Paul Copin-Albancelli, dont le véritable nom était Paul-Joseph Copin, né le à Vervins (Aisne) et mort le à Saint-Cloud, est un journaliste, militant nationaliste, essayiste et conférencier conspirationniste et antimaçonnique français, ancien franc-maçon.
Biographie Parcours maçonnique Franc-maçon dès 1884, de la loge l’Avant-Garde maçonnique de Paris appartenant à l'obédience maçonnique du Grand Orient de France . Il accomplit successivement les offices de secrétaire, d'orateur et de premier surveillant dans sa loge.. En 1887, il intègre un chapitre des hauts grades maçonniques dit Rose-Croix du nom de La clémente amitié, dont le frère Louis Amiable était le président, portant le titre de Très-Sage. Il en sera le secrétaire. Par la suite, des ouvertures lui sont faites pour un passage au grade de chevalier kadosh. Dès 1889, encore dans la maçonnerie, il dénonce en tant que journaliste ses agissements dans une campagne électorale à Vervins qui oppose un conservateur, Godelle, à un député gouvernemental sortant et franc-maçon, Dupuy. Il accuse alors publiquement la maçonnerie d'intolérance, de fanatisme antireligieux et d'ingérence occulte dans les affaires politiques. Godelle l'emporte. Il est alors frappé d'une peine de mise en sommeil de quelques mois, au terme de laquelle il donne sa démission de sa loge, courant janvier 1890.
Parcours antimaçonnique Copin-Albancelli use de son expérience pour se faire l’un des plus violents dénonciateurs de la franc-maçonnerie qu’il associe, comme plusieurs antidreyfusards de l’époque, à un complot juif, avant de faire évoluer sa position. Il commence une série de conférences en France, dont la première fut donnée devant les membres de la Ligue de la patrie française avec le soutien de Jules Lemaître et la seconde devant les membres de l'Action française.
Au tournant du , il fonde les journaux antimaçonniques et antisémites À bas les tyrans (avec André Baron/Louis Dasté), La Bastille et France d'hier et France de demain. Il dirige l'Union française antimaçonnique, qui fusionne en 1906 avec deux ligues créées par Émile Driant. La nouvelle entité prendra alors le nom de Ligue française anti-maçonnique. qu'il animera également. Elle éclate en 1909 et Copin-Albancelli fonde la Ligue de défense nationale contre la franc-maçonnerie. Il s'occupera aussi de la société d'édition « La Renaissance française ».
Parallèlement à ces activités, Copin-Albancelli collaborait également à la Revue Internationale des Sociétés Secrètes de , célèbre contempteur de la franc-maçonnerie et dénonciateur de supposées conspirations liées à des forces occultes.
Craignant la ruine de la France au profit de puissances étrangères par le moyen de la franc-maçonnerie et autres sociétés secrètes, dont la Grande-Bretagne, le pangermanisme et la communauté juive utiliseraient les effectifs, Copin-Albancelli dénoncera jusqu’à sa mort les sociétés secrètes, la propagande anti-française et les différents complots qui interfèrent, selon, lui dans la politique mondiale.
Le , il exposa ses théories dans une lettre adressée au premier ministre britannique Lloyd George, qui en accusa réception, et dans laquelle il proposait que les sociétés secrètes soient inscrites au programme du désarmement au même titre qu'une arme ou qu'un régiment. Il fit cela dans un but de dénonciation.
Il s'attaqua également aux accointances maçonniques supposées du scoutisme .
Action Française Après avoir été boulangiste, Copin-Albancelli fut également l’un des premiers militants nationalistes et royalistes de l'Action française. Il collabora à la Revue d’Action française qui devint L'Action française sous la direction de Charles Maurras. Il était aussi membre de l'Entente nationale pour la reconstitution intégrale des libertés de France, un groupement politique réactionnaire présidé par le catholique orléaniste René Le Fur.
Copin-Albancelli a contribué au livre de Maurras Enquête sur la monarchie dont il a écrit un chapitre.
Il est inhumé aux côtés de son épouse (nom de jeune fille : Anne Delage ou Simon De Lage) , la dramaturge et femme de lettres ayant le pseudonyme : Simone Arnaud (1850-1901), au cimetière BouilhetMarly-le-Roi : situé sur la commune de Marly-le-Roi (Yvelines).
Théories Franc-maçonnerie Abaissement Pour Copin-Albancelli, le temple maçonnique est un lieu d’abaissement intellectuel, une « société enfantine » . Pour lui, rien ne vaut une clientèle médiocre et veule, lâche et vile, pour servir de vivier et y pêcher des êtres qui jamais n’échapperont . Copin dénonce certaines sociétés maçonniques dont il a pu étudier les statuts qui professent le satanisme sous la forme d'un culte à Lucifer, et dont les ateliers ne travaillent pas selon la formule .
Société secrète Colpin-Albancelli qualifie la franc-maçonnerie de société secrète visible camouflée afin que personne ne sache, y compris ses adeptes, à quoi elle sert réellement. Son caractère de société secrète est révélé par le fait qu'elle dissimule son but, aux profanes comme à ses adhérents, dissimulation facilitée par une complication qui n'a pas d'autre but. Pour lui toute société « qui a des secrets » est une société secrète. Il critique l'absence de responsabilité maçonnique envers les déclarations de ses membres ou des revues liées, qui, selon la maçonnerie, ne représentent qu'eux-mêmes. Dans cette irresponsabilité de la maçonnerie, qui empêche de se faire une idée précise d'elle, Copin ne voit qu'une volonté supplémentaire de tromperie. Une opinion partagée par un autre franc-maçon démissionnaire, Albert Vigneau une vingtaine d'années plus tard. Il explique que toute autre société secrète de conception simplifiée est condamnée à plus ou moins long terme à voir ses secrets révélés (de sa méthode d'action, de ses moyens d'action, nom de ses membres). Au contraire, la maçonnerie se préserve des bavardages, des imprudences, des maladresses et des trahisons de ses membres ainsi que des espions. Paradoxalement, un bavardage éventuel renforcerait encore son camouflage en ne révélant sur elle que des détails innocents, biaisant d'autant plus le jugement des profanes. Citant Louis Blanc, il affirme que des peuvent même être créées, comme durant la révolution française..
Origines À propos des origines de la maçonnerie, il cite le roman (qu'il qualifie d'étude) La Nouvelle Atlantide de Francis Bacon, décrivant une île dont les habitants sont gouvernés par une société secrète qui créait des filiales à l'étranger dans des nations rivales aux fins de renseignement afin de profiter de l'une ou l'autre nation à un moment donné en état d'infériorité. Il décrit la franc-maçonnerie spéculative faisant son apparition en Angleterre moins de 20 ans après la publication de cet ouvrage, et manifestant certains des caractères indiqués dans le livre de Bacon, comme d'affecter un but d'étude mais de s'occuper de politique. Pour Copin, au début de la maçonnerie spéculative, des hommes se sont infiltrés en tant qu'associés, protecteurs, membres donateurs ou honoraires des anciens maçons constructeurs (opératifs), qui manquaient alors de travail et d'argent, afin de s'emparer du privilège de former une société secrète tolérée et reconnue. L'ancienne corporation de maçons ne serait en fait qu'un corps parasité.
Buts Copin ne voit pas la franc-maçonnerie comme une force au service d'une nation, mais plutôt au service d'ambitions égoïstes et particulières. Il souligne que c'est par le biais de l'évocation d'un idéal ( ou l'humanitarismepris ici au sens d'universalisme et non d'aide humanitaire), finalement dénaturé, que la maçonnerie affaiblit la France. Il établit que les loges permettent une sélection politique des personnes qu'un pouvoir occulte souhaite, en raison de leur caractère, de leur personnalité et de leurs partis pris, voir jouer un rôle dans la société . Le critère du choix du candidat, quant à sa profession, doit être son influence afin d'atteindre à travers lui la société; quant à sa personnalité, cela doit être son idéalisme et sa capacité à se laisser illusionner. Elle sert également de canal de transmission de la société supérieure qui la subordonne
Idéologie Copin souligne l'idéologie anti-traditionaliste de la maçonnerie d'un point de vue politique et religieux. Ce parti pris aboutirait directement à l'antipatriotisme et au désarmement de la France dans les années qui ont précédé la Première Guerre mondiale, désarmement voulu, pensé et organisé dans les loges qui réuniraient les théoriciens de l'antipatriotisme et les ministres qui organisent le désarmement du pays.
Subordination Conformément à son concept de sociétés secrètes superposées, il désigne la franc-maçonnerie comme une organisation subordonnée. ou la qualifie d'. Il évoque l'impossibilité de définir clairement l'origine de la maçonnerie comme une preuve supplémentaire de son contrôle par superposition. Il souligne que certains documents furent brûlés lors de la fondation de la Grande Loge de Londres tandis que d'autres documents, produits à des époques diverses pour servir de base à l'histoire de la maçonnerie, furent reconnus par la suite faux ou adultérés.
Interventions maçonniques dans l'histoire Révolution française Copin rend la maçonnerie responsable de la révolution française, s'appuyant sur des ouvrages de Louis Blanc. Il s'agit du livre de Louis Blanc, Histoire de la révolution, chapitre « Les révolutionnaires mystiques »., d'Bertrand de Molleville, de Jean-François Marmontel, d'Arthur Young, de Pierre-Victor de Besenval de Brünstatt et d'Augustin Cochin. S'appuyant sur Louis Blanc il affirme que des « arrière-loges » peuvent même être créées et que les loges fermées se transformèrent simplement en clubs, citant en exemple le cercle social des « Amis de la vérité », fondé le et qui était une ancienne loge. Ce cercle fut fondé par Guillaume François Charles Goupil de Préfelne, Mailly de Chateau-Regnault, Nicolas de Condorcet, Nicolas de Bonneville et Claude Fauchet, ces deux derniers rédacteurs de la Bouche de fer, journal portant le nom de leur ancienne loge maçonnique. Copin désigne Jean-Paul Marat, Robespierre, Georges Jacques Danton, Honoré-Gabriel Riqueti de Mirabeau, Gilbert du Motier de La Fayette, Jérôme Pétion de Villeneuve, Paul Barras, Emmanuel Marie Michel Philippe Fréteau de Saint-Just et Philippe Égalité comme maçons. S'appuyant sur l'ouvrage de Molleville, il désigne le meurtre de Louis Bénigne François Bertier de Sauvigny et de Joseph François Foullon comme des assassinats .
Révolution de 1848 et Second Empire Pour Copin, la maçonnerie demanda au prince Louis Napoléon sa protection, pas encore devenu Napoléon III, alors même qu'elle a mis en place la révolution de 1848, Guerre de 1870
Il observe, s'appuyant sur les ouvrages de Georges Goyau, que la Guerre franco-allemande de 1870 éclate après que l'opposition politique, subordonnée à la franc-maçonnerie, a combattu la nouvelle organisation de l'armée française proposée par le maréchal Niel et placé ainsi la France en état d'infériorité.
Affaire des fiches Copin allègue que préalablement à l'affaire des fiches et aux ministères des frères Maurice Berteaux et Eugène Étienne, la maçonnerie, comme il le dénonça dans son journal La Bastille, avait le projet d'une mainmise sur l'armée par l'attribution au ministre de la guerre du choix des officiers, autrefois réservé aux commissions de classement, par l'organisation d'un système de renseignements maçonnique permettant d'écarter les officiers hostiles à la maçonnerie, par la substitution de ministres civils aux ministres militaires et par l'obligation faite au ministre de se reposer pour le choix des officiers et des directions d'école militaires sur certains collaborateurs désignés par les loges. La maçonnerie imprima ses projets dans un brochure réservée aux maçons mais parvenue en dehors des loges.
Première Guerre mondiale