La rue de Richelieu est une longue rue du centre de Paris, qui va du cœur du au nord du .

Situation et accès Elle part de l'espace formé par la place Colette et la place André-Malraux, là où se trouve la Comédie-Française, et se termine à la jonction des grands boulevards, où elle est prolongée par la rue Drouot.

La rue de Richelieu est desservie par les stations de métro de la ligne 1 Palais Royal - Musée du Louvre, ligne 3 Bourse à proximité et ligne 8 Richelieu - Drouot.

Origine du nom vignette|gauche|redresse| La rue de Richelieu doit son nom au cardinal de Richelieu, premier ministre du roi . Cette rue a été ouverte en 1633 entre la rue des Petits-Champs et la porte Richelieu construite sur les nouveaux remparts constitués par l'enceinte de .. Elle est concomitante de l'extension par le cardinal de Richelieu du palais Cardinal, actuel Palais-RoyalJacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, Éditions Princesse, 1980 ..

Cette rue prend successivement les noms de : « rue Royale » à son ouverture en 1633 ; « rue de Richelieu » peu de temps après ; « rue de la Loi » à partir de 1793, sous la Révolution qui s'attache à bannir les odonymes d'Ancien Régime et religieux ; « rue de Richelieu » à nouveau depuis 1806, au moment de l'abandon du calendrier républicain par Napoléon.

Historique Le , un arrêt royal de ordonne l'ouverture d'une nouvelle rue menant vers la nouvelle porte Richelieu (située juste au sud du croisement avec la rue Neuve des Fossés Montmartre, actuelle rue Feydeau) à l'emplacement d'une partie de l'enceinte de rasée après la construction d'une nouvelle muraille, dite « enceinte des Fossés jaunes ». La rue se prolonge au-delà des murs par un chemin qui mène vers la ferme de la Grange-Batelière, dans le faubourg RichelieuPlan d'Albert Jouvin de Rochefort..

À l’ouest de la rue, entre la porte Richelieu et le marché aux chevaux de Gramont, le cardinal de Richelieu envisage de créer une vaste place, la place Ducale. où siégerait l’Académie française. Son décès met un terme au projet.

La rue est ouverte en 1634. Le côté pair n’est entièrement bâti que vers 1660, entre le Palais-Cardinal et la rue des Petits-Champs, par le promoteur Louis Le Barbier. Le côté impair est bâti plus tard, entre la rue Thérèse et la rue des Petits-Champs, par le constructeur Michel Villedo.

Le cardinal de Mazarin se fait aménager un palais au nord de la rue des Petits-Champs, afin de loger ses collections d'objets d'art (actuel quadrilatère Richelieu de la Bibliothèque nationale de France). L'hôtel de Nevers, situé rue de Richelieu, est rattaché à l'hôtel Tubeuf, à l'angle de la rue des Petits-Champs et de la rue Vivienne, par une aile sur la rue de Richelieu, et par deux galeries superposées construites par François Mansart entre 1644 et 1645Visite virtuelle de la Bibliothèque nationale de France .. Le palais abrite notamment les collections de la bibliothèque Mazarine avant son transfert au collège des Quatre-Nations, de l'autre côté de la Seine, après la mort de Mazarin.

thumb|left|upright=0.8|Plan du quartier Feydeau dans l'ancien arrondissement en 1834. thumb|upright=0.8| thumb|upright=0.8|

De 1668 à 1705, l'enceinte de est rasée et les remparts sont déplacés plus au nord, sous la forme d'un large boulevard de terre bordé d'ormes, le « Nouveau-Cours » (actuels Grands Boulevards). La porte Richelieu est rasée en 1701. Le , un arrêt du conseil d'État du roi ordonne le prolongement de la rue Richelieu entre l'actuelle rue Feydeau et les Grands Boulevards.

À l'extrémité de la rue ainsi prolongée, le financier Pierre Crozat (1661-1740) se fait construire, en 1706, un hôtel particulier (), prenant ainsi le relais de Richelieu et Mazarin, grands argentiers, qui avaient successivement occupé la partie méridionale et la partie centrale de l'actuelle rueÉdouard Fournier, Paris démoli, Aubry, 1855, .L'hôtel Crozat de la rue de Richelieu, construit en 1706 pour Pierre Crozat, dont la petite-nièce l'apporta en dot, en 1750, à Étienne-François de Choiseul (d'où la seconde dénomination hôtel de Choiseul), ne doit pas être confondu avec l'hôtel Crozat qu'Antoine Crozat, frère de Pierre, fit bâtir place Vendôme..

Au , l'ancien palais de Mazarin abrite la Bourse de Paris ainsi qu'à partir de 1721 les collections de la Bibliothèque royale, ancêtre de la Bibliothèque nationale de France. En 1868, Henri Labrouste reconstruit totalement l'aile de la bibliothèque donnant sur la rue Richelieu.

En 1779, l'hôpital des Quinze-Vingts, qui se trouvait rue Saint-Honoré, dans l'axe de la rue de Richelieu, est transféré rue de Charenton. Le bâtiment est alors détruit et la rue de Richelieu est prolongée au sud par la rue de Rohan.

Durant les Trois Glorieuses (1830), la voie est le théâtre d'affrontement entre les insurgés et la troupe.

Dans la seconde moitié du , dans la partie nord de la rue, au-delà de la Bibliothèque — alors impériale —, se trouvaient de nombreux ateliers et boutiques de confection, notamment pour dames. Des magasins d'étoffes de luxe s'installent alors rue de Richelieu : Au Persan au , la Compagnie des Indes au , Rosset et Normand aux .

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Un nombre important d'immeubles de la rue de Richelieu font l'objet de protections patrimoniales, soit au titre des monuments historiques, soit au titre du plan local d'urbanisme« Annexe VI du PLU : protections patrimoniales » , paris.fr..

La Comédie-Française ou Théâtre-Français, place Colette. 8 : ancienne boutique Fauré Le Page, célèbre arquebusier parisien qui distribua des armes à la foule lors de la révolution de 1830 (alors boutique Lepage, installée au 2) ; le même bâtiment accueillait également le Royal Palace Hôtel qui ouvrit ses portes en 1909 et qui, après avoir été exploité sous l'enseigne Citadines, porte le nom La Clef Louvre depuis 2016Alain Coffre, « Avec The Crest, Ascott regroupe ses résidences les plus luxueuses » , businesstravel.fr, . ; emplacement des écuries de Richelieu..

10 : le cycliste Paul Bor y est mort.

12 : restaurant chinois Davé, entre 2001 et 2017 (auparavant 39, rue Saint-Roch), qui accueille de nombreuses stars françaises et américainesSimon Liberati, « Un réveillon chez Davé », Vanity Fair, 42, décembre 2016-janvier 2017, . ; et hôtel Montpensier. Le chorégraphe danois Auguste Bournonville séjourna à cette adresse en 1838Plaque commémorative sur la façade.. 15 : avec le , une des premières maisons édifiées du côté des numéros impairs de la rue ; immeuble habité par Jules GrévyJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, , ., et aussi par Émile Jamet. Un cadran solaire orné d'une frise figure dans la cour du . En 2015, le fait l'objet d'importants travaux de rénovation, selon le procédé du façadisme, et un hôtel-boutique y ouvre en 2016« Informations sur le chantier » , soferim.com..

20 : porte et façade.

21 : hôtel Dodun, .. Il est aujourd'hui occupé par des HLM.

23 : maison ayant appartenu au peintre Pierre Mignard. Dans l'entre-deux-guerres, l'immeuble était occupé par l'hôtel de Bretagne et d'Orléans. Les blasons de la région et de la ville sont toujours visibles au-dessus de la porte d'entrée en 2018.

26 : maison construite par le promoteur Louis Le Barbier. Elle est la plus ancienne de la rue.Rose Bertin habitait au premier étage en 1789Bibliothèque historique de la ville de Paris, bibliotheques-specialisees.paris.fr. et avait sa boutique au rez-de-chaussée. Elle venait d'aménager cette boutique, précédemment installée à l'enseigne Le Grand Mogol, rue du Faubourg-Saint-Honoré (depuis 1770).

27 : Agostina Segatori, modèle pour peintre, y ouvrit en 1883 son premier restaurant Au Tambourin, qu'elle ferma au début de l'année 1885 pour en ouvrir un second sous le même nom en au 62, boulevard de Clichy. De ce premier établissement est conservée une affiche de Jules Chéret pour sa réclameArchives familiales de la famille Segatori aux archives de la ville de Paris.Archive , sur autourduperetanguy.blogspirit.com, .. : ancien hôtel meublé de Londres. La façade et les balcons de l'hôtel actuel sont classés. , ..

31 : siège de la Ligue nationale contre l'athéisme à la fin du . 32 : hôtel particulier de quatre étages construit sous . Il a été surélevé de deux étages sous combles ultérieurement. Des y ont logé aux . 38 : emplacement de la fromagerie TachonParis pittoresque (), Le Crapouillot, (dans la numérotation de la première série d'après-guerre), juillet 1962, .. 39 : une plaque commémorative figure sur la maison où est mort Denis Diderot. Autre photographie de l'immeuble sur Gallica. en 1784. L’écrivain a emménagé à cette adresse douze jours avant son décès. La rue dépendant de la paroisse de Saint-Roch, il est inhumé dans cette église, selon son vœu le plus cher.. Ensemble de deux hôtels bâtis à partir de 1663 pour Antoine Le Menestrel, conseiller du Roi, ..

Au niveau de la place Mireille, au carrefour avec la rue Molière, se situe la fontaine Molière, comportant une statue de l'auteur éponyme.

40 : immeuble de rapport néo-classique construit vers 1769-1770 à l'emplacement de la maison où est mort Molière en 1673, .. Un panneau Histoire de Paris y est installé. 43 : emplacement de la maison où est mort le réformateur de l'artillerie française Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval en 1789. Une plaque commémorative lui rend hommage. 47 : un restaurant pour dames seules s'y trouvait vers 1900. 50 : immeuble édifié en 1738 par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne pour Louise-Madeleine de La Motte, mère d'Antoinette Poisson, future Madame de Pompadour . : maison construite par le promoteur Michel Villedo, propriétaire du terrain depuis 1660. 52 : entrée du passage de Beaujolais depuis 1822. Le marquis de Rochegude rapporte en 1910 la rumeur selon laquelle, dans sa jeunesse, Napoléon Bonaparte aurait logé au quatrième étage de l'immeuble sis à cette adresse avant l'ouverture du passage, mais il n'est pas en mesure de le démontrer. 56 : immeuble d'angle, il est le seul encore debout de ceux construits sur le domaine du cardinal de Richelieu, vers 1655-1660. Dans les années 1790, la librairie de la veuve Gorsas y est établiePaul Delalain, L'Imprimerie et la librairie à Paris de 1789 à 1813, Librairie Delalain frères, 1899, , lire en ligne.. Du aux années 1970, il a abrité un hôtel, qui s'étendait à l'immeuble contigu sur la rue des Petits-Champs. Fusionné avec son voisin sur la rue de Richelieu sur l'atlas de Jacoubet en 1827, l'immeuble d'angle porte le 54Feuille 23 de l'atlas de Jacoubet, voir l'image 21 en ligne .. Cette confusion obligea par la suite à créer le 58 bis pour l'hôtel de Nevers. Les garde-corps d'époque des deux premiers étages sont signalés au titre des protections patrimoniales arrêtées par le PLUTextes du plan local d'urbanisme. Annexe VI : protections patrimoniales , next.paris.fr..

58 : hôtel Mazarin (actuel site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France), .. 58 bis : hôtel de Nevers, seul vestige d'un hôtel beaucoup plus grand construit en 1646, .. 59 : ancien hôtel de La Popelinière. À la fin de l'année 1739, Le Riche de La Popelinière, fermier général et mécène de Rameau, achète l’hôtel construit pour Michel Villedo en 1662. Il le conserve jusqu'à sa mort et y adjoint en 1757 une autre maison située au 18 rue des Petits-Champs qu'il fait aménager en résidence pour musiciens ; les deux bâtiments communiquaient. L'hôtel fut détruit et remplacé à la fin du par un immeuble de rapport où est né le peintre Robert Lotiron (1886-1966). 61 : Stendhal y réside entre 1822 et 1823 ; une plaque lui rend hommage. Plus tard, on y trouve les bureaux du libraire-éditeur Armand Le Chevalier. 62 : immeuble très ornementé de la fin du . Dans les années 1960, il abritait les bureaux de l'agence de publicité Havas, lesquels se trouvaient ainsi à proximité de ceux de l'Agence France-Presse (place de la Bourse), autre entité issue de la scission de ce qu'était jusqu'en 1940 l'Agence Havas.