Les Services industriels de Genève (SIG) sont un établissement public du canton de Genève, en Suisse, chargé notamment de la distribution de l'eau potable, du gaz, de l'électricité et de la chaleur à distance sur l'ensemble du canton de Genève, ainsi que de la gestion des réseaux correspondants. Ils s'occupent également du traitement des eaux usées, de l'incinération des déchets et de la gestion d'un réseau de fibre optique.

Historique vignette|gauche|Installations du pont de la Machine. Créés le , les Services industriels de Genève (SIG) sont nés de la municipalisation des compagnies gazières et électriques privées qui desservaient la ville de Genève. À ces activités, les municipalités ont également confié aux services industriels le service de l'eau. Soumis à l'origine à un marché ouvert et concurrentiel, ils étendent peu à peu leur réseau et les concurrents s'effacent au cours des années face à des investissements financiers lourds.

En , après votation populaire, les SIG deviennent un établissement de droit public et exploitent les concessions pour le compte de la ville de Genève. La loi concernant ce changement fait partie d’un ensemble de sept lois adoptées lors de la fusion des communes de Plainpalais, Eaux-Vives et Petit-Saconnex avec celle de Genève.. Régie autonome, les SIG sont alors dirigés par un conseil d'administration représenté par les communes, la ville et le canton de Genève... L'administration déménage alors à la Coulouvrenière, un nouveau bâtiment est construit qui accueille les Services de l’électricité..

Avec la forte croissance et l'explosion de la demande énergétique électrique d'après-guerre, la ville de Genève ne peut plus investir dans l'adaptation et l'extension du réseau technique.. Dès , les SIG deviennent un établissement autonome de droit public auquel participe l'ensemble des collectivités publiques genevoises. Le capital est réparti entre l'État de Genève (55 %), la ville de Genève (30 %) et les communes genevoises (15 %)..

Développement durable vignette|gauche|Véhicule d’intervention électrique (Citroën C-Zéro). Les SIG favorisent depuis 2000 la production d'énergie issue d'énergies renouvelables (solaire photovoltaïque, éolien, biomasse, mini-hydraulique, géothermie).

En 2007, le programme « éco21 » a été lancé par les SIG., il vise à stabiliser, voir diminuer la consommation électrique. Entre 2007 et 2015, la consommation électrique cantonale annuelle a diminué de 4 %.. En 2017, soit après le début du programme, auraient été économisés..

En 2016, les SIG annoncent que deux millions de francs sont investis annuellement dans deux « fonds environnementaux », alimentés par les clients optant pour l’option « Électricité Vitale Vert ». Le fonds « Éco-Électricité » est consacré à l’amélioration des milieux naturels autour de la rade et du Rhône. Le « Fonds SIG » soutient des projets romands de recherche dans le domaine des énergies renouvelables. Les deux fonds sont administrés par des organes indépendantsBulletin Vitalemag : Le journal des clients Vitale Vert : Édition 2016. Voir Comité genevois pour l’utilisation du Fonds écoo-électricité et Fonds SIG..

Les barrages de Chancy-Pougny, du Seujet et de Vessy, ainsi que l’autoproduction photovoltaïque, sont certifiés « », un label suisse pour l’électricité 100 % renouvelable et écologique. Chancy-Pougny=0349-Ps, Seujet=0036-Ps, Vessy=0224-Ps, photovoltaïque=0062-Ps. En Suisse, au 17 juin 2016, un total de sont certifiés « naturemade star »..

En , les SIG lancent une plate-forme de financement participatif, nommée , destinée à soutenir des projets favorisant la transition énergétique sur le canton de Genève....

Les SIG se sont vu confier en 2022 le monopole des réseaux thermiques structurants lors d'une votation populaire. Il s'agit de réseaux pouvant chauffer ou rafraîchir les bâtiments de manière écologique. Leur déploiement pourrait s'étendre jusqu'en 2050..

Chiffres vignette|Plaque sur un poteau électrique. En 2018, les SIG comptent dans plus d'une centaine de métiers.

sont raccordés au réseau électrique sur le canton de Genève et 95 % de l’électricité provient de sources renouvelables. Le gaz concerne et la production thermique .

Les réseaux couvrent pour l’électricité, pour le gaz, pour l’eau potable, pour les eaux usées, pour la fibre optique.

de déchets sont traités annuellement.

Patrimoine Lac et rade Le patrimoine des SIG comprend des ouvrages en lien direct avec ses activités et des sites historiques dont le plus célèbre est certainement le jet d'eau de Genève. En face du jet d’eau, sur l'autre rive du Léman, les SIG gèrent au Prieuré une importante station de pompage et de traitement de l’eau. . (quartier des Pâquis).

Au cours du Rhône et aux alentours thumb|Barge de transport de déchets, reliant la Jonction à l'usine d’incinération des Cheneviers, remontant le Rhône à vide. En suivant le cours du Rhône, on rencontre de nombreux sites liés aux SIG. À commencer par le pont de la Machine, sur le Rhône après sa sortie du Léman, dont l’ancien bâtiment industriel était une usine de pompage qui alimentait les fontaines de la ville (1843-1886)Article « Infrastructures », Écomusée de l’usine de Vessy, sur www.patrimoineindustriel.ch, p.25-30.. Ce pont joue aussi un rôle de barrage jusqu’en 1995 sur le bras droit du Rhône, le bâtiment accueille aujourd’hui un espace d'exposition des SIG, « Quartier Libre ». Le bras gauche du Rhône s’engouffre près de plus loin sous l’« Usine des forces motrices » (ou usine hydroélectrique de la Coulouvrenière, 1886 - vers 1960)., devenue aujourd’hui le bâtiment des Forces motrices. Le barrage du Seujet se trouve en aval, il régule le niveau du Léman, module le débit du Rhône, et produit de l'électricité (Vitalemag : Le journal des clients Vitale Vert, SIG, juin 2016.), remplaçant les fonctions de l’usine des forces motrices et du pont de la Machine depuis 1995.

Près d’un kilomètre en aval, juste avant le viaduc ferroviaire de la Jonction, à la pointe de la Jonction où l’Arve se jette dans le Rhône, se trouvent deux installations essentielles pour la gestion des déchets genevois. Sur la rive droite se trouve la station de pompage des eaux-usées de Saint-Jean, qui reçoit depuis 1967 les eaux du collecteur de la rive droite du Rhône et du collecteur passant en siphon sous le Rhône. Le pompage donne de l'altitude aux eaux usées de la ville pour qu'elles puissent s'écouler dans le collecteur général jusqu'à la station d'épuration d'Aïre. Le siphon part de la pointe de la Jonction où arrivent les collecteurs de la rive gauche du Rhône et de la rive droite de l'Arve (où s’écoulent aussi les eaux du collecteur de la rive gauche de l’Arve, depuis le siphon situé à hauteur de l’avenue de Saint-Clotilde). Le quai de chargement des ordures ménagères de la Jonction se trouve sur la rive gauche, au pied du Bois de la Bâtie. Les camions de la voirie déversent là les ordures dans des barges d’une capacité de qui descendent le Rhône sur jusqu’à l’usine d’incinération des Cheneviers.

Dans un coude du Rhône et sur la commune de Vernier se trouve depuis 1967 la station d'épuration des eaux usées d'Aïre., la plus grande station d’épuration du canton, reconstruite en 1998-2003.. Elle devient propriété des SIG en 2008.. Environ en aval et toujours sur la rive droite se trouve la station d'épuration de Bois-de-Bay mise en service en 2009 sur la commune de Satigny, fruit d’une collaboration franco-suisse.. Entre ces deux stations d’Aïre et de Bois-de-Bay se trouvait l’usine hydroélectrique de Chèvres de 1896 à 1943, date de la mise en service du barrage de Verbois. Cette usine touchait les communes de Bernex sur la rive gauche et de Vernier sur la rive droite. À cet emplacement passe aujourd’hui le pont d'Aigues-Vertes de l’autoroute A1. À l’opposé du Bois-de-Bay, à environ des berges du Rhône en direction de Bernex se trouve Châtillon, une décharge cantonale (traitement, stockage et récupération) et de valorisation des déchets verts..

Environ en aval, on parvient à l’usine d’incinération des Cheneviers, créée en 1966 et reconstruite en 1993, qui traite de déchets par an. ... L’usine des Cheneviers jouxte le barrage de Verbois. Inauguré en 1944, ce barrage de de large et de haut couvre 15 % de la consommation électrique du canton de Genève, avec une production annuelle de . Il est bordé par la plus grande échelle à poissons de Suisse ( de longueur)..

Le barrage de Chancy-Pougny est proche de l'extrémité ouest de Genève et de la Suisse. Il se trouve entre les communes de Avully en Suisse (rive gauche) et de Challex en France. C'est une centrale au fil de l’eau, construite entre 1920 et 1925. D’une production annuelle de , le barrage a alimenté les usines du Creusot et depuis 1958 aussi le canton de Genève. Les SIG et la Compagnie nationale du Rhône sont actionnaires de la Société des forces motrices de Chancy-Pougny..

vignette|upright=2.5|centre|Barrage de Verbois et usine d’incinération des Cheneviers. Entre le barrage et le premier plan, on distingue la centrale solaire photovoltaïque « SIG Solar 3 ».

Société des eaux de l'Arve vignette|Couvercle en fonte à Champel : « Eaux de l'Arve ». Sur l’Arve, qui se jette dans le Rhône à la Jonction, se trouve la centrale électrique de Vessy.. Cette micro-centrale produit annuellement , elle est située sur la commune de Veyrier (rive gauche) avec une passerelle reliant la rive droite sur la commune de Chêne-Bougeries.

Cette installation est une ancienne centrale de pompage d’eau potable, mise en service en 1867. Elle a été la propriété de la « Société des eaux de l'Arve » (créée en 1886, rachetée par les SIG en 1988). Un petit barrage avec une chute de fournissait l’électricité nécessaire à six groupes qui pompaient l’eau dans la nappe phréatique, alimentant les communes d’Arve et Lac, les réservoirs de Bessinge (commune de Vandœuvres) et de Chêne-Bougeries...

En 2016, environ 20 % de l’eau consommée à Genève vient des nappes phréatiques, grâce à de pompage d'eau. Il y a aussi une station de réalimentation de la nappe phréatique située à Vessy..

Réservoirs vignette|Accès aux réservoirs du Grand-Saconnex.

Les SIG gèrent aussi quelques réservoirs ; à Satigny (2005, deux cuves, total , en remplacement du réservoir sur piliers de 1933), au signal de Bernex (), au Grand-Saconnex (, Ancienne-Route, depuis 1995)., à Bessinge (commune de Vandœuvres, ).. Les réservoirs du Bois de la Bâtie, construits en 1873 et 1934, ont été désaffectés au .

Administration et ateliers De 1932 à 1995, le centre administratif des SIG se trouvait à la Coulouvrenière (quartier de la Jonction) sur le terrain de l'ancienne usine à gaz (1844-1915) à laquelle succéda la voirie de Genève (1920-1931). les SIG y installèrent des bureaux, magasins, ateliers, garages et entrepôtsVille de Genève, Conseil municipal : Proposition du Conseil administratif du 28 mai 2008 en vue de l’ouverture d’un crédit de destiné à la participation de la Ville de Genève aux travaux d’assainissement du site de l’ancienne usine à gaz de la Coulouvrenière. PR-625 du 28 mai 2008.. Le centre administratif est situé depuis 1995 au Lignon, à l’emplacement de l'ancienne usine à gaz en activité de 1914 à 1967... L’espace culturel autogéré Artamis occupe les bâtiments depuis 1996, puis une démolition partielle (« Carré vert ») et une longue dépollution des lieux précède la construction d’un écoquartier (logements, commerces de proximité, équipements publics) dès 2013. Les deux plus grands bâtiments sont conservés, au long du quai du Rhône et de la rue des Gazomètres...

Énergies Énergie électrique vignette|SIG Solar 3. Les SIG commercialisent et distribuent l'électricité dans le canton de Genève, et produisent également une partie de l'électricité qu'ils distribuent.