Les Mythes fondateurs de la politique israélienne est un ouvrage de Roger Garaudy, publié en 1995 par les éditions La Vieille Taupe qui ne le servit qu'à ses propres abonnés, puis réédité en 1996 à compte d'auteur avec la mention « samiszdat Roger Garaudy ».

À la suite de la publication de ce livre, Roger Garaudy fut condamné, en 1998, pour contestation de crimes contre l’humanité, diffamation raciale et provocation à la haine raciale.

Thèses générales Dans ce livre, Garaudy entend dénoncer

Aussi, selon lui, l'extermination des Juifs par les nazis est un mythe sioniste destiné à justifier la politique expansionniste et comparable au nazisme de l'État d'Israël, État qui serait financé par les États-Unis et les pays qu'Israël aurait escroqués en exigeant des réparations de guerre hors de proportion. En outre, Israël disposerait d'une influence médiatique dans les pays occidentaux au point de pouvoir manipuler l'opinion publique.

Mais Garaudy entend se démarquer de l'antisémitisme, déclarant :

Le livre est composé de trois parties. La première expose les « mythes théologiques » ; la deuxième, « Les Mythes du », critique le procès de Nuremberg et nie l'existence de la Shoah ; enfin, dans la troisième, « L'utilisation politique du mythe », Garaudy expose comment, selon lui, un lobby sioniste influence la politique et les médias occidentaux, aurait permis et permettrait encore le financement de l'État d'Israël, en particulier son financement militaire.

Négation de la Shoah

La thèse de Garaudy développée dans le chapitre « II. les Mythes du siècle », 2. Le mythe de la justice de Nuremberg., comme l'attestent les extraits qui suivent, est que le génocide est un mythe, résultat d'un complot destiné à servir les intérêts juifs et à détourner l'attention des crimes de guerre des Alliés.

Et Garaudy de citer les estimations faites à 4 millions par les Soviétiques au sortir de la guerre (éd. Librairie du Savoir, 159). Cependant, s'il est avéré que ces chiffres ont été avancés sur la plaque en question et par les SoviétiquesLe nombre de victimes d’Auschwitz, PHDN., le chiffre de 4 millions n'a jamais été retenu par aucun historienLes plaques des « 4 millions » d'Auschwitz, PHDN..

Il explique plus en détail la justification du mythe de la Shoah, soutenant que cette justification permettrait de légitimer les crimes de l'État d'Israël comparables, selon lui, au nazisme :

Contestant la réalité de la volonté planifiée d'exterminer les Juifs, il soutient que les nazis ne voulaient que les déplacer, et il met en cause les témoignages, les preuves matérielles et les chiffres :

Ce propos qui insinue que le Journal d'Anne Frank serait un faux a été réfuté par des études scientifiques (voir article Anne Frank). Ceci illustre également la méthode hyper-critique des négationnistes.

Il dénonce également une « conspiration du silence », procédé négationniste où se mêle stigmatisation des « historiens officiels » et théorie du complot :

Il consacre aussi quelques passages aux questions liées aux procédés utilisés par les nazis pour exterminer les Juifs : « -- Combien de temps fallait-il au gaz Zyklon B pour agir, et comment se manifestaient ses effets ? -- Pendant combien de temps le gaz restait-il actif dans un local fermé (soit sans aération, soit avec une aération immédiatement consécutive à l'utilisation) ? -- Était-il possible comme on l'a affirmé, de pénétrer sans masque à gaz, dans les locaux imprégnés de gaz Zyklon ? une demi-heure seulement après l'utilisation de ce gaz? -- Était-il possible de brûler complètement les cadavres en 20 minutes dans un four crématoire ? -- Les fours crématoires peuvent-ils fonctionner jour et nuit sans interruption ? -- Est-il possible de brûler des cadavres humains dans des fosses profondes de plusieurs mètres et dans l'affirmative, en combien de temps ? »

Contrairement à ce que dit Garaudy dans le même passage que cette citation, toutes ces questions ont reçu des réponses qui réfutent bel et bien le négationnisme : le Zyklon B est un gaz efficace pour tuer rapidement des milliers de personnes, et aucune des objections soulevées ici ne tient devant un examen scientifique (voir Zyklon B et Négation de la Shoah) ; il en est de même en ce qui concerne .

Garaudy cite , pour ces dernières questions :

Garaudy nie donc de manière explicite la réalité du génocide commis par les nazis sur les Juifs et explique pour quelle raison, selon lui, la Shoah aurait été inventée :

Il explique alors ainsi les morts juifs, par la thèse négationniste du travail forcé, et surtout du typhus :

L'analyse de cette partie du livre (« les Mythes du siècle », § 2 et 3.) montre ainsi que Garaudy soutient des thèses fondamentales du négationnisme : Adolf Hitler n'aurait pas donné l'ordre de l'extermination ; le mot extermination serait une fausse traduction et désigne en fait l'expulsion des Juifs ; les juifs furent décimés par le typhus et les crématoires servaient à brûler les cadavres des victimes de la maladie ; il n'y aurait pas de témoins fiables ; les crimes des Alliés seraient pires que ceux des nazis ; les chambres à gaz n'existeraient pas, des tortures auraient été infligées aux prisonniers nazis pour leur faire « avouer » le génocide, théorie du complot juif, absence prétendue de réfutation des « thèses » du négationnisme, prétendues impossibilités matérielles liés au Zyklon B et au fonctionnement des crématoires.

Dénonciation du « lobby sioniste »

À la suite de cette négation de l'extermination des Juifs par les nazis, Garaudy dénonce, dans la troisième partie (« L'utilisation politique du mythe »), les lobbys juifs qui auraient une influence considérable sur la politique des États-Unis et les médias dans le monde occidental. Ainsi dit-il, pour la France :

Ce lobby aurait permis, selon lui, d'extorquer des milliards de dollars aux États-Unis, à l'Allemagne et à l'Autriche (III, 3). Usant d'une supposée influence dans les médias, le lobby sioniste serait en outre coupable de manœuvres de diversion médiatique pour couvrir les exactions de l'État d'Israël :

Réception

Pierre Vidal-Naquet a jugé sévèrement les capacités d'historien de Garaudy, et a déclaré, dans un entretien :

S'adressant aux intellectuels arabes, Edward Said a déclaré qu'« [a]bonder dans le sens de Roger Garaudy et de ses amis négationnistes au nom de la liberté d'expression est une ruse imbécile qui ne fait que [les] discréditer davantage aux yeux du monde. C'est une preuve de méconnaissance fondamentale de l'histoire du monde dans lequel nous vivons, un signe d'incompétence et d'échec à mener une bataille digne. » Bien qu'opposé à la loi Gayssot et favorable à laisser à Garaudy la possibilité de s'exprimer, il indique que « le propos [de Garaudy] est vide de réalité et irresponsable, et que l'endosser consiste nécessairement à rejoindre le camp (...) de tous les éléments fascistes et rétrogrades de l'extrême droite françaiseEdward Said, Israël-Palestine, une troisième voie, Le Monde diplomatique, août 1998, republié dans Edward Said, Réponse aux intellectuels arabes fascinés par Roger Garaudy, Manière de voir, n°98 Histoire d'Israël, avril-mai 2008, éd. Le Monde diplomatique.. »

Le point de vue de Roger Garaudy sur son procès en appel

L'intéressé expose ses arguments dans Le Procès du sionisme israélienÉditions Vent du Large, 1998..

Notes et références

Articles connexes Antisémitisme Antisionisme Négation de la Shoah en France Négationnisme Théorie du complot, conspirationnisme

Liens externes

Roger Garaudy, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, 1996. Internet Archive.

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