Le grand port maritime de Dunkerque (GPMD), issu de la transformation du port autonome de Dunkerque (PAD) situé à de navigation du pas de Calais est un établissement public. Doté des missions de service public administratif et des missions de service public industriel et commercial, il est géré comme un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) sous la tutelle administrative de l'État, exercée par la direction générale des Infrastructures, des Transports et des Mobilités. du ministère de l'Écologie.

Ce port a une vocation énergétique affirmée (centrale électrique, terminaux pétroliers et terminal méthanier gazoduc, proximité de la plus grande centrale nucléaire d'Europe de l'Ouest, industrie lourde très consommatrices d'énergie..).

Le port maintient aussi un trafic roulier vers la Grande-Bretagne avec la compagnie DFDS SeawaysDFDS Seaways ( par jour) et fait l'objet d'un projet dit « CAP 2020 » de nouveau terminal à conteneurs, accessible aux plus grands navires.

Histoire et statut Origines Le premier port de Dunkerque date du , il est alors destiné à la pêche au hareng. À partir de 1350, le port développe une activité commerciale grâce aux relations avec la Hollande et l'Angleterre.

Au , le port se résume à son entrée, deux longues jetées de et un quai de de long. Les navires qu'ils abritent sont destinés alors à la course.

Le siècle des Lumières

Au début du , la ville et ses corsaires sont si redoutés que lors du traité d'Utrecht mettant fin à la guerre de Succession d'Espagne, Louis XIV est contraint d'approuver la destruction des fortifications et du port de Dunkerque. Le trafic commercial est alors quasiment réduit à néant.

Au cours du règne de Louis XV, il est entrepris des réparations des quais et des bassins. Au milieu du siècle, la paix permet à la ville de redévelopper son commerce, de nouvelles industries sont créées : verrerie, faïencerie, fabrique de toiles.

Mais les Anglais détruisirent le port lors de la guerre de Sept Ans quelques années plus tard. Louis XVI souhaita reconstruire le port. Vu le niveau des finances locales, le port passe sous la direction des Ponts et Chaussées.

Entre 1669 et 1792, Christian Pfister-Langanay a repéré l’existence de 57 navires négriers dunkerquois, entrainant la déportation d’un nombre d’esclaves estimé entre 6858 et 7074 personnes. Les frères Cailliez font partie des principaux armateurs négriers de la ville, parmi lesquels on trouve aussi Jean-Etienne de Chosal, ou les capitaines Maginel et Teste.

Du fait de la Révolution française, et surtout du siège de 1793, l'activité du port est fortement réduite.

vignette|Le Dock Hollandais, DunkerqueEugène Boudin, 1889Fitzwilliam Museum, Cambridge À la suite de la paix d'Amiens, le trafic commercial avec le Royaume-Uni est de nouveau possible, l'activité redémarre rapidement dans le port. Cependant, il n'y aura pas de grands travaux dans le port au cours du Premier Empire car Napoléon préfère développer le port d'Anvers (qui est alors français). En 1822, la rénovation du port de Dunkerque, décidée par le ministre des Finances Joseph de Villèle, constitue le premier investissement public de la Caisse des dépôts et consignations.

En 1848, l'arrivée du chemin de fer à Dunkerque permet de doubler le trafic du port. Quelques années plus tard, la compagnie de remorquage est créée.

La fin du voit la réalisation de nombreux travaux qui donnèrent l'agencement du Port-Est que l'on connait aujourd'hui. En 1880 a lieu l'inauguration du Bassin de Commerce. À l'initiative de Charles de Freycinet, les darses II, III et IV sont creusées. Il fait également construire quatre forme de radoub. Enfin en 1896, l'écluse Trystram est achevée. Elle permet le passage de bateau de de long pour de large.

vignette|Autre vue du port, à la même époque. Au début du , le port de Dunkerque est le de France. L'installation de diverses entreprises favorise l'activité : huilerie (trafic d'oléagineux), scierie, industrie du jute, les Ateliers et Chantiers de France, usine de borax, usine Lesieur, métallurgie.

Le port de Dunkerque devient également une plateforme majeure de transport pour la région. Il voit transiter la laine d'Argentine pour l'industrie textile de Roubaix, le lin de Russie pour Armentières et Lille, et les minerais pour les industries métallurgiques du bassin houiller du Valenciennois.

Au cours de la Première Guerre mondiale, les forces de la Triple-Entente arrêtent les Allemands dans leur course à la mer au cours de la bataille de l'Yser. Le port de Dunkerque ne pouvant être pris, la ville est sévèrement bombardée. Les Anglais voulant détruire le port pour qu'il ne tombe pas entre les mains allemandes, les installations portuaires encore intactes doivent leur salut au général Foch qui a convaincu les Anglais de garder le port.

L'ancien port et la ville étaient autrefois réunis dans une enceinte fortifiée considérée par les militaires comme d'enjeu stratégique dans les années 1920, époque à laquelle elle a perdu son utilité en raison des progrès de l'artillerie et de l'aviation. Le port, trop à l'étroit pour se développer industriellement, s'est étendu dans les dunes à l’Ouest de la ville, les fortifications ayant été détruites lors de la reconstruction et entre 1928 - 1931.

Durant l'entre-deux-guerres, on entreprend de nouveaux aménagements dans le port. On construit un nouvel avant-port. L'écluse Watier, plus grande que Trystram, est percée. Une gare maritime voit également le jour, elle permet à des ferrys d'assurer la liaison Dunkerque-Douvres. Enfin les autorités portuaires font l'acquisition d'un dock flottant et d'un silo à grain.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, Dunkerque est bombardée par les forces allemandes. La ville est détruite à plus de 90 %. Le port n'est plus qu'une lagune envasée pleine d'épaves de navire. À la fin de la guerre, les travaux de reconstruction du port sont estimés à , soit .

En 1958, l'augmentation des besoins de matières sidérurgiques pousse l’État à construire une usine sidérurgique . Le port rafle la mise, l'installation d'Usinor nécessite la construction d'un nouveau bassin maritime de ainsi qu'une nouvelle écluse, l'écluse Watier pouvant accueillir des bateaux de . Le développement du port provoque la naissance de villes-champignons telles que Grande-Synthe et Petite-Synthe.

De plus, le bassin maritime est relié au canal de Bourbourg via une dérivation de , cela permet de mettre au gabarit européen l'axe Dunkerque-Escaut.

Un timbre postal, d'une valeur de 95 centimes, a été émis en 1961 pour célébrer le tricentenaire du port.

Le décret 65-935 du modifié créé au port de Dunkerque un établissement public, placé sous le régime de la loi du , qui reçoit la dénomination de port autonome de Dunkerque.

Le directeur de l'établissement public avait, lors de la création, autorité sur trois entités : le port autonome de Dunkerque, le service maritime du Nord, le service annexe des voies navigables.

Le , le Premier ministre Jacques Chaban-Delmas inaugure l'écluse Charles de Gaulle pouvant accueillir des navires de . Trois ans plus tard, l’achèvement du Port-Ouest permet de recevoir des pétroliers de .

vignette|Dunkerque est le troisième port français en termes de trafic global (44 millions de tonnes de marchandises en 2023) après Marseille et Le Havre, et classé sixième dans le range nord-européen en 2019. En 2008, son fonctionnement et son administration ont été revus, dans le cadre de la réforme des grands ports français voulue par le gouvernement français. Le port autonome est ainsi devenu un grand port maritime à la suite du décret 2008-1038 du . La circonscription du grand port maritime est déterminée par un décret en Conseil d'État.

En vertu des nouveaux statuts, il est administré par un directoire de trois membresDécret 2008-1038 du 9 octobre 2008, art. 5.. Son conseil de surveillance comprend notamment des représentants de l'État, du personnel, des collectivités territoriales (Nord-Pas-de-Calais, département du Nord, Dunkerque Grand Littoral, commune de Dunkerque) et de la Chambre de commerce et d'industrie Côte d'Opale. Un conseil de développement de trente membres assiste les organes statutaires.

Mercredi , les travaux du nouveau terminal transmanche ont été officiellement lancés par une cérémonie de pose de première pierre.

En 2009, le territoire se dote d'un outil d'aide à la décision : la Toile industrielle permet de visualiser le tissu industriel dunkerquois. Depuis 2018, de la Toile énergétique retrace les flux énergétiques, permettant d’élaborer un plan d’actions pour contribuer à la transition énergétique territoriale.

De 2010 à 2021, le trafic conteneur a triplé dans ce port (750 000 EVP en 2022). Dans les années 2020, un nouveau terminal à conteneurs, est envisagé, accessible aux plus grands navires. Ce projet, dit « CAP 2020 », est soumis à débat public en 2017. Il vise 2 millions d’EVP en 2035 (soit un doublement de la part de marché de Dunkerque dans le range nord-européen, en utilisant un hinterland étendu par le projet de canal Seine Nord Europe et une hausse du flux ferroviaire. Le bassin de l’Atlantique sera étendu, des quais et terre-pleins seront construits ainsi qu'une desserte routière et une ferroviaire supplémentaires. Selon un rapport d'orientation (2023) du COI, intitulé « Investir plus et mieux dans les mobilités pour réussir leurs transitions » (186 pages) ; ce document est accompagné d'un Rapport annexe (compléments sur les programmes et revue des projets) et d'un Résumé pour décideurs (PDF : éditorial, messages clés, chiffres-clés, synthèse, carte et tableau de programmation).

Fonctions du grand port maritime Le grand port maritime est chargé de la gestion de l'ensemble des installations portuaires de sa circonscription, ainsi que du curage, traitement et stockage (ou clapage en mer si les seuils de pollution le permettent) des sédiments des avant-ports, chenaux, bassins, darses et autres plans d’eau du port.

Peu à peu, la pêche, le tourisme et les chantiers navals ont perdu de l'importance, au profit des ports de Calais et Boulogne, alors que Dunkerque se recentrait sur le fret et l'industrie lourde, devenant le troisième port de commerce de France en termes de tonnage global.

Le GPMD est responsable de.: la réalisation, l'exploitation et l'entretien des accès maritimes ; la police, la sécurité et la sûreté du port ; la gestion du domaine ; la gestion et la préservation des espaces dont il est propriétaire ou gestionnaire ; la construction et l'entretien des infrastructures portuaires ; la promotion de l'offre de dessertes ferroviaires et fluviales ; l'aménagement et la gestion de l'aire industrielle ou logistique liée à l'activité portuaire ; les actions en faveur de la promotion générale du port.

Les principales ressources du GPMD proviennent : des droits de ports perçus sur les navires, les passagers et les marchandises ; de l’utilisation par les entreprises des installations et équipements portuaires ; des recettes domaniales (locations de terrain). vignette|Le port de Dunkerque

Développement durable