Dominique Strauss-Kahn (Prononciation en français de France et retranscrite selon la norme API.), dit « DSK », né le à Neuilly-sur-Seine, est un économiste, homme politique et haut fonctionnaire international français.
Il est député français socialiste de la Haute-Savoie puis du Val-d'Oise à partir de 1986, président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale de 1988 à 1991, ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur de 1991 à 1993, dans les gouvernements Cresson et Bérégovoy, et maire de Sarcelles de 1995 à 1997.
Après avoir contribué à la victoire de la gauche plurielle aux élections législatives de 1997, il est nommé ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie dans le gouvernement Jospin. Mis en cause dans des affaires judiciaires en 1999, il démissionne du gouvernement, puis retrouve son mandat de député en 2001, avant de bénéficier d'un non-lieu et d'une relaxe. Candidat à la primaire socialiste de 2006, il est battu au premier tour par Ségolène Royal.
Sur proposition du président français Nicolas Sarkozy, il devient en 2007 directeur général du Fonds monétaire international (FMI). À la tête de l’institution, il est notamment confronté à la crise bancaire et financière mondiale de 2008 et aux débuts de la crise de la dette dans la zone euro.
En , il est mis en cause dans le cadre d'une accusation d'agression sexuelle à New York, ce qui le contraint à quitter la tête du FMI ; il bénéficie finalement d'un non-lieu au pénal, avant qu'un accord financier impliquant le versement de plus d’un million de dollars à la plaignante ne mette fin l'année suivante à la procédure engagée au civil. Il est par la suite mis en cause dans d'autres affaires de mœurs, qui se soldent par un classement sans suite ou une relaxe.
La médiatisation de ces affaires judiciaires discrédite l'hypothèse de sa candidature à l'élection présidentielle de 2012, où il était donné favori pour représenter le Parti socialiste ainsi que remporter la présidence, et met fin à sa carrière politique. Il reprend ensuite des activités dans le secteur privé, en conseillant principalement des gouvernements sur leurs dettes souveraines, et réside depuis au Maroc.
Situation personnelle vignette|Dominique Strauss-Kahn lors de son meeting à Toulouse en 2007.
Origines et enfance Dominique Gaston André Strauss-Kahn naît le à Neuilly-sur-Seine.. Il est le fils de Jacqueline Fellus (1919, Paris – 2006, Le Kremlin-BicêtreDécédée le ; cf. « Jacqueline Strauss-Kahn », Blog maçonnique, 15 novembre 2006.), journaliste au Populaire., d'origine ukrainienne (Odessa) et tunisienne« Du côté maternel, il a des ancêtres à la fois en Tunisie (Fellous, devenu Fellus) et en Russie (Breitman) » ; cf. Jean-Louis Beaucarnot, « La généalogie de DSK », 23 janvier 2008., et de Gilbert Strauss-Kahn (1918, Paris – 1992, Paris), conseiller juridique et fiscal et membre du Grand Orient de France« DSK est-il de droite ? », L'Express, 24 juin 2010..
Du côté maternel, Jacqueline Fellus est la fille de Shemaoun André Fellus (1887, Tunis - décédé), fils de Haim Fellus (vers 1860 – décédé) et Taina Hagège (vers 1860 – décédée), originaires de Tunisie, et de Blanche Breitman.Par la famille Breitman, Dominique Strauss-Kahn est d'ailleurs cousin issu de germains de la comédienne Zabou Breitman. (, Thury – décédée), fille de Grégor Breitman (1859-1914, Herbault) et Tatiana Berkoff (1862-1931, Mennetou-sur-Cher), originaires d'OdessaMichel Taubmann, Roman vrai de Dominique Strauss-Kahn, Éditions du Moment, 2011..
Du côté paternel, Gilbert Strauss est le fils de Gaston Strauss (1875, Bischwiller – 1934, Paris) et d'Yvonne Stengel (1892, Lunéville – 1961, Paris). Après la mort de son père, il est adopté par Marius Kahn (cousin de Gaston), nouvel époux d'Yvonne Stengel, et ajoute à son patronyme celui de son père adoptif.
Issu d'une famille juive (ashkénaze du côté paternel et séfarade du côté maternel)La grand-mère paternelle de Dominique Strauss-Kahn, Yvonne Stengel, était cependant une catholique lorraine.« Le livre qui lance sa campagne », Le Point, 5 mai 2011, 2016, 42-48. installée au Maroc en 1951Vincent Giret, Véronique Le Billon, Les Vies cachées de DSK, Éditions du Seuil, 2000., Dominique Strauss-Kahn grandit à Agadir. La famille quitte le Maroc pour Monaco à la suite du tremblement de terre d'Agadir de 1960..
Vie privée et familiale Après avoir rencontré Hélène Dumas en 1963 (au cours d'un pique-nique sur la plage de Menton avec des élèves du lycée Albert- à Monaco), il l'épouse le à Savigny-sur-ClairisActe de naissance de l'année 1967 établi à Savigny-sur-Clairis.. et ils ont ensemble trois enfants : Vanessa (1973), Marine (1976) et Laurin (1981).
Il divorce, puis se remarie en 1986 avec Brigitte Guillemette (morte le d'un cancer, à l'âge de 67 ans), alors PDG du Groupe Corolle, par la suite devenu filiale du groupe Mattel. Avec elle, il a une autre fille : Camille, née en 1985.
À nouveau divorcé en 1989, il épouse en troisièmes noces, le , Anne Sinclair, alors journaliste à TF1 et présentatrice de l'émission politique télévisée 7 sur 7, elle-même divorcée du journaliste Ivan Levaï. Les témoins des mariés sont pour Anne Sinclair la philosophe Élisabeth Badinter et la productrice Rachel Kahn (épouse de Jean-François Kahn), pour Dominique Strauss-Kahn son père Gilbert et son ami Lionel Jospin. Le couple Strauss-Kahn, qui possède un riad à Marrakech, au Maroc, est également le propriétaire de l'hôtel Dyel des Hameaux, situé au 13 place des Vosges, dans le arrondissement de Paris.
En , plus d'un an après le début de l’affaire du Sofitel de New York et cinq mois après la révélation de l'affaire du Carlton, la presse annonce la séparation du couple ; l’information est confirmée par Anne Sinclair le mois suivant. Leur divorce est officiellement prononcé en .
Le sexagénaire monte les marches du festival de Cannes de mai 2013 au bras de sa nouvelle compagne, Myriam L'Aouffir. L'existence de leur relation a été révélée en 2012.. En , après cinq ans de vie commune, le couple se marie..
La presse révèle en que Dominique Strauss-Kahn serait le père d'un enfant prénommé Darius, né en 2010 et issu d'une liaison avec une femme travaillant dans un grand laboratoire médical.
Études et formation Dominique Strauss-Kahn effectue ses études secondaires à Monaco, au lycée Albert-, et à Paris, au lycée Carnot. Il obtient son baccalauréat en 1966..
Après un échec en 1967, il réussit en 1968 le concours d'entrée d'HEC Paris. En 1970, en parallèle à sa troisième année à HEC, il entre à l'IEP de Paris (Sciences Po) et entame des études de droit à l'université Paris-Nanterre (Paris-X) et de statistiques à l'université Pierre-et-Marie-Curie (ISUP), actuelle Sorbonne Université. En 1971, il est diplômé d'HEC, puis, en 1972, obtient le diplôme de l'IEP de Paris (section service public)., une licence en droit (Paris-X) et une maîtrise de statistiques (Paris-VI).
Il s'inscrit ensuite en école doctorale auprès de l'université de Paris-X et, trois ans plus tard, obtient un doctorat en sciences économiques à Paris-X. Sa thèse de doctorat est ensuite publiée aux PUF en 1977, sous le titre Économie de la famille et accumulation patrimoniale..
Toujours en 1975, Dominique Strauss-Kahn est recalé dès l'écrit au concours d'entrée de l'École nationale d'administration (ENA). Dans un entretien accordé à Challenges en 1997, il déclare : « L’ENA est une école de pouvoir avec très peu de fond. L’énarque est une espèce de militaire qui a appris à régner sur l’administration. »
En plus du français, il maîtrise plusieurs langues : l'allemand et l'anglais, qu'il parle couramment, l'espagnol et l'italien« DSK-Aubry : tous les sépare », L'Express, 15 décembre 2010..
Carrière professionnelle Après son échec à l'ENA, il est recruté en tant qu'assistant à l'université de Paris-X puis devient maître-assistant au sein de cette même université. Il est reçu au concours d'agrégé des facultés en économie en 1977 et est nommé maître de conférences, puis professeur des universités, à l'université Nancy-II, avant sa mutation à l'université Paris-X en 1981. L'année suivante, il rejoint les services du Commissariat au Plan comme chef de service du financement, puis comme commissaire général adjoint, jusqu'à son élection à l'Assemblée nationale en 1986. Il cesse ses enseignements durant cette période. Il fait de même en 1991, lors de sa nomination au gouvernement. Après sa défaite aux élections législatives de 1993, il crée le cabinet DSK Consultants et devient avocat d'affaires. Après sa démission du gouvernement Lionel Jospin, il reprend ses fonctions universitaires et est nommé en 2000 maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, où il enseigne la microéconomie et la macroéconomie.
De 1985 à 1991, il dirige cinq thèses concernant l'économie et les finances à l'université Paris-X..
Il enseigne également à l'ENA et à l'université Stanford aux États-Unis en tant que professeur invité.
Il travaille au Centre de recherche sur l'épargne, où il se lie notamment d'amitié avec André Masson, actuel directeur de recherche au CNRS à l'École d'économie de Paris (EEP), et Denis Kessler, futur vice-président du MEDEF. Ce dernier devient son assistant à Nanterre, puis le remplace en 1982 à la direction de son laboratoire de recherche, alors qu'ils écrivent ensemble L'Épargne et la retraite.
Parcours politique Débuts Proche du Parti communiste français (PCF), il s'en éloigne « en apprenant l'économie », selon ses termesHervé Gattegno, « À la recherche du strauss-kahnisme », Le Point, 2004, 10 février 2011, 40.. Il déclare en 2010, en faisant référence à ses études : « À partir de 1972, je vois que le communisme ne tient pas la route. Plus j’appréhende la complexité de l’économie, plus je perçois le caractère simpliste des thèses communistes en contradiction totale avec mon travail. ».
Il adhère en 1976 au Parti socialiste. Après un court passage au CERES de Jean-Pierre Chevènement, il se rapproche de Lionel Jospin, premier secrétaire du PS, qu'il conseille à partir de 1981. Il est secrétaire national du PS, chargé des études et du programme (1986-1988), puis de l'économie et des finances (1988-1989).
Les militants socialistes de la Haute-Savoie rejettent sa candidature en vue des élections législatives de 1986, mais celle-ci est imposée par la direction nationale ; il est finalement élu député au scrutin proportionnel plurinominal le . Deux ans plus tard, il quitte la Haute-Savoie pour se présenter dans la circonscription du Val-d'Oise, où il est élu au second tour. Il devient alors président de la commission des Finances.
À l'automne 1988, il participe à l'examen du projet de loi du gouvernement Michel Rocard qui vise à réintroduire l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Alors que le Premier ministre propose de plafonner le montant de l'ISF et de l'impôt sur le revenu à 80 % des ressources d'un ménage, Dominique Strauss-Kahn cosigne un amendement pour un bouclier fiscal à 70 %« ISF : ça s'en va et ça revient », Challenges, 25 novembre 2010..
vignette|Dominique Strauss-Kahn dans les années 1990.
En 1991, le président François Mitterrand le nomme ministre délégué à l'Industrie et au Commerce extérieur dans le gouvernement Cresson... Il conserve ce poste dans le gouvernement Bérégovoy, qui prend fin après les élections législatives de 1993, perdues par la gauche.
Au second tour des élections législatives de 1993, recueillant 48,8 % des suffrages exprimés, Dominique Strauss-Kahn perd son mandat de député dans la circonscription de Sarcelles et Garges-lès-Gonesse au profit de Pierre Lellouche. Cette même année, Michel Rocard décide de relancer le « groupe des experts du PS », créé par Claude Allègre, et lui en confie la présidence. Désormais privé de mandat, contrairement à certains députés (issus de la fonction publique et pouvant donc y retourner), l'ancien ministre crée alors le cabinet d'avocat DSK Consultants.