L'histoire de la Côte d'Ivoire antérieure aux premiers contacts avec les Européens est quasiment inconnue du grand public. Ces premiers contacts restèrent limités avec seulement quelques missionnaires européens au .

Le pays est habité en 2024 par 29 575 773 habitants avec un taux de croissance annuel de 2,485 %. La Côte d'Ivoire a une population de 0,362% de la population mondiale (contre , , , ), issu(e)s de divers groupes ethniques, parlant principalement français (langue officielle) et/ou une ou plusieurs langues locales.

Préhistoire et protohistoire Une culture néolithique existait cependant, mais est mal connue à cause d'un manque de découvertes archéologiques : parc archéologique d'Ahouakro, Fanfala.

De 500c à 1900c : histoire pré-coloniale

thumb|150px|Femme fétiche des Kroumanes, vers 1869. Le peuplement du sud est attesté dès le seuil de notre ère même si la recherche de ses traces est rendue difficile par le climat humide. Le territoire fut parsemé par des peuples de langues soudanaises, divisés en de nombreuses chefferies.

Parmi les populations les plus anciennes, on compte les Mandé du sud (Gouro, Gban et Yacouba) à l'ouest et au centre-ouest, les Krous au Sud-Ouest ainsi que les Sénoufos au Nord-Est. Le nord du pays sera sous l'influence des royaumes sahéliens (Songhai, Ghana). C'est dans ce contexte que s'implantera l'islam, répandu soit par des commerçants, notamment des colporteurs dioula, soit par le djihad mené par des armées à cheval. Des villes commerçantes comme Kong ou Bondoukou deviendront par la suite de véritables cités-États, liens entre la savane et la forêt. Toutefois, les populations ne connaissaient pas la propriété privée et ne cherchaient pas à délimiter leur territoire. Leurs cultures étaient marquées par une tradition théâtrale, orale, musicale, de danse et la croyance à la magie.

De nombreux États ouest-africains régionaux ont existé. Certaines survivances culturelles sont connues : Empire du Mali (1230-1600), uniquement au Nord, dans la boucle du Niger ; Royaume de Bono (1300/1400-1957) (peuple Abron/Bono/Brong/Gyaman, sous-groupe akan, Sud-Est, surtout Ghana) ; Gyaman (~1450-1895), État médiéval akan bono/abron (côté Ghana), Amanvi ; Royaume d'Akwamu (1620c-1734)) (Ghana actuel) ; Empire kong (1690-1898), Royaume de Kong (Kong (Côte d'Ivoire), Nord, Dioula, Dioulabas), Sékou Ouattara (1665-1745), Querê Mori Uatara (1745-?) ; Royaume de Krinjabo, Assinie (Sud-Est), Fort Saint-Louis (Assinie), Grand-Bassam ; Royaume Baoulé (1700c-?), Abla Pokou (1730-1770) ; Royaume du Sanwi (1740c-1959) ; Royaume de Bouna ; Royaume de l'Indénié (Est) ; Royaume de Kabadougou ; Empire wassoulou (1878-1898), Samory Touré (1830-1900) ; Royaume du Moronou ; Chefferies, Sociétés lignagères.

Premiers contacts européens (1470c-1600) Les premiers Européens à pénétrer dans le pays sont les navigateurs portugais, longeant les côtes africaines, à la recherche de la route vers l'Inde. Les Portugais baptisent le pays "Costa do Marfim" (ivoire) pour l'accueil fait par les populations. Les Européens sont d'abord frappés par la force démographique des Noirs. Pedro Escobar (au service de Fernão Gomes) aurait été le découvreur de Sassandra en pays kru et de Grand-Bassam en 1469. Soeiro da Costa aurait découvert San-Pédro.

Le commerce de l'ivoire, des fusils et la traite des Noirs se mettent vite en place. Les ports de San-Pédro, Sassandra ou encore Fresco ont conservé les noms de marins ou de vaisseaux portugais. Les négriers britanniques sont également présents. Le premier contact avec la France date de 1637, lorsque des missionnaires débarquent à Assinie, près de la Côte de l'Or, actuel Ghana. Sous le règne du roi Louis XIV, lorsqu’un émissaire de ce monarque noua des relations avec le royaume d’Assinie, dans le sud-est du pays actuel. Aniaba, un prince du sang selon les uns, un esclave substitué selon les autres, s’embarqua pour la cour de France. Il y reçut le baptême des mains de Bossuet et sous le parrainage du roi et de la reine de France eux-mêmes. Il y fit ensuite une carrière militaire avec une charge de capitaine de chevau-légers. Il serait revenu en Assinie mais on ne sait rien de sa vie après son retour.

En 1687, deux ans après le code noir, des missionnaires et des commerçants français s'installent à nouveau sur le site d'Assinie, à l'extrémité est du littoral, vers la côte de l'Or, mais ils repartent en 1705 après avoir construit et occupé le fort Saint-Louis, de 1701 à 1704, car le commerce des esclaves contre des céréales ne rapporte pas assezAn Introduction to the History of West Africa, p. 69.. Parmi eux, le chevalier d'Amon et l'amiral Jean-Baptiste du Casse, directeur de la Compagnie du Sénégal, principale société esclavagiste française, débarquent, intéressés par le trafic de l'or, et sont reçus à la cour du roi Zéna. Ils ramènent en France le jeune « prince » Aniaba et son cousin Banga, lesquels sont présentés au roi de France Louis XIV et se convertissent au catholicisme (Aniaba est baptisé par Bossuet, évêque de Meaux). Ils deviennent plus tard officiers dans le Régiment du Roi, avant de retourner à Issiny vers 1700. Aniaba serait devenu en 1704 conseiller du roi de Quita, actuel Togo, se faisant appeler Hannibal.

Période 1600c-1800c : commerce, traite, évangélisation Au , les premiers Européens qui s’installent en Côte d’Ivoire sont des missionnaires français, qui s’établissent sur la côte à Assinie en 1687 et commencent à convertir les populations au christianisme. Ils construisent un fort qu’ils abandonnent par la suite.

Commerce triangulaire ; Compagnies européennes fondées au XVIIe siècle ; Compagnie française des Indes occidentales (1664-1674) ; Compagnie du Sénégal (1673).

Première moitié du (1800c-1850c)

Au , la région est envahie par deux ethnies appartenant au groupe Akan : les Agnis dans le sud-est et les Baoulés dans le centre. Les explorateurs, missionnaires, commerçants et soldats étendent progressivement le territoire sous contrôle français à partir de la région de la lagune. Cependant, la traite négrière n'est pas définitivement terminée avant 1848.

Une carte de la région à l'aube de la colonisation thumb|250px|Le territoire de l'actuelle Côte d'Ivoire et ses environs, tel que connus en 1889.

Sur cette carte allemande de 1889, où la région est considérée comme faisant partie de l'Ober Guinea (Haute-Guinée, s'étendant du Liberia au Cameroun), on remarque combien l'intérieur des terres restait à l'époque terra incognita des géographes. Les établissements français se limitent à une étroite bande de terre, entre Lahou et Assinie, avec Grand-Bassam au centre (et Fort Nemours, construit en 1843). Les légendaires Monts de Kong, dont Binger démontra l'inexistence, y apparaissent encore (avec un point d'interrogation). En dehors de quelques localités comme Krindjabo, Bondoukou, Kong, Tengréla, la carte de l'intérieur du pays reste quasiment vide.

Colonisation française (1842c/1893-1958)

En 1842 est signé le traité de protectorat de Grand-Bassam.

En 1843, l'expédition de Côte d'Ivoire est une expédition navale américaine contre le peuple béréby.

La Côte d'Ivoire devient officiellement une colonie française, le . Le capitaine Binger (1856-1936), parti de Dakar pour rallier Kong, où il rencontre Marcel Treich-Laplène (1860-1890) (un commis d'Arthur Verdier), est le premier gouverneur. De 1893 à 1899, la première capitale coloniale, portuaire, économique et juridique de la Côte d'Ivoire est Grand-Bassam. Il négocie des traités frontaliers avec le Royaume-Uni (pour le Liberia) et plus tard commence une campagne qui dure jusqu'en 1898 contre Samory Touré (1830-1900), un chef guerrier malinké originaire de la Guinée actuelle.

En 1899, à la suite d'une épidémie de fièvre jaune, qui provoque la mort de 45 des 60 Européens présents dans la ville, la capitale est transférée à Bingerville (agglomération d'Abidjan), qui le reste jusqu'en 1934.

En 1895, la Côte d'Ivoire est placée sous la responsabilité du Gouverneur Général de l'Afrique Occidentale Française, mais garde son autonomie administrative et financière. En 1902, les moyens d'actions du gouverneur Général seront étendus sur les services locaux de la colonie. La Côte d'Ivoire est divisée en douze territoires administratifs appelées les Cercles : Lagunes, Grand Bassam, Assinie, Indénie, Bondoukou, Séguéla, Korhogo, Dabakala, Baoulé, Lahou, Sassandra, Cavally. À la tête du Cercle est nommé un fonctionnaire civil issu du corps des Administrateurs des Colonies. Les premiers administrateurs vivent simplement, participent à la découverte du Cercle par des explorations, l'établissement de cartes, l'écriture de documents ethnographiques, ou de dictionnaires. Cette époque est décrite dans les "carnets de route en Côte d'Ivoire (1893-1902)" de Georges Thomann. Deux décrets, en 1901, établissent l'impôt de capitation réclamé aux indigènes et l'impôt des patentes qui frappe le colportage, le commerce et l'industrie en général. Le décret du 10 Novembre 1903 organise les tribunaux de village, qui jugent selon les coutumes locales, mais sous le contrôle des administrateurs. La justice française est réservée presque exclusivement aux Français, Européens ou assimilés. En 1905, a peu près 450 Européens habitent la Côte d'Ivoire (175 fonctionnaires et 275 colons)

En 1919, le territoire sud de la Haute Volta (actuel Burkina Faso) devient une partie de la Côte d’Ivoire coloniale. (Au moment de l’indépendance des états africains les deux pays étaient prêts et s’étaient mis d’accord à faire du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire un seul et même unique pays). Mais ce projet n’a pas pu aboutir, au dernier moment le Burkina Faso devient indépendant, le sous l’impulsion de Maurice Yaméogo.

De 1904 à 1958, le pays est inclus dans la Fédération de l'ouest africain français appelée Afrique-Occidentale française (AOF). C'était une colonie et un territoire d'outre-mer pendant la Troisième République. Jusqu'à la période suivant la Seconde Guerre mondiale, les affaires gouvernementales sont caractérisées par l'association qui faisait des habitants des colonies des sujets français sans droit de représentation. Sa capitale est Bingerville jusqu'en 1933, puis Abidjan.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, le régime de Vichy garde le contrôle du territoire jusqu'à la fin 1942 : l'AOF se rallie ensuite à l'exécutif d'Alger, et passe l'année suivante sous l'autorité du Comité français de libération nationale. La conférence de Brazzaville en 1944, la première assemblée constituante de 1946 et la gratitude de la France pour la loyauté des Africains poussèrent à des réformes à partir de 1946. La citoyenneté française fut accordée aux sujets africains, le droit de s'organiser politiquement leur fut reconnu, et le travail forcé fut aboli par la loi du , proposée par Félix Houphouët-Boigny.

La répression contre son parti, le PDCI, s'accentue à la fin des années 1940. Des militants sont régulièrement arrêtés et battus par des policiers, avec parfois des actes de tortures ; d'autres sont renvoyés de leurs emplois. L'un des principaux dirigeants du parti, le sénateur Victor Biaka Boda, est retrouvé pendu et déchiqueté dans la foret, alors qu'il était recherché par la police. Les tensions culminent au début de l'année 1950, quand, à la suite d’un incident, la quasi-totalité de la direction du PDCI est arrêtée. Des rassemblements de protestation sont organisés ; alors que la police tire à blanc pour disperser la foule, des colons tirent à balles réelles, tuant treize manifestants. Au lieu de rechercher les auteurs du massacre, les autorités, craignant des émeutes, font arrêter des milliers de militants indépendantistes.

En 1956, la loi-cadre de réforme de l'outremer décida du transfert de pouvoirs de Paris vers des autorités locales, sans pour autant freiner le mouvement vers l'indépendance.

Première école de Côte d'Ivoire (1882)