Le , également désigné sous le nom de , désigne — コトバンク. .
Le terme « » a plusieurs significations : il peut désigner une créature fantômatique du folklore japonais inspirée du chat, ou bien désigner les chats qui diffèrent de la norme. Souvent dotés de pouvoirs surnaturels comme la métamorphose, comparables à d'autres animaux comme le renard () ou le tanuki (), les sont des éléments récurrent du folklore et de la culture japonaise contemporaine.
Description et folklore Le folklore japonais a instauré une culture spécifique autour des chats dotés de pouvoirs magiques : dans les croyances populaires, il est raconté qu'ils hantent leur foyer en menaçant la maisonnée et en projetant des boules de feu. Il est souvent décrit comme se pouvant se dresser sur ses pattes arrière, prenant alors forme humaine par métamorphose, comme le renard ou le tanuki. Dans certains cas, il lui arrive qu'il finisse par dévorer son maître dans le but de prendre sa place.
L’une des traductions les plus utilisées pour décrire le est l’appellation de « chat-fantôme », car, dans le folklore japonais, la plupart des sont le résultat de chats ayant déjà eu une vie terrestre antérieure.
Un chat peut devenir un par l’âge, au bout d’une douzaine d’année dans les préfectures d'Ibaraki et de Nagano, de treize ans dans le district de Kunigami et la préfecture d'Okinawa. Mais il existe, dans certaines régions, comme dans le district de Yamagata, préfecture d’Hiroshima, des croyances selon lesquelles un chat élevé pendant sept ans ou plus tuera celui qui l'a élevé. En raison de cette superstition, les gens décident à l'avance du nombre d'années pendant lesquelles ils élèvent un chat木1982年、446–457頁。. Dans le wakan sansai zue, une encyclopédie publiée au cours de la période Édo, il est dit qu'un chat mâle, dont le pelage est d'une couleur jaune-rouge (rousse) était plus susceptible de développer des pouvoirs surnaturels en vieillissant.
Mais le bakeneko peut également résulter d’une mort par mauvais traitement quel que soit l’âge de l’animal au moment de sa mort, a la manière des yūrei ou des esprits vengeurs : dans certaines régions, on raconte que les chats brutalement tués par des humains deviennent des bakeneko et maudissent ces derniers par rancœur.
Les capacités attribuées aux bakeneko sont diverses : comme les bake-gitsune et les bake-danuki, les bakeneko peuvent user de leurs pouvoirs de métamorphose pour se changer en humain. Ils disposent également de pouvoirs de possession, de malédiction, mais se distinguent par leur pouvoir de nécromancie, leur capacité à ramener les morts à la vie en sautant sur leur ventre et à les contrôler. Il est déjà arrivé que des bakeneko s’associent avec d’autres animaux comme des loups dans les montagnes, pour s’attaquer aux humains. Toutefois, outre leur comportement agressif et vicieux, les bakeneko peuvent parfois avoir des comportements insolites, voire loufoques : certains ont été vus danser avec une serviette sur la tête. Sur l'île d'Aji, dans le district d'Oshika (préfecture de Miyagi) et dans les îles Oki (préfecture de Shimane), on raconte l'histoire d'un chat qui s'est métamorphosé en humain et qui voulait participer à des combats de sumo.
Le folklore populaire rapporte également que les chats, notamment les bakeneko, étaient capables de parole. Mais il s’agissait en fait d’une mauvaise interprétation des modulations faites par le miaulement des chats. En 1992, le Yomiuri shinbun a publié un article affirmant que lorsque les gens pensaient avoir entendu un chat parler, ils se rendaient compte, après avoir écouté une seconde fois, qu'il s'agissait simplement du miaulement du chat, la ressemblance avec un quelconque langage humain n’était alors que pure coïncidence.. C’est pourquoi certains folkloristes ne considéraient pas les bakeneko comme une sorte de yōkai.
À l'époque d'Edo (1603-1867), la croyance populaire voulait que les chats à longue queue comme les serpents, disposaient, entre autres, de pouvoirs de possessions ou de métamorphose. De ce fait, la longue queue n’était alors pas un attribut apprécié chez le chat domestique chez les populations de l’époque. Dans certains cas, la queue était alors coupée dès le plus jeune âge, dans d’autres cas, ils étaient sélectionnés artificiellement, ce qui aboutira entre autres, à l’apparition d’un standard spécifique chez le chat domestique au Japon et une race locale : le bobtail japonais田2000年、170–171頁。.
Origines
Le chat au Japon
thumb|right|upright=0.5|Un chat noir de Hishida Shunso. Les chats arrivent au Japon au en même temps que la doctrine bouddhiste, mais leur réelle introduction date du , date de l'anniversaire de l'empereur Ichijo, qui reçut un chat pour ses treize ans. L'image du chat a beaucoup évolué au Japon où il est considéré tantôt comme porte bonheur pour son pelage écaille de tortue, tantôt comme maléfique. Le succès du chat est si important dans le pays qu'une loi du interdit l'enfermement et le commerce de l'animal .. Certaines histoires racontent que les Japonais câlinaient tant leurs chats que ces derniers finirent par ne plus chasser les souris et les rats et se mirent à proliférer à tel point que les Japonais durent peindre des chats sur les murs de leur maison pour chasser les rongeurs ..
Le chat est bien représenté dans l'art japonais, d'abord sous les traits d'un écaille de tortue blanc, puis de plus en plus comme des chats calico et des chats sans queue : le bobtail japonais. De grands peintres se sont illustrés dans la représentation des chats, comme Utagawa Hiroshige ou Utagawa Kuniyoshi.. Symbole de la sensualité, du désir, le chat représente également le charme et la décadence ..
Toutefois, il existe également une version sombre et inquiétante du chat, issue de la tradition populaire. Parmi celle-ci, il y a Aïnous le chat revenant, le chat né des cendres d'un monstre, et celui à deux queue d'Okabe. Pierre Loti évoque également dans ses Japoneries d'automne une ronde de chats se réunissant dans un jardin isolé les nuits d'hiver, au clair de lune..
Origines de récits sur le bakeneko
thumb|340px| () par Utagawa Kuniyoshi. Une pièce de théâtre kabuki qui a été jouée à Ichimura-za en 1835. Représenté au centre, un premier chat qui s’est changé en vieille femme, un deuxième petit chat portant une serviette et dansant, et l’ombre d’un troisième chat léchant une lampe他1999年、100頁。.
Au Japon, la croyance selon laquelle les chats seraient dotés de pouvoirs surnaturels, tient sur plusieurs facteurs : Leurs habitudes nocturnes, ainsi que la plasticité de leur pupille à changer de forme selon l’heure de la journée. Leurs caractéristiques de prédateurs, avec leurs griffes, leurs crocs pointus et leurs habitudes à boire le sang de leurs proies. Leur tempérament imprévisible, le distinguant du chien, docile et fiable. Ce caractère semi-sauvage, leur donne une aura mystérieuse, les rapprochent d’autres animaux, notamment des renards et des tanukis, qui eux aussi sont dotés de pouvoirs de métamorphose et d’autres attributs paranormaux. D’autres comportements et phénomènes qui étaient alors peu compréhensibles à l’époque renforcent ces croyances, comme leur vitesse, leur agilité, mais aussi les étincelles qui émanaient de leur fourrure lorsqu’elle entrait en contact avec la paume de la main (par l’intermédiaire de l’électricité statique).
Certains de leurs comportements jugés étranges par leurs contemporains, seraient à l’origine de ces croyances : en particulier le comportement des chats à se tenir sur leurs pattes arrière pour tenter d’aller lécher l’huile des lampes他1999年、100頁。. Un comportement qui s’explique par le fait que les chats étaient peu nourris par des matières contenant des protéines durant l’époque Édo, où la majorité de la population consommait majoritairement de céréales et de légumes. L’huile de lampe bon marché faite à base de sardine était la seule alternative pour les chats de se sustenter多田克己 (2008). "狂歌百物語の妖怪たち". In 京極夏彦編 (ed.). 妖怪画本 狂歌百物語. 国書刊行会. p. 277 . 妖怪ドットコム (2008). 図説 妖怪辞典. 幻冬舎コミックス. p. 95 .. Il est écrit dans le wakan sanzai zue, qu’un chat surpris à lécher l’huile d’une lampe est annonciateur d’un évènement étrange imminent寺島良安 (1987). 島田勇雄・竹島純夫・樋口元巳訳注 (ed.). 和漢三才図会. 東洋文庫. Vol. 6. 平凡社. pp. 88–91 .. Un chat surpris, debout à lécher une lampe, dont la face est éclairée par celle-ci, pouvait être perçu comme un phénomène paranormal石毛直道 (1993). 食卓の文化誌. 同時代ライブラリー. 岩波書店. pp. 180–187. .. Le vol d’objets (comme une lampe, par le chat voulant consommer sa prise dans un coin à l’abri), est également associé a des événements surnaturels"Bakeneko". The Obakemono Project. SH Morgan. Archived from the original on 29 October 2013. Retrieved 25 October 2013..
Récits folkloriques autour du bakeneko Récits populaires L'histoire de Takasu Genbei contre le bakeneko
Une célèbre histoire de bakeneko parle d'un homme nommé Takasu Genbei, dont la personnalité de sa mère a complètement changé à la suite de la disparition de son chat pendant de nombreuses années. Sa mère prenait ses distances avec ses amis et sa famille, prenant ses repas, seule dans sa chambre. Lorsque la famille a commencé à espionner la bonne femme cherchant à trouver l’origine de cet étrange comportement, ils sont tombés sur un monstre ressemblant à un chat, habillé avec les vêtements habituels de la mère, en train de mâcher des carcasses d'animaux. L’homme a alors tué le monstre en dépit de sa ressemblance avec sa mère, et le lendemain, il vit que le corps de la vieille femme a alors pris la forme du fameux chat disparu. Par la suite, après avoir enlevé le plancher de la chambre de sa mère ils découvrent un corps, dont la chair a été rongée, jusqu’à ne laisser plus qu’un squelette"Bakeneko". The Obakemono Project. SH Morgan. Archived from the original on 29 October 2013. Retrieved 25 October 2013.
L'histoire du chat vengeur de Nabeshima
Il y a une légende de bakeneko vengeur qui se déroule à l'époque de Mitsushige Nabeshima, le deuxième daimyō du domaine de Saga, dans la province de Hizen. Un certain Matashichirō Ryūzōji, serviteur du daimyō, aurait été froidement exécuté dans le cadre d’une partie de Go dans lequel il faisait officie d’adversaire, car son jeu a déplu à son maître.
Sa mère, en apprenant la nouvelle, folle de chagrin, s’est suicidée. Son chat, a qui la mère racontait ses lamentations a propos de la mort de son fils, s’est mis à lécher le sang du cadavre. Il est alors devenu un bakeneko, et il s’est mis à hanter le château et à tourmenter le daimyō bourreau de son fils, tous les soirs, jusqu'à ce que la bête soit abattue par son fidèle serviteur Komori Hanzaemon他1986年、670頁。.
Historiquement à Hizen, le clan Ryūzōji était antérieur au clan Nabeshima, mais a été déchu à la suite de l’assassinat de Takanobu Ryūzōji par un certain Naoshige Nabeshima, ce qui propulsa le clan arriviste au pouvoir. Mais le clan Ryūzōji était toujours en proie au tourment à la suite du suicide Takanobu Ryūzōji dû a la mort soudaine de son fils. Le château en Saga, où régnait les clans successifs de daimyō, étaient encore spirituellement perturbé par la tragédie qui touchait le clan Ryūzōji. Pour pacifier le lieu des mauvais esprits, un temple bouddhiste, le Tenyū-ji (aujourd’hui situé à Tafuse. Saga) fut érigé. Cette série de drames aurait été un terreaux fertile a l’apparition du bakeneko, qui ne serait que la manifestation de la rancœur accumulée par le clan Ryūzōji, ayant pris la forme d’un chat他1986年、694頁。他2006年、116–117頁。.