Paul Weller, de son nom complet John William Weller, est un auteur-compositeur-interprète et musicien britannique, né le à Woking (Angleterre). Il est un des membres fondateurs des groupes The Jam, puis The Style Council, avant d’entamer une carrière solo dans les années 1990. Il est considéré comme un important musicien de la musique pop rock au Royaume-UniWeller a notamment reçu le Godlike Genius Award du NME en 2010 pour l’ensemble de sa carrière. Voir cet article de The Independent. Sa carrière internationale est cependant relativement discrète.Weller est par ailleurs la figure de proue de la renaissance du mouvement mods.

Début de carrière Paul Weller fait ses premiers pas sur la scène nationale britannique en 1977 avec son premier groupe, The Jam, qu'il a formé quatre ans auparavant à Woking avec ses amis Steve Brooks (guitare), Rick Buckler (batterie) et Bruce Foxton (guitare rythmique). Paul Weller assure le chant et la guitare basse, c'est aussi un guitariste talentueux. Quand Steve Brooks quitte le groupe, Weller devient l'unique guitariste du groupe et persuade Foxton de prendre en charge la basse.

En 1977, une première vague de groupes de punk comme Sex Pistols, Buzzcocks, The Clash et The Stranglers est déjà sur le devant de la scène depuis un an. Même si la musique de The Jam peut être comparée à celle de ces groupes, en termes de composition et de paroles, le groupe se classe plutôt dans le courant new wave, plus tardif. Weller se différencie du punk, y compris dans ses textes - - et les membres de The Jam jouent en costumes et cravate noirs.

Présents juste à l'extérieur de Londres, ils ne firent jamais réellement partie de la scène punk du centre-ville.

La même années, The Jam assure la première partie de The Clash, un autre groupe de musique, lors de la tournée White Riot de 1977. On raconte que Joe Strummer, dans une conversation avec Paul Weller, lui conseilla d'écrire des chansons sur des thèmes de société et de politique qui le touchaient.

Le single In The City permet à The Jam d'entrer dans le top 40 anglais en mai 1977, et ce sera de nouveau le cas pour tous les singles suivants. Il faudra attendre deux ans et huit singles pour que The Eton Rifles entre au top 10 (3 en novembre 1979).

Leur style pop et politiquement engagé leur assure une popularité croissante : en 1980, ils atteignent pour la première fois la tête des ventes avec ce que beaucoup considèrent comme la meilleure chanson de Paul Weller, Going Underground. On raconte que le succès de cette chanson fut un véritable hasard : il était prévu qu'elle sorte en face B. Quoi qu'il en soit, The Jam - et Weller en particulier - atteignent le rang de stars en Angleterre grâce à cette chanson. Weller était très influencé par ses groupes préférés des années 1960 comme The Kinks, The Small Faces et The Who, dont l'influence est très perceptible dans la musique de The Jam. Il trouvait également l'inspiration dans le travail d'autres artistes : par exemple, la ligne de basse du single Start! est inspirée de celle de Taxman des Beatles. Leur troisième titre à arriver en tête des ventes, Town Called Malice, qui a renoué avec le succès en se trouvant sur la bande originale du film Billy Elliot en 2001, reprend la ligne de basse d'un titre de Martha Reeves & the Vandellas I'm ready for love.

Au début des années 1980, The Jam devient l'un des plus importants groupes du Royaume-Uni. Excepté les Beatles, c’est le seul groupe à jouer deux chansons, Town Called Malice et Precious, dans la même édition de l'émission Top of the Pops (Oasis et Manic Street Preachers feront de même quelques années plus tard). Le single That's Entertainment atteint la au Royaume-Uni alors qu'il n'est même pas sorti dans ce pays (un nombre très important de personnes l'ayant acheté en import d'Allemagne, pays où il était sorti).

Malgré cela, Weller, désireux d'explorer d'autres horizons musicaux, décide qu'il ne peut plus continuer au sein du groupe. À la fin de l'année 1982, Weller secoue la presse et les fans - ainsi que ses acolytes Buckler et Foxton - en annonçant la fin de The Jam. En une semaine, leur dernier single Beat Surrender devient leur quatrième 1 au Royaume-Uni, ce qui était encore rare à l'époque. Leurs concerts d'adieux à Wembley se jouent tous à guichet fermé. Leur dernier concert a lieu à Brighton le .

Au début de l'année 1983, lorsque The Jam se sépare, la presse et le public s’interrogent sur l’avenir musical de Paul Weller. La réponse prend la forme d'une collaboration avec un ami claviériste, Mick Talbot, qui avait joué au sein du groupe The Merton Parkas, avec qui il forme un nouveau groupe : The Style Council. Ils sont rejoints à la batterie par Steve White, alors tout juste âgé de seize ans. Très différent de The Jam, The Style Council varie les styles : de la pop au jazz, de la soul et quelques balades. Le groupe est à l'origine d'un renouveau jazz/pop qui verra émerger des groupes comme Matt Bianco, Sade, et Everything but the Girl (dont les membres Tracey Thorn et Ben Watt jouent sur Paris Match, une chanson de The Style Council). La musique de The Style Council n'est cependant pas totalement étrangère à l'esprit de The Jam : un de leurs premiers singles, A Solid Bond In Your Heart, avait été écrit et enregistré à l'époque de The Jam. Et alors que The Bitterest Pill (I Ever Had to Swallow) est souvent qualifiée de chanson de The Style Council qui se fait passer pour du The Jam, on dit de la chanson Walls Come Tumbling Down! (1985) que c'est une chanson de The Jam déguisée en The Style Council.

Même si The Style Council ne connut jamais le succès de The Jam, Weller est au sommet de sa popularité au milieu des années 1980. Il contribue à l'album de charité Do They Know It's Christmas en 1984. À la même époque, il monte son propre groupe caritatif, The Council Collective, et enregistre Soul Deep dans le but de récolter des fonds pour les mineurs grévistes. La chanson est diffusée à la BBC et jouée à Top of the Pops malgré son contenu très engagé et politique ("Nous ne pouvons pas laisser le gouvernement gagner, cela signifierait la mort des syndicats").

Malgré leur succès national, The Style Council ne parvient pas à devenir plus célèbre que The Jam à l'étranger. Vers la fin des années 1980, leur popularité au Royaume-Uni commence à décroître. Pour la première fois de sa carrière, Weller se trouve plus ou moins dans l'ombre, et la fin sonne pour The Style Council quand en 1989 leur maison de disques refuse de sortir leur cinquième et dernier album studio Modernism-A New Decade. Sûrement révélatrice de l'impatience grandissante du public à voir revenir Weller, la chanson de Tears for Fears Sowing The Seeds of Lovela contient dans ses paroles la phrase "Kick out the Style, bring back the Jam" ("Virez le Style, on veut le Jam") .

Carrière solo

En 1989 Paul Weller dissout The Style Council devant le refus de sa maison de disques de publier l'album totalement instrumental A new decade (finalement publié au Japon et dans le coffret de l'intégrale) et se retire de la vie publique pendant quelque temps, avant de revenir sur le devant de la scène en tant qu'influence majeure de la musique anglaise du milieu des années 1990. Il produit lui-même son premier album solo, sobrement intitulé Paul Weller.

Avec son ami le batteur Steve White qui joue avec lui depuis le début du Style Council, Paul Weller devient une référence du mouvement britpop (qui a pour figure de proue des groupes comme Oasis et Blur). Oasis avoue d'ailleurs avoir été largement influencé par The Jam et Noel Gallagher cite toujours Paul Weller en tête de ses influences (« Je voulais être Paul Weller ou Ian Brown », déclare-t-il).

Weller assure d'ailleurs la guitare et les chœurs sur leur titre « Champagne Supernova » (sur l'album (What's The Story) Morning Glory ? de 1995, disque britpop par excellence). À cette époque la musique de Weller tend aussi vers la scène acid jazz alors émergente, son titre « Wildwood » est d'ailleurs remixé par Portishead. Noel Gallagher apparaîtra sur l'album Stanley Road de Paul Weller, il y joue de la guitare et chante des chœurs sur la reprise de Dr. John « I Walk On Gilded Splinters ».

C'est l'album Wildwood qui va le ramener définitivement sur le devant de la scène et l'amener à devenir une référence en matière de songwriting anglais à côté d'artistes comme Ray Davies et Pete Townshend. On y voit l'album d'un homme moins citadin, plus pastoral… En 1995, Stanley Road le ramène tout en haut des charts anglais. C'est un disque plus marqué par le rhythm and blues anglais et où on constate le retour en force de la guitare. S'y trouvent des titres comme « Broken stones », très rarement absente des setlists dans un nombre de version incalculables (du piano/voix au « tout guitares ».) En 1997, Heavy soul est un album dur, qui correspond à une période plus difficile de la vie personnelle de Paul Weller, parfois cité comme l'album du divorce et de la colère. En 2000 sur l'album Heliocentric, à l'inspiration totalement renouvelée, Weller explorant des rythmes et des lignes inconnues jusque-là. Il avouera qu'il a dû aller chercher « plus loin » ces titres-là. L'album Illumination suit en 2002 (septembre).

Weller ne reste jamais longtemps sans jouer live, même quand il dit s'accorder une année de repos. Cette année (2007), pendant laquelle il ne devait rien faire, il publie un single (« Wild blue yonder »), collabore avec Andy Lewis, Gabrielle, Steve Cradock et assure une « petite » tournée automnale. 2008 devrait être l'année de la publication du premier double album de Weller. Il n'a jamais annoncé qu'il prendrait sa retraite, il a même annoncé qu'il ne se retirerait jamais de la scène.

Weller peut compter sur la ferveur incroyable de « son » public sur ses terres. Une liste de diffusion lui est consacrée (The Splinters, en référence à un album de promotion destiné à la presse, Morewood, little Splinters) et il ne cesse de recevoir des récompenses telles que le « Outstanding contribution to music » aux Brit Awards. Tout est filmé, récupéré, rediffusé avec l'accord tacite de Paul Weller qui n'a jamais poursuivi qui que ce soit pour diffusion de matériel enregistré en concert. Les albums dits « bootlegs » des Jam sont aussi connus des fans que les albums officiels. Il a notamment joué des reprises telles que « Don't go to strangers » ou encore « Heard it through the grapevine » au Jools Holland show avec Amy Winehouse.