Jean Mathieu Dollfus, né le à MulhouseNotice de Raymond Oberlé in Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine, éd. Jean-Marie Mayeur, Éditions Beauchesne, 1993, , mort le à Mulhouse, est un industriel, économiste et homme politique français.
Il a été maire de Mulhouse de 1863 à 1869.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1829, promu officier par décret du , puis élevé à la dignité de commandeur le Dossier Léonore : deux fiches, officier et commandeur.
Biographie vignette|Portrait Jean Dollfus, miniature de Josué Dollfus,vers 1830. Il est le fils de Marie Mieg et de Daniel Dollfus, qui présida à la création de la firme textile Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC), elle-même héritage d'une entreprise créée en association avec les Koechlin par Jean Dollfus (1729-1800), dernier bourgmestre de la république de Mulhouse de 1781 à 1798. L'arbre généalogique de la famille remonte jusqu'au .
Jean Dollfus épouse en 1822 Anne-Catherine Bourcart, elle-même fille de Jean-Rodolphe Bourcart et d'Elisabeth Koechlin, ces derniers étant l'une des grandes familles de Mulhouse, originaire de Suisse. Il eut huit frères et sœurs, dont trois se marièrent dans la famille Koechlin : sa sœur Ursule se maria avec André Koechlin, un orléaniste nommé deux fois maire de Mulhouse; son frère, Mathieu, se maria avec Salomé Koechlin, elle-même arrière-petite-fille d'une autre branche des Dollfus-Mieg ; enfin, une autre de ses sœurs se maria avec un Jean Koechlin.
Associé de Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC), il dirige l'activité « indienne » jusqu'en 1876, pendant que son gendre Frédéric Engel-Dollfus développe l'activité « fils » depuis 1843. Il lance aussi des expérimentations de culture de coton en Algérie pendant la guerre de Sécession. Partisan du libre-échange avec Michel Chevalier et d'autres, il est également libéral sur le plan politique. Selon Saint Simon, il aurait été franc-maçonSaint-Simon, L'industrie, t. II, 36, cité in Jérôme Blanc, Frédéric Engel-Dollfus, un industriel saint-simonien, éd. Christian, Paris, 2008. Un de ses proches, Jean Macé, fondateur de la Ligue de l'enseignement, était lui-même franc-maçonVoir sur le site du LERIS la fiche composée par le sociologue Olivier Douard sur l'éducation populaire : , . Il créa avec ce dernier la Société des Bibliothèques du Haut-Rhin (Dollfus étant le président et Macé le secrétaire).
Directeur de l'entreprise textile Dollfus-Mieg et Compagnie (DMC) dès 1826, il est le créateur d'une des premières cités ouvrières en France (1854) fort admirée, qui comptait près de à la fin des années 1870. Achevée en 1895, la cité comprend ouvrières et rassemble Florence Bourillon Les villes en France au , . Il fonde la Société mulhousienne des cités ouvrières en 1853, l'Asile des voyageurs indigents, l'Asile des vieillards, la Caisse de retraite, l'Asile des vieillards de Gaisbühl et la Bibliothèque populaire.
Frère aîné d'Émile Dollfus, maire de Mulhouse de 1843 à 1848 et président de la Société industrielle de Mulhouse, il fut lui-même nommé maire à la mort de Joseph Koechlin-Schlumberger, en 1863, et conserva ce poste jusqu'en 1869.
Battu lors de l'élection législative de 1869, il fut cependant envoyé par ses concitoyens au Reichstag en tant que député protestataire (1877-1887). Doyen d'âge du parlement allemand en 1881 et des élus protestaires, Dollfus fut remplacé à ce titre par Von Moltke, plus jeune que lui d'un mois, car il refusait de prendre part à la session.
vignette|Médaille en bronze à l'effigie de Jean Dollfuss, dessinée et réalisée par Jean-Désiré Ringel d'Illzach en 1884.
L'opposition de Dollfus à l'annexion prussienne de l'Alsace s'était vivement manifestée dès la guerre franco-allemande : menant une délégation envoyée auprès de l'occupant, le , à Dornach (quartier de Mulhouse), il fut scandalisé par le ton menaçant d'un officier prussien, qui évoquait des représailles contre les Mulhousiens. Jean Dollfus jeta alors devant l'officier sa croix de l'ordre royal de Prusse, déclarant qu'il ne voulait plus de décoration venant d'un tel peuple.
Famille
Distinctions Commandeur de l'ordre du Christ (Portugal)
Publications Les cités ouvrières, Paris, 1857, De la levée des prohibitions douanières, Paris, , 1860
Hommages Des rues de Paris, de Belfort, de Cannes et de Strasbourg portent son nom.
Références
Voir aussi
Bibliographie Raymond Oberlé, « Jean Dollfus », in Nouveau Dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 8, , avec portrait en photogravure
Articles connexes Famille Dollfus
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