L'opération Daguet est la participation de l'armée française à la coalition internationale formée à la suite de l'invasion du Koweït par l'Irak dans la guerre du Golfe en 1990-1991.

Historique vignette|gauche|AMX-10 RC durant l'opération Bouclier du désert. vignette|Une Gazelle SA 341F2 de l'ALAT. Elle succède à partir du à l'opération Salamandre où des forces françaises sont déployées pour la protection des pays du golfe Persique.

Celle-ci avait commencé le avec l'annonce une journée auparavant par le président de la République française François Mitterrand de l'envoi du porte-avions Clemenceau transportant un détachement du d'hélicoptères de combat vers l'Arabie saoudite ( et ) et de plusieurs autres navires de la Marine nationale dans la région, ainsi que d'un escadron d'investigation du de hussards parachutistes aux Émirats arabes unis (opération Busiris), après l'invasion du Koweït par l'Irak le .

Ces navires accompagnant le porte-avions Clemenceau étaient le croiseur Colbert, le pétrolier ravitailleur Var (A608) et le remorqueur Buffle. Le régiment quitte Toulon le et arrive à Abou Dhabi le ..

Elle monte en puissance jusqu'au début de l'offensive terrestre en passant de plus de à ses débuts à au , plus de au , au et le Campagnes et théâtres :Desert Storm.

L'offensive terrestre vignette|gauche|Deux AMX-30 et un camion à Al-Salman. La mission des de l'armée de terre placés à l'extrémité du dispositif allié lors de l'offensive Tempête du désert qui débuta le dimanche (début de l'offensive à 7 heures du matin pour les Français) fut la prise du nœud routier d', « jugé de la plus haute importance » et de sa base aérienne à quelque à l'intérieur de la province d'Al-Muthanna dans le territoire irakien en passant par deux objectifs intermédiaires nommés Rochambeau et Chambord.

Cette mission fut accomplie en quarante-huit heures, avec l'aide d'unités des et divisions aéroportées américaines : la division Daguet, répartie en deux groupements (Natchez à l'ouest et Montcalm à l'est), écrasa la d'infanterie de l'armée irakienne, qui disposait en théorie de 9 bataillons, soit , dont au moins de 3 à 4 bataillons d’infanterie organisés en points d’appui, 1 bataillon d’au moins 50 chars T-54 et de plus de 50 canons d’artillerie de calibre 122 et , avec des armes antiaériennes (quadritubes ZPU-4, canons ZU-23-2 bitubes ) Dossier: L'action de la Division Daguet, B. Janvier.

L'aéroport fut pris dans l'après-midi du et le village d'As Salman le 26 au matin, sans combats. thumb|left|Mouvement des unités dans l'opération Desert Storm, la division Daguet était en flanc garde de l'offensive.

Bilan de l'opération vignette|Radar irakien détruit par la DLB.

vignette|Char Type 69 détruit par la DLB.

vignette|gauche|Légionnaires lors d'une visite du Lt. Gen. Khalid bin Sultan commandant officiellement les forces de la coalition.

En quatre jours d'offensive terrestre, le bilan fut de irakiens et 6 à autres en fuite, 20 T-55, T-62 et Type 69 détruits, 2 T-72 capturés, 17 blindés légers détruits, 114 camions détruits et 7 capturés, 26 pièces d'artillerie (obusiers, canons antiaériens) détruites et 40 récupérées, 70 mortiers de 82 et ainsi que de munitions capturés par les forces françaises. Le stock de munitions fut détruit sur la base aérienne irakienne d'As-Salman qui fut elle-même rendue non opérationnelle à la suite de très importantes destructions.

Les AMX-30B2 ont tiré 270 obus de , les AMX 10 RC 290 obus de , les pièces de TRF1 de et l'artillerie américaine . L'infanterie a envoyé 22 missiles Milan et 560 obus de mortier de . Enfin, les hélicoptères Gazelle de l'Aviation légère de l'armée de terre ont tiré 328 missiles HOT et les véhicules de l'avant blindés (VAB) Mephisto une soixantaine.

Pertes françaises

Au total, dix militaires français ont été tués dans le cadre de cette opération dont deux avant même le début du conflit et trois après la fin des combats : un maréchal des logis-chef a été tué dans un accident de voiture en Arabie saoudite le ; le , un lieutenant trouva la mort dans le crash de son Mirage F1-CR lors d'une mission d'entraînement en Arabie saouditehttps://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/complementter.php?id=6381903 ; durant le conflit, deux soldats des CRAP du RPIMa (le sergent Schmitt et le caporal-chef Éric Cordier) ont été tués par deux sous-munitions de l'aviation américaine non explosées au fort d'As Salman dans la province d'Al-Muthanna le mardi à 16 heures (heure UTC).

Par ailleurs, 33 autres militaires ont été blessés (23 lors de l'explosion des deux sous-munitions), dont 22 légèrement.

Après le conflit, 8 soldats du RI ont été blessés (dont 3 grièvement) le , en longeant la route Texas, près d'As Salman. Deux autres du REG ont été tués en mars et en avril à Koweït-City, et trois meurent accidentellement lors de l'opération humanitaire au Kurdistan après le conflit. Un dixième militaire français est décédé d'une crise cardiaque le .

Le , américains du génie ont été tués et plusieurs blessés dans la zone de responsabilité de la division en déplaçant un conteneur de sous-munitions sur la base aérienne d'Al SalmanNos Camarades disparus, Amicale des Anciens de la Division DaguetDémineurs d'assaut Interview du général Jacques MANET ( REG), Amicale des Anciens de la Division Daguet.

L'armée de l'air française a perdu au total un Mirage F-1 accidentellement et quatre SEPECAT Jaguar ont été légèrement touchés par des tirs de DCA lors de leurs missions de bombardement.

Composition Commandement thumb|Le général de corps d'armée Michel Roquejoffre, commandant de l'opération Daguet, et le général de brigade Bernard Janvier, commandant la légère blindée, durant la revue de la victoire des forces françaises à As Salman, Irak, le 10 mars 1991. Coordination de l'opération : Général de corps d'armée Michel Roquejeoffre Commandement de la division Daguet : Général de division Jean-Charles Mouscardès (- rapatrié sanitaire le ) Général de brigade Bernard Janvier à partir de cette date Commandement des forces aériennes : général Solanet Commandement des forces navales (opération Artimon) : contre-amiral Pierre Bonnot

Forces en présence

un état-major interarmées fort de 350 militaires, une composante de l'armée de l'air française (dont 12 avions de combat Mirage 2000, 24 SEPECAT Jaguar basé l'aéroport d'Al-Ahsa , et des F1CR de la 33ème escadre de reconnaissance), une composante sanitaire, un « groupement de soutien logistique » (avant et arrière) comprenant des moyens maritimes, aériens et terrestres, la division Daguet de l'armée de terre française, soit près de en . une section sol-air de l'armée de l'air (5 lanceurs Crotale.)

La division Daguet

vignette|gauche|Équipe de mortier MO 120 RT du étranger d'infanterie. thumb|Clairon des troupes de marine françaises au Koweït après la Tempête du désert.

thumb|right|Convoi des éléments du du train intégré dans le groupement de soutien logistique. La division créée pour la circonstance, placée sous le commandement du général Mouscardes puis du général Janvier, fut constituée par différentes unités de l'armée de terre française :

L'état-major de la légère blindée (500 personnes) ; d’hélicoptères de combat ; 2 compagnies du d’infanterie ; d’hélicoptères de combat ; compagnie de soutien renforcé du régiment de soutien aéromobile ; d’hélicoptères de combat (personnels + ensemble des hélicoptères débarqués de l'opération Salamandre) ; (reconnaissance/antichar) et du de hussards parachutistes ; étranger de cavalerie (1 état-major - 1 escadron de commandement et des services - 3 escadrons blindés - 1 escadron antichars) ; de spahis ; de dragons avec 3 escadrons d'AMX-30B2 ; étranger d’infanterie renforcé d'une compagnie du RIMa (1 état-major - la compagnie de commandent et des services - la compagnie d'appui et de soutien - 3 compagnies de combat) ; un régiment mixte infanterie-blindé sur VAB du régiment d'infanterie de marine et AMX-10 RC du régiment d'infanterie chars de marine ; d’infanterie de marine ; étranger de Génie (1 état-major - 1 compagnie de commandement et des services - 3 compagnies de génie combat - 1 compagnie d'appui - 1 compagnie du RG équipée d'engins blindés du génie - 1 section de l'US Army) ; une section de défense sol-air composée du système crotale de l'armée de l'air EDSA 02/950 renforcée de plusieurs éléments des différents EDSA de l'armée de l'air ; d'artillerie de marine ; 3 sections Mistral du d'artillerie parachutiste ; une section équipement renseignement surveillance HORUS crée à partir de la Section technique de l'Armée de terre et des et régiments d'artillerie. Cette section était équipée du démonstrateur ORCHIDEE et du système prototype du drone lent MART (Mini Avion de Reconnaissance Télépiloté). ; un Groupement de soutien logistique créé à partir des régiments de commandement et de soutien de la Force d'action rapide ; une prévôté divisionnaire composée d'un officier et de 24 gendarmes.

La division ainsi composée, dans son articulation de combat, aligne au total majeurs parmi lesquels 132 hélicoptères de toutes catégories de l'ALAT - deuxième force aéromobile de la coalition - dont 88 Gazelle (60 armées de missiles Hot, 14 de reconnaissance et 14 SA341F canon, 3 de ces dernières sont adaptés sur place pour l'emport de missiles Mistral pour une capacité air-air) et 38 Puma (dont le prototype SA 330B Puma Orchidée/HORUS équipé d'un radar de surveillance du champ de bataille.) et 500 véhicules blindés dont 214 véhicules de l'avant blindé, 96 AMX-10 RC, 44 chars de combat AMX-30B2, 13 ERC-90 Sagaie, 18 canons tractés de TRF1 et 20 mortiers de MO 120 RT.

La doctrine d'emploi de la division fut basée sur le concept d'engagement de la Force d'action rapide, alliant puissance de feu antichar et mobilité.

Une brigade d'infanterie de la aéroportée américaine et la d'artillerie américaine seront mises sous contrôle opérationnel français. Ces unités renforceront principalement la composante artillerie de la division Daguet qui compte finalement près de ( et ) tandis qu'elle est intégrée dans le XVIIIe corps aéroporté américain.

Logistique Élément primordial dans les guerres de haute intensité, la faiblesse de cette composante s'est progressivement révélée au cours de l'opération.

Le nombre des unités dites « de combat » a été accru au détriment des unités logistiques, à tel point qu'au début du déploiement, il n'y a aucune unité logistique structurée. Les conséquences sont multiples : par exemple, le REC passera cinq mois dans le désert avec deux douches de campagne de l'Armée de l'Air (section Crotale) pour 800 hommes.

La division Daguet aligne une brigade logistique forte de (35 % de la force) : du régiment de commandement et de soutien (), du « groupement de soutien logistique » ( du service de santé des armées, répartis dans les autres services en particulier le train routier), 500 hommes appartenant à la « base opérationnelle mobile aéroportée » de la parachutiste, responsables du contrôle aérien et de la gestion du fret aérien.

Postérité L'opération Daguet a vu la première apparition de la variante désert du camouflage Europe centrale, qui est communément appelé camouflage Daguet en référence à l'opération.

Voir aussi

Relations entre la France et l'Irak Camouflage Daguet, le camouflage utilisé pour la première fois au cours l'opération.

Sources et références in Képi blanc - avril 2011

Liens externes Site de l'Amicale des Anciens de la Division Daguet , web-documentaire de l'établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense

La force Daguet, site sur la guerre du Golfe La France solidaire de Daguet, site sur la guerre du Golfe La Marine dans la guerre du Golfe, Netmarine

Vidéo 15 reportages Antenne 2 et FR3, INA

Bibliographie Raids, no 56 Histoire & Collection, . Erwan Bergot, Opération Daguet. Les Français dans la guerre du Golfe, Presses de la Cité, Paris, 1991. .