Alfredo Di Stéfano Laulhé est un footballeur puis entraîneur, né le à Buenos Aires et mort le à Madrid. De nationalité argentine puis naturalisé espagnol en 1956, il évolue au poste d'attaquant, du milieu des années 1940 au milieu des années 1960. Considéré comme l'un des tout meilleurs footballeurs de l'histoire..., il fait partie de l'équipe mondiale du . Il remporte le Ballon d'or en 1957 et 1959 et devient l'unique lauréat d'un « Super Ballon d'or » en 1989, récompensant l'ensemble de sa carrière.
Alfredo Di Stéfano fait ses premiers pas en première division argentine avec le Club Atlético River Plate, le . Il remporte deux fois le championnat argentin avec ce club. Il signe en 1949 aux Millonarios de Bogota et devient trois fois champion de Colombie. En 1953, il rejoint le Real Madrid et écrit les plus belles pages de sa carrière avec le club madrilène, en remportant cinq Coupes d'Europe des clubs champions, une Coupe intercontinentale et huit championnats d'Espagne.
Di Stéfano évolue au sein de deux équipes nationales différentes au cours de sa carrière. Il compte six sélections pour six buts marqués pour l'équipe d'Argentine, avec laquelle il gagne la Copa América. Après sa naturalisation espagnole, il dispute et marque avec l'équipe d'Espagne.
Comme entraîneur de 1967 à 1991, Di Stéfano dirige notamment Boca Juniors, le Valence CF, River Plate et le Real Madrid. Avec ces différents clubs, il remporte une Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes, deux championnats d'Argentine, un titre de champion d'Espagne et une supercoupe d'Espagne. Il est, de 2000 à sa mort, le président d'honneur du Real Madrid.
Biographie Débuts Alfredo Stéfano Di Stéfano Laulhé naît le à Barracas, le quartier portuaire de Buenos Aires.. Son grand-père Miguel, originaire de Capri en Italie, est le premier Di Stéfano à s'installer en Argentine. Son père, Alfredo, épouse Eulalia Laulhé Gilmont, d'ascendance française par son père, natif du Béarn., et irlandaise.. Ils ont trois fils, Alfredo, Tulio, joueur de football également et Norma, qui choisit le basket-ball.. Son père est cofondateur du Club Atlético River Plate, où il a également joué de 1910 à 1912.
Alfredo Di Stéfano découvre le football à l'âge de sept ans au sein du club de quartier Unidos y Venceremos et, quand ses parents déménagent dans le quartier de Flores, rejoint le club d'Imán .. Ses idoles sont Arsenio Erico, le grand attaquant du CA Independiente et « La Máquina » du River Plate, véritable machine à marquer des buts. River Plate est son équipe favorite et, il a une carte d'abonné (socio) pour ne manquer aucun match..
vignette|gauche|La Máquina de River Plate en 1941, de gauche à droite Juan Carlos Muñoz, José Manuel Moreno, Adolfo Pedernera, Ángel Labruna et Félix Loustau.|alt=photo en pied de cinq footballeurs En 1940, la famille Di Stéfano s'installe à Los Cardales, une ferme dans le Nord-Ouest de la province de Buenos Aires. Alfredo y aide ses parents comme ouvrier agricole, puis comme vaquero de troupeaux de vaches. Il continue à jouer au football au sein de l'Unión Progresista et dans la ligue régionale du district de Campana. Au lycée, il étudie pour devenir ingénieur agronome et prendre la succession de ses parents. Comme sports en dehors du football, il pratique l'athlétisme, le basket-ball et le hockey sur gazon.
Sa mère écrit une lettre de recommandation à River Plate et Alfredo Di Stéfano est convoqué pour un essai. qui se révèle concluant. Il signe à dix-huit ans une licence d'amateur et débute dans la quatrième équipe du club au poste d'ailier droit. Il passe rapidement dans la troisième, puis dans la réserve, et joue même, en , un match amical en équipe première contre le CA San Lorenzo. Le , il fait ses grands débuts aux côtés d'« El Maestro » Adolfo Pedernera contre le CA Huracán ; le match se solde par une défaite deux buts à un. À l'issue de cette saison, Di Stéfano remporte son premier championnat d'Argentine. vignette|droite|José Manuel Moreno et Alfredo Di Stéfano sous le maillot de River Plate.|alt=portrait en buste de deux footballeurs se tenant par l'épaule
Pedernera étant titulaire indiscutable à River Plate, Di Stéfano est prêté un an au CA Huracán où il devient professionnel. Pedernera parti au CA Atlanta, il revient à River Plate et joue ailier droit, poste qu'il n'apprécie pas. Lors de la huitième journée du championnat, l'entraîneur, Carlos Peucelle, le replace au poste d'avant-centre et River Plate s'impose six buts à un face à l'Atlanta de Pedernera. Di Stéfano ne marque pas, mais ses appels de balle et ses mouvements ont permis à ses coéquipiers de briller, et Peucelle le trouve très bon.. thumb|gauche|upright=0.8|Alfredo Di Stéfano avec Huracán en 1946.|alt=photo en noir et blanc d'un footballeur prêt à tirer dans un ballon Il s'impose dès lors au poste d'avant-centre et parvient à faire oublier Pedernera. Le jeu de River Plate s'adapte à Di Stéfano et à sa vitesse, il joue en pointe au côté d'Ángel Labruna et José Manuel Moreno se transforme en passeur.. Il inscrit ainsi en en 1947 et remporte son second titre de champion d'Argentine. Il est rapidement surnommé « » puis la « » (Flèche blonde), en raison de ses cheveux blonds, de son physique robuste et de sa vitesse.
Au printemps 1948, il dispute à Santiago du Chili le premier Championnat sud-américain des clubs champions. River Plate finit second derrière le club brésilien Vasco da Gama. et il connaît lors de cette compétition les premiers accrochages avec son président, Antonio Vespucio Liberti, pour des questions de réajustement de salaire.
Le 1948, alors que le championnat argentin bat son plein et que le Racing Club mène seulement d'un point sur River Plate, la fédération argentine décide de suspendre la compétition devant les manifestations des joueurs professionnels réclamant augmentations de salaires et mise en œuvre du contrat à temps. Alfredo Di Stéfano est l'un des plus fermes dans ce combat et il refuse, avec ses coéquipiers, le premier accord signé en . Leur président doit alors faire de nouvelles concessions pour qu'enfin ils acceptent de revenir sur le terrain..
Au retour d'une tournée de bienfaisance en Italie, à la suite du drame de Superga, les relations entre Vespucio et Alfredo Di Stéfano se tendent à nouveau, le président revenant sur les accords mettant fin à la grève et négociant sans son accord son transfert au club italien Torino. Contacté par Pedernera, qui évolue dans le club colombien des Millonarios de Bogota, il répond favorablement à l'offre de ce club qui lui propose un contrat très lucratif.. Il s'envole incognito pour la Colombie, en compagnie de son coéquipier Néstor Rossi, le , et le président de River Plate ne touche aucune indemnité..
En Colombie vignette|droite|Tenues de Di Stéfano à River Plate (à gauche) et aux Millonarios.|alt=photo d'une vitrine présentant des maillots de football. Aux Millonarios de Bogota, il est entraîné par le prestigieux uruguayen Héctor Scarone puis par Pedernera, venu assumer le rôle d'entraîneur-joueur. Il compose, avec Pedernera, Rossi, Baez et Cozzi, l'une des meilleures équipes de l'époque en Amérique du Sud. Le club est surnommé le (« le ballet bleu » en français), par son jeu fait de dribbles et de passes qui s'apparente à une chorégraphie. Avec les Millonarios, Di Stéfano remporte trois fois le titre de champion de Colombie et termine deux fois en tête du classement des buteursLa Coupe de Colombie 1953 est souvent indiquée à son palmarès mais il n'a pas joué de rencontres durant cette compétition..
Mais la Colombie se retrouve une impasse sur le plan sportif international, car la Fédération de Colombie de football n'est pas affiliée à la FIFA et les joueurs argentins sont considérés comme des pirates et suspendus par leur fédération.. En , lors du congrès de la Confédération sud-américaine de football, l’Uruguay, l’Argentine, le Brésil et le Pérou signent le « Pacte de Lima » : les joueurs restent à disposition des clubs colombiens jusqu'en 1954, mais ne peuvent être transférés sans l'accord du club d'origine. Après cette date, ils doivent revenir dans leur club d'origine ..
Cet accord permet également aux clubs colombiens de refaire des tournées internationales.. En 1952, Los Millonarios est ainsi invité à participer au tournoi organisé pour les du Real Madrid, tournoi auquel participe également l'équipe suédoise de l'IFK Norrköping. Le club colombien bat le Real Madrid quatre buts à deux, avec deux buts de Di Stéfano., et celui-ci se fait remarquer à la fois par le FC Barcelone et par le club de la capitale espagnole. Voulant quitter le club et ne pas retourner à River Plate, Di Stéfano s'enfuit de Colombie, avec sa famille, à la Noël 1952 et retourne alors à Buenos Aires.
Il dispute son dernier match avec Los Millonarios en finale de la petite coupe du monde des clubs en . Le club remporte le trophée en battant le Rapid de Vienne quatre buts à zéro, Di Stéfano marquant deux buts..
Transfert controversé vers l'Espagne Le transfert d’Alfredo Di Stéfano en Espagne fait l'objet d'une intense bataille entre le Real Madrid et le FC Barcelone. Barcelone est le premier à se renseigner sur le joueur et le président Enric Martí charge Josep Samitier de faire signer Di Stéfano. Barcelone négocie son transfert avec River Plate et celui-ci se conclut pour de pesetas à compter du . Le , Di Stéfano arrive en Espagne pour signer son contrat et dispute trois matchs amicaux avec le club. Los Millonarios, propriétaire du joueur jusqu'au , porte alors plainte auprès de la FIFA et de la Fédération espagnole. Le président du club colombien, Alfonso Senior Quevedo, demande dollars ( pesetas)Soit près de euros actuels. pour le transfert de Di Stéfano, montant jugé trop élevé par le président de Barcelone.
Le Real Madrid, qui vient de porter la capacité de son stade à , souhaite recruter un grand joueur. Santiago Bernabéu charge le trésorier du club, Raimundo Saporta, de négocier le transfert de Di Stéfano. Il se rend à Buenos Aires pour rencontrer les dirigeants de River Plate mais ceux-ci l'informent de l'accord passé avec le FC Barcelone. Il contacte ensuite Los Millonarios et accepte de payer le montant demandé par son président. Chacun des clubs espagnols possède alors une option sur Di Stéfano, le Real ayant un accord avec Los Millonarios, et le FC Barcelone avec River Plate.
Le président de Barcelone, furieux, négocie alors la vente des droits du joueur avec la Juventus FC provoquant l'indignation de Di Stéfano, qui n'a pas été consulté. Le club italien refuse d'engager des négociations sans le consentement de la FIFA. Celle-ci, appelée comme médiatrice, nomme Armando Muñoz Calero, ancien président de la Fédération espagnole de football, pour dénouer le conflit entre les deux clubs. Il décide que Di Stéfano jouera pour le Real Madrid lors des saisons 1953-1954 et 1955-1956, et pour le Barça en 1954-1955 et 1956-1957. À l'issue de ces quatre saisons, les deux équipes doivent se mettre d'accord sur l'avenir du joueur en Espagne. L'accord est approuvé par le gouvernement espagnol et les deux clubs.
Cette décision crée une telle tempête de protestations au sein même de la direction du FC Barcelone et des Les sont les adhérents de la société civile sans but lucratif du FC Barcelone, ils forment une assemblée de délégués qui détient le pouvoir sur le club et élit le président. que le président du club est obligé de démissionner le . Le FC Barcelone revend alors ses droits sur le joueur au Real Madrid et Di Stéfano signe enfin dans le club « merengue » pour environ pesetas (soit près de euros ).. En plus du montant du transfert, le Real verse au joueur pesetas de prime de transfert, pesetas de prime annuelle, un salaire de pesetas et des primes de match doublées par rapport à ses coéquipiers soit au total près de 40 % des recettes annuelles du club..