vignette|alt=Un morceau de tissu en coton épais blanchâtre agrémenté de fines lignes colorées et une sorte de balais sans poils.|Une serpillière et le balai de bois.
vignette|redresse|Le balai serpillière, avec son seau muni d'un bac d'essorage. Une serpillière ou serpillère, ou en Belgique et en Amérique du Nord un torchon, et en Suisse une panosse, est un morceau de toile grossière et résistante, de forme plus ou moins régulière et d'environ de côté, servant à laver les sols à l'eau savonneuse (ou avec d’autres liquides). On la passe sur les sols durs et résistant à l'eau (ni la moquette, ni la terre battue) à l'aide d'un balai-brosse. Le lavage exploite le frottement du tissu sur le sol et la mise en suspension (ou, dans une moindre mesure, en solution) de la saleté dans l'eau. L'eau exerce en outre une action de lubrification qui limite l'usure de l'objet. La serpillière retient une grosse quantité d'eau par capillarité, laissant un sol humide mais séchant très rapidement. Toutefois, l'humidité peut aussi coller la poussière au sol.
On désigne également par serpillière un balai particulier destiné à laver les sols, dont l'extrémité est munie de franges (coton, tissu) ou d'un support à lingettes. Certains balais à serpillière comprennent un dispositif mécanique d'essorage, intégré au balai, ou au seau associé (serpillière « espagnole » par exemple).
Histoire À l'origine, la serpillière était une toile grosse et claire servant aux marchands à emballer leurs marchandisesDictionnaire de l'Académie française, Firmin Didot frères, 1835, .. De coût moindre que la toile classique, elle servait aussi de tablier, de pare-soleilJacques Savary des Bruslons, Philemon-Louis Savary, Dictionnaire universel de commerce, 1741, , ., de tapis de selleF. Joseph Cardini, Dictionnaire d'hippiatrique et d'équitation, Bouchard-Huzard, 1845, . ou même de linceulMatthieu Joseph Bonaventure Orfila, Traité de Médecine légale, Béchet, 1836, .. La serpillière usée servait alors de torchon. Ce n'est qu'au cours du que cette toile semble dévolue au nettoyage du solSociété d'agriculture, sciences et arts, Mémoires de la société d'agriculture, sciences & arts centrale du département du Nord séant a Douai, 1852, .François Fertiault, Dictionnaire du langage populaire verduno-chalonnais (Saône-et-Loire), 1896, , Charpillère. bien qu'on lui préfère parfois, pour des raisons d'économie, les couvertures uséesRecueil des circulaires, instructions et autres actes émanés du Ministère de la justice ou relatifs à ce département, Impr. administrative, 1854, circulaire .. À la fin du , des règlements en préconisent l'usage en lieu et place du balai dans les hôpitauxHenri Huchard, Albert Robin, Charles Eloy, Charles Albert Fiessinger, Revue générale de clinique et de thérapeutique : Journal des praticien, s.n., 1898, . et les casernesNote ministérielle du au sujet de la nécessité de l'initiative pourra assurer le maintien de la santé des troupes . pour des raisons de meilleure hygiène.
On attribue son invention à Manuel Jalón Corominas.
Odeur L'odeur de vieille serpillière, comme celle de serviette mouillée, provient de la prolifération de bactéries et de levures (notamment de ) ..
Variantes régionales
La serpillière est :
le torchon des francophones de Belgiqueet d'amérique du nord; la loque à reloqueter (ou parfois wassingue) des francophones de Belgique ; le torchon de plancher des Lorrains ; la bâche des Champenois ; la since des Charentais et des poitevins ; la gueille ou guelha en occitan gascon bordelais ou en bordeluche. ; le duel ou la wassingue (prononcer [ouassingue]) des Dunkerquois ; le patin des ValdôtainsJean-Pierre Martin, Description lexicale du français parlé en Vallée d'Aoste, éd. Musumeci, Quart, 1984. ; la toile ou tela, la frégone ou fregona, le fregador et la torca des Catalans ; la toile à pavés des Normands ; on rencontre aussi le terme toile en Haute Bretagne ainsi que dans la Nièvre. En ce qui concerne plus particulièrement la Manche, on relève son emploi dialectal sporadique, sous la forme [twèl], dans le Cotentin et le nord du Saint-LoisRené Lepelley, Dictionnaire du français régional de Basse-Normandie, Paris, Bonneton, 1989, .René Lepelley, Dictionnaire du français régional de Normandie, Paris, Bonneton, 1993, .Pierre Rézeau (éd.), Dictionnaire des régionalismes de France, De Boek Duculot, Bruxelles, 2001, .Patrice Brasseur, Atlas Linguistique et Ethnographique Normand, CNRS, Paris, , OUEN / PUC, Caen, 2011, carte , « Serpillière ».. la loque à loqueter en rouchi valenciennois ; la panosse de Suisse romandePascal Singy, L'image du français en Suisse romande : une enquête sociolinguistique en Pays de Vaud, Éditions L'Harmattan, 1996, ., de Savoie et de certains Jurassiens et Lyonnais ou la panòssa des occitan auvergnats ; la vadrouille ou la moppe (de l'anglais ) des Québécois et des Acadiens ; le faubert ou la vadrouille dans la marine ; la pata des occitans Provençaux et vivaro-alpins. ; la pièce ou pèça des occitans Provençaux; la peille ou pelha ou pelhòt des Occitans. ; la charpillère en Verduno-Chalonnais ; et, globalement, la wassingue dans le Nord de la France.
Dans les années 2010, une enquête linguistique a permis de cartographier avec précision l'aire géographique de ces différentes dénominations..
Notes et références
Liens externes
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