Raoul Adolphe Georges Rigault, dit Raoul Rigault, né le à ParisParis, État civil reconstitué, vue 46/51. et mort le dans la même ville, est un journaliste, militant blanquiste sous le Second Empire puis chef de la préfecture de police durant la Commune de Paris.

Biographie

Famille, études et formation Le père de Raoul Rigault est un ancien employé au Ministère de la guerre. Il est nommé sous-préfet de la République dans la ville de Ribérac (Dordogne) en avant de se faire révoquer pour ses opinions politiques à la suite des Journées de Juin. Il travaille ensuite comme comptable à l'orfèvrerie Christolfe.

Né en 1846, Rigault est envoyé faire ses études au lycée Napoléon (Henri-IV) et bien que très indiscipliné, il est travailleur et passe ses examens avant de devenir bachelier ès lettres et ès-sciences. Au lycée Saint-Louis, il suit les examens préparatoire à l'examen d'entrée l'École polytechnique mais se fait expulser au bout de trois mois pour avoir "participé à une révolte contre un professeur". Vers 1865, il s'intéresse plus aux mouvements blanquistes qu'à ses études. Son ambition est d'assurer la liaison entre ouvriers et étudiants. Il est alors professeur de mathématiquesarticle «Maintiens de l'ordre public et polices à Paris 1870-1871.» d' Alain Dalotel dans «Maintien de l'ordre et polices en France et en Europe au XIXe siècle», Actes de colloque sous la présentation de Ph. Vigier et Alain Faure, éditions creaphis, 1987 et rattaché à l'hébertisme ; il fréquente le salon artistique et littéraire de Nina de Villard à Montmartre«La gauche réactionnaire. Mythes de la plèbe et de la race dans le sillage des Lumières.» de Marc Crapez, éditions Berg international, Paris, 1997. Il est arrêté, début 1866, dans le cadre de l'affaire de la société secrète dite du "Café de la Renaissance" à Saint-Michel, en compagnie de Gustave Tridon, Alphonse Humbert, Gaston Da Costa, Charles Longuet, Eugène Protot, etc. Durant le procès, c'est l'avocat Gustave Chaudey qui prend leur défense Auguste Lepage, Les cafés artistiques et littéraires de Paris, P. Boursin, 1882 (lire extrait en ligne .

Par la suite, il collabore à plusieurs journaux républicains, hébertistes, blanquistes et athées (La Marseillaise, L'Ami du peuple, La Libre Pensée). En 1868 après avoir renoncé à son journal Le Barbare, l'un de ses articles publié dans le journal étudiant athée Le Démocrite (plutôt proudhonien), lui vaut trois mois de prison. Toutefois, en décembre de la même année, il relance Le Démocrite. Il fait une dizaine de séjours en prison jusqu'en 1870, toujours pour motifs politiques (il y constitue des dossiers sur les commissaires et les indicateurs de police).

thumb|Raoul RigaultPortrait par Félix Vallottonparu dans La Revue blanche en 1897.

La guerre de 1870-1871 À la suite de la révolution du et de la proclamation de la République, il est nommé à la préfecture de police de Paris par Antonin Dubost, dont il avait été le collaborateur à La Marseillaise : bien que n'ayant pas l'âge légal pour ce poste, il reprend le poste de Michel Lagrange en étant nommé commissaire, chargé du service politique. Il prend part aux soulèvements du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871 contre le Gouvernement de la Défense nationale où il commande, avec son ami Sapia, des gardes nationaux.

La Commune de Paris Après le début du soulèvement communaliste, il est nommé le à la tête de la préfecture de police. Le , il est élu au Conseil de la Commune par le arrondissement. Le , il est nommé à la tête de la Commission de Sûreté générale. .

Anticléricalisme

Animé par une passion anticléricale, il vise notamment les religieux de Paris, qui font l'objet d'arrestations arbitraires. Rigault mène lui-même les interrogatoires, accablant volontiers les prêtres de remarques méprisantes, et fait mettre au secret de nombreux . En sept semaines, Rigault et ses successeurs à la préfecture Cournet et Ferré font arrêter plus de 200 religieux. Il est le responsable de l'arrestation des otages, parmi lesquels Georges Darboy, archevêque de ParisFrance to mark 150th anniversary of anti-religious Paris Commune, du massacre de la rue HaxoLes martyrs de la rue HaxoCatholics and Anti Catholics Mark 150th Anniversary of Paris Commune et de nombreuses perquisitions dans les églises de la capitaleLes Convulsions de Paris, Maxime Du Camp, Hachette, 1881 (tome 1, p. 149-169).

Actions Les méthodes de Rigault suscitent la polémique au sein de la Commune : lui-même défend son action devant les autres élus en arguant de la situation d'urgence et de guerre civile que connaît alors la Commune.

Le , il quitte la préfecture de police, et est nommé procureur de la Commune.

Il vote pour la création du Comité de Salut public.

Rigault envoie Benjamin Flotte pour d'obtenir de l'Assemblée versaillaise l'échange des otages de la Commune contre Blanqui et d'autres prisonniers.

La Semaine Sanglante Le , au début de la Semaine sanglante, Rigault se rend dans la cellule de Gustave Chaudey à la prison de Sainte-Pélagie et le met en accusation pour avoir ordonné à la troupe de tirer sur les Parisiens insurgés le . Chaudey proteste de son innocence et rappelle son passé socialiste, mais Rigault souhaite venger la mort de son ami Sapia, mort à ses côtés le . Il le fait aussitôt fusiller avec trois gendarmes, ce dont André Slomszynski se dira témoin.

Chaudey avait ditHistoire de la commune de 1871. de Prosper-Olivier Lissagaray rééd. La Découverte, 526 2004 / Première publication en 1876 / seconde publication rallongée, éd Dentu, Paris, 1896 en ligne sur Gallica et Nouvelle édition précédée d'une notice sur Lissagaray par Amédée Dunois, BnF collection ebooks, 2016. après le à .

Le lendemain, Rigault se bat, en grand uniforme, au Quartier latin sur la barricade de la rue Soufflot. Il est fusillé sans procès, rue Gay-Lussac le sur ordre d'un sergent versaillais qui le reconnait comme un officier communard lorsqu'il dit « Que me voulez vous ? Vive la Commune ! »Histoire de la commune de 1871. de Prosper-Olivier Lissagaray, Nouvelle édition précédée d'une notice sur Lissagaray par Amédée Dunois, BnF collection ebooks, 2016.. Des soldats dépouillent son cadavre des objets de valeur : son corps, laissé sur place, est ensuite malmené par des passants.

Notes et références

Voir aussi Notices biographiques

Articles connexes Élections municipales du 26 mars 1871 à Paris Gaston Caulet du Tayac

Liens externes

Portrait de Raoult Rigault

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