vignette|droite|Phénix par Friedrich Justin Bertuch, 1790-1830. La résurrection est le fait de revenir à la vie après la mort. La résurrection des morts (koinè : , anastasis [tôn] nekrôn ; littéralement : « remontée des morts ») est une doctrine commune à plusieurs religions pour lesquelles les morts peuvent être ramenés à la vie. Diverses formes de ce concept peuvent être trouvées dans l'eschatologie chrétienne, islamique, juive et zoroastrienne. Les religions abrahamiques lui accordent une importance variable.

La Bible évoque plusieurs résurrections. Il s'agit de phénomènes surnaturels contraires à la raison et à l'expérience humaines. L'Ancien Testament cite trois résurrections : celle du fils d’une veuve de Sarepta opérée par le prophète Élie1 Rois 17:17-24, celle du fils de la Sunamite (habitante de Sunem) par Élisée2 Rois 4:32-37 et celle d’un homme ayant touché les ossements d’Élisée2 Rois 13 :20,21.

Dans le Nouveau Testament, les trois usages de ce terme concernent la résurrection de Jésus, la résurrection de tous les hommes et la résurrection de quelques personnages identifiés : celle du fils de la veuve de Naïm, par Jésus-ChristLc 7:11-17, celle de la fille de Jaïre, par Jésus-ChristMc 5:21-43, celle de LazareJean 11:38-44, celle de Dorcas (Tabitha), par l’apôtre PierreAc 9:36-42 et celle du jeune homme Eutyche, par l’apôtre PaulAc 20:7-12.

La résurrection dans les religions

La résurrection des morts Le mot « résurrection » vient du latin resurgere qui signifie « se relever, se lever une nouvelle fois ». Il est la traduction du terme grec anastasis. Les traducteurs hébreux du grec ont rendu anastasis par une expression qui signifie « retour à la vie des morts » (transcription de l’hébreu : tchiyath hamméthim).

se sont penchés sur le cycle naturel : naissance, croissance, production, repos, mort. La perception de ce cycle remonte au paléolithiqueRobert Graves, Les mythes celtes : La Déesse blanche, Monaco, Éditions du Rocher, coll. « Gnose », 1979 ; Heide Gottner-Abendroth, The Goddess and her Heros, Stow, Anthony Publishing. Co., 1995..

Le retour du printemps après l'hiver est une allégorie courante de ce cycle.

Des dieux tels que Hercule, Dionysos, etc. sont des dieux qui meurent et qui renaissent chaque année, à l'équinoxe de printemps. D'autres divinités, notamment galloises, renaissent, elles, au solstice d'été (les feux de la Saint-Jean).

Religion chinoise

Religion égyptienne antique vignette|Osiris étant un dieu mort, ses représentations le font voir comme un corps momifié, ici debout tel un être ayant vaincu la mort Selon Jean Prieur, dans la religion égyptienne antique, comme dans la plupart des religions qui ne sont pas judéo-chrétiennes, la croyance veut que la résurrection des morts soit immédiate. Tout de suite après sa mort, le défunt continue à vivre dans l'invisible.

Dans son ouvrage, Jean Prieur cite notamment un texte qui en témoigne, trouvé dans l'ancienne ville d'Akhetaton connue aujourd'hui sous le nom de Tell el-Amarna :« Que j'entre en mon tombeau et que j'en sorte, que je sois au frais à son ombre, que je boive de l'eau chaque jour à ma fontaine, que tous mes membres soient vigoureux ! Que mon âme se pose sur les branches des arbres que j'ai plantés. »

Religion gréco-latine Dans la Mythologie grecque, Dionysos va régulièrement mourir et revenir à la vie. Dans le culte Romain, la figure de Mithra est traditionnellement associé à la résurrection.

Les religions abrahamiques Le concept de résurrection des morts dans les religions abrahamiques est une croyance en une résurrection de tous les morts à la fin des Temps, qui va de pair avec l'idée d'un Jugement dernier.

Judaïsme

Dans le judaïsme, la résurrection est intimement liée au messianisme juif. Généralités vignette|droite| Résurrection des morts, fresque de la synagogue de Doura Europos (Syrie). Bien qu'il n'y ait aucune croyance en la vie après la mort avec récompense ou punition dans le judaïsme avant 200 av. J.-C., dans le judaïsme et le samaritanisme ultérieurs, on pense que le Dieu d'Israël donnera un jour teḥiyyat ha-metim (« la vie aux morts ») aux justes pendant l'âge messianique, et qu'ils vivront pour toujours dans le monde à venir (Olam Ha-Ba). Les Juifs fondent aujourd'hui cette croyance sur le Livre d'Isaïe (Yeshayahu), le Livre d'Ézéchiel (Yeḥez'qel) et le Livre de Daniel (Dani'el). Les Samaritains la basent uniquement sur un passage appelé le Haazinu dans le Pentateuque samaritain, car ils n'acceptent que la Torah et rejettent le reste de la Bible hébraïque.

droite|vignette|upright| La vision d'Ézéchiel : la vallée des ossements desséchés, gravure de Gustave Doré (1866) La résurrection des morts est une croyance fondamentale dans la Mishna qui a été assemblée au début des siècles de l'ère chrétienneJacob Neusner, World Religions in America: An Introduction (2009), : "He who says, the resurrection of the dead is a teaching which does not derive from the Torah....Excluded are those who deny the resurrection of the dead, or deny that the Torah teaches that the dead will live.". La croyance en la résurrection s'exprime en toutes occasions dans la liturgie juive ; par exemple, dans la prière du matin Elohai Neshamah, dans le Shemoneh 'Esreh et dans les services funéraires. Maïmonide en a fait le dernier de ses treize articles de foi : « Je crois fermement qu'il y aura un réveil des morts à un moment qui plaira au Créateur, béni soit Son nom »David Birnbaum, Jews, Church & Civilization, Volume III (Millennium Education Foundation 2005), .La Bible hébraïque évoque trois cas de résurrection : Le prophète Élie ressuscite le fils de la veuve de Sarepta (1 Rois 17: 17-24) Élisée élève le fils de la femme sunamite (2 Rois 4: 32–37); c'était le même enfant dont il avait prédit la naissance auparavant (2 Rois 4: 8-16) Le corps d'un mort qui a été jeté dans la tombe d'Elisée est ressuscité lorsque le corps touche les os d'Elisée (2 Rois 13:21)

Pendant la période du Second Temple, le judaïsme a développé une diversité de croyances concernant la résurrection. Le concept de résurrection du corps physique se retrouve dans 2 Maccabées, selon lequel cela se fera par recréation de la chair2 Maccabees 7.11, 7.28.. La résurrection des morts apparaît également en détail dans les livres extra-canoniques d'Enoch1 Enoch 61.5, 61.2., dans l'Apocalypse de Baruch2 Baruch 50.2, 51.5 et l'Apocalypse d'Esdras. Selon le savant britannique de l'ancien judaïsme Philip R. Davies, il y a « peu ou pas de référence claire… soit à l'immortalité, soit à la résurrection d'entre les morts » dans les textes des manuscrits de la mer MortePhilip R. Davies. "Death, Resurrection and Life After Death in the Qumran Scrolls" in Alan J. Avery-Peck & Jacob Neusner (eds.) Judaism in Late Antiquity: Part Four: Death, Life-After-Death, Resurrection, and the World-To-Come in the Judaisms of Antiquity. Leiden 2000:209.. Josèphe et le Nouveau Testament rapportent tous les deux que les Sadducéens ne croyaient pas à une vie après la mortJosephus Antiquities 18.16; Matthew 22.23; Mark 12.18; Luke 20.27; Acts 23.8. mais les sources varient selon les croyances des Pharisiens. Le Nouveau Testament affirme que les Pharisiens croyaient en la résurrection, mais ne précise pas si cela incluait la chair ou nonActs 23.8.. Selon Josèphe, qui était lui-même un pharisien, les pharisiens soutenaient que seule l'âme était immortelle et que les âmes des bonnes gens se réincarneraient et « passeraient dans d'autres corps », tandis que « les âmes des méchants subiront une punition éternelle »Josephus Jewish War 2.8.14; cf. Antiquities 8.14–15.. Le Livre des Jubilés ne se réfère qu'à la résurrection de l'âme, ou à une idée plus générale d'une âme immortelleJubilees 23.31.

Harry Sysling, dans son étude de 1996 sur Teḥiyyat Ha-Metim dans le Targoum palestinien, identifie une utilisation cohérente du terme « seconde mort » dans les textes de la période du Second Temple et les premiers écrits rabbiniques, mais pas dans la Bible hébraïque.. « La deuxième mort » est identifiée au jugement, suivi de la résurrection de Gehinnom (« Gehenna ») au Dernier JourHarry Sysling, Teḥiyyat ha-metim: the resurrection of the dead in the Palestinian Targums (1996), : "Here the second death is identical with the judgment in Gehinnom. The wicked will perish and their riches will be given to the righteous.".

Le prophète Élie La première résurrection rapportée en I Rois dans la Bible hébraïque est celle réalisée par le prophète Elie sur le fils de la veuve de Sarepta :

L'absence de mort Le prophète Élie lui-même ne meurt pas.

Élie a un précurseur en la personne du patriarche Hénoch, qui disparaît sans mourir au sens strict.

Vision d'Ézéchiel Une description saisissante est la vision des ossements desséchés par Ezéchiel à partir du Sheol, en 37:1-14 :« La main du Seigneur se posa sur moi et le Seigneur me transporta en esprit et me déposa au milieu de la vallée, laquelle était pleine d'ossements. Il me fit avancer près d'eux, tout autour ; or, il y en avait un très grand nombre à la surface de la vallée, et ils étaient tout desséchés. (…) Et il me dit : "Prophétise sur ces ossements et dis-leur : Ossements desséchés, écoutez la parole de l’Éternel ! Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Voici que je vais faire passer en vous un souffle, et vous revivrez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai croître autour de vous de la chair, je vous envelopperai d'une peau ; puis je mettrai en vous l'esprit, et vous vivrez ; et vous reconnaîtrez que je suis l’Éternel. Je prophétisai comme j'en avais reçu l'ordre. Il se fit une rumeur, comme je prophétisais, puis un frémissement, et les os se rapprochèrent en s'ajustant l'un à l'autre. Je vis qu'il y avait sur eux des nerfs, qu'une chair s'était développée et qu'une peau s'étendait par-dessus, mais de souffle, il n'y en avait point encore. Il me dit "Fais appel à l'esprit, fais appel, fils de l'homme, et dis à l'esprit : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Des quatre coins, viens, ô esprit, souffle sur ces cadavres et qu'ils revivent". Et je prophétisai, comme il me l'avait ordonné ; et l'esprit les pénétra, ils vécurent et ils se dressèrent sur leurs pieds, en une multitude extrêmement nombreuse. Alors il me dit : "Fils de l'homme, ces ossements, c'est toute la maison d'Israël (…) et dis-leur : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que je rouvre vos tombeaux, et je vous ferai remonter de vos tombeaux, ô mon peuple ! et je vous ramènerai au pays d'Israël. Et vous reconnaîtrez que je suis l’Éternel, quand j'aurai ouvert vos tombeaux et quand je vous aurai fait remonter de vos tombeaux, ô mon peuple ! Je mettrai mon esprit en vous et vous serez vivifiés, et je vous asseoirai sur votre sol, et vous reconnaîtrez que je suis l’Éternel, - qui ai parlé et qui exécute, dit l’Éternel." »().

Prophétie de Daniel Dans le livre de Daniel, on trouve une mention de la résurrection individuelle mais il n'est pas certain qu'il s'agisse d'une résurrection pour tous.

Qui peut ressusciter, du moins d'après Daniel ?

Les impies demeureront dans le Sheol, ils ne ressusciteront pas. Les apostats et les traîtres connaîtront « l'horreur éternelle » : ils seront réveillés d'entre les morts pour souffrir des tourments sans fin, d'où la possibilité d'un enfer. Les justes et les saints, ressuscités, jouiront de « la Vie éternelle ».

Autres occurrences : « Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; quand je n'aurai plus de chair, je verrai Dieu » Dn 12, 1-4 : « La multitude de ceux qui dorment dans le sol poussiéreux se réveilleront, ceux-ci pour la vie éternelle et ceux-là pour l’horreur éternelle » Is : « Tes morts revivront, comme mon cadavre ils se lèveront. Réveillez vous et chantez vous, vous qui vivez dans la poussière » Ec 12:7 : « Alors la poussière retournera à la terre dont elle vient, et l'âme reviendra à Dieu qui l'a donnée »