La rue Daguerre est une voie publique du de Paris, en France. Elle est en partie aménagée en zone piétonne.
Situation et accès
Longue de , cette voie débute entre les et de l'avenue du Général-Leclerc et se termine au niveau avenue du Maine. Elle a été piétonnisée entre son commencement et la rue Boulard.
Origine du nom vignette|gauche|redresse|Louis Daguerre, en 1844. Depuis 1867, son nom perpétue le souvenir de Louis Daguerre (1787-1851), l'inventeur du daguerréotype, ancêtre de l'appareil photographique..
Historique Cette voie, qui existait en 1730 à l'état de chemin dans l'ancienne commune de Montrouge, plus précisément dans sa partie nord, a été annexée dans la voirie parisienne en 1863.
Elle était, en 1840, désignée sous le nom de « rue de la Pépinière », et ultérieurement « rue de la Pépinière-Montrouge »Elle fut rebaptisée « rue de la Pépinière-Montrouge » à partir de l'annexion du Petit-Montrouge à Paris, pour éviter la confusion avec la rue homonyme du faubourg du Roule. en raison de l'importante exploitation horticole de l'établissement Cels Frères, appartenant à deux petits-fils du botaniste Jacques Philippe Martin Cels, et qui s'étendait alors dans la partie occidentale de la rue, du côté de la rue Neuve de la Pépinière (rue Fermat depuis 1864) jusqu'à la rue du Champ-d'Asile (rue Froidevaux depuis 1896).
Elle est partagée entre trois quartiers parisiens : (actuels quartiers, Petit-Montrouge, Plaisance et du Montparnasse). La rue Daguerre prit son nom actuel par décret du .
Dans la partie actuellement piétonne, il y avait autrefois un marché couvert, détruit en 1994 dans le cadre d'une opération immobilière malgré l'opposition de nombreux riverains.
C'est une rue très animée, de jour pour ses nombreux commerces de proximité, comme en soirée pour ses cafés et restaurants. La rue Daguerre est l'une des principales artères commerçantes d'un quartier qui, initialement populaire, s'est embourgeoisé à partir des années 1980Sabine Chalvon-Demersay, Le Triangle du XIV, Éditions de la MSH, 1984.. Elle a donc évolué au gré des transformations sociales du quartier, comme en témoignent les commerces plus haut de gamme et les créateurs qui y sont aujourd'hui installés.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
La rue Daguerre et les rues adjacentes ont été et sont toujours habitées par de nombreux artistes.
De l'avenue du Général-Leclerc à la rue Boulard
, à l'angle de l'avenue d'Orléans : le , sous l'Occupation, accompagnée d'autres résistants, Lise Ricol mène une manifestation de ménagères devant le magasin Félix Potin situé à cette adresse. Des policiers français et un caporal allemand interviennent ; des échanges de tirs ont lieu, qui font un mort et plusieurs blessés. Les résistants arrivent à fuir mais ils sont arrêtés les mois suivantsDenis Peschanski, « Lise Ricol-London, la résistante », L'Histoire , novembre 2015.. : ancien « bougnat », créé par Bernard Péret. L'activité charbonnière a cessé en 1954. L'établissement, resté dans la famille, a été converti en restaurant traditionnel. : à partir de 1910, atelier du sculpteur Richard Guino († 1973), puis celui de son fils Michel Guino († 2013), également sculpteur. : poissonnerie décorée d'un phare. 12 : immeuble (fin ) à usage mixte (commerces et habitations), signé et daté au premier étage E. THOLLARD archte / 1894, en pierre de taille, de cinq travées et quatre niveaux sur rez-de-chaussée, le cinquième constitué de combles mansardés et précédés d'un balcon discontinu ; porte à double battant, décor sculpté : cartouche au-dessus de la porte, jambages ornés de reliefs, au quatrième étage frontons brisés au-dessus des fenêtres de chacune des travées latérales. : emplacement de l'ancienne imprimerie de phototypie Duval, rachetée en 1964 par Adrien Maeght et devenue l'année suivante l'imprimerie ARTEARTE sur le site du Centre de la gravure et de l'image imprimée, Belgique, centredelagravure.be.. : ensemble d'immeubles accessibles par une cours fermée au public. : en 1933, l'Étoile nord-africaine s'y dotait d'un siège socialMessali Hadj, Mémoires 1898-1938, Éd. ANEP, Alger, 2006.. À cet emplacement, se tenait un des plus importants lavoir de Paris. Il travaillait principalement pour les hôpitaux de Paris et la prison de la Santé. La mairie de Paris l’obligea à fermer sa source et à utiliser l’eau de Paris. L’activité diminuant, il ferma et fut remplacé par un marché.. Une plaque en mémoire de Roland Dupuy, ancien maire adjoint de l'arrondissement et créateur de la rue piétonne a été apposée à l'entrée de l'ancien marchéPhoto de la plaque commémorative.. : petit hôtel de tourisme de trois étages (actuellement « Le Lionceau »), en brique, datant de la seconde moitié du ou du début du « 22 rue Daguerre »] sur le site bercail.com., qui est un ancien « hôtel garni » bon marché dont les propriétaires accueillirent, dans l'entre-deux-guerres, de jeunes gens venus à Paris pour fréquenter les haut-lieux artistiques de Montparnasse :— le peintre japonais Toshio Bando (1895-1973) y vécut en 1925, protégé par la patronne, Madame Mongeot, qui posait pour luiToshio Bando sur le site qui lui est dédié toshio-bando.fr. ;— le sculpteur américain Alexander Calder (1898-1976), inscrit à l'Académie de la Grande-Chaumière dès son arrivée à Paris, en 1926, fut locataire d'une chambre de cet hôtel pendant l'hiver de la même annéeLa période du séjour de Calder dans la rue Daguerre et la situation exacte de l'hôtel dans cette rue — où les hôtels garnis étaient nombreuses — sont attestés, entre autres, par une lettre autographe adressée par Calder à l'acteur et antiquaire Marcel Gizardin (1891-1976) oblitérée le et dont l'enveloppe porte sur le revers l'adresse « Calder 22 r. Daguerre Paris ». Cf. lot , vente Artcurial, 13 décembre 2012, mentionnée sur le site Les collections Aristophil (voir en ligne)., époque à laquelle il réalisa sa première silhouette en fil de fer, inspirée de Josephine BakerCalder, Alexander (1898-1976), notice biographique dans la rubrique des Américains célèbres en France sur le site de l'Ambassade et consulats des États-Unis d'Amérique en France.. Calder écrit : Alexander Calder, Calder : Autobiographie, Maeght, 1972, ..
De la rue Boulard à la rue Gassendi
(et 18, rue Boulard) : immeuble d'angle (fin ) à usage mixte d'habitations et commerce. Adresse, en 1896, du siège d'une « Société historique de Montrouge et des environs », fondée la même annéeLe Montrougien du . : vieille maison de plain-pied. : boucherie et sa décoration (une vache au dessus de l'entrée).
: le peintre Henri Rousseau (1844-1910), dit « le Douanier Rousseau », y vécut de 1905 à 1906Paris révolutionnaire. : chapelle Saint-Jean de la Communauté des Chrétiens. : villa Adrienne-Simon, voie privée, en impasse, ouverte en 1931René-Léon Cottard, Vie et histoire du : Montparnasse, Parc de Montsouris, Petit Montrouge..., Hervas, 1988, .. : immeuble de 1898, architecte Louis Desfontaines. : l'ancien passage privé dénommé « villa Daguerre » aboutissait jusqu'à sa suppression, en 1889Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris tome 1, page 407., sous le porche de cet immeuble bâti en 1885« 54 rue Daguerre » sur le site bercail.com.. Derrière celui-ci subsistent encore (en 2022) deux cours successives orientées vers le de l'ancienne « rue du Champ d'Asile » (actuelle rue Froidevaux), où se trouvait l'entrée du passageAdrien Deville, Émile Hochereau, Ville de Paris : Nomenclature des voies publiques et privées, Chaix et Cie, 1885, (en ligne). ; immeuble daté de 1895 conçu par l'architecte Abel Gerbaud Immeuble daté et signé (visible sur la photo)..
De la rue Gassendi à l'avenue du Maine : studio Daguerre, studio de photographie professionnelle. : le peintre André Vignoles (1920-2017) y vécut avant de s'installer à Vanves. : la Cité artisanale, présente en cet endroit depuis la première moitié du « 63 rue Daguerre » sur le site bercail.com. est une longue impasse pavée bordée d'ateliers exclusivement dévolus aux travaux artisanaux et artistiques. Une porte cochère flanquée de bornes chasse-roues préserve la tranquillité des lieux de travail qu'elle abrite, et interdit l'accès au public, qui n'y est admis qu'à l'occasion d'expositions ou de manifestations ponctuelles telles que les journées portes ouvertes des ateliers d'artistes.— Le photographe et illustrateur français Roger Parry (1905-1977) y travailla à partir de la fin de l'année 1932 et jusqu'en 1935, année de son mariage avec Madeleine MontignyChristian Bouqueret, Christophe Berthoud, Roger Parry, Roger Parry, le météore fabuleux, Marval, 1995, et 102. ;— le sculpteur grec Takis y eut son atelier de 1967 à 1992, et l'artiste peintre et plasticien Armand Langlois le sien de 1972 à 1976 ;— en 1999, un guide y recense « imprimeurs, ébénistes, décorateurs, architectes, graphistes, etcMartine Constans, Paris, les 20 arrondissements parisiens et les environs..., Renaissance du livre, 1999, . » ;— plus récemment, un atelier de conservation-restauration d'œuvres d'artSite officiel de l'atelier Claude Wrobel atelierwrobel.fr. habilité par la direction des Musées de FranceArrêté du 28 juillet 2003 portant habilitation à procéder à la restauration d'un bien faisant partie des collections des musées de France au titre du 3° de l'article 13 du décret n° 2002-628 du 25 avril 2002 (en ligne). et un atelier créatif de maroquinerie dispensant des cours s'y sont établis. : à la fin de l'année 1862, alors que cette maison conserve encore son ancienne adresse ( rue de la Pépinière, précédemment commune de Montrouge dont la partie septentrionale vient d'être annexée à Paris), le jeune Émile Zola (1840-1902), récemment embauché comme commis de librairie chez Hachette emménage avec sa mère au premier étage, dans un logement de trois pièces avec vue sur le cimetière du Montparnasse. Dès , ils iront habiter 7, rue des FeuillantinesAlain Pagès, Owen Morgan, Guide Émile Zola, Ellipses, 2002, .. : une des entrées de la maison des associations du 14. : les peintres Shirley Jaffe et Stanley Hayter († 1988) y ont eu deux ateliers contigus, autour du jardin qui s'étendait à l'arrière d'un hôtel particulier, tous détruits en 1970. : Ambroise Croizat (1901-1951), secrétaire général de la Fédération CGT de la Métallurgie, puis ministre du Travail de à , « inventeur » de la Sécurité Sociale, y vécut jusqu'à sa mort en 1951 (plaque commémorative
: façade de boutique décorée. : boulangerie avec de nombreux panneaux peints.
: salle de montage-boutique des productions Ciné-Tamaris de la cinéaste Agnès Varda († 2019). Riveraine depuis les années 1950, Agnès Varda a filmé la rue et ses commerçants à plusieurs reprises : en 1975, pour un documentaire télévisé et, en 2008, pour son film autobiographique Les Plages d'Agnès. Au même vécut le peintre abstrait géométrique Jean Legros († 1981). Dans la cour est installée la sculpture de jeune page (1874) de Mathurin Moreau. : ancienne maison et atelier-laboratoire d'Agnès Varda, de 1951 à sa mort, survenue en 2019 à l'âge de 90 ans. Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse, situé à proximité de la rue et de son logement. : le résistant FTP-MOI Arsène Tchakarian s'y cacha en « Manouchian et le 14e arrondissement », mairie14.paris.fr, 24 février 2024.. : en 2004, Gordon Zola y crée les éditions du Léopard masqué.
Emplacements non localisés Dans une chambre qu'il occupait dans un hôtel de la rue Daguerre, l'anarchiste Auguste Vaillant (1861-1894) a préparé, au début du mois de , la bombe qu'il fera exploser dans l'hémicycle du palais Bourbon. Marc Jolivet (né en 1950), humoriste, y a vécuGoogle livre "Dictionnaire des rues de Paris" de Miguel S. Ruiz, page 163.. Stéphane Hessel († 2013), autre habitant du quartier, était un amoureux de très longue date du et de la rue DaguerreÉmission Thé ou café, 16 janvier 2010..
Dans la culture populaire