La Fédération syndicale étudiante (FSE) est un syndicat étudiant français se réclamant du syndicalisme de lutte, et . Issue de l'UNEF-SE en 2000, elle fusionne en 2013 avec SUD Étudiant pour former Solidaires étudiant-e-s, Solidaires Étudiant-e-s Bordeaux, 14 juillet 2014.
La FSE est généralement classée comme proche de l'extrême gaucheQui souffle sur les braises?, L'Express, 21 novembre 2007Fac de Lyon-II bloquée, Le Parisien, 7 mai 2009A l'université, la mobilisation contre la réforme des retraites reste limitée, La Croix, 25 octobre 2010. La FSE se positionne comme un syndicat opposé au capitalisme, laïc, et Charte de la Fédération Syndicale Étudiante, blog de l'Association Générale des Étudiants de Limoges, section locale de la Fédération Syndicale Étudiante et estime que Face à l’austérité : Engageons la lutte !, blog de la FSE Lyon, 18 octobre 2012.
Historique
alt= Évolution (créations, fusions, scissions) des syndicats étudiants en France entre 1907 et 2026.|vignette|Évolution des syndicats étudiants français entre 1907 et 2026.
Première fondation (2000) La FSE première du nom a été fondée en juin 2000 à Caen. La création de la première FSE a été déclenchée entre autres par la transformation progressive de l'orientation de l'UNEF-SE vers un syndicalisme considéré « de cogestion ». Cette tendance allait se confirmer après le Congrès de Pantin de 1999 où les clivages internes de l'UNEF-SE étaient apparus avec force, notamment sur les orientations.
Durant les deux années qui ont suivi ce Congrès, de nombreuses sections se sont opposées aux orientations et aux méthodes syndicales que la direction cherchait à imposer (en contradiction avec certaines décisions prises lors du Congrès de Pantin) ; tout ceci dans le but d'amener à l'unification avec l'UNEF-ID. De nombreuses sections de l'UNEF-SE étaient opposées à cette unification du fait de « l'orientation non-syndicale » qu'elle sous-tendait. Lors du Congrès de Pantin, Limoges, la plus ancienne des sections de l'UNEF-SE quitte l'UNEF-SE en plein Congrès. Elle sera rejointe peu après le Congrès par la section de Pau. Elle sera à l'origine de la création de Solidarité Étudiante.
La section de Caen (UNEF-ACE) décida, après moult tentatives avec d'autres sections oppositionnelles (Rouen, Dijon, Pau, Paris IV…) à la direction nationale, de renverser la tendance, mais en vain. C'est cette même section de Caen qui a décidé alors de cofonder la FSE au mois de avec la section UNEF-SE de Dijon (reprenant une initiative lancée en par le SEUL, Syndicat étudiant unitaire et laïque, de Montpellier, qui rejoint la FSE). Cette organisation syndicale a pris en charge la publication des Bases fondamentales du syndicalisme étudiant.
Par la suite le but du syndicat a été de défendre les étudiants et de travailler à son développement en tentant de rassembler les différentes sections de l'ancienne UNEF-SE qui avaient refusé l'unification avec l'UNEF-ID, ainsi que différents syndicats étudiants de lutte. Peu à peu, le nombre des sections FSE présentes dans les universités a augmenté et de nouvelles bases syndicales ont été élaborées.
Refondation (2003) Puis, une nouvelle FSE a été fondée à Limoges en 2003, unifiant plusieurs syndicats : l'ancienne FSE bien sûr (Caen, SEUL-FSE Montpellier, Dijon, Paris 3, Besançon, Bordeaux, Chaîne étudiante Saint-Denis), la fédération Solidarité Étudiante (AGEL Limoges, Pau, et l'AGET Toulouse) qui avait quitté l'UNEF-SE après le Congrès de Pantin en 1999, et Oxygène Paris 1 (qui avait créé le réseau UNEF-Résistance syndicale en avec deux anciennes section de l'UNEF-SE : Evry et Lille).
En 2006, l'Union Générale des Étudiants de Grenoble a adhéré à la FSE. En 2007, c'est la FSE d'Aix-en-Provence et de Marseille, et la FSE-Amiens qui ont rejoint la fédération. En 2008, la FSE Orléans et la FSE Paris VII rejoignent la fédération. Enfin, en 2009 la FSE Reims et la FSE Grenoble (ASEG-FSE, Action Syndicale des Étudiants de Grenoble, fondée en ) rejoignent la fédération. Dans le même temps, pour des raisons pratiques, La FSE Aix-Marseille, se divise en deux sections: la FSE Aix et la FSE Marseille.
En , la FSE fusionne avec SUD étudiant.
Organisation L'organisation est généralement considérée comme proche de l'extrême-gauche par la presse« les militants et sympathisants de différents mouvements d'extrême gauche – […] FSE (Fédération syndicale étudiante) » dans l'article « Agitation persistante dans une dizaine d'universités contre la loi sur l'autonomie » par Luc Cédelle, Le Monde, édition du 31 octobre 2007 ou « regroupe plusieurs organisations syndicales proches de l'extrême gauche, parmi lesquelles […] la Fédération syndicale étudiante (FSE) » dans l'article "Une minorité d'étudiants alimente la grogne des facs" par ANNE-NOÉMIE DORION et MARIE-ESTELLE PECH, Le Figaro, édition du 7 novembre 2007. Dans un article de l'AEFune agence de presse française spécialisée dans l'éducation consacré aux organisations étudiantesDepêche AEF n°165642, Avec la LRU, la réduction de la représentativité étudiante « reconfigure l'espace des organisations étudiantes » (J.-Ph. Legois, R. Morder), 27 avril 2012, le président du GERME et le président de la Cité des mémoires étudiantes catégorisent la FSE (et SUD Étudiant) comme une structure étant dans l'. Dans le même ordre d'idées, Geneviève Genicot, dans un document de 2007 relatif aux résistances aux processus de Bologne[www.afsp.msh-paris.fr/congres2007/tablesrondes/textes/tr5sess3genicot.pdfLes résistances à l’intégration européenne] qualifie la FSE (et SUD Étudiant) comme appartenant en Europe au groupe des syndicats étudiants les plus extrêmes sur cette question. Pour sa part, la FSE se définit elle comme un syndicat de lutte.
Relations avec les autres organisations
La FSE cherche à favoriser les convergences des syndicats de lutte, ce qui explique qu'elle cosigne certains de ses tracts avec un nombre restreint d'organisations étudiantes comme SUD Étudiant, l'AGEN mais aussi avec les syndicats de personnels IATOS ou enseignants comme la CGT éduc'action, SUD éducation, la CNT FTE et Emancipation. Elle cherche à construire une alternative tant au niveau des méthodes que des orientations syndicales, rompant ainsi avec les syndicats étudiants, qu'elle juge peu revendicatifs, tel que l'Unef ou la Cé.
Au niveau international la FSE a des contacts avec différents syndicats étudiants notamment l'ASSÉ au Québec, la FNEB au Bénin et le Syndicat Indépendant des Écoliers, Étudiants et Apprentis (SISA) en Suisse et travailleurs comme l'UGTG en Guadeloupe.
À l'automne 2007, la FSE participe à la création du CECAU (collectif étudiant contre l'autonomie des universités) avec d'autres organisations de jeunesse (JCR, UEC, SUD Étudiant), qui fut actif dans le premier mouvement étudiant contre la loi LRU.
Représentativité Représentation nationale
La FSE n'a jamais été considérée comme étant un syndicat représentatif dans le monde étudiant car elle n'a disposé d'aucun élu au sein du CNOUS ou du CNESER. La FSE a déposé plusieurs fois des listes en CNESER entre 2002 et 2012 et souvent avec SUD Étudiant sans jamais d'élu. AnnéeVoix%SiègesRangCommentaire20021197Liste commune avec SUD Étudiant2004502,652006683,5Liste commune avec SUD Étudiant20081316,5Liste commune avec SUD Étudiant20101045,06Liste commune avec SUD Étudiant2012543,31Liste commune avec SUD Étudiant
Représentation locale
La FSE a remporté les élections au Conseil d'administration et au Conseil des études et de la vie universitaire de l'Université Lumière Lyon 2 lors des élections étudiantes organisées dans cette université en 2008. Bien que l'UNEF ait obtenu plus d'élus en tenant également compte du Conseil scientifique, la FSE avait la majorité relative des voix sur l'ensemble de l'établissement Résultats des élections étudiantes publié le avril 2008 sur le Portail des étudiants de l'université Lyon 2.. L'UNEF retrouve sa position dominante dans les conseils centraux de cette université au terme des élections des 9 et , position confirmée en 2012, .
Elle où elle est implantée, comme Toulouse II-Le Mirail sur une liste commune avec SUD Étudiant même si globalement, elle est présente dans peu d'universités. .
Implantations locales
AGEL-FSE, Association Générale des Étudiants de Limoges AGET-FSE, Association Générale des Étudiants de Toulouse ASEG-FSE, Action Syndicale des Étudiants de Grenoble FSE-Aix FSE-Besancon FSE-Caen FSE-Lyon FSE-Marseille FSE-Reims FSE-Rouen UGED-FSE, Union Générale des Étudiants de Dijon USEP-FSE, Union Syndicale des Étudiants de Pau FSE-Nanterre
Positionnement
Ce syndicat se réclame du « syndicalisme de lutte » se démarquant du syndicalisme dit « de cogestion ». Il revendique l'abrogation de la réforme LMD, et de façon plus générale, l'abrogation de toute la législation qui a instauré puis développé l'autonomie des universités (notamment les lois Faure de 1968 et Savary de 1984). La première action nationale de la nouvelle FSE a été, dès la première année universitaire suivant son congrès de refondation (2003-2004), d'appeler à une journée d'action contre le projet Ferry d'autonomie des universités suivant l'appel relayé par d'autres organisations étudiantes. Les militants de la FSE se sont investis en 2006 contre la loi sur l’égalité des chances. La grève et les piquets de grèves sont pour la FSE le moyen d'établir un rapport de forces afin d’obtenir gain de cause sur des revendications. Les militants de la FSE ont œuvré à l'auto-organisation du mouvement, disant ainsi s'opposer au point de vue de l'UNEF.
La FSE se positionne contre le processus de Bologne (lancé en 1999) qui organise au niveau européen les attaques contre les acquis des travailleurs et pour soumettre l'enseignement supérieur aux intérêts du capital (« capitalisation » de l'enseignement supérieur) et s'est donc prononcé contre le Traité constitutionnel européen. Il refuse les différentes orientations contenues dans les traités européens, considérant qu'ils portent atteinte au service public de l'éducation, qu'ils remettent en cause la gratuité des études, renforcent la sélection sociale et les discriminations, instituent la rentabilité et la marchandisation comme règles au détriment de la qualité des enseignements et de la reconnaissance des diplômes.
Comme syndicat anti-impérialiste, et donc internationaliste, elle affirme soutenir la lutte de tous les peuples opprimés, et prend ouvertement position en faveur du peuple palestinien, guadeloupéen ou encore de Kanaky.
La FSE a participé activement au mouvement contre la loi LRU, en automne 2007 et en hiver/printemps 2009.
Initiatives proches Le Syndicat étudiant unitaire et laïque (ou SEUL) est un syndicat étudiant fondé à Montpellier en 1996 (à la suite de la grève étudiante de novembre-), se fixant comme but la reconstruction du syndicalisme de lutteDu SEUL à la FSE Montpellier. Il .
Le SEUL . Le SEUL , . La FSE-Montpellier a disparu en 2006.
La Fédération des Syndicats Étudiants Unitaires et Laïques .
Homonymie à la suite d'une dissidence au sein de l'UNEF En , la Tendance Unité et Action syndicale (TUAS), et une partie de la Tendance Majorité Nationale (TMN), scissionnent de l'UNEF et fondent une nouvelle organisation syndicale étudiante, nommée également Fédération syndicale étudiante. Cette « nouvelle » FSE n'a toutefois pas de lien organique ou revendicatif, avec la FSE « historique ».
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Syndicalisme de lutte Mouvements étudiants | Histoire du mouvement étudiant Réforme LMD | ECTS UNEF-SE
Liens externes Le site de la FSE (sur archive.org) Bases théoriques (sur archive.org)
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