La liste des évêques de Langres recense le nom des évêques qui se sont succédé sur le siège du diocèse de Langres, dans une région limitrophe de la Champagne et de la Bourgogne, dans l'actuel département de la Haute-Marne, en France. Langres est le siège de l'évêché.
Le diocèse de Langres, dont la fondation remonte à la fin du , est sous l’Ancien Régime l’un des plus grands et des plus prestigieux de France. Ses titulaires, qui étaient ducs et pairs de France, participaient à la cérémonie du sacre des rois de France où ils portaient le sceptre.
Le diocèse de Langres comprenait en 1730 les pays de Tonnerre, de Bar-sur-Seine, de Bar-sur-Aube, de Chaumont, de Châtillon-sur-Seine et de Dijon, s’étendant ainsi sur plusieurs départements actuels : la Haute-Marne, l'Aube, les Vosges, la Côte-d'Or et en partie ceux de la Meuse et de Meurthe-et-Moselle.
Il était voisin du diocèse de Toul au nord (diocèse qui relevait du Saint-Empire romain germanique et n'est devenu français qu'en 1648, et la Lorraine en 1766), de celui de Besançon au sud-est (la Franche-Comté relevait aussi de l'Empire et n'est rattachée à la couronne qu'en 1678), et de celui de Chalon(-sur-Saône) et d'Autun au sud-ouest qui relevaient quant à eux du duc de Bourgogne en conflit avec la France jusqu'au règne de Louis XI.
Ainsi, le diocèse de Langres ne touchait-il à des diocèses français qu'au nord-ouest par le diocèse de Troyes (aux comtes de Champagne donc à la couronne) et celui de Sens (au domaine royal), et à l'est avec le diocèse d'Auxerre (à la couronne) ; ce qui faisait dire au dauphin Charles, futur Charles V, que Langres était .
Ce n'est qu'en 1731 que le diocèse de Dijon a été créé, puis détaché de celui de Langres dont l'évêque perdait sa résidence préférée.
Histoire Un concile provincial eut lieu à Langres en 830 : l’évêque Albéric y accueillit Louis le débonnaire, fils de Charlemagne et son fils Lothaire Les évêques ont eu un temps le droit de battre monnaie.
Le duc Hugues III de Bourgogne donne le titre de comte de Langres à son oncle Gauthier, alors évêque de Langres, en 1179. Le roi Louis VII y ajoutera la pairie et Philippe-Auguste titrera les évêques ducs, en confirmant la pairie. Dès le , ducs et pairs de France, ils ont un rôle important durant le sacre des rois de France : ils tiennent le sceptre. Après les onctions, au moment du couronnement, ils tiennent aussi la couronne, avec les onze autres Grands Pairs, acteurs importants du sacre, au-dessus de la tête du roi, avant que l’archevêque de Reims, seul, ne la pose sur la tête du monarque. Grands vassaux, mais étant pairs, ils participent aux affaires générales du royaume, et nombre d’autres grands seigneurs doivent leur rendre hommage.
En 1731, à l’occasion de la création de l’évêché de Dijon, ils perdent plus de 130 paroisses, et sept abbayes. De 1791 à 1802, le siège épiscopal fut occupé par un évêque constitutionnel, et la superficie de l’évêché fut réduite au seul département de la Haute-Marne. En 1802, le concordat supprima purement et simplement l’évêché, les vues de De La Luzerne, évêque titulaire de jure n’étant pas appréciées du nouveau régime impérial qui se créait. L’évêché fut rétabli en 1823, sous le règne de Louis XVIII.
Le siège de l'évêché a été transféré à Chaumont parce que c'est la préfecture de la Haute-Marne, tout en continuant de s'appeler évêché de Langres.
Sept évêques de Langres furent canonisés, et trois ont obtenu la pourpre cardinalice.
Guillaume de Joinville, devenu archevêque de Reims, sacrera Louis VIII roi de France.
Liste des évêques de Langres vignette|170px|Sénateur tel que figuré sur un vitrail de la cathédrale de Langres. Antiquité Vers 200 : saint Sénateur, canonisé. Vers 240 : saint Juste. Vers 264 : saint Didier, fêté le Nominis : Saint DidierNominis : Saint Didier de Langres.. Vacance du siège épiscopal pendant 20 ans. 284-301 : Martin. 301-327 : Honoré. 327-375 : saint Urbain, canonisé. 375-410 : Paulin I. 410-411 : Didier II (Desiderius), aurait été décapité en 411 à Langres par les Vandales. 411-448 : Fraterne I. 448-455 : Fraterne II. 456-484 : saint Apruncule, canonisé. 485-490 : Armentaire. 490-493 : Venance. 493-498 : Paulin II ou Paul.
Haut Moyen Âge 498-501 : Patient. 501-506 : Albiso. 506-539 : saint Grégoire, canonisé, élu évêque après son veuvage à 57 ans. Il fut pendant quarante ans comte du pays d'Autun. Il est l'arrière-grand-père de Grégoire de Tours. Il est à l'origine selon la légende, de la fondation de l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon. 540-572 : Tétrice, fils du précédent. Canonisé. 572-583 : Pappolus/Papoul. 583-595 : Mummole le Bon. 595-618 : Miget. 618-628 : Modoald. 628-650 : Berthoald. 650-660 : Sigoald. 660-670 : Wulfrand. 670-680 : Godin. 680-682 : Adoin. 682-690 : Garibald. 690-713 : Héron. 713-742 : Eustorge. Le diocèse est alors administré pendant dix ans par un fils naturel de Charles Martel, Remi, qui ne fut pas évêque de Langres. mort vers 759 : Vaudier. 759-772 : saint Herulphe, canonisé. 772-778 : Ariolf, (ou Hariolf), frère du précédent. Certains historiens pensent que Herulphe et Hariolf sont un seul et même personnage, abbé d'Ellwangen et évêque de Langres. 778-790 : Baldric (ou Waltrich) serait le Waldricus, de l'abbaye Saint-Bénigne de DijonAbbé L. Chomton, « Liste des abbés », in: Histoire de l'église Saint-Bénigne de Dijon, Dijon 1900.. 790-820 : Belto. 820-838 : Albéric, tint un concile provincial en présence de l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne. Il fit adopter la règle de saint Benoît à l'abbaye Saint-Pierre de Bèze et la fit reconstruire. Il y fut inhumé. Vers 850 : Teutraldus, abbé de l'abbaye Saint-Bénigne de DijonAbbé L. Chomton, . 838-856 : Thibaut I. 859-880 : Isaac. 880-891 : Gilon de Tournus, nommé par Boson de Provence. Il fait le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, en rapporte des reliques de saint Prudent d'une chapelle de Narbonne ; en 883, il donne ces reliques à l'abbaye Saint-Pierre de Bèze. Également abbé de l'abbaye Saint-Philibert de Tournus. Il est inhumé au monastère de Bèze. 891–899 : Thibaut II. 899-901 : Argrin (Agrinus), abdique. 909-922 : Garnier I (Warnerius). 922-931 : Gosselin II de Bassigny ou Josselin (Gotzelinus). 932 : Lethéric (Letericus), siège moins d'une année. 932-948 : Héry/Heiric/Héric/Henri (Ericus). 948-967/970 (?) : Achard (Achardus), fils du comte de Tonnerre. 973-980 : Widric, Vildric (Widricus)Vincent Tabbach, « Le développement des établissements ecclésiastiques autour des grands châteaux de Bourgogne entre le », in: Châteaux et Prieurés - Actes du premier colloque de Bellecroix (Chagny) 15-16 octobre 2011, CECAB, 2012, ..
Moyen Âge central 980-1016 : Brunon ou Brun de Roucy. 1016-1031 : Lambert de Bassigny. 1031 : Richard, siège à peine une année. 1031-1049 : Hugues de Breteuil, déposé pour simonie. 1050-1065 : Harduin de Tonnerre fils de Rainard/Renaud , comte de Tonnerre et probablement un parent du précédent, . 1065-1085 : Hugues-Renaud de Bar (Rainardus), dit Renaud, , Hugues Renaud fils de Milon III, comte de Tonnerre et de Bar-sur-Seine, cousin du précédent. 1085-1110 : Robert I de Bourgogne, fils d’Henri de Bourgogne. 1113-1125 : Joceran de Brancion, démissionne. 1125-1136 : Guillenc d'Aigremont. 1136-1138 : Guillaume de Sabran. 1138-1163 : Geoffroy de La Roche-Vanneau, ou Godefroy, cousin de Bernard de Clairvaux et ancien abbé de Fontenay. 1163-1179 : Gauthier de Bourgogne (précédemment évêque de Besançon) oncle du duc de Bourgogne Hugues III, qui le nomme comte de Langres. 1179-1193 : Manassès de Bar-sur-Seine. 1193-1199 : Garnier II de Rochefort, ancien abbé d'Auberive et de Clairvaux. 1200-1203 : Hilduin de Vendeuvre (mort en 1203). 1203-1209 : Robert II de Châtillon (mort en 1209). 1210-1219 : Guillaume II de Joinville (mort en 1226), devient ensuite archevêque de Reims. 1219-1232 : Hugues III de Montréal (mort en 1232). fils d'Anséric IV, seigneur de Montréal et sénéchal de Bourgogne. 1232-1242 : Robert III de Thourotte (mort en 1246), puis prince-évêque de Liège. 1242-1250 : Hugues IV de Rochecorbon (mort en 1250). 1250-1266 : Guy I de Rochefort (mort en 1266). 1268-1290/1291 : Gui II de Genève (mort vers 1290/1291). 1294-1305 : Jean I de Rochefort (mort en 1305).
Moyen Âge tardif 1305-1306 : (mort en 1313) oncle du pape Clément V, était auparavant évêque d'Agen, puis redevient évêque d'Agen en 1306. 1306- 1318 : Guillaume III de Durfort (mort en 1330), devient ensuite archevêque de Rouen. 1318-1324 : Louis de Poitiers (mort en 1327), ancien évêque de Viviers, nommé prince-évêque de Metz en 1324. 1324-1329 : Pierre de Rochefort (mort en 1329). 1329-1335 : Jean de Chalon (mort en 1335). 1335-1338 : (mort en 1338)François-Félix Chevalier, Mémoires historiques sur la ville et seigneurie de Poligny,…, tome 2, Delhorme, Lons-le-Saunier, 1769.. 1338-1342 : Jean III des Prez (mort en 1349), devient ensuite évêque de Tournai. 1342-1344 : Jean IV d'Arcy (mort en 1344), précédemment évêque de Mende, puis évêque d'Autun. 1344-1345 : Hugues V de Pomarc (mort en 1345). 1345-1374 : Guillaume de Poitiers (mort en 1374). 1374-1395 : Bernard de la Tour d'Auvergne (mort en 1395). 1397-1413 : Louis II de Bar (mort en 1430), précédemment évêque de Poitiers, puis évêque de Châlons-en-Champagne et ensuite cardinal, puis évêque de Verdun. 1413-1433 : Charles I de Poitiers (mort en 1433), précédemment évêque de Chalons. 1433 : Jean V Gobillon (mort vers 1435), évêque non sacré. 1433-1452 : Philippe I de Vienne (mort en 1452). 1452-1453 : Jean VI d'Aussy ou d'Auxy (mort en 1453). 1453-1481 : Guy IV Bernard (mort en 1481). 1481-1497 : Jean VII d'Amboise (mort en 1497), précédemment évêque de Maillezais.
Époque moderne
1497-1512 : Jean VIII d'Amboise (mort en 1512), neveu du précédent. 1512-1529 : Michel Boudet (mort en 1529), pair de France. 1530-1562 : Claude de Longwy (mort en 1561), précédemment évêque de Mâcon, devient ensuite évêque d'Amiens et cardinal. 1562-1565 : Louis III de Bourbon, dit Jacques Helvis (mort en 1565), fils illégitime de Louis de Bourbon, prince de la Roche-sur-Yon. 1566-1568 : Pierre II de Gondi, cardinal, devient ensuite évêque de Paris, également abbé commendataire des abbayes Saint-Aubin-d'Angers, La Chaume, Sainte-Croix de Quimperlé et Buzay. 1569-1615 : Charles II de Pérusse des Cars (1522-1614), précédemment évêque de Poitiers. 1615-1655 : Sébastien I Zamet (1587-1655), installe les Oratoriens au séminaire. 1655-1670 : Louis IV Barbier de La Rivière (mort en 1670). 1671-1695 : Louis-Armand de Simiane (1627-1695). 1696-1724 : François-Louis de Clermont-Tonnerre (1658-1724), ami des Jésuites, construit le Petit évêché, participe aux Assemblées générales du clergé de France qui eurent trait au jansénisme en 1700 et 1713, et publia par ordonnance en 1714 une Instruction pastorale et publication de la constitution de Clément XI portant condamnation de l'ouvrage de Quesnel. 1724-1733 : Pierre III de Pardaillan de Gondrin, dit d'Antin (1692-1733), a tenu un journal précis de la vie à Langres durant son épiscopat. Il lutte avec vigueur contre le jansénisme et crée le diocèse de Dijon. 1734-1770 : Gilbert Gaspard de Montmorin de Saint-Hérem (1691-1770), précédemment évêque titulaire de Sidon, évêque d'Aire-sur-l'Adour, combat le jansénisme qui a infesté le diocèse. 1770-1802 : César-Guillaume de La Luzerne. Il refusa la constitution civile du clergé. Il démissionna en 1802 lorsque l'évêché fut supprimé. Il fut fait cardinal en raison de son attitude courageuse pendant cette période.
Période révolutionnaire 1791-1801 : Antoine-Hubert Wandelaincourt, évêque constitutionnel du diocèse de la Haute-Marne, non reconnu par l’Église catholique. Suppression de l’évêché pendant 21 ans.
Époque contemporaine