vignette|upright|Carte de tourisme de la Corée du Nord.

Le tourisme en Corée du Nord est un secteur économique de ce pays. Il est très encadré par l'État et ne peut se réaliser qu'en passant par la Direction nationale du tourisme.

La Corée du Nord attire des touristes pour ses vestiges historiques classés au patrimoine de l'UNESCO, pour ses nombreux paysages naturels, pour la zone coréenne démilitarisée, et par son aspect mystérieux. Le tourisme est l'un des secteurs d'activité économique privilégiés par Kim Jong-Un. Depuis son accession au pouvoir, le tourisme s'est subséquemment transformé. Les touristes peuvent désormais visiter des lieux auparavant impossibles d'accès et des centres de villégiatures ont été construits. Le tourisme n'est pas touché par les sanctions économiques de la communauté internationale. Il permet de faire entrer des devises étrangères dans le pays. Il permet aussi d'influencer l'opinion étrangère sur le pays.

En 2019, Chinois et environ Occidentaux ont visité le pays d'après une estimation. Les citoyens sud-coréens et américains sont cependant interdits par leur gouvernement respectif de voyager en Corée du Nord. Le pays est membre de l'Organisation mondiale du tourisme depuis 1987.

En , la Corée du Nord a éte fermée aux touristes en raison du Covid-19.. Le pays a adopté une telle mesure préventive en 2014 lors de la crise de l'Ebola. Les frontières ont alors été fermées pendant 4 mois...

Les frontières de la Corée du Nord ont rouvert en avec la visite de dignitaires chinois et russes qui ont assisté à un défilé militaire à Pyongyang. En , une délégation d’athlètes nord-coréens a été autorisée à quitter le pays pour participer à une compétition de taekwondo au Kazakhstan. De plus, les nord-coréens bloqués à l’étranger ont pu rentrer chez eux.. Le premier vol commercial international depuis 2020 a atterri à Pékin en .. En , des touristes russes ont pu se rendre en Corée du Nord pour la première fois depuis la pandémie. En , il a été annoncé que le tourisme à Samjiyŏn, ainsi que potentiellement dans le reste du pays, reprendrait officiellement en . Cependant, le tourisme à Samjiyon ne s'est pas encore concrétisé, tandis que Rasŏn a ouvert ses portes en .. Cependant, dès le mois de , cette ouverture a été suspendue sans explication officielle.

Principal point d'entrée et formalités

Tous les touristes étrangers arrivant en Corée du Nord ont besoin d'un visa. L'entrée sur le territoire est strictement réglementée.

Air Aéroport international de Sunan (PNJ, Pyongyang)

Caractéristiques du tourisme en Corée du Nord vignette|upright|Bus utilisé pour transporter les groupes de touristes.

Le tourisme est géré par la Direction nationale du tourisme. Créée en 1986, il s'agit d'une organisation publique, semblable à un ministère, qui est responsable de la formulation des lois concernant le tourisme. Il y a 14 compagnies de tourisme en Corée du Nord, toutes sont des entreprises d'État..

Korea International Travel Company, créée en 1953, est la plus grande compagnie de tourisme à vocation générale du pays. Elle gère plusieurs hôtels, restaurant, employés et véhicules. Toutes les autres entreprises de tourisme sont spécialisées : par exemple, la Korea International Sports Travel Company en voyage sportif ou la Korea International Youth Travel Company en séjour destiné aux jeunes.

Restrictions Officiellement, il n'y a aucune restriction d'accès à la Corée du Nord, sous condition d'obtenir un visa. Les journalistes de leur côté doivent disposer d'un visa spécifique.

Les touristes qui souhaitent visiter le pays doivent passer par une agence de voyages intermédiaire. Ces compagnies comme Koryo tour, Lupin tour et Young Pionner tour organisent des tours guidés en collaboration avec les compagnies de voyage nord-coréennes. Il y a des agences, comme KTG ou HelloPyongyang qui organisent des circuits en français.

Depuis 2018, les citoyens américains n'ont plus le droit de voyager en Corée du Nord. Cette décision a été prise à la suite de l'arrestation et de la mort d'Otto Warmbier...

Depuis 2019, les citoyens des 38 pays éligibles au Programme d'exemption de visa du gouvernement américain qui ont visité la Corée du Nord après 2011 ne peuvent plus entrer sur le territoire américain sans visa. Ils ne bénéficient plus du programme et doivent obtenir un visa par les procédures normales..

Contrairement à certaines croyances populaires, il est possible de prendre des photos sans l'accord préalable des guides nord-coréens. Il y a cependant certaines règles à respecter, comme de ne pas photographier des soldats, des installations militaires ou des sites de construction..

Mécanismes de contrôle des touristes La Corée du Nord, conformément à son caractère socialiste, a officiellement une économie planifiée par l'État. Le tourisme international dont la demande ne peut pas être prévue à l'avance apporte des problèmes de planifications économiques. De plus, la vie sociale, l'utilisation des ressources et l'accès à l'information étant fortement contrôlés par le gouvernement, les touristes constituent une menace à la propagande d'État. Pour pallier ces problèmes, la Corée du Nord encadre fortement le tourisme.

Les groupes de touristes ou les individus voyageant seuls sont systématiquement accompagnés d'un minimum de 2 guides nord-coréens et d'un chauffeur. L'ensemble du voyage est planifié avant l'arrivée des touristes dans le pays et les changements apportés en cours de voyage doivent être approuvés par les guides. Il est interdit pour les touristes de se promener sans être accompagnés à l'extérieur du périmètre de leur hôtel. Il est permis de parler à la population locale. Cependant, avec le caractère restrictif et planifié du voyage, les touristes ont souvent peu de chance de côtoyer la population pendant de longues périodes.

L'un des moyens utilisés pour contrôler le comportement des touristes concerne la relation de confiance que ces derniers forgent avec leurs guides. En étant constamment ensemble tout au long de leur voyage, si le comportement d'un touriste déplaît aux guides, une ambiance malsaine pourrait régner jusqu'à la fin du voyage. Ainsi, il est demandé, pour l'agrément du groupe, que les touristes ne confrontent pas les guides nord-coréens et se conforment aux règles..

Les interactions entre les touristes étrangers et la population locale sont étroitement contrôléesCompare: . Depuis janvier 2013, les étrangers peuvent acheter des cartes SIM à l'aéroport de Pyongyang, donnant accès aux appels internationaux. L'Alliance Européenne pour les droits de l'Homme en Corée du Nord estime que l'industrie du tourisme ne sert qu'à « légitimer le régime » et d'après le rescapé nord-coréen Ji Min-kang, « les étrangers ne peuvent communiquer avec les citoyens et le guide contrôle tout ce qu'ils voient ».

Histoire Le tourisme, comme dans l'ensemble des pays staliniens, n'est pas mis de l'avant par le gouvernement. L'État ne considère pas ce secteur comme pertinent à l'essor économique. En effet, Kim Il Sung et Kim Jong Il ont rarement mentionné le tourisme dans leurs politiques économiques. À l'opposé, depuis le règne de Kim Jong Un, le tourisme est considéré comme un secteur économique de premier plan.

Tourisme sous Kim Il Sung La Corée du Nord ne compte pratiquement aucune infrastructure touristique avant 1985. En 1984, environ visitent le pays, en provenance majoritairement de pays communistes. Le pays entreprend d'énormes projets de construction dans l'objectif d'une participation conjointe avec la Corée du Sud aux Jeux olympiques d'été de 1988. La construction d'infrastructures, comme des hôtels, des ponts, des terrains de sport, de nouveaux immeubles d'habitation, un nouvel aéroport et des stades de sport auraient coûté plus de 8 milliards de dollars américains. Cela représente près de la moitié du budget annuel de l'État.. L'objectif est de passer de à pour les touristes. L'Hôtel Ryugyong, l'Hôtel Koryo, l'Hôtel Sosan et l'Hôtel international Yanggakdo en sont les vestiges. Ces investissements modernisent fondamentalement Pyongyang.

La Corée du Nord n'obtient pas une participation conjointe aux Jeux olympiques. Les infrastructures sont utilisées lors du Festival mondial de la jeunesse et des étudiants de 1989 qui est la plus grande édition de ce festival jamais tenu.

Tourisme sous Kim Jong Il vignette|Guide qui présente un lieu culturel en Corée du Nord.

En 1991, la chute de l'URSS prive la Corée du Nord de biens et de touristes provenant des pays du bloc de l'Est. De 1994 à 1998, la Corée du Nord affronte une grave famine qui détruit son économie et met à mal ses infrastructures. Les touristes qui visitent le pays pendant cette période doivent apporter leur propre riz.

À son arrivée au pouvoir en 1994, Kim Jong Il ne change pas fondamentalement les politiques concernant le tourisme. Néanmoins, il privilégie des zones exclusives pour ses politiques économique et touristique. Il autorise en 1998 l'ouverture de la zone touristique du mont Kumgang..

Tourisme sous Kim Jong Un Kim Jong Un adopte une attitude différente de ses prédécesseurs concernant le tourisme. Il fait du tourisme l'un des éléments centraux de sa doctrine économique le Byungjin. Il se distingue de son père, Kim Jong Il, en investissant des capitaux nord-coréens dans les projets touristiques sans avoir recours à des zones économiques spéciales. Le nombre de villes, d'attractions et d'activités destinées au tourisme ont considérablement augmenté depuis l'arrivée de Kim Jong Un au pouvoir...

Le tourisme n'est pas touché par les sanctions internationales auxquelles la Corée du Nord fait face. Donc, le tourisme est l'un des seuls moyens dont le régime dispose pour obtenir des devises étrangères.

Nouvelle politique touristique En 2013, Kim Jong-Un lance une politique d'autonomie concernant le tourisme. Ainsi, le pays assure la construction et la gestion de ses complexes touristiques. Cette politique comporte une mesure pour que l'ensemble des travailleurs dans le domaine du tourisme soit des Nord-Coréens.

Profil des touristes Tourisme local Les Nord-Coréens font peu de tourisme que ce soit dans le pays ou à l'international. Les voyages à l'extérieur sont limités et motivés par des facteurs économiques.. Les voyages à l'intérieur du pays sont limités puisque les citoyens doivent obtenir un permis de voyage..

Avant l'arrivée de Kim Jong-Un au pouvoir, peu de Nord-Coréens font du tourisme de plaisance. À cette époque, la majorité du tourisme local vise à visiter des lieux politiques et relatifs aux dirigeants. Les voyages sont organisés par les lieux d'enseignement ou de travail que fréquentent les citoyens. Cependant, depuis 2012, avec la construction de plusieurs centres de villégiature partout au pays, le tourisme de plaisance s'accroît.

Il est d'habitude pour les habitants de Pyongyang d'effectuer un voyage d'une journée à Nampo pour profiter des diverses plages qui s'y trouvent.

Tourisme chinois vignette|upright|Restaurant destiné aux touristes. Les Chinois constituent la majorité des touristes qu'accueille la Corée du Nord.

En 2010, le gouvernement chinois signe une entente avec la Corée du Nord pour ajouter ce dernier à la liste des Visa ADS. Ce visa permet aux citoyens chinois de quitter le pays pour des destinations approuvées par leur gouvernement lorsqu'ils effectuent un voyage en groupe.. Un séjour tout inclus de 4 jours coûte environ 375 dollars canadiens ce qui est bon marché. Par conséquent, le tourisme chinois vers le pays s'est dès lors substantiellement développé.

En 2012, Chinois ont visité le pays. C'était une augmentation de plus de 22,55% par rapport à 2011.