vignette Jules Lagneau, né à Metz le et mort à Paris le , est un philosophe français. On connaît essentiellement sa pensée à travers ses cours et quelques rares articles. S'interrogeant sur la perception et les conditions de la connaissance, il développa la méthode réflexive bien au-delà de la psychologie, faisant de la réflexion le propre de la philosophie et le moyen de prouver autant la liberté et ses modes, que son rapport à l'absolu.
Biographie Fils d'ouvrier, aîné d'une famille de sept enfants, Lagneau fut atteint à quatre ans de la variole, affection qui laissa de graves séquelles dont il ne se rétablit véritablement jamais : il souffrit toute sa vie de crises de langueur et contrôlait soigneusement son alimentation. L'avocat et ancien député républicain Woirhaye persuada son père de l'envoyer étudier au lycée Fabert de MetzD'après J. Pacaut, « Notice biographique de Jules Lagneau ».. Après son succès au concours général des départements, le directeur de l’institution Massin lui proposa de préparer le concours d'entrée à l’École normale supérieure dans son établissement.
Lorsque la guerre de 1870 éclata, il s’engagea dans les francs-tireurs. Peu de temps après son incorporation, il se trouvait dans les environs de Metz, lorsqu’il apprit qu’un de ses frères venait d’être atteint de la fièvre typhoïde. Il alla le voir, et fut lui-même gagné par cette fièvre, qui terrassa également son père. Sur ces entrefaites, les Prussiens avaient fait le siège de la ville. Après la capitulation, ils publièrent qu’ils savaient qu’un certain nombre de francs-tireurs se trouvaient dans leurs familles et ils les sommèrent de se rendre sous trois jours. Jules Lagneau parvint à franchir les lignes ennemies et gagna le Luxembourg. De là, il rallia l’armée de Faidherbe à Lille, s’y fit incorporer et y servit jusqu’à la fin de la guerre.
La paix revenue, il reprit ses études en classes préparatoires littéraires au lycée Charlemagne (1871-1872), et fut admis à l’École normale supérieure (Paris) au concours de 1872. En revanche, il dut repasser la licence de philosophie, et ne fut admis que la deuxième fois à l'agrégationReçu 3e en 1875, d'après . (1875). Il fut profondément influencé tant par l'exigence de rigueur que par l'idéalisme de son maître, Jules Lachelier. Il enseigna successivement dans les lycées de Sens (1876-78)Lycée où Lachelier avait lui-même commencé sa carrière, de 1854 à 1856., Saint-Quentin (1879-80), Nancy (1880-1886) et enfin au lycée Michelet de Vanves (1886-1894), où il eut en la personne d'Émile Chartier, alias Alain, son plus célèbre disciple (1887-89). Par l'intermédiaire de celui-ci, il exerça une influence durable et profonde sur Georges Canguilhem. En 1880, il est le professeur de Maurice Barrès à NancyCf. par exemple .. Lagneau eut plus tard ce mot fameux à propos de Barrès : « Il a volé l'outil. »
Ami de Gabriel Séailles (1855-1922), il fonda en 1893 avec son collègue Léon Letellier (1859-1926) et le journaliste Paul Desjardins (1859-1940) l’Union pour l'Action morale, dont les Simples notes constituent le manifeste. Ce mouvement se transforma au moment de l'Affaire Dreyfus en l’Union pour la Vérité, et par delà suscita les futurs colloques philosophiques des Décades de Pontigny.
Exigeant sur le contenu de l'expression, Lagneau s'exprimait avec une lenteur qui suscitait chez beaucoup d'interlocuteurs (particulièrement les examinateurs et, plus tard, les inspecteurs) une impression de maladresse et de dédain. En tant que professeur, il incitait ses étudiants à raisonner à partir de contradictions apparentes qu'il leur représentait. Lagneau méprisait l'éclectisme en faveur auprès de l'Instruction publique dans les années 1880, et fit mettre sous clef les manuels officiels envoyés dans son lycée, au grand scandale de l'Inspection générale.
Il meurt à son domicile le dans le de ParisArchives de Paris , acte de décès , année 1894 (vue 26/31).
Œuvres Simples notes pour un programme d'union et d'action (1892) Quelques notes sur Spinoza, in Revue de métaphysique et de morale (1895) Fragments de Jules Lagneau (1 à 90), in Revue de métaphysique et de morale (), prés. par Émile Chartier . Célèbres leçons et fragments (1950, rééd. 1964), prés. par Michel Alexandre, Presses Universitaires de France, coll. «Bibliothèque de philosophie contemporaine» E. Blondel - cours intégral 1886-87 (notes de cours de M. Lejoindre, 5 vol.) (1996) éd. par le CRDP de Bourgogne, Dijon Écrits (2006), éd. du Sandre ,Paris Textes inédits : voir le site internet de l'Institut Alain
Hommages posthumes Une rue et un collège de la ville de Metz portent son nom.
Notes
Voir aussi
Bibliographie Alain, Souvenirs concernant Jules Lagneau, 1925. Réédition : Gallimard, coll. « Tel » Léon Letellier, « Jules Lagneau » in Bulletin de l'Union pour l'Action morale, Paris, 1894 Texte en ligne J. Pacaut, « Notice biographique de Jules Lagneau » in Annuaire des anciens élèves de l'École normale supérieure, 1895 Texte en ligne
Catégorie:Philosophe français du XIXe siècle Catégorie:Philosophe de l'esprit Catégorie:Agrégé de philosophie Catégorie:Universitaire français du XIXe siècle Catégorie:Pédagogue français Catégorie:Élève de l'École normale supérieure Catégorie:Lauréat du concours général Catégorie:Enseignant au lycée Michelet de Vanves Catégorie:Naissance à Metz Catégorie:Naissance en août 1851 Catégorie:Décès dans le 14e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en avril 1894 Catégorie:Décès à 42 ans