Le rugby à XIII en France est pratiqué depuis 1934, lorsqu’il est introduit par l’ancien international de rugby à XV Jean Galia, qui organise la première tournée de démonstration et amène la création de la Fédération française de rugby à XIII (alors appelé « Ligue Française de rugby à XIII »). Rapidement implantée dans le Sud-Ouest, la discipline connaît un essor marqué grâce aux performances de l’équipe de France, finaliste des Coupes du monde 1954 et 1968 et victorieuse de plusieurs Coupe d'Europe des nations.

Son développement est toutefois brutalement interrompu sous le régime de Vichy, qui interdit le rugby à XIII en 1941, confisque ses biens et les transfère au rugby à XV. Après la guerre, la discipline est réautorisée mais reste marginalisée : de 1944 à 1993, sous pression des instances du XV, elle est contrainte d’utiliser l’appellation « jeu à XIII », jusqu’à une décision de la Cour de cassation rétablissant l’usage du terme « rugby ».

Aujourd’hui, le rugby à XIII s’organise autour de compétitions nationales (Super XIII, Élite 2, Division nationale, championnats féminins et juniors) et bénéficie d’une visibilité internationale grâce aux Dragons Catalans et au Toulouse Olympique XIII, tous deux engagés en Super League. La France demeure une nation historique du XIII, avec une sélection masculine titrée en Europe, une équipe féminine en développement et un ancrage régional fort en Occitanie et en Provence.

Histoire

Les années 1930 : la naissance du XIII en France

Depuis 1931 le rugby à XV français vit une période très creuse à la suite du renvoi du XV français du Tournoi des Cinq Nations. En effet le « Board » anglo-saxon décide de bannir le XV français pour « violence » et « amateurisme marron » (shamateurism selon les Britanniques).

Le rugby à XIII étant déjà implanté en Angleterre depuis 1896, les treizistes d'outre-Manche estiment que la période est propice à l'envoi d'un corps expéditionnaire sur le continent. Leur correspondant français est Jean Galia, homme d'affaires en devenir qui vient d'être radié par la fédération française de rugby à XV pour "fait de professionnalisme". Avec l'appui de contacts locaux, dont des journalistes et d'éventuels sponsors, un match de démonstration de rugby à XIII est organisé sur le territoire français pour promouvoir ce sport.

Le , stade Pershing à Paris et devant près de , l'Australie bat l'Angleterre 63 à 13.

À la suite de cet événement fondateur, Jean Galia constitue une sélection de seize rugbymen français désireux de faire une tournée d'initiation en Angleterre. Cette formation s'appelle « les Pionniers » (ou Galia's Boys par les Anglais). La tournée débute le et dure presque un mois. Les Français rentrent au pays avec une victoire sur six matchs, ce qui est déjà très bien pour une équipe composée essentiellement de quinziste.

Le , est créé la ligue française de rugby à XIII (aujourd'hui appelé fédération française de rugby à XIII) avec comme président François Cadoret. Une semaine après, le , la première rencontre entre la France et l'Angleterre est organisée. Les Anglais l'emportent sur les tricolores 32 à 21 au stade Buffalo de Montrouge, devant enthousiastes.

De mai à , dix clubs professionnel et dix-neuf clubs amateur sont créés. Une partie de ces clubs est constituée des anciens clubs quinziste et l'autre partie est l'œuvre d'ex-dirigeants quinzistes, attirés par ce jeu qui permet le professionnalisme.

En , dix clubs se disputent le premier championnat de France et la première coupe de France. Sur ces dix clubs on peut trouver des clubs existant encore actuellement, comme : le XIII Catalan, l'US Lyon-Villeurbanne XIII, le RC Roanne et le SA Villeneuvois XIII.

Le champion 1935 est le SA Villeneuvois XIII vainqueur aux points du premier championnat disputé en France, avec 14 victoires, 3 nuls et 1 défaite. Le premier vainqueur de la coupe de France est l'US Lyon-Villeurbanne XIII.

Lors de l'immédiat avant-guerre, ce jeune sport connaît un engouement particulier favorisé par la situation pénible du XV, la conversion d'une partie de la presse et de la classe politique, autant que par son propre dynamisme. En 1939 la France remporte sa première coupe d'Europe des nations devant l'Angleterre et le Pays de Galles. Le match décisif France - Galles est disputé à Bordeaux sur le nouveau stade Municipal de Lescure, inauguré pour la Coupe du Monde de football l'année précédente, devant (stade comble).

Les années 1940 : le régime de Vichy

C'est à la fois l'extrême violence de plusieurs rencontres de rugby à XV en France et la suppression des relations entre le rugby à XV britannique et français (due à l'amateurisme marron existant dans de nombreux clubs quinzistes français) qui expliquent la très forte diminution des effectifs de la FFR XV: elle périclita de 784 clubs en 1930 à 663 en 1934 et 558 en 1939. De nombreux clubs quinzistes avaient arrêté purement et simplement le rugby et de nombreux autres rejoignaient le rugby à XIII.

Le , le régime pétainiste de Vichy et les rancunes quinzistes interdisent le rugby à XIII pendant l'occupation allemande. Il faut attendre la libération d'une grande partie de la France et le pour que la Ligue Française de Rugby à XIII renaisse de ses cendres à Toulouse. Pendant ces longues années, une grande partie des joueurs, dirigeants et supporters sont retournés à XV pour pouvoir pratiquer leur métier ou leur passion.

Ces quatre années d'absence n'ayant pas suffisamment stoppé l'expansion du rugby à XIII, le gouvernement et la FFR XV firent pression sur la ligue française de rugby à XIII pour qu'elle change de nom. C'est à la fin des années 1940 que la ligue française de rugby à XIII est renommée en fédération française de jeu à XIII. À noter que chez les autres grandes nations treizistes tel que l'Australie ou l'Angleterre, le nom n'a pas changé. Il s'agit juste d'un problème français.

Tout ceci n'empêche pas l'équipe de France de remporter une nouvelle coupe d'Europe des nations en 1949, grâce notamment à Puig-Aubert.

Les années 1950 : la période de gloire 150 px|thumb|left|Maillot de l'équipe de France de rugby à XIII en 1951.

En 1951, le XIII de France des Puig-Aubert, Jean Dop, Brousse et Cantoni magistralement guidé par Robert Samatan, Jean Duhau et Antoine Blain atteint son zénith. Lors de la tournée du XIII de France en Australie et en Nouvelle-Zélande, les Australiens découvrent ce qu'ils considèrent aujourd'hui encore comme la plus grande équipe de tous les temps vu les 20 victoires, 3 nuls et 4 défaites de la tournée. À leur retour d'Australie, plus de les acclamèrent dans les rues de Marseille.

Lors de la même année, la France remporte la coupe d'Europe des nations pour la troisième fois de son histoire. Le français Puig-Aubert se révèle être l'un des plus grands arrières de tous les temps. Il est élu cette année-là, par le journal l'Équipe, sportif de l'année en France.

En 1952, la France remporte pour la deuxième année consécutive la coupe d'Europe des nations et ce pour la quatrième fois depuis son existence.

Lors de la coupe du monde 1954, qui est d'ailleurs la première coupe du monde en rugby, et de plus organisée en France, la France a fini finaliste face à la Grande-Bretagne la finale étant disputée au Parc des Princes devant (défaite 12 à 16).

Avec deux coupes d'Europe des nations et une finale en coupe du monde la France vient de vivre ses plus belles années.

Organisation

thumb|250 px|Cartographie du rugby à XIII en France (2024) Fondée le , la fédération française de rugby à XIII (FFR XIII) est l'instance gérante le rugby à XIII en France. Cette fédération, dirigée par Dominique Baloup depuis Septembre 2023, successeur de Luc Lacoste, démissionnaire pour des raisons de santé, il a à sa charge l'équipe nationale et préside les différentes compétitions du territoire français. En 2015, la FFR XIII comptabilise au total plus de 140 clubs différents . La FFR XIII est à la tête de six ligues régionales qui sont également partagées en plusieurs comités départementaux : La ligue Midi-Pyrénées Comité de l'Ariège (09) Comité de l'Aveyron (12) Comité de la Haute-Garonne (31) Comité du Lot (46) Comité du Tarn (81) La ligue Languedoc-Roussillon Comité de l'Aude (11) Comité de l'Hérault (34) Comité des Pyrénées-Orientales (66) La ligue PACA Comité des Bouches-du-Rhône (13) Comité du Vaucluse (84) La ligue Aquitaine Comité de la Gironde (33) Comité de la Loire-Atlantique (44) Comité du Lot-et-Garonne (47) Comité des Pyrénées-Atlantiques (64) La ligue Île-de-France Comité de Paris (75) Comité de l'Essonne (91) Comité des Hauts-de-Seine (92) La ligue Rhône-Alpes Comité de la Loire (42) Comité du Rhône (69)

Villes comptant au moins un club.

Surnommé le « rugby village » en France, il n'y a que 23 départements sur les 96 que compte la France métropolitaine dans lesquels on peut pratiquer ou voir du rugby à XIII. On peut également remarquer une concentration importante dans seulement 6 départements dont 5 dans la partie Sud Ouest du pays (les Pyrénées-Orientales, l'Aude, le Tarn, la Haute-Garone, le Lot-et-Garone et le Vaucluse dans la région Sud Est. Cette concentration souligne l'absence de grandes métropoles Françaises au plus haut niveau, cela peut expliquer en partie la faible médiatisation de ce sport en France aujourd'hui.

En effet, le rugby à XIII est pratiqué dans seulement 10 des 42 villes françaises de plus de 100 000 Habitants (Paris, Marseille, Lyon, Toulouse, Nice, Nantes, Montpellier, Bordeaux, Toulon et Perpignan) mais uniquement deux d'entre elles présentent un club professionnel ou en Elite, Toulouse et perpignan.

L'équipe nationale

thumb|left|Équipe de France face aux Samoa en 2008. L'équipe de France de rugby à XIII, surnommée les « Tricolores », est l'équipe qui représente la France dans les principales compétitions internationales de rugby à XIII. Elle est considérée comme l'une des meilleures sélections nationales au monde.

En mars 2009, elle s'est classée cinquième au classement des équipes nationales de rugby à XIII Australia retains world ranking ahead of New Zealand, rleague.com, malgré sa mauvaise performance à la coupe du monde de rugby à XIII 2008 où elle termina et dernière de la compétition.

Le , la Rugby League International Federation invite l'équipe de France pour le prochain tournoi des Tri-Nations qui aura lieu en 2009. Ce tournoi prend pour nom "Tournoi des Quatre Nations" et est organisée pour l'occasion en France et en Angleterre.

Au niveau de son palmarès, la France compte au total sept coupes d'Europe (1939, 1949, 1951, 1952, 1977, 1981 et 2005) et deux finales en coupe du monde (1954 et 1968).

Une grande partie des joueurs de l'équipe de France est issue des Dragons Catalans et du Toulouse olympique XIII.

Le Paris Saint Germain Rugby League (1996-1997)

vignette Le Paris Saint-Germain Rugby League était un club français de rugby à XIII qui évolua deux saisons en Super League (1996 et 1997) afin de donner un cachet « européen » et pas seulement anglais à ce championnat de Super League.

Le , en ouverture de la Super League et pour son premier match, le PSG-RL bat Sheffield 30 à 24, devant .

Le club finira avant-dernier du championnat, évitant de peu la relégation.

La saison suivante, qui sera la dernière, Le PSG-RL sera composé en majorité d'australiens avec l'apport de quelques joueurs français. Comme durant la saison 1996, le club termina à la place. En , à la suite des difficultés financières et du retrait de ses dirigeants, le PSG-RL devint le Paris Rugby League supporté et dirigé par la FFR XIII.

Cette décision, comme celle de ne pas poursuivre l'expérience analogue de Perth en Australie, a été critiquée non seulement en France mais aussi par les supporters anglais qui résument la situation par « Welcome to the incredible shrinking word of rugby league » (Bienvenue dans le monde incroyable qui rétrécit du rugby à XIII).