vignette|PIB par habitant du Chili (bleu) et de l'Amérique du Sud (orange), entre 1945 et 2003. « Miracle chilien » (en espagnol ) est une expression utilisée par l'économiste et commentateur politique américain Milton FriedmanFriedman avait déjà parlé de "miracle" pour la politique économique menée par la dictature militaire brésilienne (Milton Friedman, "Economic Miracles", Newsweek, ). Naomi Klein, La Stratégie du choc, 2008, ., défenseur du libéralisme économique, pour décrire les réformes économiques libérales implantées au Chili sous la dictature militaire d'Augusto Pinochet. Cette expression sert à désigner la politique économique menée sous le régime de Pinochet. Si les partisans de ce dernier mettent en avant la stabilité connue à l'époque par l'économie chilienne, les résultats concrets de ces réformes et l'ampleur, voire la réalité, de cette réussite économique ont été contestés.

Contexte Mise en place des réformes Le modèle économique chilien du régime d'Augusto Pinochet est influencé par les idées du libéralisme économique contemporain de Milton Friedman. Il est mis en place dans les années 1970 et 1980 avec l'aide des Chicago Boys, un groupe d'économistes chiliens formés aux États-Unis et acquis au néolibéralisme. La dictature militaire de Pinochet offre aux Chicago Boys un lieu d’expérimentation idéal pour des réformes économiques libérales radicales, grâce à l'absence de syndicats, de grèves et de contestation sociale.

Avec ce nouveau modèle, le pays a connu de nombreuses réformes comme la privatisation des entreprises publiques, suivie de licenciements massifs ou la mise en place de la retraite par capitalisation par José Piñera. Les droits de douane sont supprimés, les budgets de l’éducation et de la santé sont réduits et les salaires abaissés..

Une politique économique contrastée et contestée En 1981, la Réserve fédérale des États-Unis augmente ses taux d'intérêt pour fortement réévaluer le cours du dollar, ce qui cause une grave crise dans les pays d'Amérique latine dont les dettes extérieures étaient essentiellement libellées en dollarVoir Kenichi Ohno (PhD), Debt Crisis of the 1980s, Collège doctoral de recherche politique. Avec la dépréciation importante du peso chilien, la dette extérieure du Chili (privée et publique) passa ainsi de 50 % du PIB à 120 % entre 1982 et 1985Kevin Cowan, Jose De Gregorio, International Borrowing, Capital Controls, and the Exchange Rate. Lessons from Chile », National Bureau of Economic Research, 2007.. Dans cette crise d'origine monétaire, le Chili a ainsi vu une hausse du taux de chômage, qui est passé de 4,8 % en 1973 à 17,9 % en 1978, atteignant 31 % en 1983Marie-Noëlle Sarget, Histoire du Chili, L'Harmattan, 1996, ., ainsi qu'une forte augmentation des inégalitésSelon l'ONU, , José Gabriel Palma, Globalizing Inequality : "Centrifugal" and "Centripetal" Forces at Work , septembre 2006. En 2005, le Chili occupait la sur 124 dans le classement des pays par égalité de revenus selon le coefficient de Gini, établi par l'ONU..

D'après l'organisme économique CENDA, « Pinochet a transformé le Chili en une économie rentière. Un petit groupe de grandes entreprises s'est approprié les grandes ressources naturelles du pays et vit de sa rente ».. Le pays a subi une très grave crise économique au début des années 1980Mary Anastasia O'Grady. What We Can Learn From Chile's Financial Crisis. The Wall Street Journal, 29 septembre 2008., sa « pire récession depuis les années 1930 »Juan Gabriel Valdés, Pinochet's Economists : The Chicago School of Economics in Chile, Cambridge, Cambridge University Press, 1995, ., à la suite de laquelle le ministre des finances Sergio de Castro quitta le gouvernement.

Bien que la croissance ait fortement augmenté, atteignant 8 %, le taux de chômage progresse parallèlement, passant de 4,8 % en 1973 à 31 % en 1983, tandis que les salaires diminuent nettement et que la dette explose.

La journaliste Naomi Klein, marquée à l'extrême gauche, ou le think tank Public Citizen, marqué lui à gauche, ont contesté le terme de « miracle », qualifié de « mythe »Todd Tucker, The Uses of Chile, Public Citizen, 2006.Naomi Klein, La Stratégie du choc, 2008, ..

Si le Chili a procédé à de nombreuses privatisations, la Codelco, exploitant les mines de cuivre et nationalisée par Salvador Allende en 1971, resta dans les mains de l'État et les ressources de cuivre furent même déclarées « inaliénables » par la Constitution chilienne de 1980Article 24 de la Constitution chilienne : « The State has absolute, exclusive, inalienable and imprescriptible domain over all mines (…) » Traduction officielle Selon Naomi Klein, la Codelco « générait 85 % des revenus d'exportation du pays » (La Stratégie du choc, )..

Bilan économique dans les années 1990 Après la fin de la dictature en 1990, les gouvernements démocratiques successifs du pays ont ouvert l'économie du Chili aux investissements étrangers, en multipliant les accords du système de libre-échange avec les États-Unis, l'Union européenne, la Chine et le Japon. L'ensemble des résultats économiques se sont améliorés après le retour de la démocratieAlejandro Foxley, Successes and Failures in Poverty Eradication : Chile, BIRD, 2004, ..

Le Chili est considéré comme l'un des pays les plus stables économiquement en Amérique latineFort d’un taux de croissance annuel moyen de plus de 6 %, il arborait déjà, en 1997, un taux d'instruction élevé, une infrastructure matérielle robuste et un produit national brut approchant les 4 000 $ US par habitant.. Depuis la fin de la dictature, le Chili a réussi, par exemple, à réduire la pauvreté de moitiéLa pauvreté passe de 38,6 % de la population en 1990 (à la fin de la dictature), à 20,6 % en 2000 (Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes, Une décennie de développement social en Amérique latine, 1990-1999, Santiago du Chili, 2004, . Ces chiffres concernent l'ensemble de la population ; concernant les ménages, le taux de pauvres passe de 33,3 % à 16,6 % sur la même période.. Cette prospérité lui a valu le surnom de « jaguar » de l'Amérique du Sud, en référence aux dragons asiatiques.

Notes et références

Annexes Bibliographie Xabier Arrizabalo Montoro, Milagro o Quimera, la Economía Chilena Durante la Dictadura, Catarata, 1995.

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Liens externes Chile Económico, APEC, 2004 econoclaste.org relativise le « miracle chilien », simple remise à niveau après les erreurs d'Allende

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