Claude Brunet est un médecin et philosophe français qui vivait à Paris à la fin du et au commencement du . Son Projet d'une nouvelle métaphysique était considéré, par Lalande, comme l'ouvrage le plus représentatif du solipsisme.
Biographie On ignore le lieu et l'époque de sa naissance et de sa mort. Ses livres, cachés dans la poussière de quelques bibliothèques, sont devenus extrêmement rares. Il en est même qui semblent être entièrement perdus. Tout ce qu'on sait de sa vie privée, c'est qu'il paraissait aux conférences publiques de l'abbé de la Roque, où il fit une fois un discours sur le langage des bêtes, en présence de Régis, Adrien Auzout, Jacques Ozanam, , , etc., et qu'il fréquentait beaucoup la société de l'abbé de Cordemoy. Le , il soutint, dans son cours de médecine, une thèse curieuse A diversis alimenlis, indoles ingeniis diversa. Si l'on savait ce qu'est devenue la bibliothèque de ce savant, et où sont déposés ses papiers, on acquerrait, sans doute, plus de lumières sur Claude Brunet.
Le Projet d'une nouvelle métaphysique Projet d'une nouvelle-métaphysique, lu d'abord dans les conférences de l'abbé de Cordemoy, et imprimé ensuite, Paris, 1703 ou 1704, in-12. Il a été tout à fait impossible d'en découvrir un seul exemplaire ; mais, par ce qu'en disent les journaux du temps, on voit que son auteur y exposait un système d'idéalisme hardi et important, le même qui, dix ans après, rendit si célèbre l'évêque anglais Berkeley, et que, sous une nouvelle forme, a réveillé au , en Allemagne, l'ingénieux professeur Fichte, ce qui assurerait au philosophe français la priorité. Et qui sait si son livre n'a pas été le point de départ de l'évêque de Cloyne (Berkeley) ?
Brunet, dans, le journal de médecine ci-dessus mentionné, laisse échapper des indications fréquentes du système philosophique qui l'occupait :
Quant au système d'idéalisme de Brunet, et à quelques autres ouvrages qu'il a publiés, voir les Pièces fugitives d'histoire et de littérature, par Flachat-Saint-Sauveur, Paris, 1704, p. 547 à 560 ; le journaliste s'y exprime ainsi : « ce M. Brunet, connu dans la république des lettres par plusieurs systèmes de physique, etc., a voulu montrer depuis peu que des profondes méditations sur les causes générales des choses, et sûr les lois les plus constantes de la nature, ne l'éloignaient point de la pratique et de l'usage qu'un médecin doit faire de son intelligence sur les propriétés de la matière et sur l'économie animale. »
Ce qui suit nous apprend que Brunet s'occupait alors de l'extraction de la pierre, et que ses idées à ce sujet excitèrent une grande rumeur à l'académie des sciences, où elles furent proposées. Cependant le journaliste ne manque pas de s'égayer sur le Projet d'une nouvelle métaphysique, et de faire, à ce sujet, les objections et les plaisanteries ordinairement opposés à l'idéalisme.
Autres publications Ses principaux ouvrages sont : un Traité du progrès de la médecine, Paris, 1709, in-12, très rare. (Voir sur cet ouvrage, la Bibliothèque des philosophes et des savants, tant anciens que modernes, par Hubert Gautier, Paris, 1725, 3 vol. in-8°. Il se trouve, p. 285-5 du ., deux articles Brunet, qui peut-être concernent le même individu.) Le Progrès de la médecine, contenant un recueil de tout ce qui s'observe d'utile à la pratique, avec un jugement de tous les ouvrages qui ont rapport à la théorie de celle science, Paris, de l'imprimerie royale, 1695, 1698 et 1709, 5 vol. in-12. Cet ouvrage est une sorte de journal rempli de faits curieux et d'observations intéressantes. On trouve encore quelques cahiers, depuis 1695 et les années suivantes. Le premier cahier est dédié à Pierre Michon Bourdelot, médecin de Louis XIV, qui a laissé en manuscrit un Catalogue des livres de médecine, avec une critique abrégée et la vie de leurs auteurs, manuscrit dans lequel on trouverait peut-être aussi des renseignements sur notre Brunet. Les derniers cahiers de ce journal sont ceux de janvier, février et . On ne saurait assurer que Gautier, dans sa Bibliothèque, ne les ait pas eus en vue, et n'ait voulu simplement que les indiquer. (Voir aussi la Bibliothèque littéraire, historique et critique de la médecine, par Joseph-Barthélemy-François Carrère, Paris, 1776, in-4°.) Traité raisonné sur la structure des organes des deux sexes destinés à la génération, 1696, in-l2. Une thèse : Ergo a divèrso glandularum situ secretiones, Paris, 1757. in-4° ; elle est citée par Haller, dans son-édition Methodus studii medici de Boerhaave, t. 4, p. 426.
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