Les Jeux olympiques d'hiver de 1988, officiellement connus comme les olympiques d'hiver, ont lieu à Calgary au Canada du 13 au . L'Association de développement olympique de Calgary créée en 1957 prépare des candidatures pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 1964 puis de 1968, toutes deux en vain. Calgary obtient l'organisation des Jeux d'hiver de 1988 lors de sa troisième candidature en s'imposant face aux villes de Falun en Suède et Cortina d'Ampezzo en Italie. Le Canada accueille les Jeux olympiques pour la deuxième fois après les Jeux d'été de 1976 à Montréal et, après huit candidatures, ses premiers Jeux d'hiver. Tous les sites sont situés à Calgary à part le Centre nordique de Canmore, qui accueille les épreuves de ski de fond et de biathlon, et la station de Nakiska, qui reçoit celles de ski alpin. Le comité d'organisation est aidé par des contributions des gouvernements du Canada, de la province de l'Alberta et de la ville de Calgary pour financer les Jeux. Grâce à un contrat de télédiffusion d'un montant record signé avec la chaîne américaine ABC, il obtient un bénéfice.

Les Jeux rassemblent de , ce qui constitue un record à l'époque pour les Jeux d'hiver. Ils participent dans six sports et dix disciplines qui regroupent officielles, soit 7 de plus qu'en 1984. De plus, le curling, le patinage de vitesse sur piste courte, le ski acrobatique et le ski pour handicapés figurent au programme en tant que démonstrations. Ces Jeux d'hiver sont les premiers à s'étendre sur seize jours. Six nations font leurs débuts aux Jeux d'hiver : les Antilles néerlandaises, les Fidji, Guam, le Guatemala, les Îles Vierges des États-Unis et la Jamaïque. En revanche, ces Jeux marquent les dernières participations de l'Union soviétique avant sa dislocation et de l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest avant leur réunification.

Le Finlandais Matti Nykänen devient le premier athlète à remporter les deux épreuves individuelles de saut à ski et obtient également l'or dans l'épreuve par équipes, disputée pour la première fois. Il est l'athlète le plus médaillé de ces Jeux en compagnie de la Néerlandaise Yvonne van Gennip, qui s'adjuge trois des cinq courses féminines de patinage de vitesse. L'équipe jamaïcaine de bobsleigh à quatre ne termine pas la compétition, mais est très médiatisée et inspire le film Rasta Rockett ; de même, le film Eddie the Eagle est consacré au dernier de l'épreuve de saut à ski. L'Union soviétique domine le tableau des médailles avec 29 récompenses dont 11 en or. Elle est suivie de l'Allemagne de l'Est et de la Suisse qui en gagnent respectivement 25 et 15. Comme lors des Jeux d'été de 1976, le Canada ne remporte pas de médaille d'or. Il termine au du classement. Les compétitions sont perturbées par les conditions météorologiques ; le chinook, vent chaud issu des Montagnes Rocheuses provoque le report de et les températures varient de -28 à Celsius. Les Jeux olympiques laissent d'importantes retombées économiques et sportives. Vingt-cinq ans après leur déroulement, les cinq sites construits pour les épreuves olympiques sont toujours utilisés tant par les meilleurs athlètes canadiens que par les sportifs amateurs.

Sélection de la ville hôte

Après les échecs de Montréal pour obtenir les Jeux d'hiver de 1932, de 1936 et de 1956, l'Association de développement olympique de Calgary (, CODA) est créée en 1957 afin de préparer la première candidature de Calgary, pour ceux de 1964. Cette ville perd alors contre Innsbruck, en Autriche, qui obtient sur 58 parmi les membres du Comité international olympique (CIO). À nouveau candidate pour les Jeux d'hiver de 1968, Calgary perd cette fois de peu contre Grenoble, en France, qui gagne par contre 24 au troisième tour. Pour les Jeux d'hiver de 1972, la CODA envisage d'organiser la compétition dans le parc national de Banff, proche de Calgary, mais des organisations environnementales craignent que les Jeux ne provoquent des dégâts environnementaux irréparables. Cette candidature échoue alors contre la ville japonaise de Sapporo par contre 16 au premier tour. Après ces trois échecs, la CODA est dissoute en 1968 quand Vancouver est choisie comme candidature canadienne pour les Jeux d'hiver de 1976. Vancouver n'obtient pas les Jeux de 1976 et se retire juste avant le vote pour ceux de 1980.

Recréée en 1978, la CODA prépare une candidature de Calgary pour les Jeux d'hiver de 1988. Elle est soutenue par des personnalités de l'économie et de la politique locales qui dépensent de dollars canadiens pour promouvoir cette candidature. En 1979, le Comité olympique canadien préfère Calgary à Vancouver, qui proposait un budget presque trois fois moins élevé, comme candidature canadienne. Le projet obtient également le soutien de la population locale, sur les que compte Calgary adhérant à la CODA, ainsi que de l'état canadien qui a l'intention de consacrer de dollars aux Jeux. Il s'agit de la huitième candidature canadienne pour les Jeux d'hiver et de la troisième de Calgary. Le , la session du CIO se tient à Baden-Baden, en Allemagne de l'Ouest. La candidature de Calgary se trouve face à celles de Cortina d'Ampezzo en Italie, qui a organisé les Jeux d'hiver de 1956, et de Falun en Suède. Au deuxième tour, la ville canadienne est préférée à la candidature suédoise par contre 31. Calgary devient ainsi la deuxième ville hôte des Jeux olympiques au Canada après Montréal lors des Jeux d'été de 1976 et la première ville du pays à accueillir les Jeux d'hiver.

Organisation Le Comité d'organisation des Jeux Olympiques d'hiver (Olympiques Calgary Olympics, OCO) est mis en place en . Son président est Bill Pratt et il est composé de huit groupes : haute direction, communications, finances, commercialisation, préparation des activités, sports, services aux dignitaires, employés, bénévoles et contractuels, et technologie. Un vice-président est à la tête de chacun des groupes à part la haute direction. Le conseil d'administration de l'OCO, présidé par l'ingénieur chimique et pétrolier Frank King, s'assure du bon déroulement des Jeux. Il est composé de et comprend notamment des avocats, des juges, des hommes d'affaires et des politiciens. Au total, l'OCO compte et au début des Jeux.

Aspects économiques Dans la candidature et pendant la construction des infrastructures, les organisateurs soulignent que les Jeux de Calgary ne provoqueraient pas les mêmes problèmes financiers que les Jeux d'été de 1976 à Montréal, qui ont laissé un déficit de presque un milliard de dollars canadiens. Plusieurs années avant les Jeux, le comité d'organisation prévoit déjà d'engranger un bénéfice qui sera finalement de .

Les infrastructures et aménagements pour les Jeux de Calgary coûtent au total de dollars canadiens. Le gouvernement canadien fournit de dollars provenant de la vente de pièces et de timbres produits pour les Jeux et d'un fond alimenté par les loteries provinciales. La province de l'Alberta finance les installations pour de dollars puisés dans le fonds du patrimoine albertain et la ville de Calgary investit quant à elle de dollars. Les dépenses du comité d'organisation des Jeux sont de de dollars dont de frais d'exploitation, pour les installations, pour la technologie et pour le marketing. Les recettes atteignent de dollars. Elles proviennent en grande partie des droits de télédiffusion, qui sont de , alors que les sponsors rapportent et la vente des billets . Le comité d'organisation obtient donc un bénéfice de de dollars.

Le site sportif le plus cher est le Saddledome olympique, qui accueille les épreuves de hockey sur glace et de patinage artistique. D'abord budgété à de dollars, sa construction coûte finalement versés par les gouvernements du Canada, de l'Alberta et de Calgary et par le comité d'organisation. Cette augmentation de 13 % provoque une controverse parmi le public et une enquête interne est menée. Le Parc olympique du Canada, qui contient notamment les tremplins de saut à ski et la piste de bobsleigh et de luge, représente également un investissement important. L'État canadien prend en charge les de frais. Le gouvernement de l'Alberta finance presque entièrement la construction de trois des principaux sites : la station de ski de Nakiska d'un coût de , le Centre nordique de Canmore qui nécessite un investissement de et l'Anneau olympique coûtant . Le comité d’organisation et le gouvernement de l'Alberta dépensent au total pour la rénovation du Stade McMahon qui accueille les cérémonies d'ouverture et de clôture. Le village olympique de l'Université de Calgary coûte , payés par le comité d'organisation et l'Université tandis que celui de Canmore est financé par la ville pour . Enfin, la ville de Calgary et le comité d'organisation dépensent environ pour l'amélioration du réseau de transports de Calgary.

Marketing vignette|upright=0.7|gauche|alt=Emblème des Jeux, qui représente un flocon de neige rouge stylisé, avec les anneaux olympiques|L'emblème des Jeux représente un flocon de neige stylisé. L'emblème des Jeux est choisi par le comité d'organisation. Il représente un flocon de neige stylisé faisant référence aux Jeux olympiques d'hiver, mais peut aussi être vu comme une feuille d'érable, emblème du Canada. Il est composé de petits C pour Calgary et de grands C pour le Canada et les C entrecroisés rappellent le thème des Jeux : « Rassemblez-vous à Calgary ». Cet emblème est utilisé avec les anneaux olympiques pour la commercialisation et la communication sur les Jeux. Le groupe des communications choisit les ours polaires Hidy et Howdy comme mascottes. Ils débutent à la cérémonie de clôture des Jeux d'hiver de 1984 et font ensuite pendant les précédant les Jeux et 425 pendant les Jeux. Le comité protège les et mots ayant une relation avec les Jeux olympiques en enquêtant auprès de et personnes et en lançant .

Le comité d'organisation dépense plus de de dollars pour le marketing. Le service de la production et de la publicité contrôle l'aspect graphique de toute la documentation du comité d'organisation. Il s'occupe de la publicité dans la presse et du matériel de promotion. Ce service produit notamment un film officiel et publie plus de . Par ailleurs, le service des relations avec les collectivités distribue d'articles gratuits comprenant par exemple des affiches, des brochures et des drapeaux.

Les Jeux sont sponsorisés par qui rapportent environ de dollars au comité d'organisation et qui lui fournissent des services et des biens. En échange, ces entreprises peuvent utiliser les symboles olympiques pour leur publicité et reçoivent des billets pour les compétitions ainsi que des chambres d'hôtels. Parmi les 169 sponsors, 21 grandes entreprises ont le statut de « commanditaires officiels » qui versent chacune au moins deux millions de dollars, pour un total de . Les 157 sociétés canadiennes génèrent 66 % des recettes.

Ventes des billets