vignette|Demis Hassabis (à gauche) avec Blaise Agüera y Arcas en 2014 à Londres lors d’un congrès de Wired.
Demis Hassabis (né le à Londres) est un entrepreneur et chercheur britannique en intelligence artificielle. Il est le directeur général de Google DeepMind, une entreprise qu’il a cofondée en 2010 et qui a été rachetée par Google en 2014. Il a également cofondé Isomorphic Labs. Il est co-lauréat avec John M. Jumper et David Baker du prix Nobel de chimie 2024. pour ses travaux sur la prédiction de la structure des protéines..
Il est aussi un ancien développeur de jeux vidéo, neuroscientifique et joueur de haut niveau dans de multiples disciplines dont les échecs.
Jeunesse et éducation
Demosthenes Hassabis (Δημοσθένης Χασάμπης, Dimosthénis Khasámpis, en grec) dit Demis Hassabis (Ντέμης Χασάμπης, Ntémis Khasámpis) a un père, Costas, d’ascendance chypriote grecque et sa mère, Angela, est d’origine sino-singapourienne « Chase your passions, go deep with them: AI pioneer Demis Hassabis on what his dad and S’pore-born mum told him », The Straits Times, 12 janvier 2025. Consulté le 20 juillet 2026.. Demis Hassabis a toujours vécu à Londres, dans les quartiers de North London, où il résidait encore en « Je suis un gars de North London, j’y suis né et y ai grandi… Aucune raison d’en partir » (« I’m a north London boy, born and bred… There’s no reason to move. ») : « Exclusive interview: meet Demis Hassabis, London's megamind who just sold his company to Google for £400m », Evening Standard, 31 janvier 2014. Consulté le 25 août 2015. « Lunch with the FT: Demis Hassabis », Financial Times, 30 janvier 2015. Consulté le 25 août 2015..
Demis Hassabis est un jeune maître des échecs, noté au classement Elo à 13 ans (en ). Il est alors parmi les meilleurs mondiaux de sa catégorie d’âge (moins de 14 ans) derrière Judit Polgár Demis Hassabis: 15 facts about the DeepMind Technologies founder, dans The Guardian le 28 janvier 2014..
Demis Hassabis obtient son baccalauréat () à 16 ans. Il termine ses études en 1997 au Queens’ College de Cambridge avec un Double First en informatique ..
En 2009, il obtient, après une formation à l’University College de Londres supervisée par la professeur Eleanor Maguire, un doctorat dans le domaine des neurosciences cognitives. ll y étudie alors le cerveau humain afin de trouver de nouvelles inspirations pour la programmation d’intelligence artificielle.
Vie professionnelle
Débuts dans le jeu vidéo Hassabis a débuté sur ZX Spectrum, puis sur Commodore Amiga, machine sur laquelle il développe son premier programme d’intelligence artificielle basée sur le jeu de société Othello.. À seulement seize ans, alors qu’il est étudiant, il rejoint le studio de production de jeux vidéo Bullfrog Productions à la suite d’un concours organisé par le magazine britannique Amiga PowerAmiga Power , août 1992, pages 65 à 67, https://amr.abime.net/issue_16_pages. Il a travaillé avec Peter Molyneux, notamment sur Syndicate (1993), puis sur Theme Park (1994).
En 1998, à sa sortie de Cambridge, Hassabis fonde à Londres un studio de développement de jeux vidéo, Elixir Studios, maintenant fermé. À la tête d’un groupe de soixante employés, il signe des accords de production avec Vivendi Universal et Microsoft et est le concepteur exécutif de Republic: The Revolution et Evil Genius.
DeepMind et intelligence artificielle En 2010, après son doctorat, il fonde DeepMind Technologies Ltd. avec Mustafa Suleyman et Shane Legg. Cette entreprise est spécialisée dans l’intelligence artificielle. En , est vendue pour environ À titre de comparaison : soit à peu près ou . à Google « » dans The Guardian, article de Samuel Gibbs du 27 janvier 2014.. Après la vente, Hassabis travaille encore au sein de la société comme , puis . DeepMind Technologies est renommée entre 2015 (date de la création d’Alphabet, conglomérat reprenant les activités de l’entreprise Google lors de la réorganisation de celle-ci). Puis, en 2023, DeepMind est fusionnée avec Google Brain (une équipe de recherche en apprentissage profond) et renommée Google DeepMind.
AlphaGo (2015) En 2015, plusieurs années de recherche d’un projet mené par HassabisDans l’émission de radio Le téléphone sonne du 15 mars 2016 sur France Inter, la victoire contre Lee Se-dol est présentée comme la victoire de Demis Hassabis. aboutissent à AlphaGo, programme informatique de jouant au go. Celui-ci est la première intelligence artificielle à battre un joueur professionnel dans un match (5 à 0)Avec des parties sans handicap et sur un goban 19×19.. Peu de temps après, le à Séoul, ce même programme réalise l’exploit de battre Lee Sedol, l'un des meilleurs joueur au monde, dans la première partie d’un match, remporté finalement 4 à 1 par AlphaGo. En 2017, un nouveau logiciel, AlphaGo Zero, programmé pour développer des stratégies par apprentissage automatique (c’est-à-dire sans aucune information extérieure, juste en jouant contre lui-même), obtient encore de meilleurs résultats. Puis, plus tard dans l’année, en décembre, un troisième logiciel, AlphaZero se voit enseigner les règles des échecs et du shōgi et bat respectivement Stockfish (28 victoires, 72 parties nulles et 0 défaite sur un match de 100 parties) et (90 victoires, 2 parties nulles et 8 défaites également sur 100 parties), pourtant considérés tous deux comme les meilleurs programmes au monde d’échecs et de shōgi (et nettement meilleurs à ces jeux que les meilleurs humains) « Google's 'superhuman' DeepMind AI claims chess crown », article du 6 décembre 2017 sur le site de la BBC..
AlphaFold (2018) En , DeepMind dévoile AlphaFold, un outil de prédiction de la structure des protéines. « C’est notre premier investissement majeur en termes de ressources, financières et humaines, pour résoudre un problème scientifique, fondamental, très important et ancré dans la réalité » selon Hassabis« Après les échecs et StarCraft, l’IA de Google s’attaque à l’un des plus grands mystères de la science » sur Numerama le 9 décembre 2018.. AlphaFold remporte le même mois le CASP (), un concours international biannuel créé en 1994 pour résoudre ce problème fondamental de la biologie moléculaire. Une avancée dans ce domaine permettrait de mieux comprendre le vivant et ainsi ouvrirait la porte à des avancées médicales« DeepMind, l’IA de Google, est championne en biologie moléculaire » dans Le Figaro le 11 décembre 2018.. Deux ans après, AlphaFold remporte également le CASP, en .
IA appliquée aux jeux vidéo Le , il est révélé que l’IA a battu deux joueurs professionnels de StarCraft 2 le . Selon Hassabis, les techniques derrière AlphaStar doivent servir aux prévisions sur de très longues séquences telles que « les prévisions météorologiques et les modélisations du climat ». Contrairement aux échecs ou au go, cette IA doit faire des choix malgré une information incomplète, prendre des décisions en temps réel et non au tour par tour, faire de la gestion à plusieurs niveaux…« « C’était surhumain » : des joueurs professionnels ont perdu contre une IA à Starcraft 2 » sur Numerama le 25 janvier 2019.
En , le projet DeepMind sur le programme MuZero est rendu public. Ce programme apprend également les règles du jeu : il essaye des mouvements et ne reçoit comme seules informations que leur légalité et le résultat, intermédiaire ou final, de ses coups. MuZero peut jouer au go avec des performances comparables ou supérieures à celles d’AlphaGo, mais peut aussi jouer aux échecs, au shōgi, et aux jeux vidéo d’arcade Atari « Mastering Atari, Go, Chess and Shogi by Planning with a Learned Model » par Julian Schrittwieser, Ioannis Antonoglou, Thomas Hubert, Karen Simonyan, Laurent Sifre, Simon Schmitt, Arthur Guez, Edward Lockhart, Demis Hassabis, Thore Graepel, Timothy Lillicrap et David Silver, publication du 19 novembre 2019 révisée le 21 février 2020..
Pharmacologie En , Demis Hassabis devient le premier directeur général d’Isomorphic Labs, filiale d’Alphabet ayant pour objectif de trouver des médicaments grâce à l’intelligence artificielle.
Prises de position En 2023, Hassabis déclare que . Il considère cependant qu’une pause dans les progrès de l’IA serait très difficile à appliquer à l’échelle mondiale, et que les avantages potentiels de l’IA (par exemple pour la santé) justifient de continuer son développement. Il a affirmé qu’il y a un besoin urgent de recherches pour développer des tests permettant d’évaluer les capacités et la contrôlabilité des nouveaux modèles d’IA.
Joueur de haut niveau
Après s’être essayé avec succès aux échecs dans sa jeunesse, Demis Hassabis s’est testé à de nombreux autres jeux. Ainsi, il est également joueur de haut niveau au shōgi ( et au championnat national britannique respectivement en 1998 et 1999) European Archives sur Eric Cheymol’s Shogi Page., au poker (où il a participé à plusieurs reprises aux World Series of Poker) Page biographique sur son site personnel., à Diplomatie et dans des compétitions multi-ludiques.
À Diplomatie, ses meilleurs résultats en compétition sont une troisième place au championnat d’Europe de 2004 et la même année une victoire par équipes à la ManorCon (qui était cette année-là le classement sanctionnant le trophée par équipes du championnat du monde). Il a également participé cinq fois au championnat du monde : en 1994, en 2001, en 2004, en 2006 et en 2017Fiche de Demis Hassabis dans The World Diplomacy Database..
Lors des , Demis Hassabis a été à cinq reprises champion du monde de Pentamind (1998, 1999, 2000, 2001 et 2003)Le Pentamind est une compétition multi-jeux de société, les jeux disputés sont variables d’une année sur l’autre ; pour chaque joueur, les cinq (d’où « Penta », « cinq » en grec) jeux où le joueur obtient son meilleur classement sont conservés pour le calcul du classement général. et deux fois champion du monde de Decamentathlon (2003 et 2004)Le Decamentathlon est un décathlon de jeux de société et de tests, les dix épreuves sont fixes : bridge, échecs, dames, go, Mastermind, Reversi, compétences de mémorisation, tests de créativité, tests d’intelligence, calcul mental. « Cerebral athletes play mind games » dans The Guardian, article de David Ward du 22 août 2005..
, lui-même champion du monde de Pentamind en 2002 et 2012, a appelé Demis Hassabis le « Génie des jeux » ( ).
Distinctions
En 2007, Science place des travaux de Demis Hassabis sur la connexion entre mémoire et imagination dans le top 10 (en neuvième position) des percées scientifiques de l’année Science, 21 décembre 2007 : Vol. 318, Issue 5858, .. En 2009, il est élu Fellow of the Royal Society of Arts (FRSA) pour son travail de game designer.
En 2013, il fait partie des cinquante noms de la Smart List de Wired, de personnalités sélectionnées par cinquante des plus brillants esprits du monde pour leur talent émergeant et leur capacité à façonner l’avenir. Hassabis était choisi par Peter Molyneux.
En , en tant que fondateur de DeepMind Technologies vendu quelques mois plus tôt à Google, l’Evening Standard de Londres place Demis Hassabis comme le troisième Londonien ayant le plus de pouvoir derrière George Osborne (alors chancelier de l’Échiquier) et Boris Johnson (maire de Londres) « Leading the way: Top 20 Londoners in The 1000 power list », article du 16 octobre 2014.. En , pour ses travaux novateurs autour de l’intelligence artificielle et des neurosciences, il reçoit le de la Royal Society : ce prix récompense « les personnes dont le travail a le potentiel d’apporter une contribution à la prospérité nationale » et n’avait plus été attribué depuis cinq ans Communiqué de presse de la Royal Society pour le prix Mullard en 2014..
En 2015, il est listé en septième position (et comme premier Britannique) dans la liste du Financial Times du top 50 des entrepreneurs dans les nouvelles technologies en Europe FT Top 50, 19 juin 2015..