Charles Simon est un dirigeant sportif français né à Paris le et mort au combat à Écurie (Pas-de-Calais) le . Avant la Première Guerre mondiale, il est secrétaire général de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France et de l'Union internationale des œuvres catholiques d'éducation physique.
C'est pour défendre le développement du football qu'il fonde et préside également un éphémère comité français interfédéral. Celui-ci, où Henri Delaunay lui succède, donne naissance en 1919 à la Fédération française de football. Le nom de Charles Simon est attaché à la Coupe de France de football depuis sa création en 1917.
Biographie Entré très jeune au patronage paroissial de l'église Saint-Honoré d'Eylau Charles Simon y découvre l'attrait du sport puis son intérêt éducatif dans sa section sportive, l’Étoile des Deux Lacs, animée par l'abbé Biron. Il y devient un fervent amateur de football association et un des spécialistes de son temps.
Secrétaire général de la
Aux côtés du docteur Paul Michaux, chirurgien des hôpitaux de Paris et fondateur de la conférence Laënnec, il devient président de la commission de football association et d'athlétisme puis secrétaire général sportif de la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) au congrès de 1905, aux côtés de Léon Lamoureux, secrétaire général-trésorier.
Il a déjà organisé l'année précédente un championnat fédéral de football remporté par l'association qu'il préside, l'Étoile des Deux LacsCelle-ci récidive en 1906, 1907, 1911, 1912, 1913 et remporte le trophée de France en 1907 et 1912. Engagé en 1909 au service de la , il reçoit une rémunération de francs par an et devient ainsi l'un des premiers dirigeants permanents appointés dans le monde du sport.
Il a déjà largement infiltré la vie sportive. En relations étroites avec Pierre de Coubertin, il siège au sein de l'équipe dirigeante de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA) mais son intérêt particulier pour le football le conduit à réagir contre cette dernière en créant, en 1907, le Comité français interfédéral(CFI), fondement de la future Fédération française de football-association (FFF) avec Henri Delaunay.
Il est également le créateur des Unions régionales d'Algérie, d'Oranie et de TunisieLa Croix, 14 juillet 1915.
Le Comité français interfédéral
thumb|Plaque palmarès du Trophée de France. Dans un premier temps Charles Simon ne limite pas le au seul football et il fédère tous les organismes qui redoutent l'hégémonie de l'. La Fédération cycliste amateur de France, la Fédération athlétique amateur, la Fédération cycliste et athlétique de Lyon et du sud-est, la Fédération athlétique du sud-ouest rejoignent le qui recueille aussi l'adhésion directe d'associations, dépassant les . En 1907 le trophée de France, premier championnat de football du opposant les champions de chacune de ces fédérations est remporté par L'Étoile des Deux Lacs à Mérignac. Pierre de Coubertin qui entretient alors d'excellents rapports avec Simon le dote d'un trophée comparable au bouclier de Brennus Cet objet d'art tient son nom du graveur Charles Brennus qui le réalise selon un dessin de Pierre de Coubertin. Charles Brennus est également président de la commission de rugby de l' et du Sporting club universitaire de France (SCUF)qu'il a offert quelques années plus tôt pour le championnat de France de rugby.
Le , reçoit progressivement l'adhésion de tous les défenseurs du football au sein de l' et en particulier celle d'un autre chrétien social proche de Marc Sangnier, Jules Rimet qui a fusionné sa propre revue avec Le Sillon en 1899. Fondateur en 1910 de l'éphémère Ligue de football association (LFA), Rimet rejoint le en 1912. Cette même année, le décide de limiter strictement son champ d'action au seul football-association. Il choisit alors le coq gaulois comme emblème ; celui-ci sera repris ensuite par d'autres fédérations et le comité olympique français (COF).
Le siège du est toujours celui de la , au 5 place Saint Thomas d'Aquin à Paris. C'est là qu'est créée, le , la coupe de France de football et deux ans plus tard la Fédération française de football, association dont Charles Simon est bien le véritable précurseur. En effet l' ayant commis l'erreur politique de quitter la Fédération internationale de football association (FIFA) en 1908, il profite de la situation pour y adhérer. Ainsi le devient le seul organisme à y représenter la France et l' elle-même se voit contrainte de solliciter en 1913 son adhésion auprès de son ennemi historique.
L'UIOCEP
Paul Michaux, trop pris par ses obligations médicales, lui délègue largement les rapports internationaux et Charles Simon prépare et participe dès l'origine à la création de l'Union internationale des œuvres catholiques d'éducation physique (UIOCEP) qui devient, en 1947, la Fédération internationale catholique d’éducation physique et sportive (FICEP). Aussitôt nommé adjoint de Léon Lamoureux au secrétariat général de la il la représente à Rome du 5 au au congrès sportif organisé à l'initiative du Vatican auquel participent 900 sportifs et qui provoque la création de la fédération italienne par le comte Mario di Carpegna. Le pape Pie X encourage vivement les gymnastes étrangers à revenir
Charles Simon veille à ce que ce vœu soit exaucé lorsque la Fédération des associations sportives catholiques italiennes (FASCI) renouvelle ce rassemblement en 1906 puis en 1908, en dépit de l'hostilité des pouvoirs publics français à laquelle se rallient l' et l'Union des sociétés de gymnastique de France (USGF). Peut-être pour éviter ces désagréments, la prévoit d'organiser ce rassemblement international à Nancy en 1909. Là encore les anticléricaux font échouer l'initiative et ce n'est qu'en 1911 que l’événement peut avoir lieu aux frontières des territoires occupés par l'AllemagneLaurence Munoz, The birth of an international catholic federation : a european matter, 1905-1911 in International journal of history of sport, january 2009, 26, .
Dix mille gymnastes participent aux compétitions et manifestations et les huit nations présentes ou représentées décident de la création de l'. Mario di Carpegna, dignitaire laïc du Vatican, est élu président et Charles Simon secrétaire général-trésorier. Il lui revient de veiller à la bonne administration de l'institution. Les statuts sont adoptés à Rome les 14 et et, aux confins de l'année 1913, une première assemblée générale de l'association se tient dans la ville éternelle.
Notoriété et hommages Soldat de deuxième classe au d'infanterie, matricule 014750, il tombe sous les balles à Écurie lors des combats du Labyrinthe (bataille de l'Artois), le . Le , un parterre d'autorités civiles et religieuses assistent à la cérémonie organisée par la en l'église Saint-Thomas-d'Aquin où la fanfare de l'Union athlétique du chantier sonne le service devant les drapeaux de plus de quarante associations dont quatre venues de province.
La participation de la aux différents concours organisés dans la cour Saint Damase du Vatican a valu à Charles Simon la croix de l'ordre de Saint-Sylvestre.
D'un commun accord la et le donnent son nom à la coupe de France de football nouvellement créée et c'est le docteur Paul Michaux qui offre l'objet d'art qui y reste associé en 2013. Sur cette coupe on peut lire : . En 1919, la seconde édition de la compétition est arbitrée par son ami Armand Thibaudeau qui vient de lui succéder à la . En 1923 la médaille militaire lui est remise à titre posthume.
Pierre de Coubertin reconnaît en lui , consulté le :. Il était, en effet, un dirigeant hors-pair qui a œuvré au développement du football français.
Le , la ville de Saint-Martin-du-Tertre a attribué son nom à une rue..
Notes et références Notes
Références
Autres références :
Voir aussi
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Fédération gymnastique et sportive des patronages de France Catégorie:Dirigeant français de football Catégorie:Personnalité de la Fédération sportive et culturelle de France Catégorie:Dirigeant sportif français Catégorie:Fédération internationale catholique d'éducation physique et sportive Catégorie:Sport associatif français sous la IIIe République Catégorie:Éducateur catholique Catégorie:Personnalité des patronages Catégorie:Naissance en septembre 1882 Catégorie:Naissance dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en juin 1915 Catégorie:Décès dans le Pas-de-Calais Catégorie:Décès à 32 ans Catégorie:Militaire français mort au combat lors de la Première Guerre mondiale Catégorie:Mort pour la France