Tindouf (en arabe : تندوف ; en berbère : ⵜⵉⵏⴷⵓⴼ) est une commune de l'Ouest de l'Algérie. Elle dépend administrativement de la wilaya de Tindouf, dont elle est le chef-lieu. La ville se situe à km au sud-ouest d'Alger. En 2008, sa population est de habitants, auxquels s'ajoutent réfugiés sahraouis.
Géographie Situation La commune de Tindouf est située à l'extrémité ouest de l'Algérie, dans la région naturelle de la Saoura, à la limite avec le Maroc (à l'ouest), le territoire contesté du Sahara occidental (au sud-ouest) et la Mauritanie (au sud).
Le territoire de la commune est délimité : au nord et au nord-est, par la commune d'Oum el Assel ; à l'est et au sud-est, par la commune de Reggane dans la wilaya d'Adrar ; au sud et au sud-ouest par la frontière mauritanienne ; à l'ouest, par la frontière avec le territoire du Sahara occidental ; à l'ouest et au nord-ouest, par la frontière marocaine.
La ville de Tindouf est située à au sud-ouest de Béchar, à à l'ouest d'Adrar, à au nord-ouest de Tamanrasset et à au sud-ouest de la capitale Alger ; elle est également située à à l'est des frontières avec le Sahara occidental et le Maroc et à au nord de la frontière avec la Mauritanie.
Les coordonnées géographiques de la commune au point central de son chef-lieu valent respectivement et .
Relief et géologie La ville de Tindouf est située à l’extrême ouest de la région désertique de la Saoura, au sud de la hamada du Draâ et au nord-ouest de l'Erg Iguidi.
Climat Tindouf possède un climat désertique chaud (classification de Köppen BWh) typique de la zone saharienne hyperaride, c'est-à-dire du cœur du Sahara. Les étés y sont très longs et extrêmement chauds, tandis que les hivers sont courts et modérément chauds. Le climat est hyperaride et très sec tout au long de l'année, les précipitations annuelles moyennes n'atteignant qu'environ 27 mm. La sécheresse est particulièrement marquée en été, période durant laquelle les précipitations sont généralement nulles entre mai et juillet.
À l'occasion, des orages peuvent se produire lorsque des masses d'air plus fraîches venues du nord rencontrent des masses d'air très chaudes provenant du désert. En été, la chaleur est particulièrement intense et persistante : les températures maximales moyennes dépassent 45 °C en juillet, le mois le plus chaud de l'année, et peuvent approcher 50 °C entre juin et septembre. En hiver, les températures demeurent agréables durant la journée, mais les nuits sont nettement plus fraîches en raison de la forte amplitude thermique caractéristique des régions désertiques. Les températures minimales moyennes avoisinent alors 5 °C. Le ciel est généralement dégagé tout au long de l'année et les journées couvertes restent rares. La température moyenne annuelle est d'environ 25 °C à Tindouf.
Transports La ville dispose d'un aéroport, situé à au nord-ouest de la ville. Des vols opérés par la compagnie Air Algérie relient Tindouf aux villes d'Alger, Constantine et Oran.
Une route quasi rectiligne d’une longueur de la relie à Béchar située au nord-est.
Lieux-dits, écarts et quartiers
vignette|Carte des camps proches de Tindouf. Hors carte : camp de Dakhla. Outre son chef-lieu Tindouf-ville, la commune de Tindouf est composée des localités suivantes : Garet Djebilet, Aouinet Bélagraa, Chénachène et Oum El Achar.. Elle abrite aussi des camps de réfugiés sahraouis qui portent les noms des principales villes du Sahara Occidental : Laâyoune, Smara, Dakhla, Aousserd et Boujdour.
La localité de Garet Djebilet (ou Gara Djebilet), une quarantaine d'habitants en 2008., est située à proximité de la frontière avec la Mauritanie, à au sud-est de Tindouf-ville, à proximité d'un important gisement de fer. ; on y trouve également un aérodrome, Gara Djebilet, (code IATA : GBB).
Toponymie
Selon Mohand-Akli Haddadou, le nom Tindouf est issu de Tidaf, mot d'origine berbère signifiant le « surveillant », la « sentinelle », ayant en définitive le sens de tour de guet, de belvédère..
D'autres significations du toponyme Tindouf, lui donnant toutes — au moins en partie — une origine berbère, ont été avancées. Selon A. Coÿne, le nom de Tindouf serait constitué d'un premier composant touareg, Ti-n, signifiant « celle de », et d'un deuxième composant, Douf, issu de l'arabe Oudef et signifiant « pré, champ, parterre », le nom complet signifiant alors « celle de la pièce de terre ». ; Louis Rinn rattache pour sa part le deuxième composant au mot Oudhef, signifiant « placer, caser, allouer », le toponyme signifiant dans ce cas « l'emplacement », » l'attribution » ou « le lot ». Selon l'historien et géographe andalou Al-Bakri, Tindouf dériverait de Tendefes, mot désignant des puits éphémères creusés par les voyageurs..
Histoire
right|thumb|L'oasis de Tindouf telle que vue en 1880 par l'explorateur germano-autrichien Oskar Lenz..
Tindouf est édifiée en 1852 par le cheikh Mrabet Ould Belamech, de la tribu des Tadjakant, sur l'emplacement d'un ancien ksar du ...
Avantagé par la position géographique de la ville — à l'intersection des routes caravanières reliant Guelmim dans la région de l'oued Noun, Akka ou Agadir, dans le Sud marocain, Atar en Mauritanie, Dakar au Sénégal, Tombouctou au Mali, la Saguiet-el-Hamra dans le Sahara occidental ou le Touat dans le Sud algérien. — et la notoriété de sa confrérie religieuse, un important commerce caravanier transsaharien se développe et amène la prospérité à Tindouf, qui compte jusqu'à « un millier d'habitants, sans compter les esclaves ». La concentration de chameaux peut y atteindre à certaines occasions plusieurs milliers de têtes. Il s'y échange de l'or, du cuivre, de l'ivoire, des cuirs, de l'encens ou des cotonnades, mais également des esclaves Bambara, destinés au Sultan du Maroc.
La prise par la France de Tombouctou en 1894 va ouvrir les portes de cette importante ville aux marchandises plus abordables débarquées aux ports de Saint-Louis et de Dakar, et mettre ainsi fin, lentement mais sûrement, à la prééminence du marché de Tindouf, qui s'appauvrit inéluctablement. Les Tadjakant sont par ailleurs depuis longtemps en conflit latent avec la grande tribu nomade des Reguibat. Aidés de la tribu des Beraber, ils s'attaquent cette même année 1894 à une famille Reguibat de , ce qui relance les hostilités entre les deux tribus ; la riposte des Reguibat, exaspérée par le désir de vengeance, sera déterminée..
En 1896 et , situent cet événement en mai 1894., les Reguibat — aidés par leurs alliés de la tribu des Aït Oussa — lancent une expédition de hommes contre Tindouf et réussissent, après une bataille de 7 jours, à forcer les défenses de la ville, la piller et décimer ses défenseurs.. La ville connait dès lors le déclin : en 1915, il n'y subsiste que quelques familles, dont les tentatives de relever l'oasis de ses ruines vont se révéler vaines, au point qu'en 1918, leur chef est contraint de solliciter l'aide des forces françaises. Deux expéditions militaires de reconnaissance y sont envoyées en 1925 et en 1928 ; lors de la deuxième expédition, le capitaine français Ressot n'y trouve plus qu'une oasis dévastée, dont le total d'habitants ne dépasse pas la centaine. Le déclin continue et la cité ne compte plus qu'une seule âme lorsqu'elle est définitivement occupée le , au nom de la France, par le colonel Trinquet, agissant sous les ordres du général Giraud. Trois mois plus tard, 35 personnes, représentant 16 familles, sont réinstallées dans la cité.
Une fois occupée, Tindouf est d'abord rattachée à la commune indigène de Béni-Abbès (dans le Territoire de Aïn Safra), avant de devenir en 1935 le centre administratif de la commune indigène de la Saoura, puis quatorze ans plus tard, en vertu de l'arrêté préfectoral du , le chef-lieu de l'annexe de Tindouf. Enfin, le , est créée la commune de Tindouf : de catégorie C, son conseil municipal de 15 membres est présidé par un fonctionnaire nommé par le Préfet. Le , le nouveau département de la Saoura est créé, dont Tindouf est l'un des nouveaux arrondissementsDéputés de l'Algérie – Saoura sur Politiquemania.Départements d'Algérie entre 1848 et 1962 sur Bab-el-Oued Story.Les départements d'Algérie sur le Site sur la Population et les Limites Administratives de la France..
Tensions algéro-marocaines Cependant, dès 1955, Tindouf est au centre des revendications territoriales marocaines visant l'accomplissement du « Grand Maroc ».. Le , quelques jours après la proclamation de l'indépendance de l'Algérie, survenue le , la presse marocaine fait état de l'arrivée à Rabat d'une délégation de représentants des tribus de Tindouf, venus présenter au roi du Maroc « un document le reconnaissant comme leur chef spirituel et temporel ».... En préliminaire de la guerre des Sables, en 1963, les incidents de Tindouf éclatent en , après que l'officier de l'armée algérienne commandant la place de Tindouf ait ordonné au caïd Ould Salik d'amener le drapeau marocain déployé au-dessus de la casbah, et de remettre les armes dont il dispose. Une bataille s'engage entre l'armée et des hommes des tribus Tadjakant et Reguibat.Selon , ces hommes seraient « les représentants locaux du gouvernement marocain »., faisant de nombreuses victimes ; le nombre de morts varie selon les sources entre une douzaine de personnes et 130 « Marocains ».
Le statut administratif de Tindouf est conservé tel quel, après l'indépendance de l'Algérie en 1962. Les accords avec le Maroc prévoient une exploitation commune du sous-sol, notamment le fer de ghar Jbillet. Il est modifié une première fois le avec le redécoupage administratif qui rattache la daïra (sous-préfecture) de Tindouf à la nouvelle wilaya (préfecture) de Béchar., puis une deuxième fois, le , la commune devenant le chef-lieu de la nouvelle wilaya de Tindouf..
La controverse sur l'appartenance de Tindouf a certes pris officiellement fin avec la signature, le , d'un accord frontalier algéro-marocainConvention relative au tracé de la frontière d'État établie entre le Royaume du Maroc et la République Algérienne Démocratique et Populaire (avec cartes), sur le site de l'ONU., ratifié en 1973 par l'Algérie. et en 1992 par le Maroc., et consacrant l'appartenance à l'Algérie de Tindouf, mais selon Olivier Vergniot, « nationalismes obligent, le débat sur l'appartenance de Tindouf reste une question épineuse. Il s'agit le plus souvent de délivrer un certificat de conformité à l'une ou l'autre thèse en présence, en passant soit par le miroir déformant du « bon droit » historique, soit par celui du respect juridique pointilleux ».
Démographie
Évolution démographique En 2010, la population de Tindouf est estimée à habitants Tindouf in the World Gazetteer..
Réfugiés du Sahara occidental vignette|Camp de Laâyoune, (). La gestion des camps de réfugiés du Sahara occidental est effectuée directement par le Front Polisario..
Depuis la fin de l'année 1975, Tindouf accueille des réfugiés du Sahara occidental, en attendant le règlement du conflit avec le royaume du Maroc ( personnes recensées par le HCR en ., selon le gouvernement algérien). En 2025, selon le HCR, la région accueille plus de répartis entre six camps..
Selon des données de 2018 du HCR, la population est constituée de 51 % d'hommes et 48 % de femmes. Les enfants de 0 à 5 ans sont au nombre de et les personnes âgées de plus de 60 ans sont au nombre de .
Pyramide des âges
Culture, patrimoine et tourisme
Culture locale et festivités
thumb|Le désert entre Tindouf et Tifariti (Sahara occidental). Une grande foire traditionnelle, le mouggar, est organisée à Tindouf tous les ans au mois de maiJean-Paul Labourdette, Marie-Hélène Martin, Algérie, Petit Futé, 2009, , ..
Patrimoine archéologique
thumb|Chondrite ordinaire (NWA 869) découverte dans un champ de météorites dans les environs de Tindouf.