La couvade est une pratique humaine, observée dans plusieurs sociétés depuis au moins l'Antiquité. Elle désigne un ensemble de rites accomplis par un homme pendant la grossesse d'une femme, son accouchement et la période post-natale.

La signification de la couvade est variable et débattue.

Histoire Les premières mentions de couvade apparaissent chez Apollonios de Rhodes (Argonautiques II,1010 sq.) au IIIe siècle av. J.- C., puis chez Diodore de Sicile au milieu du à propos des CorsesDiodore de Sicile, Bibliothèque historique, liv. V, ch. XIV, Impr. Royale, 1836, p. 541, 542, puis au dans le Livre de Marco Polo à propos d'une ethnie au YunnanLire en ligne..

Comme le relèvent l'écrivain et médiéviste belge Raoul Vaneigem et Roberte Laporal, c'est Charles de Rochefort, observateur français des Amérindiens caraïbes aux Antilles, au , qui baptise l'ensemble de ces rites. Les mentions de la couvade par le sociologue allemand Johann Jakob Bachofen pour son schéma évolutionniste dès 1861 et celle d'Edward Burnett Tylor en 1865 dans , sont donc très postérieures.

Le terme « couvade » est utilisé tel quel en anglais.

Observations L'anthropologue écossais James George Frazer distingue deux formes de couvade :

la première, dite , consiste en  ; la seconde, dite , consiste en .

De ses observations, Rochefort écrit ainsi :

Dans une publication de la Société d'anthropologie de Paris de 1884, le docteur Maurel, anthropologue et médecin de la Marine nationale, rappelle :

Il ajoute :

Des cas de couvade ont été rapportés ou observés :

en Amérique du Sud, dans les Caraïbes et aux Antilles ; au Canada et au Groënland ; en Amérique (d'après Lionel Wafer, autour de 1700) ; dans le Midi de la France, notamment dans le Béarn (selon Jean-Baptiste Brissaud, 1900) ; dans le Sud-Ouest français et dans le nord de l'Espagne (d'après l'anthropologue français Patrick Menget, qui cite ) ; au Pays basque (d'après Armand de Quatrefages dans Souvenirs d'un naturaliste, 1854) ; en Corse (d'après Diodore de Sicile dans sa Bibliothèque historique, ) ; dans certaines îles du Pacifique ; au Turkestan chinois (selon Marco Polo, à la fin du ) ; chez les Aïnous du Japon ; chez les Kali'na (d'après Maurel, autour de 1880) ; chez les Aracouyennes du fleuve Maroni (d'après Jules Crevaux au ).

Interprétations Vaneigem exclut , cependant que Maurel refuse une explication strictement patriarcale.

Selon Patrick Menget (1979), la couvade implique nécessairement une théorie de la paternité physiologique, c'est-à-dire que le père a un rôle primordial dans la fabrication de l'embryon et du fœtus.

Selon Edward B. Tylor, la couvade appartient aux rituels qui accompagnent les crises pour maintenir un état d'équilibre : .

Le médecin et sociologue Armand Corre se demande si la couvade  ; cité par Maurel..

Maurel y voit une .

Dans la culture populaire Dans son ouvrage sur la couvade, Roberte Laporal fait la liste de évoquant cette pratique. Elle cite entre autres :

la légende du dieu Aitor par Joseph Augustin Chaho, en 1847 ; le sortilège de Macha, dans la mythologie celtique irlandaise ; Le Petit Chaperon rouge ; le récit biblique, au travers de l'expression .

Raoul Veneigem donne également l'exemple d'Aucassin et Nicolette, fable française de la fin du ou du début du , où le personnage féminin conduit la guerre pendant que son amant accouche au lit.

Autres évocations Dans son roman très documenté Le Bois qui pleure (1956), Vicki Baum fait parler un personnage d'aristocrate uitoto qui évoque leur pratique de la couvade :

Bibliographie

Ouvrages

Articles

Patrick Menget, « Temps de naître, temps d'être : la couvade », in

Mémoires, thèses

Références

Voir aussi

Paternité Syndrome de la couvade

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