Jean d'Orléans, qui portait le titre de courtoisie de duc de Guise, est né à Paris le et mort à Larache au Maroc espagnol, le .
Issu de la branche cadette des descendants du fils aîné du roi , il est, de 1926 à sa mort, considéré sous le nom de « » par ses partisans comme chef de la maison de France en tant que chef de la maison capétienne d'Orléans et prétendant orléaniste au trône de France.
Famille
Jean Pierre Clément Marie d'Orléans de ChartresTel qu'il est indiqué sur l'acte de l'état civil de Paris, Archives en ligne, V4E 3392, vue 26/31, acte 1232 est né le au 29, rue Vernet à Paris () en présence de Adolphe Asseline, ancien secrétaire des commandements de la duchesse d'OrléansRegistre d'état civil du de Paris (1874), Archives de Paris, acte de naissance daté du . gauche|vignette|Jean d'Orléans avec sa mère la duchesse de Chartres, ses soeurs Marguerite, Marie et son frère Henri. gauche|vignette|Portrait du prince Jean avec sa sœur Marguerite d’Orléans, peint par Gabriel-Joseph-Marie-Augustin Ferrier. Arrière-petit-fils du roi et dernier enfant de Robert d'Orléans (1840-1910), duc de Chartres, et de la princesse Françoise d'Orléans (1844-1925), Jean d'Orléans est également le gendre et le beau-frère des deux prétendants orléanistes au trône de France qui l’ont précédé : « », comte de Paris, et « », duc d'Orléans .
Le , Jean d'Orléans épouse, à Kingston-sur-Tamise, en Angleterre, sa cousine germaine Isabelle d'Orléans. C’est à cette occasion qu’il reçoit de son beau-frère le titre de courtoisie de duc de Guise. De cette union naissent quatre enfants :
Isabelle d'Orléans qui épouse, en premières noces, Bruno d'Harcourt (1899-1930), puis se remarie au prince Pierre Murat (1900-1948). Françoise d'Orléans qui se marie au prince Christophe de Grèce (1889-1940), fils du roi . Ce sont les parents du prince Michel de Grèce (1939-2024). Anne d'Orléans qui s'unit à son cousin germain le prince Amédée de Savoie-Aoste, duc d'Aoste et vice-roi d'Éthiopie. Henri d'Orléans, comte de Paris et prétendant orléaniste au trône de France sous le nom d'« », qui épouse sa cousine Isabelle d'Orléans-Bragance (1911-2003).
Biographie
Prince de la Maison d’Orléans vignette|Jean d’Orléans avec ses enfants. Malgré la loi d'exil de 1886 qui frappe les chefs des familles ayant régné en France, Jean d'Orléans peut vivre et séjourner dans son pays jusqu’en 1924. Longtemps il n’est, en effet, qu’un cadet de la famille d’Orléans. Pourtant, au fur et à mesure que les années passent, tous les membres de la famille qui se situent avant le duc de Guise dans la lignée dynastique meurent les uns après les autres. D’abord ses frères Robert et Henri d'Orléans en 1885 et 1901, puis son père, le duc de Chartres, en 1910 et enfin ses cousins et beaux-frères Ferdinand d’Orléans, duc de Montpensier, et Philippe d’Orléans, duc d’Orléans, en 1924 et 1926.
Si la République française tolère longtemps sa présence sur son territoire, elle lui interdit cependant de faire son service militaire au sein de son armée. C’est la raison pour laquelle il se rend au Danemark, pays de son beau-frère Valdemar, pour y apprendre le métier des armes. vignette|Le duc de Guise au domaine royal de Dreux en 1925. Revenu en France, il s’installe au Nouvion-en-Thiérache, domaine que lui a légué le duc d’Aumale, et y reste plusieurs années. Peu de temps après, il épouse sa cousine Isabelle d'Orléans.
Cependant en 1909, le duc et la duchesse de Guise, désireux de contribuer à l’expansion de la France outre-mer, quittent la métropole pour s’installer au Maroc, pays où la France essaie alors d’établir son influence. En route pour le Maroc, . (année 1927) : .. La sœur de ce dernier, Armande de Pierre de Bernis (1876-1968) ; cet ouvrage constitue le de la Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, publiée depuis 1987 sous la direction de Patrick Van Kerrebrouck..
En 1910, le couple s’installe ainsi sur le site de Larache, dans le nord du royaume chérifien. Cependant, lorsque le pays tombe finalement sous la domination européenne en 1912, la maison de Larache est placée sous le régime du protectorat espagnol, tandis que le domaine agricole de la famille tombe sous le régime français.
Lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale, le duc de Guise cherche à intégrer l’armée mais ni la République ni ses alliés ne l’autorisent à revêtir leur uniforme et il doit donc se résoudre à servir dans la Croix-Rouge à laquelle il offre son château du Nouvion-en-Thiérache pour en faire un hôpitalJulien Monange, Arcanes et Tranchées, p. 121 ss, Editions Energeia, 2019.. Il se voit remettre la Croix de guerre le de la part du président Raymond Poincaré.
Toutefois, une mission plus importante lui est accordée par le gouvernement français en 1915 : il s’agit d’une ambassade auprès de son oncle le roi . Cette mission est un échec et Sofia entre en guerre aux côtés des pays de la Triple Alliance.
Chef de la Maison de France gauche|vignette|Le duc de Guise pratique le baptême "à la béarnaise" de son petit-fils Henri au manoir d'Anjou à Woluwe-Saint-Pierre. Après la guerre, le duc de Guise regagne Larache mais la mort du duc de Montpensier (en 1924) et la séparation du prétendant d’avec son épouse, l’archiduchesse Marie-Dorothée de Habsbourg-Lorraine, bouleversent son existence dans la mesure où ils font automatiquement de lui le dauphin des orléanistes. Il s’établit donc au manoir d’Anjou, à Woluwe-Saint-Pierre en Belgique, tandis que son fils, le futur comte de Paris, est envoyé à Paris poursuivre ses études.
Deux ans plus tard, Jean d’Orléans hérite du statut de prétendant. Il se trouve presque immédiatement face à de graves difficultés politiques puisque le pape interdit aux catholiques de soutenir Maurras et l’Action française, c’est-à-dire les plus puissants soutiens de la maison d'Orléans. L’entre-deux-guerres est donc une période d’éloignement – et finalement de rupture, en 1937 – entre l'aîné des Orléans (soutenu par son fils, le comte de Paris) et le mouvement royaliste. C’est également le moment où, pour la première fois depuis longtemps, l’orléanisme cesse d’être uniquement synonyme de conservatisme.
vignette|Le tombeau de Jean d'Orléans et de son épouse Isabelle d'Orléans dans la chapelle royale de Dreux. vignette|Tombeau du duc de Guise.
Représentations Le sculpteur Philippe Besnard fera du duc un buste en bronze sur socle de marbre (1928), buste exposé au salon des Tuileries en 1929L'Atelier, bulletin de l'Association Le temps d'Albert Besnard, n° 4, 2008, n° spécial Philippe Besnard, .
Querelles dynastiques françaises
Titulature et décorations
Titulature Les titres portés actuellement par les membres de la maison d’Orléans n’ont pas d’existence juridique en France et sont considérés comme des titres de courtoisie. Ils sont attribués par le « chef de maison ». - : Son Altesse Royale le prince Jean d'Orléans, prince du sang ; - : Son Altesse Royale le prince Jean d'Orléans, duc de Guise, prince du sang ; - : Son Altesse Royale le prince Jean d'Orléans, duc de Guise, premier prince du sang ; - : Monseigneur le duc de Guise. Il est titré prince d'Orléans à sa naissance, puis duc de Guise à l'occasion de son mariage en 1899, conformément à la volonté de son grand-oncle, Henri d'Orléans, duc d'Aumale. À la mort de son père, Robert d'Orléans, en 1910, il est considéré par les orléanistes comme le "premier prince du sang"Isabelle d’Orléans-Bragance, comtesse de Paris, Tout m’est bonheur, Page 443, Robert Laffont, 1978, Généalogie d'Henri de France, Comte de Paris : « Jean III, duc de Guise, premier prince du Sang en 1910, à la mort de son père. » jusqu'en 1926, date à laquelle il succède comme prétendant, à son cousin Philippe, duc d'Orléans.
Décorations dynastiques françaises En qualité de chef de la maison royale de France et prétendant au trône de France, les partisans de Jean d'Orléans le considèrent grand maître des ordres dynastiques traditionnels.. 50px|Ordre du Saint-Esprit Grand maître de l'ordre du Saint-Esprit (1926-1940) (contesté) 50px|Ordre de Saint-Michel Grand maître de l'ordre de Saint-Michel (1926-1940) (contesté) 50px|Ordre de Sainte-Louis Grand maître de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (1926-1940) (contesté) Autres décorations Bailli grand-croix d'honneur et de dévotion de l'ordre souverain de Malte (1926). Croix de guerre 1914-1918 avec palme de bronze (République française, )Citation parue au Journal officiel de la République française le 16 septembre 1919 : « M. Jean-Pierre-Clément-Marie d'Orléans, duc de Guise, délégué de la S.S.B.M., en service de l'œuvre des cercles cantines : s'est entièrement dévoué aux organisations de la S.S.B.M. pendant toute la durée de la campagne. A assuré et dirigé, avec un dévouement de tous les instants, pendant dix-sept mois, le fonctionnement d'une cantine installée à proximité de nos premières lignes, dans un secteur continuellement soumis au bombardement ennemi, se consacrant au bien-être de nos soldats et leur donnant le plus bel exemple de courage et d’abnégation. (Ordre du 27 juillet 1919.) » Médaille de la Croix-Rouge française 1914-1918 (République française) Médaille du roi Albert (Belgique, 1921) Chevalier de l’ordre de l'Éléphant (famille royale de Danemark, ) Grand-croix de l’ordre de Dannebrog (famille royale de Danemark, ) Médaille commémorative pour les noces d'or du roi et de la reine Louise (famille royale de Danemark, )
Querelles dynastiques françaises
Ascendance
Notes et références
Annexe Bibliographie Œuvres du duc de Guise Jean d'Orléans, duc de Guise, Sous le Danebrog : souvenirs de la vie militaire en Danemark 1894-1899, Éditions Calmann Lévy, Paris, 1900. Jean d'Orléans, duc de Guise, Éphémérides militaires du Nouvion-en-Thiérache, de 1789 à 1871, E. Dubois, Paris, 1902. Jean d'Orléans, duc de Guise, Les Légions de l'Espérance et de l'Athénée à Turin, 1799-1801, E. Dubois, Paris, 1902. Jean d'Orléans, duc de Guise, Un village andalou sous le premier Empire, pendant l'occupation française, E. Dubois, 1902. Jean d'Orléans, duc de Guise, Les Anciens lieux-dits de la commune du Nouvion-en-Thiérache, E. Dubois, 1903. Jean d'Orléans, duc de Guise, Les Seigneurs du Nouvion-en-Thiérache, 1147-1790, E. Dubois, Paris, 1906 Jean d'Orléans, duc de Guise, Paroles royales. Lettres et manifestes de le duc de Guise, 1933 Jean d'Orléans, duc de Guise, Manifeste du duc de Guise, 1933
Sur le duc de Guise et sa famille Georges Cerbelaud-Salagnac, Quatre règnes en exil ou d' à (1820-1940), Éditions France Empire, 1947. Jean Monneron, Le duc de Guise et la Maison de France'', Paris, Éditions Imprimerie nouvelle, 1939. .
Articles connexes Liste des prétendants au trône de France depuis 1792 Duc de Guise Duc d'Orléans
Liens externes
Jean 1874 Jean 03 Orléans,Jean d' Orléans,Jean d' Orléans,Jean d' Orléans Catégorie:Décès au Maroc Catégorie:Décès à 65 ans Catégorie:Personnalité inhumée dans la chapelle royale de Dreux Catégorie:Chevalier de l'ordre souverain de Malte Catégorie:Personnalité liée à Woluwe-Saint-Pierre