Le parc national du Triglav (Triglavski Narodni Park en slovène) est le seul parc national de Slovénie. Il tire son nom de la plus haute montagne du pays, le Triglav, située au centre du parc. Le sommet culmine à une altitude de .. Le parc est localisé au nord-ouest du pays, non loin des frontières autrichienne et italienne. Il couvre la partie orientale des Alpes juliennes, sur environ 4 % du territoire de la Slovénie avec environ .. La création de la première zone protégée du parc remonte à 1924. Il permet non seulement la conservation mais favorise aussi la réalisation de nombreuses recherches scientifiques.

Étymologie et symbolisme

Le mont Triglav (« Trois-têtes ») tire certainement son nom de sa forme, telle qu'elle peut être vue à partir de son versant sud-est. Il est également possible que le nom provienne du dieu slave à trois têtes Triglav qui aurait eu son trône au sommet de cette montagne. La montagne est un symbole national et elle apparaît aussi bien sur le blason que sur le drapeau national. Le mont est également représenté sur la face nationale de la pièce de 50 centimes d'euro slovène.

Géographie

vignette|La vallée des lacs du Triglav. Le parc couvre une superficie totale de .. Il culmine à d'altitude au sommet du Triglav alors que son point le plus bas n'est qu'à au niveau des gorges de Tolminka. Les autres plus grands sommets du parc sont le Škrlatica (), le Mangart (), le Jalovec (), le Razor (), le Kanjavec () et le Prisojnik () Carte du parc national du Triglav. Le parc est composé d'anciennes vallées glaciaires et fait partie des Alpes juliennes. Au total, 25 hameaux sont présents dans le parc pour un total de . Ces habitants vivent du tourisme, de l'agriculture et de la fabrication de produits artisanaux comme des fromages et des objets en bois. Le parc s'étend sur huit municipalités. 30,9 % du parc se situe sur la municipalité de Bovec, 26,1 % sur celle de Bohinj, 16,5 % sur celle de Kranjska Gora, 10 % sur Gorje, 8,5 % sur Tolmin, 4 % sur Bled, 3,9 % sur Kobarid et finalement 0,1 % sur Jesenice.

Hydrologie vignette|Le lac de Bohinj, le plus grand lac permanent de la Slovénie. Le parc est garni d'innombrables sources d'eau dont la présence est favorisée par des formations karstiques. Le parc est également riche en cours d'eau et en lacs alimentés par la fonte des neiges. La chaîne de montagne comprise entre le bassin de la rivière Save (Sava) et celui du fleuve Isonzo (Soča) marque la séparation des bassins hydrographiques de la mer Adriatique et de la mer Noire. D'un point de vue hydrologique, le parc est parcouru par les cours d'eau Isonzo, Sava Bohinjka, Sava Dolinka mais aussi de nombreux torrents. Ces cours d'eau ont taillé la roche en créant des gorges profondes.. Certains lacs se sont formés dans les vallées glaciaires. On peut citer ainsi les trois lacs de Križ sur le plateau du Kriški podi, le lac Krn, les lacs de Duplje (Dupeljsko jezero) et de Lužnica (Jezero v Lužnici), le lac de Planina pri Jezeru, les lacs de la vallée du Triglav et finalement, le lac de Bohinj. Ce dernier est en outre le plus grand lac permanent à la fois du parc et de la Slovénie. Des chutes d'eau sont également présentes dans le parc. Il s'agit par exemple des chutes de Savica, de Peričnik et de Šum. Le Triglav accueille également le seul glacier de Slovénie mais sa taille a tellement diminué qu'il est encore difficile de le considérer comme un glacier.

Géologie vignette|gauche|La gorge de Vintgar, un long travail d'érosion. Les montagnes des Alpes juliennes sont constituées en grande partie de pierres calcaires à l'origine de la formation de nombreuses curiosités géologiques comme des grottes, des lapiaz, des dolines et des avens.. Le parc est constitué de pics et de vallées glaciaires en U. Le sous-sol est riche en grottes qui sont apparues à la suite d'un travail d'érosion des roches calcaires par les eaux. On estime le nombre de grottes à environ 600.

Climat Lors du mois le plus chaud, la température moyenne varie de dans les vallées à dans les montagnes. Le mois le plus froid, la température moyenne est comprise entre à . Les précipitations annuelles dépassent les avec entre 120 et de précipitations chaque année. Au printemps, la neige commence à fondre en journée, ce qui fait apparaître des couches de glace. Des conditions hivernales sont toutefois très courantes avec du brouillard et des chutes de neige.. En été, les jours chauds peuvent connaître de rapides modifications des conditions atmosphériques. Des orages peuvent causer un rapide refroidissement et de fortes précipitations. En automne, les jours se raccourcissent et se refroidissent. Les orages sont plus rares mais des conditions hivernales peuvent apparaître aussi rapidement. L'hiver et ses journées courtes sont froids et la couche de neige peut causer des avalanches.

Historique Une première proposition de création d'un parc a été lancée entre 1906 et 1908 mais celle-ci n'a pas été retenue. Ce n'est qu'en 1924 qu'une première zone de conservation alpine de près de a été créée dans la vallée des lacs du Triglav. En 1961, cette zone fut officiellement transformée en un parc national pour une superficie de . En 1981, il fut étendu à sa taille actuelle qui est de . En 2003, les Alpes juliennes furent ajoutés au réseau de l'UNESCO en tant que réserve de biosphère avec pour zone centrale le parc..

En 1777, l'explorateur Balthasar Hacquet (1739-1815) tenta pour la première fois d'escalader le mont Triglav. Ce n'est pourtant qu'en 1778 que le sommet fut vaincu par trois habitants de la localité proche de Bohinjska Bistrica, Luka Korošec, Matija Kos et Štefan Rožič, ainsi que l'Allemand Lovrenc Willomitzer.

Milieu naturel La faune et la flore se sont adaptées à cet écosystème particulier où vivent plusieurs espèces endémiques. Parmi elles, sur le plan de la végétation, on trouve la Crépide du Triglav (Crepis terglouensis), le Papaver alpinum subsp. ernesti-mayeri et le Geranium argentum. Les animaux typiques composant la faune du parc sont le chamois (Rupicapra rupicapra), le bouquetin, le cerf élaphe, l'ours brun, le lynx ainsi que de nombreux oiseaux et reptiles. La truite marbrée (Salmo marmoratus) est un poisson endémique à la région.

Flore vignette|gauche|L'Edelweiss, une fleur symbolique des Alpes. La forêt couvre deux tiers du parc. L'espèce prédominante au sud du parc est le hêtre tandis qu'au nord on trouve principalement l'épicéa et le mélèze. Au sein de la forêt traditionnelle des Alpes, on retrouve également des pins de montagnes nains.. Seuls des arbres résistants aux conditions climatiques rigoureuses en hiver peuvent prétendre à une place dans les régions montagneuses du parc. La partie méridionale se caractérise également par la présence de charmes et de frênes qui apprécient les plus hautes températures des versants ensoleillés. Du côté du fleuve Isonzo, la forêt ne dépasse pas d'altitude. Au nord et au centre du parc, elle atteint grâce à la résistance des épicéas et des mélèzes. Environ de la forêt sont classés en réserve ce qui empêche toute implication de l'homme dans la gestion sylvicole. Les plantes d'altitude ont dû s'adapter au climat rigoureux des montagnes. Les fleurs aux colorations multiples attirent les rares insectes pollinisateurs en altitude. On y trouve par exemple l'Edelweiss, des orchidées, des gentianes ou des campanules comme la Campanula zoysii. Une espèce endémique est le pavot Papaver julicum. Certaines de ces espèces très rares sont menacées d'extinction et il est interdit de les cueillir dans le parc..

Faune vignette|Le Grand Tétras, une espèce menacée dans le parc. Le parc est le lieu de nidification de d'oiseaux et est une zone importante pour la conservation des oiseaux. Parmi les grands oiseaux, on y trouve l'aigle royal, le Grand Tétras et le tétras lyre. Le Grand Tétras est l'espèce la plus menacée avec un nombre en légère mais constante diminution. Des vautours fauves sont également visibles durant l'été.. Les oiseaux sont également représentés par la bartavelle, le faucon crécerelle, le chocard à bec jaune, le merle à plastron, l'accenteur alpin, le verdier d'Europe, le pinson des arbres, le monticole de roche et le tichodrome échelette..

L'ours brun est régulièrement présent dans le parc bien qu'aucun individu ne réside en permanence à l'intérieur de ses limites. Il n'y a en revanche aucun loup dans le parc. La population de chamois est proche des . Le bouquetin fut introduit dans la vallée en 1964 et il s'est maintenant bien adapté. La marmotte a également été introduite à cette époque. Le mouflon est une espèce allochtone introduite en Slovénie dans les années 1960. Parmi les plus petits animaux on trouve également le lièvre variable, la fouine, le renard, le blaireau européen et le lagopède alpin. La loutre est très rare et fortement menacée de disparition au sein même du parc.

Culture vignette|gauche|Maisons traditionnelles de la région de Trenta. vignette|La Chapelle russe de Vršič. Bien que la préservation de la nature soit le but principal du parc, il a également pour vocation de protéger les richesses culturelles de la région tout en respectant le développement durable.. L'héritage culturel de la région alpine est important pour les Slovènes car il relie ce peuple aux autres nations des Alpes. 300 lieux d'importance ont ainsi été relevés dans le parc. Ce patrimoine est composé de maisons, de constructions religieuses et de vestiges archéologiques. Ces lieux sont sélectionnés en fonction de leurs richesses architecturales et culturelles ou de leur association à des personnes importantes du pays. Des fouilles archéologiques ont démontré que la région était déjà peuplée durant le Mésolithique. On a ainsi trouvé des traces de chasseurs, de bergers mais aussi de mineurs.. La plus grande partie de ces vestiges a été découverte dans la vallée de l'Isonzo dans les monts Krn. Les découvertes faites du côté du Gorenjsko remontent à l'âge du cuivre, du fer mais aussi à la période romaine. Des poteries médiévales ont été découvertes dans des prairies. Ces découvertes permettent d'affirmer que la région fut continuellement utilisée pour l'élevage et l'exploitation minière depuis la période romaine jusqu'à la période moderne. Bien que des traces datant de 800 ans aient été découvertes, l'exploitation minière et l'industrie du fer a atteint son pic durant la période romaine et au Moyen Âge.. La localité de Bohinjska Bistrica était un centre important de l'industrie de l'acier tout comme Bled. Le fer était exploité en altitude et redescendu ensuite dans ces localités pour y être fondu. Des chemins pavés sont toujours présents à proximité des sommets des montagnes. L'architecture des constructions locales a été influencée au fil des temps non seulement par les cultures des peuples des Alpes, la culture frioulanne mais également par les cultures méditerranéennes.. Du côté de la vallée de l'Isonzo, l'architecture est un mélange de celles des régions de Trenta et de Tolmin et en général en pierres. Du côté de Gorenjsko, les habitations sont faites en grande partie avec du bois. Plusieurs musées locaux permettent de mieux comprendre les relations entre l'homme et la nature dans la région du parc.. Le parc est le départ, depuis le col du Predil, coté nord/ouest du parc, du Chemin de la Paix des Alpes à l'Adriatique – Héritage de la Première Guerre mondiale à partir de Log pod Mangartom.

Gestion du parc vignette|Le mont Triglav sous la neige. Les , qui abritent au total , sont situés dans le parc entre 250 et d'altitude. Ukanc et Bavšica sont au centre du parc alors que les autres se répartissent dans la zone périphérique. L'agriculture du parc, importante pour l'économie des habitants, se doit de respecter la nature. Elle doit participer à la conscientisation du public de son rôle par rapport à la conservation du parc.