autonomes des transmissions dès le temps de paix ; de transmissions de Haguenau, régiment de guerre électronique tactique qui participe à l'acquisition de renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) au contact et attaque les réseaux radioélectriques adverses ; de guerre électronique de Rennes. d'artillerie de Chaumont (Haute-Marne), régiment d'acquisition de renseignement d'origine image (ROIM) par déploiement de drones SDTI ; rattaché à la brigade d'artillerie réactivée en 2024.
Moyens dépendant de la Marine nationale À partir du , la Marine nationale exploite le navire collecteur de renseignements Berry.. Ce bâtiment, doté d'un ensemble de moyens pour le renseignement d'origine électromagnétique (ROEM), s'illustre particulièrement face à l'URSS en mer de Barents et en mer Noire ainsi que dans les zones de crise : mer Méditerranée et Golfe Persique.
Le Bougainville succède au Berry en Histoire du Bougainville sur netmarine.net.. Outre les de l'équipage., le Bougainville embarquait de la DRM chargés des interceptions COMINT-ROEM (Communications Intelligence) et ELINT-ROEM (Electronic Intelligence).
Le , un nouveau navire collecteur de renseignements est mis en service. Avec le Dupuy-de-Lôme un cap est franchi. Contrairement à ses deux prédécesseurs, il ne s'agit pas d'un bâtiment transformé pour le renseignement d'origine électromagnétique, mais d'un navire spécialement conçu pour être le nouveau MINREM (Moyen Interarmées Naval de Recherche ElectroMagnétique). Ses missions sont dans l'ordre de .. Mis en œuvre par la Marine nationale, le Dupuy-de-Lôme est mis à la disposition de la DRM qui définit ses missions et exploite sa production. À sa livraison, le ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, soulignait le : .. Aux côtés d'un équipage réduit à , travaillent près de 80 spécialistes de la DRM et/ou de la direction générale de la Sécurité extérieure..
Navires TypeOrigineImageNombreIndicatif visuelNomLivraisonPort d'attacheDéplacementNotesBRE de la Marine nationale (avec la DGSE) Bâtiment de recherche électromagnétique200x200px1A759Dupuy-de-Lôme2006Brest
Moyens dépendant de l'Armée de l'air Satellites de renseignement vignette|Satellite Helios 1 lancé en 1995.
L'armée de l'air supervise l'utilisation des satellites de renseignement. Il existe deux types de satellites : les satellites de renseignement d'origine électromagnétique (ROEM) ; les satellites de renseignement d'origine image optiques et radars (ROIM).
Le programme de ROEM a débuté avec le lancement du démonstrateur Essaim le . Essaim était constitué de quatre micro-satellites d'écoute électronique. Il a été désorbité en 2010. À la suite de ce premier système, un nouveau démonstrateur Elisa (Electronic Intelligence Satellite) a été lancé le . Elisa, constitué également de quatre micro-satellites, a pour mission de localiser et caractériser les émetteurs radars. Elisa devrait rester trois ans en orbite. Ces deux démonstrateurs permettront, vers 2020, le lancement de Cérès (CapacitÉ de Renseignement Électromagnétique Spatiale), premier système opérationnel composé également de trois ou quatre micro-satellites, qui ..
Le programme de ROIM a débuté avec le programme Helios. Le premier satellite Helios 1A a été lancé le , le deuxième Helios 1B, a été lancé le . Une deuxième génération de satellites leur a succédé, qui, en plus de la capacité de prises de vues diurnes, a reçu une capacité infrarouge pour l'observation nocturne. Helios 2A a été lancé le et Helios 2B, le .
Au mois de , la France a acquis une capacité tous temps en échangeant .
La DRM bénéficie aussi des images des satellites Pléiades. Le premier satellite de ce programme civilo-militaire a été lancé le , le second l'a été le .
Un nouveau système européen MUSIS () avec des capacités optique et radar devrait à terme remplacer tous les satellites actuellement en exploitation : Helios, COSMO-SkyMed, SAR-Lupe, Pléiades. Cependant, .
Avions de guerre électronique vignette|DC-8 Sarigue (Système aéroporté de recueil d'informations de guerre électronique) au Musée de l'air et de l'espace du Bourget.
L'armée de l'air française a mis en œuvre deux escadrons d'avions spécialisés dans la guerre électronique : l'escadron électronique 51 Aubrac pour le niveau stratégique ; l'escadron électronique 54 Dunkerque pour le niveau tactique.
Du au , l'escadron électronique 51 Aubrac a mis en œuvre un seul appareil : le DC-8 Sarigue (Système aéroporté de recueil d'informations de guerre électronique) à partir de la base aérienne 105 Évreux-Fauville. L'équipage se composait de deux pilotes, un officier-mécanicien navigant et de quinze à vingt-quatre opérateurs travaillant dans les domaines COMINT () et ELINT (). Un second DC-8 dénommé Sarigue-NG (Nouvelle génération) a été mis en service le pour succéder au premier DC-8 Sarigue actif pendant près de . Il a été retiré du service dès le et non-remplacé. Le ministère de la Défense a justifié ce retrait anticipé .
Le , l'escadrille électronique 54 Dunkerque est créée sur la base aérienne 139 Lahr en Allemagne. Elle est transférée en 1967 sur la base aérienne 128 Metz-Frescaty. Rapidement, elle passe de trois avions Nord 2501 Gabriel à sept. Ces avions seront définitivement retirés du service le et remplacés par deux C-160 Transall Gabriel dont l'équipage se compose de deux pilotes, un navigateur, un mécanicien navigant et de neuf à quatorze opérateurs travaillant dans les domaines COMINT () et ELINT (). Depuis le , l'escadron électronique aéroporté 1/54 Dunkerque est stationné sur la base aérienne 105 Évreux-Fauville. Les deux C-160 Transall Gabriel ont fait l'objet d'une rénovation. Le premier a été livré en 2010, le second devait être disponible en 2012. Ils sont retirés en 2022. Ils doivent être remplacés vers 2027 par 3 Dassault Falcon Archange.
Effectifs En 2009, la DRM emploie . En 2012, l'effectif est de à temps pleinAvis présenté à l'Assemblée nationale par M. Jean-Michel Boucheron sur le projet de loi de finances pour 2012. appartenant aux trois armées (terre, air, marine) et à la direction générale de l'Armement (DGA). En , la DRM emploie, , dont 24 % de femmes, et dont la moyenne d'âge est de .. En 2016, l'effectif de la DRM est voisin de et civils. L'ultime révision de la LPM 2014-2019 (+ pour les services de renseignement du ministère de la Défense) pourrait en outre satisfaire les besoins exprimés par son directeur, avec le recrutement de plus de agents d'ici 2020, les effectifs de la DRM prévus en 2019 étant de ..
Le budget annuel en 2013 est de 155 millions d'euros, inscrits dans le programme 178 du ministère de la Défense, dont 34 millions hors dépenses de personnels et finançant pour l'essentiel des équipements nécessaires à la conduite des opérations. Les grands programmes d'équipement pour le renseignement, dont les satellites et les drones, ne sont pas à la charge de la DRM mais de l'état-major des armées.
Coopération en opérations