est l'indicatif d'appel de tout aéronef de l' dans lequel se trouve le président des États-Unis.
Depuis 1990, la flotte présidentielle comprend deux -200 réaménagés et spécialement équipés afin que le président et son équipe puissent se déplacer de façon souple et sûre tout en gardant le contact avec les responsables civils ou militaires pour ne provoquer aucun retard de réaction en cas de crise. La désignation de l'US Air Force pour ces 747 réaménagés est Boeing VC-25A. Les deux appareils sont différenciés par leur codes d'empennage : « » et « ». Même si se réfère au seul avion de l'US Air Force à bord duquel se trouve le président des États-Unis, ce terme est désormais communément employé pour désigner l'un ou l'autre de ces 747 présidentiels. À partir de 2026, un Boeing 747-400 dénommé VC-25B Bridge les complète.
La flotte présidentielle comprend aussi des (désignation des spécifiques pour l'US Air Force) acquis en 1998, spécialement aménagés et reprenant la livrée présidentielle des 747. Ils sont utilisés en avions de secours ou lorsque le président a besoin de se déplacer dans des endroits où les pistes sont trop courtes pour accueillir les Boeing VC-25A. Ils servent aussi pour le vice-président, la Première dame, des membres du cabinet présidentiel ou certains responsables du Congrès.
Cette flotte présidentielle est entretenue par le , qui fait partie de la de transport aérien de l'Air Mobility Command. Ce groupe est implanté sur la base aérienne d'Andrews à Camp Springs, dans le Maryland, à une quinzaine de kilomètres au sud-est de Washington, DC et de la Maison-Blanche.
Premiers présidents « volants » Avant la Seconde Guerre mondiale, les présidents se déplaçaient peu, les longs trajets et l'absence de communications les isolant trop de la vie politique de Washington. Les rares voyages étaient effectués en train ou le long de la côte Est à bord d'un des yachts des présidents des États-Unis.
L'évolution du transport aérien durant les années 1940 et 1950 ne manqua pas de modifier cette situation. Franklin Delano Roosevelt fut le premier président à se déplacer en avion pour se rendre à la conférence de Casablanca en janvier 1943. L'avion fut choisi car beaucoup plus sûr que le bateau à la portée des sous-marins allemands qui représentaient encore une menace sérieuse dans l'océan Atlantique. L'avion utilisé était un hydravion .
Le premier avion spécialement réaménagé pour le président fut un C-87A Liberator Express, un avion de transport dérivé du bombardier Consolidated B-24. Il fut surnommé (). Toutefois, l'appareil n'a pas été approuvé en raison de certains rapports de sécurité hautement controversés. Il ne servira donc jamais au transport du président, mais plutôt aux hauts dignitaires américains et étrangers. Il fut donc remplacé par un C-54 Skymaster, (« Vache sacrée »), dans lequel Roosevelt se rendit à la conférence de Yalta en février 1945. Cet avion comprenait une partie couchettes, un radio-téléphone et un monte-charge rétractable, le président Roosevelt, handicapé, étant en fauteuil roulant. Le C-87A fut alors principalement destiné au transport de la Eleanor Roosevelt.
Après la mort de Roosevelt au printemps 1945, le vice-président Harry S. Truman lui succéda. Il remplaça le C-54 par une version modifiée d'un C-118 Liftmaster, la dénomination de l'US Air Force du Douglas DC-6, nommé , peut-être en référence à la ville d'origine du nouveau président, Independence dans le Missouri. Ce fut le premier avion présidentiel qui arborait l'emblème de l'aigle américain peint sur son fuselage.
Plus tard, le président Dwight D. Eisenhower introduisit quatre autres avions à hélice pour le transport présidentiel : deux Lockheed C-121 Constellation (VC-121E) nommés et (le nom fut donné par la Mamie Eisenhower d'après la columbine, l'emblême floral du Colorado, son État d'adoption) et deux Aero Commander. Ces derniers seront les plus petits de l'histoire du transport présidentiel américain. Le président Eisenhower fit moderniser la technologie à bord en y ajoutant deux téléphones et un télex air/sol.
C'est sous son mandat qu'un indicatif spécifique fut créé pour l'avion présidentiel. Il intervint après un incident en 1953 où un vol commercial d' (8610) avait le même numéro de vol que l'avion présidentiel (Air Force 8610). Les deux avions s'étant trouvés dans la même zone aérienne, il en résulta une confusion. Après cet incident, l'indicatif unique d'« » pour l'avion de l'US Air Force dans lequel se trouvait le président fut mis en service pour des raisons de sécurité.
Vers la fin de la présidence d'Eisenhower en 1958, l'US Air Force ajouta trois -153 (dénommés Boeing VC-137A et désignés sous les codes SAM 970, 971 et 972, SAM pour Spécial Air Mission) à la flotte présidentielle. Eisenhower devint le premier président à utiliser un , lors de son tour de bonne volonté du au . Il visita onze pays asiatiques, parcourant en dix-neuf jours, soit environ deux fois plus vite qu'il n'aurait pu le faire sur un des Columbine. Plus tard, ces avions recevront de nouveaux réacteurs et seront dénommés Boeing VC-137B ; ils furent affectés à la de transport aérien. Ils n'étaient alors pas à l'usage exclusif du président mais pouvaient aussi être utilisés par des membres du Cabinet présidentiel ou des élus du Congrès américain.
Dès son élection, le président John Kennedy utilisera ces 707 pour des voyages au Canada, en France, en Autriche et au Royaume-Uni. Deux de ces avions sont actuellement exposés au Museum of Flight à Seattle (Washington) et au Pima Air and Space Museum à Tucson (Arizona).
Boeing 707 VC-137
thumb| sur un aéroport. thumb|Personnels du 129 escadron des forces de sécurité de la Garde nationale aérienne de Californie, chargés de la protection d', Moffett Federal Airfield, le 6 juin 2013. Le président Barack H. Obama avait atterri à Moffett avant de se rendre à San Jose pour une déclaration sur l'Affordable Care Act.
En , l'administration Kennedy acheta un C-137 Stratoliner, une version modifiée d'un à long rayon d'action, le premier avion conçu spécialement pour un usage présidentiel et à porter la désormais célèbre livrée bleu et blanc. Il sera connu sous la désignation de Boeing VC-137 et immatriculé SAM 26000 (SAM pour Special Air Mission).
L'US Air Force avait tenté de créer une livrée présidentielle spéciale pour cet avion, de couleur rouge et métal doré avec le nom des États-Unis écrit dans la police de caractères Letter block. Mais Kennedy trouva que l'avion faisait trop « royal » et sur les conseils de sa femme Jacqueline Kennedy, il fit appel au désigner américain d'origine française Raymond Loewy qui participa à la conception d'une version distinctive aussi bien dehors que dedans. Loewy demanda l'avis du président et sa première recherche l'emmena aux Archives nationales américaines. En regardant la première copie de la Déclaration d'indépendance, il vit le nom des États-Unis d'Amérique écrit d'une manière espacée dans une casse haute et une police de caractères nommée Caslon qu'il allait reprendre. Il choisit d'exposer l'aluminium poli sur la partie basse du fuselage et d'utiliser deux bleus distincts : un bleu ardoise associé avec le début de la jeune république américaine et de la présidence, et un bleu cyan plus contemporain pour représenter le présent et l'avenir. Le sceau présidentiel fut ajouté sur les deux côtés du fuselage, près du nez de l'appareil et un grand drapeau américain fut peint des deux côtés de l'empennage. Sur les côtés de l'appareil, on pouvait lire « ». Le travail de Loewy reçut immédiatement l'éloge du président et de la presse, et cette livrée présidentielle allait devenir une icône mondiale. Elle sera adaptée en 1989 aux nouveaux et plus grands présidentiels.
Le Boeing VC-137 SAM 26000 fut livré à la base aérienne d'Andrews, dans le Maryland, le . Le président Kennedy, accompagné de sa femme, l'utilisa pour la première fois en pour se rendre aux funérailles d'Eleanor Roosevelt, à New York. En , il l'utilisa pour se déplacer en Irlande et en Allemagne (dont Berlin-Ouest où il prononça sa très fameuse phrase ). Un mois plus tard, le SAM 26000 battit de vitesse en transportant une délégation américaine à Moscou, dont celui du vol le plus rapide sans escale entre les États-Unis et l'Union soviétique.
Le , c'est également à bord de cet avion que John Kennedy se rendit à Dallas où il allait être assassiné. Après son décès, le vice-président Lyndon B. Johnson, qui était présent dans le cortège, deux voitures derrière celle de Kennedy, prêta serment comme nouveau président à bord d' à l'aéroport de Love Field de Dallas avant que l'avion ne décolle. La dépouille du président Kennedy fut rapatriée dans l'avion. Les pilotes refusèrent que le cercueil soit mis dans la soute et exigèrent qu'il soit placé en cabine par respect pour le président assassiné (depuis pour leurs obsèques nationales à Washington, les cercueils des anciens présidents, Johnson, Nixon, Ford et Reagan, ont tous été transportés en cabine à bord d'un des avions de la flotte présidentielle).
Johnson fera quelques réaménagements intérieurs et sera le président qui utilisera le plus le SAM 26000, parcourant plus de pendant les cinq ans de sa présidence, au point de surnommer « mon petit avion personnel » (). Il voyagea ainsi deux fois au Viêt Nam et réalisa des tournées en Asie en 1968 et 1969. L'année suivante, il entreprit un des plus curieux voyages présidentiels, faisant un tour du monde selon un itinéraire quasiment pas planifié, avec des escales en Californie, Hawaï, Australie, Thaïlande, Sud-Viêt Nam, Pakistan et Rome.
Son successeur Richard Nixon profitera d'une grande inspection technique de l'appareil pour le faire entièrement réaménager et moderniser les équipements à bord. Il fera installer une suite de trois pièces pour lui et sa famille, comprenant une chambre, un salon et une petite cuisine à l'avant. Les sièges pour les membres du Secret Service, l'équipe du président et ses invités se situaient alors à l'arrière de l'appareil.
Le 707 SAM 26000 sera en service de 1962 à 1998, fonctionnant de la présidence Kennedy jusqu'à la présidence Clinton. Il sera toutefois remplacé comme avion principal par un autre Boeing VC6-137, SAM 27000 en 1972. Nixon fut le premier président à l'utiliser et cet avion servira jusqu'à l'arrivée des deux (SAM 28000 et SAM 29000) en 1990. Mais lorsqu'il voyageait en famille, Nixon préférait reprendre l'ancien SAM 26000 qu'il jugeait plus adapté pour cela.
Comme second avion, le SAM 26000 sera utilisé pour le transport du corps de l'ancien président Johnson en 1973 lors des funérailles nationales à Washington. En , il amènera le vice-président George H. W. Bush et les anciens présidents J. Carter et R. Nixon aux obsèques d'Anouar El Sadate en Égypte, le président Reagan ne s'y étant pas rendu lui-même pour des raisons de sécurité. En 1994, Nixon meurt à New York. Son corps sera rapatrié en Californie par le SAM 26000. Celui-ci effectua son dernier vol en 1998 pour rejoindre le à Dayton dans l'Ohio où il est toujours exposé.
Le SAM 27000 raccompagna Nixon de Washington en Californie après sa démission. Ayant décollé avec l'indicatif , il en changera pour l'indicatif Air Force 27000Documentaire de National Geographic, de Peter Schnall, 2001. au-dessus du Missouri, le vice-président Gerald Ford ayant entretemps prêté serment comme président. Sous la houlette de G. Ford, dans un contexte de détournements d'avion et de montée du terrorisme dans le monde, les deux 707 seront équipés de systèmes antimissiles. thumb|Ronald Reagan à bord du SAM 27 000. Remarquez le sceau du président des États-Unis accroché sur la cloison à l'arrière et le blouson bleu . Il est devenu une coutume que chaque fois que le président monte à bord d', il retrouve sur son siège le blouson léger marqué de son nom que porte l'équipage d'.