Grendelbruch (prononcé ; Grandelbrüech en alsacien) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace. Traditionnellement, le nom de la ville se prononce approximativement Grèn-d'l-brour. Le nom est parfois prononcé Gemmbri ou Gennbri selon l'habitude des habitants de la partie francophone de la haute vallée de la BrucheLe nom de la commune est parfois prononcée Gran-dèl-bruche (prononciation française) en raison du nom français de la Bruche. Cependant, ce nom n'est pas exact puisque Grendelbruch ne se termine pas par un e..

Géographie Localisation Grendelbruch fait partie du canton et de l'arrondissement de Molsheim. La commune se trouve à de Strasbourg et de Rosheim. Barembach ~ au sud-ouest Bœrsch ~ au sud-est Mollkirch ~ au nord-est Muhlbach-sur-Bruche, au nord-ouest Natzwiller ~ à l'extrême sud-ouest Rosheim ~ à l'est Russ ~ à l'ouest

vignette|redresse=1.5|centre|Carte de la commune de Grendelbruch et des communes limitrophes. Relief et géologie Avec une altitude maximum de , Grendelbruch est l'une des communes d'Alsace les plus élevées.

Le village est enfoncé dans un vallon entouré de prairies et de forêts devenant ainsi un centre de villégiature et de tourisme pour les citadins de Strasbourg en quête de repos. Par son altitude modérée, , et sa proximité avec Strasbourg, le village permet aussi de faire de belles randonnées grâce aux nombreux sentiers aménagés par le Club vosgien.

Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau la Magel, le ruisseau Bass de Russ, le ruisseau le Barenbach, le ruisseau de Baschney, le ruisseau de Muckenbach, le ruisseau Grendelbach et le ruisseau le Muhlbach..

La Magel, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ottrott et se jette dans la Bruche à Heiligenberg, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GrendelbruchLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Hohwald à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Grendelbruch est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (77,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (76,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (72,7 %), prairies (10,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,9 %), zones urbanisées (4,3 %), zones agricoles hétérogènes (3,9 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (3,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Grundelbac en 1049 ; Grindelbroch en 1192 ; Grendelbruck 1354 ; Grindel en 1548 ; Grendelbruoch au ; Grindelbruch au , Grengelbruch en 1693.

Bac est en ancien allemand une des formes de l'actuel Bach (= ruisseau). Ainsi à l'origine, le nom du village faisait partie du groupe des nombreux noms de lieu terminés en -bach qui se sont formés selon les linguistes entre le V et le , en pleine période alémanique et franque. Il a été remplacé par bruoc de sens proche, mais aussi marais, marécage. La nature du premier élément Grundel-, Grindel-, Grendel- est obscure.

Histoire Origine Dans les premiers temps mérovingiens et carolingiens, aucun document ne mentionne Grendelbruch. On trouve à cette époque seulement les localités voisines comme Rosheim, Bischoffsheim, Obernai, Urmatt, Wisches et Barembach où de célèbres abbayes possèdent des terres. Le couvent de Haslach revêtait pour Grendelbruch une importance particulière, du fait qu'il constituait une terre appartenant à l'évêché de Strasbourg dans la vallée de la Bruche, dont la vallée fut incorporée à partir du . La première mention de Grendelbruch figure dans une bulle pontificale du , par laquelle le pape Léon IX reconnaît à l'abbaye d'Altorf le bénéfice de la dîme des forêts de Grundelbac près du Burckberck. Schoepflin et Grandidier identifient ce lieu dit Burckberck avec le GuirbadenArchives départementales du Bas-Rhin, H1 - Joseph Wimmer: Grendelbruch, p.25, mais les campagnes archéologiques de 2022-2024 et l'analyse de Martine T. identifient désormais ce Burckberck avec le Purpurkopf . En 1068, l'abbaye d'Altorf possède des biens dans la localité. Tous ces biens sont confirmés par le pape Célestin III dans une bulle datée du qui relève que l'abbaye d'Altorf est bien possessionnée dans la localité de Grendelbruch. La commune relevait initialement du château de Guirbaden, propriété des comtes d'Eguisheim-Dabo, et passe ensuite, après la disparition de cette famille en 1225, à l'évêché de Strasbourg. Au , le village est le siège d'une cour dîmière épiscopale.

Un fief relevant des seigneurs d'Eguisheim-Dabo Au début du , les comtes de Nordgau, appelés plus tard comtes d'Eguisheim-Dabo, possedent un Castrum a proximité de l'actuel Guirbaden (sur le BurgBerg cité dans la bulle pontificale de 1049 que l'archéologiehttps://www.calameo.com/read/003725038af6e52013b61 identifie actuellement comme le Purpurkopf.). Le premier propriétaire attesté de ce château est Eberhardt, comte de Nordgau, c'est-à-dire du pays situé entre l'Eckenbach au sud, le Seltzbach au Nord et le Rhin à l'Est. À l'Ouest, le territoire comprenait encore la région de Dabo et de Phalsbourg jusque vers Natzwiller, ainsi que la région de Molsheim. D'anciens historiens font remonter la généalogie de ce comte jusqu'à Etichon, le père de Sainte Odile, et comme trois membres de sa famille semblaient avoir porté son nom, ils l'appelèrent Eberhardt IV. Parce que le petit-fils d'Eberhardt, Hugo IV, habitait le château d'Eguisheim et qu'il avait épousé l'héritière du comte de Dabo, on l'appela plus tard la famille entière comtes d'Eguisheim-Dabo. Les successeurs d'Hugo IV furent le frère aîné de Léon IX, Hugo V, puis Henri, fils de ce dernier et père de Brunon, le fondateur du « Klosterle ». Un autre fils de Hugo VI se rangea du côté de Rodolphe de SouabeRudolphe de Souabe appelé également Rudolphe de Rheinfelden, duc de Souabe de 1057 à 1079, qui enleva en 1057 la sœur d'Henri IV, roi de Germanie contre Henri IV. Il fut assassiné durant son sommeil et enterré comme beaucoup de ses ancêtres dans l'abbaye d'Altorf. Il eut pour successeur d'abord son frère Albert I, puis son petit-fils Hugo VII qui donna la chapelle de Laubenheim à l'abbaye de Lure. Le fils de celui-ci, Hugo VIII, dernier descendant mâle des comtes d'Eguisheim-Dabo, mourut vraisemblablement avant 1157. Le comté passa ensuite à son neveu, Hugo IX, fils de sa sœur Mathilde et de Formal, le comte de Metz. Hugo IX assiégea et détruisit en 1162 le château de Horbourg, près de Colmar, malgré l'interdiction de l'empereur Frédéric Barberousse, qui, pour l'en punir, incendia le château de Guirbaden. Hugo IX mourut en 1180, laissant trois fils dont un seul, Albert II, eut des descendants, deux fils et une fille. Les premiers, Guillaume et Henri, s'entre-tuèrent accidentellement dans un exercice ; leur sœur Gertrude devint l'unique héritière. Elle fut mariée trois fois dont la première fois avec Thiébaut, le futur duc de Lorraine, dont le mariage fut célébré à Colmar en présence du roi de Rome, le futur empereur Frédéric II.

Les guerres du Moyen Âge La guerre contre l'évêque de Strasbourg La tradition parle encore avec horreur de dévastations commises dans le pays par les chevaliers rougesIl s'agit ici des Templiers de Dorlisheim - L'Alsace ancienne et moderne, p.152 à l'occasion de la guerre opposant l'évêque Gauthier de Geroldseck et d'une partie de la noblesse contre la ville de Strasbourg. Le seigneur de Guirbaden, auquel Grendelbruch appartenait alors, était l'allié des Strasbourgeois et s'était attiré la haine des nobles et surtout des templiers, chez lesquels l'évêque vaincu alla mourirUn chemin fort agréable conduit depuis Barembach, par Russ et Grendelbruch au château de Girbaden - voir Mollkirch. En 1261, deux seigneurs de Guirbaden, Ulrich et Gauthier prirent part à la guerre qui opposait l'évêque Gauthier de Geroldseck à la ville de Strasbourg, le premier allié à l'évêque, l'autre à la ville. Ce fut une guerre cruelle, au cours de laquelle on dévastait les champs et on incendiait les villages, tout particulièrement dans les vallées de la Bruche et de Villé. Les habitants se réfugièrent dans les forêts, d'où ils furent chassés et massacrés.

La guerre des paysans