vignette|Le Royal Clipper en 2001. Ce navire de croisière dispose de voiles qui permettent de réduire son impact écologique. Le tourisme responsable, appelé le plus souvent tourisme durable et parfois tourisme alternatif, a depuis le dans plusieurs pays sensibilisés à sa nécessité visé à préserver la nature et améliorer les conditions de vie des personnes habitant toute l'année les communes visitées, en répondant aux besoins des visiteurs, professionnels et communautés d’accueil"Tourisme et développement durable, entre opportunités et défis", dans Médiaterre alors que le nombre de voyageurs internationaux est passé de à plus de de 1995 à 2016Novéthic , et avec les compagnies aériennes low-cost pourrait atteindre "Gérer le surtourisme à l'ère des réseaux sociaux" par Ximena Sampson le 29 février 2020 sur Radio Canada . Surtout, 95 % vont dans 5 % de la planète. Définitions, chartes et études universitaires vignette|Trekking dans la Quebrada de las Conchas, Cafayate, Province de Salta, Argentine. Le tourisme responsable a sa spécificité dans la mesure où il . Il recherche des voies d'améliorations pour les trois grands piliers de l'activité touristique : .

Le tourisme responsable met en avant un pays ou une région, une culture, et ceux pour qui les revenus du tourisme peuvent être une source supplémentaire de moyens pour exister. Le tourisme durable ne se réduit pas à une simple étiquette « responsable » que l’on appose à n’importe quel voyage, y compris ceux aux antipodes de notre planète. Il s’agit avant tout d’un modèle de tourisme soutenable écologiquement à long terme, économiquement viable, et socialement équitable. Contrairement au tourisme de masse contemporain, fondé sur la vitesse, la consommation effrénée et les déplacements lointains, le tourisme durable propose une autre approche, plus respectueuse et réfléchie, qui remet en question la logique même de la mondialisation touristique telle qu’elle existe aujourd’hui. Parmi ses variantes, l'écotourisme, le slow-tourism, le tourisme solidaire avec les pays en voie de développement, qui concentrent patrimoine environnemental et populations en difficultés, le philantourisme et l'agritourisme, façon de découvrir une région en compagnie des agriculteurs, des éleveurs et des viticulteurs qui y travaillent"Écotourisme, train-bragging… Huit mots pour être incollable sur le tourisme durable" par Marine Sanclemente, dans Le Figaro Voyage le 1er juin 2023 .

Le tourisme responsable vu par les universitaires Les universitaires ont constaté « une utilisation croissante d’études quantitatives sur le sujetÀ partir de l'approche du Journal of Sustainable Tourism"Les études quantitatives sur le tourisme durable : une analyse des principaux travaux de recherche", par Mbaye Fall Diallo, dans la revue Management & Avenir en 2014 . Le tourisme responsable a été en particulier très étudié au Québec par les universitaires"Le tourisme durable, équitable, solidaire, responsable, social…: un brin de compréhension", en 2005 dans la revue spécialisée Théoros, par Michèle Laliberté "Un autre tourisme est-il possible ? Éthique, acteurs, concepts, contraintes, bonnes pratiques, ressources" par Marie-Andrée Delisle et Louis Jolin, en 2008 aux Presses de l'Université du Québec (PUQ) . En Suisse, la littérature académiqueVia l'économiste Jost Krippendorf, professeur à l'Université de Berne a analysé et proposé d'alléger dès les années 1970 les coûts du tourisme de masse: dommages sur écosystèmes, aliénation des terres, perturbations des sociétés locales, conflits d'usage, et bétonisation d'espaces.

En France, cette aspiration est observée par les géographes dès 2010, sur des sites aussi touristifiés que factices"Le tourisme, un organisateur d’espaces", par Edith Fagnoni, dans la revue "Actes des congrès nationaux des sociétés historiques et scientifiques" en 2010 , en lien avec la , et l'apparition de «gourmets » du tourisme, qui réclament plus d’authenticité, de traditions et d’échanges. L'un d'eux, Rémy Knafou, a étudié les dysfonctionnements causés par fréquentations subies et non régulées mais préfère éviter l'expression de « surtourisme », selon lui plus un thème de saison qu'un enjeu réel, car gérables .

Dans certaines métropoles, les habitants vivent mal des , courts séjours alcoolisés et autre incivilités du type enterrements de vie de garçon ou de fille, qui « L’évocation du surtourisme alimente l’historique procès du tourisme des classes populaires » par le géographe Rémy Knafou dans Le Monde .

En Haute-Savoie, Annecy a instauré des quotas pour les locations de courte durée"Il y a une souffrance au quotidien" : le ras-le-bol des habitants de la vieille ville d'Annecy face au "surtourisme", sur France Télévision le 16/07/2023, par Margot Desmas et Ingrid Pernet-Duparc . La touristophobie apparaît , depuis bien longtemps, le mot existant dès 1842 dans le dictionnaire de l'Académie française, selon Jean-Christophe Gay, agrégé de géographie, professeur à l'Université Côte d’Azur" La « tourismophobie », une tendance qui vient de loin", par Jean-Christophe Gay, agrégé de géographie, professeur à l'Université Côte d’Azur, le 1er août 2022 dans La Tribune .

Selon le sociologue Rodolphe Christin, auteur d'un Manuel de l’anti-tourisme"Manuel de l’anti-tourisme", par Rodolphe Christin, aux Editions Ecosociété, en 2018, le voyage « n’est plus celui de la Beat Generation et des artistes comme Arthur Rimbaud ou Antonin Artaud mais une forme de conformisme social"Comment lutter contre le surtourisme ? Les solutions d'un sociologue, d'un élu et d'un associatif Place publique" par Emilien Hertement et Lisa Guillemin dans le 'magazine Marianne le 22/06/2023, tandis qu'un livre de David Medioni, journaliste, et Jean Viard, sociologue, spécialiste du temps libre, propose de , éventuellement sous une forme moderne de , pourrait constituer "L'an zéro du tourisme" par Jean Viard et David Medioni aux Editions de l'Aube en 2022 .

Selon Olivier Lazzarotti, de l'université d'Amiens, « le tourisme a une place essentielle » dans le « mouvement de patrimonialisation » de la nature et de la culture, tandis que cette patrimonialisation influence elle aussi le tourisme. Il a pris l'exemple du patrimoine mondial de l'Unesco a permis aux États-Unis de « compenser, dans l’ordre des Sept Merveilles du Monde, la déficience en matière de monuments anciens »"Tourisme culturel et patrimoine : quelques analyses pour un Monde habitable", par Olivier Lazzarotti, en 2010 dans le Journal of urban research et la création par la même UNESCO du « patrimoine immatériel » qui selon lui, loin de « détruire » la culture, est devenu ce . La proximité de lieux du patrimoine mondial de l’UNESCO, comme celle d’un aéroport ou d’un port accueillant des bateaux de croisière, font cependant partie des critères retenus par des chercheurs européens pour répertorier la centaine de sites à surveiller le plus. Parmi eux, Bernadett Papp, chercheuse à l'European Tourism Futures Institute, aux Pays-Bas, pointe le risque de file pendant des heures ou l'impossibilité de prendre de photos tant la foule est compacte et Pascale Marcotte, professeure au Département de géographie de l'Université Laval, les nuisances aux résidents.

Jordi Gascón et Ernest Cañada, professeurs à Barcelone, le définissent comme un mouvement social en faveur de sa durabilité, via trois lignes d'action: La revendication de la responsabilité des touristes, voyagistes, hôtes et institutions publiques. La mise en place de modèles de développement touristique spécifiques à chaque destination, avec ses variables sociales, culturelles, économiques et environnementales. La dénonciation des impacts négatifs sur les sociétés d'accueil, leurs écosystèmes et l'environnement, ainsi que l'accompagnement et la solidarité avec les groupes concernés. Cette conception se rapproche de celle du Forum du tourisme responsable, regroupant diverses organisations sociales d'Espagne, constitué dans le cadre du Forum social mondial qui s’est tenu à Belém do Pará, au Brésil, en janvier et "En Amazonie, les altermondialistes sont à la recherche de leur énergie vitale" par Sergio Ferrari le 27 janvier 2009 .

Dans son livre "Les Femmes aussi sont du voyage", la journaliste Lucie Azema estime que bon nombre de récits occidentaux effectués sur Instagram comportent "une collection d'images toutes faites, de sensations, d'odeurs", rapportés par des gens qui ne "voyagent que pour les confirmer""Instagram, un allié inattendu dans la lutte contre le tourisme de masse" par Hélène Bourelle et par Natacha Zimmermann dans Slate le 21 juillet 2023 .

Plusieurs expériences réussies ont tenté d'associer à "une activité touristique des pratiques de développement durable" et mis en évidence "la nécessité d’aborder la problématique du développement durable de manière globale", les interactions entre entreprises, citoyens, clients, et gouvernements étant privilégiées dans le but d'avoir un "réel impact""Tourisme durable : une approche systémique" par Sandra Camus, Lubica Hikkerova, etJean-Michel Sahut, dans la revue "Management & Avenir" en 2010 . Le tourisme responsable vu par les labels, chartes et bonnes pratiques La recherche de chartes et bonnes pratiques est apparue sur une niche de marché qui répond à une demande croissante"Tourisme durable : top 10 des meilleures destinations en 2024" par CHARLINE VERGNE dans Géo le 20/11/2023 est aussi . Une étude du Comité régional de tourisme de Bretagne a révélé que 4 vacanciers sur 5 prêtent une attention particulière à la préservation des sites qu’ils fréquentent et veulent consommer des produits locaux. Dans cette région, beaucoup de responsables de petites communes veulent , comme Léonie Ollivier, chargée de mission tourisme durable à la mairie de Bréhat"Surtourisme : quotas, «démarketing»... Les pistes pour réduire les nuisances" par l'AFP dans Le Figaro . Dans les Bouches-du-Rhône, les souhaits des visiteurs ont profondément changé car ils veulent de plus en plus éviter de s’agglutiner sur des plages et faire des voyages plus responsables et durables" Provence Tourisme en quête d'une économie touristique plus durable", article dans Made in Marseille, avril 2023 . La Côte d'Azur est confrontée elle « à sa réalité bétonnière et polluée », le Conservatoire du littoral, propriétaire des espaces remarquables, se souciant de leur forte fréquentation estivale"Surfréquentation: où en est le Golfe de Saint-Tropez... et où se situe la limite?", article dans Var Matin le 15 juillet 2023 .

Cette niche spécifique du marché du tourisme intéresse les structures de taille artisanale, qui le lient à un territoire, une communauté d'accueil, en vue de mieux répartir les revenus et d'intégrer la notion de « juste prix ». Une autre définition privilégie la mise en œuvre d’instruments de gestion d’entreprise visant à minimiser les impacts négatifs et accroître les bénéfices de la population d’accueil. D'où la multiplication de labels basés sur de supposées bonnes pratiques.

Plusieurs chercheurs ont estimé que le tourisme responsable doit être une volonté personnelle éthique, du voyageur comme des voyagistes, plutôt qu'une démarche marketing de greenwashing de grosses structures : voyagistes, croisiéristes, transporteurs, chaînes hôtelières, sociétés de remontées mécaniques ou de parcs d'attraction

Certains opérateurs en font une pure opération marketing, mais d'autres, généralement de taille artisanale, appliquent des chartes aux critères stricts, préférant des engagements réels et éthiques, à des labels aux critères non contraignants. Pour Soline Archambault, directrice des Grands sites de France, compte s'appuyer sur une Radio France le 19/06/2023 pour passer du surtourisme au tourisme durable et et préserver les sites.