Un élève-officier de réserve (EOR) est un futur officier (débutant initialement au grade d’aspirant) dans l’armée française. En principe, cet officier n'est pas formé en vue de faire carrière dans l'armée en qualité de professionnel. Il sert de manière ponctuelle, en parallèle de son activité professionnelle, en tant que membre de la réserve (ou réserviste).
L'officier de réserve du temps de la conscription, avant 1997 Principes généraux Du temps de la conscription, l'officier de réserve était destiné à exercer des responsabilités d'officier de rang subalterne, durant son service national (d'une durée de dix mois, au moment de la professionnalisation des armées), pouvant être prolongé éventuellement de façon transitoire par un volontariat service long (VSL) puis par un contrat d'officier de réserve en situation d'activité (ORSA), puis à être versé, à l'issue, et le plus souvent sans transition, dans la réserve. Dans cette position, il pouvait, ou non, effectuer des périodes militaires ponctuelles, soit d'entraînement et de perfectionnement, soit opérationnelles. Avant 1914, les officiers faisant partie de la réserve étaient appelés officiers de complément.
Pour constituer ces ensembles d'officiers de réserve, les armées ont mis en place, après la Première Guerre mondiale, des cursus de formation d'élèves officiers de réserve avec des modalités diverses ayant évolué dans le temps.
En dernier lieu, les trois armées avaient recours aux officiers de réserve, selon des modalités propres.
thumb|right|150px|Insigne de la PMS.
Deux principales voies étaient ouvertes pour accéder à la formation d'officier et entrer dans le parcours d'élève officier de réserve (EOR), sans compter des accès particuliers sur titres universitaires ou scolaires.
L'accès par la Préparation militaire supérieure ou PMS La première était celle de la « Préparation militaire supérieure » (PMS). La PMS était ouverte soit, sur titre, aux bacheliers (titre minimum), soit aux titulaires de l'un des brevets de « préparation militaire », avec mention « Très bien » (« Préparation militaire parachutiste », par exemple, ou « Préparation militaire air », ou « Préparation militaire terre », ou « Préparation militaire Marine » ou encore, « Gendarmerie »). La « Préparation militaire supérieure » comportait un tronc commun de six journées, organisé par l'Armée de terre ; puis une prolongation de trois semaines, dans un centre de formation de l'une des trois armées.
Par exemple, la « Préparation militaire supérieure air », à l'issue d'une phase de tronc commun aux trois armées, se déroulait sur la base aérienne 105 Évreux-Fauville, près de la ville d'Évreux, dans le département de l'Eure.
S'agissant de la « Préparation militaire air », la plupart des bases aériennes activaient un « Centre de préparation militaire », par exemple, celui de la base aérienne 279 Châteaudun.
Les titulaires d'un brevet de Préparation militaire, supérieure ou non, bénéficiaient également d'un report d'incorporation (sursis), permettant de choisir et de repousser la date d'affectation sous les drapeaux.
L'accès par les pelotons d'instruction durant le service national L'autre voie d'accès à la formation d'élève officier de réserve était ouverte directement durant le service national militaire après une sélection préalable, selon deux voies possibles : la première, à la fin d'un processus non spécifique, comme dans l'Armée de l'air et l'Armée de terre, après l'incorporation, où il fallait suivre les quatre semaines de formation militaire élémentaire toutes armes (FETA, dite « école du soldat »), puis se porter volontaire pour une formation d'élèves sous-officiers (« peloton d'élèves gradés », ou PEG) et la réussir avec mention « Très bien », soit avec plus de 16/20 de moyenne aux différentes épreuves, ce qui donnait accès aux pelotons d'EOR ; la seconde, spécifique à l'Armée de terre, après avoir satisfait aux tests spéciaux de sélection, lors des "3 jours" (avant l'incorporation); des tests plus poussés pour ceux détectés à l'issue du premier jour, qui les autorisaient en cas de réussite à se porter volontaires EOR. Dès lors, à l'incorporation (qui était anticipée d'autant), ils intégraient d'abord un peloton préparatoire (dit PPEOR) au sein d'un régiment, pour 1 mois de formation (correspondant à la FETA et au PEG), à l'issue duquel il était possible aux mieux classés d'être intégrés, en même temps que les autres, au peloton EOR d'une École d'arme spécifique de l'Armée de terre (l'Infanterie à Saint-Cyr Coëtquidan ; la Cavalerie à Saumur ; le Train à Tours).
L'accès sur titres Une troisième voie sur titres était possible administrativement, pour favoriser le recrutement de certains officiers de réserve spécialistes dans des domaines rares.
Par exemple, dans l'Armée de l'air, certaines filières de recrutement de pilotes passaient par une formation militaire d'élève officier de réserve (élève-officier du personnel navigant, EOPN).
Les appelés diplômés d'une formation médicale (médecins, dentistes, pharmaciens, vétérinaires, principalement) suivaient également une formation spécifique d'élève officier de réserve.
thumb|right|150px|Insigne du peloton EOR de l'ESM de Saint-Cyr en 1970.
Formation de l'élève-officier de réserve En fonction de son armée d'appartenance (Armée de terre, Marine nationale, Armée de l’air ou Gendarmerie nationale), voire de son arme pour l'Armée de terre, l'élève-officier de réserve était formé dans différentes écoles militaires.
Celles-ci pouvaient être les écoles d'armée (École navale, École de l'air sur la base aérienne 701 Salon-de-Provence, École des officiers de réserve de l'Armée de l'air (EORAA), puis EEOR, puis Escadron de formation des Officiers (EFO, en 1984), situé sur la base aérienne 105 Évreux-Fauville) ou les écoles d'arme (Bataillon EOR de Saint-Cyr pour l'infanterie motorisée, École d'application de l'infanterie de Montpellier pour l'infanterie mécanisée, écoles du génie, des transmissions, de l'arme blindée - cavalerie, etc.) ; il y suivait une formation de quatre mois, additionnée d'un mois supplémentaire, pour ceux qui avaient souscrit un contrat de volontariat service long (pour servir au-delà de la durée légale).
La formation d'élève-officier de réserve comportait une formation de base au commandement et une formation de spécialiste. Pour l'Armée de terre, cette spécialité dépendait de l'école d'arme. Pour l'Armée de l'air et pour la Marine nationale, différents stages étaient dispensés : fusilier commando de l'air (commandos parachutistes de l'air), renseignement, contrôle aérien, mécanicien, encadrement, par exemple.
À l'issue de ces quatre ou cinq mois de formation, un classement final, en fonction de la note obtenue aux épreuves écrites et pratiques, permettait aux élèves-officiers de choisir leur garnison. Les élèves-officiers étaient alors promus au grade d'aspirant, porté pendant huit mois, soit jusqu'au terme du service national militaire de douze mois. Les mieux classés pouvaient espérer être promus au grade de sous-lieutenant durant leur service national. La plupart accédaient automatiquement au grade de lieutenant, après deux années au grade de sous-lieutenant dans la réserve militaire.
Des formations complémentaires, sanctionnées par des examens, permettaient d'accéder aux grades supérieurs. Tel était le cas, par exemple, pour l'Armée de l'air, l'obtention du diplôme d'études militaires de réserve (DEMR) permettant la promotion au grade de capitaine de réserve, et au-delà en fonction de l'activité consacrée à la réserve militaire.
Pour l'infanterie de l'Armée de terre un stage de franchissement de grade (capitaine) était organisé à l'École d'application de l'infanterie (EAI) à Montpellier, sans compter les formations de spécialistes de l'Armée de terre, par exemple le renseignement ou l'Etat-Major (ORSEM).
Traditions, galons et insignes d'élèves-officiers de réserve (hier et aujourd'hui) Dans l'Armée de terre Les élèves-officiers de réserve portaient et portent toujours un galon horizontal simple, appelé « crevette » en fil argenté avec liseré rouge. Ils étaient traditionnellement formés au 4 bataillon de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr (ESM 4), avec les officiers sous contrat de différentes filières d'officiers.
Depuis 2021, ils font partie de la promotion de l'École militaire des aspirants de Coëtquidan (EMAC) et portent un insigne de promotion commun à toutes les filières, qui a remplacé leur insigne initial (celui de l'ESM surmonté de la mention "EOR") lors de la réorganisation de la réserve.
Leur devise est : « L'audace de servir ». Aujourd'hui elle donne son nom au chant traditionnel du bataillon/EMAC. Désormais le baptême au sabre honore la nouvelle promotion, qui écrit son chant spécifique, fixe son insigne et rédige sa brochure de promotion.
Dans l'Armée de l'air Différentes dénominations de l'École des officiers de réserve de l'Armée de l'air De 1967 à 2000, les élèves-officiers de réserve de l'Armée de l'air effectuaient leur formation, après la phase de sélection commune décrite ci-dessus, dans l'unité spécialisée : « escadron des élèves officiers de réserve » (EEOR), puis « escadron de formation des officiers » (EFO), du Groupement école GE 00.306 de la base aérienne 105 Évreux-Fauville.
De 1957 à 1967, le Groupement École et l'École des élèves-officiers de réserve était implanté, jusqu'à la fermeture de celle-ci, (1967), à la base aérienne 720 Caen-Carpiquet, après la base aérienne 702 Avord (jusqu'à la Seconde Guerre mondiale), ainsi que celles de Nancy-Ochey et de Cazaux.
En 1994, le Groupement École GE 00.306 (re)devient l'École des officiers de réserve de l'Armée de l'air 00.306, avec l'appellation « Commandant Max Guedj » en 1995https://www.aerosteles.net/stelefr-evreux-guedj. Cette école a fermé le .
Insigne des élèves-officiers de réserve de l'Armée de l'air L'École des officiers de réserve de l'Armée de l'air disposait d'un insigne : sur un fond (champ, en héraldique) rouge, un léopard or symbolise la Normandie. Ailé, le léopard signale ainsi son attache à l'arme aérienne. Il tient dans les griffes de sa patte gauche (senestre) une épée également d'or, symbole éminemment guerrier, rappelant aussi le poignard de l'officier de l'Armée de l'air. La devise « Vincunt Evocati » est inscrite en bas de l'insigne.
thumb|Insigne des élèves-officiers de réserve de l'Armée de l'air.
Cet insigne existait soit sous forme métallique (« pucelle »), portée notamment sur l'uniforme de cérémonie, soit sous forme de patch, porté sur la manche de la chemise ou sur celle du treillis.
Traditions des élèves-officiers de réserve de l'Armée de l'air La devise des élèves-officiers de réserve de l'Armée de l'air était donc « Vincunt Evocati », citation tirée d'un passage des Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules César, généralement traduit par « Les réserves ont vaincu » (et quelquefois par « Les appelés ont vaincu »). Cet insigne est homologué sous la référence A 516, dans le Répertoire des blasons et insignes de l'Armée de l'air, à la date du .
Le chant militaire Souvenirs qui passe reprend l'air d'un Volklied allemand composé en 1914., intitulé Die blauen Dragoner (« les dragons bleus »), chant de la mouvance des Wandervogel, l'un de leurs chants de défilé. Il en existe une version scoute.. Sur cet air, les paroles du chant Vincunt Evocati ont été écrites pour les EOR de l'Armée de l'air, par l'élève officier Dominique Harpedanne de Belleville en juin 1972, pendant son stage d'EOR à la BA 105 d'Évreux. Le titre de ce chant lui fut inspiré par l'insigne de l'escadron des EOR de l'Armée de l'air.
Insigne de grade des élèves-officiers de réserve de l'Armée de l'air