(connue également sous son titre originel , sans virgule) est une chanson du groupe de rock britannique The Rolling Stones, créditée Jagger/Richards bien que tous les membres du groupe aient contribué à sa composition, notamment Bill Wyman et Brian Jones. La chanson sort en single successivement des deux côtés de l'Atlantique à une semaine d'intervalle en , et atteint dans les deux cas la première place. Le titre est intégré, en , à l'édition américaine de l'album Aftermath et, en novembre, à l'édition anglaise de la première compilation Big Hits (High Tide and Green Grass).

Paint It, Black est une des chansons les plus connues des Rolling Stones, apparaissant fréquemment sur des compilations et étant désormais presque systématiquement interprétée lors des apparitions du groupe.

Historique Genèse vignette|L'instrument utilisé par Brian Jones sur ce morceau est le sitar. La chanson était originellement nommée Paint It Black mais c'est le manager du groupe, Andrew Loog Oldham, qui décide pour une raison obscure d'ajouter une virgule au titreD'après le site godgammeldags.nu, menu "After-songs" puis "Paint It, Black".. Keith Richards déclare à ce propos à l'époque : Cité dans le livre de Bill Wyman et Richard Havers, Rolling with the Stones, EpA, 2003, page 234.. Oldham, de même que le groupe, était d'ailleurs à l'époque très porté sur les titres à virgules, en témoignent l'inédit Ride On, Baby, de même que la face B de Paint It, Black dans le single britannique, qui devait à l'origine s'appeler Long, Long While (mais qui fut finalement écrite Long Long While, sans la virgule).

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La présence de la virgule change du tout au tout le sens du titre. Sans la virgule, le titre se traduit par , alors qu'avec cette dernière, il signifie . C'est une nouvelle source de controverse pour le groupe puisque ses membres sont traités de racistes par quelques militants noirs américains, qui interprètent le titre en . (Paint it, nigger). En conséquence, lors de la sortie d'Aftermath aux États-Unis, la virgule est retirée de la pochette.

Enregistrement Composée par Mick Jagger et Keith Richards en 1965-1966, Paint It, Black est enregistrée, avec des ajouts mélodiques des autres membres du groupe, lors des sessions de aux studios de RCA Records, à Hollywood. L'idée de base de Jagger et Richards au moment de l'écriture du titre était d'en faire une chanson de soul classique, lente D'après le site internet Songfacts.com..

Lors de l'enregistrement, c'est véritablement Bill Wyman qui dirige les évolutions mélodiques et instrumentales. Il joue de l'orgue Hammond en voulant parodier le co-manager du groupe de l'époque, , qui avait été organiste dans un cinémaD'après L'Intégrale Rolling Stones, de Daniel Ichbiah, City éditions, 2006.. Charlie Watts accompagne l'orgue en jouant une partie de batterie inspirée des sonorités du Moyen-Orient (même si on peut parfois réentendre la même partition que celle utilisée pour (I Can't Get No) Satisfaction) ; c'est d'ailleurs la partie de batterie de Watts qui devient la base de la chanson finale. Ces ambiances sonores moyen-orientales contrastent fortement avec l'ambiance sombre et morbide des paroles de la chanson. Après plusieurs heures de travail, Wyman suggère une accélération du tempo de la chanson, celle-ci quitte alors sa dimension soul. Ce dernier joue des pédales basses de l'orgue (avec ses poings), d'une guitare basse et ajoute un overdub de basse, qui contribuent également à l'importance de la section rythmique du groupe sur cette chanson.

Une autre version de l'histoire, propre à Richards et démentie par Wyman, voudrait que Richards imagina la mélodie de Paint It, Black lors des sessions d'enregistrement et que le titre n'était pas pré-écrit.

Brian Jones, qui s'intéressait aux instruments de musique non-européennes ou rares, ajoute à la chanson une de ses caractéristiques principales : le riff de sitar, instrument qu'il découvrit lors d'un voyage du groupe aux Fidji du 3 au (c'est-à-dire juste avant l'enregistrement d’Aftermath) où les Stones furent intrigués par sa fragilité et son processus de fabrication. Il déclara au magazine de : cité dans le livre de Bill Wyman et Richard Havers, Rolling with the Stones, EpA, 2003, page 234.. Ce n'est que lors de l'enregistrement que le groupe pense à incorporer un sitar à cette chanson, puisqu'il permet d'obtenir un son « traînant », impossible à avoir avec une guitare classique. En fait, le riff d'introduction de Paint It, Black est exécuté seul par Keith Richards à la guitare électrique (avec un capodastre à la deuxième frette), et c'est la répétition de ce riff, simultanément par Richards à la guitare et par Jones au sitar qui crée l'atmosphère générale de la chanson.

Cette utilisation du sitar dans Paint It, Black vient renforcer la fausse opposition entre les Rolling Stones et les Beatles, la presse ayant accusé le groupe, et notamment Brian Jones, d'avoir « copié » l'usage que George Harrison avait fait de cet instrument sur Norwegian Wood (This Bird Has Flown) (de l'album Rubber Soul, sorti six mois avant Aftermath).

Malgré les participations importantes de Bill Wyman, de Brian Jones et de Charlie Watts, cette chanson ne fut jamais créditée « Nanker Phelge », pseudonyme utilisé pour créditer un travail du groupe entier, même si l'usage de ce pseudonyme avait déjà été minimisée à l'époque, au profit d'un Jagger/Richards omniprésentVoir l'article sur la chanson Jumpin' Jack Flash, dont le riff principal a été inventé par Bill Wyman mais qui fut créditée Jagger/Richards..

L'enregistrement ayant été réalisé en stéréo, l'instrumentation diffère entre les plages droite et gauche. Ci-dessous un tableau reprenant les musiciens ayant participé à l'enregistrement original. Instrument Gauche DroiteChantMick JaggerChœursMick Jagger et Keith RichardsGuitare électriqueKeith RichardsGuitare acoustiqueKeith Richards et Brian JonesSitarBrian JonesGuitare basseBill WymanOverdub de basseBill WymanPédales basses d'orgue HammondBill WymanPianoJack NitzscheBatterieCharlie WattsPercussionsMick Jagger et Charlie Watts (et/ou Brian JonesD'après ce site internet.)

Parution et réception La première commercialisation du titre Paint It, Black se fait aux États-Unis, en simple (le onzième simple US des Stones), avec en face B le titre Stupid Girl, le . Le simple a un beau succès, détrônant le When a Man Loves a Woman de Percy Sledge de la première place du Billboard Hot 100. Deux semaines plus tard, il se fait ravir la meilleure place du classement par les Beatles et leur Paperback WriterVoir le classement hebdomadaire du Billboard Hot 100 pour 1966 sur la Wikipedia anglophone.. Il reste en tout 11 semaines dans les classements américainsD'après cette discographie des Rolling Stones sur la Wikipedia anglophone..

Une semaine après son homologue américain, à savoir le , paraît le simple britannique de Paint It, Black (le dixième simple britannique du groupe), avec la ballade « soul » Long Long While en face B, qui reçoit aussi un bon accueil du public. Les disquaires enregistrent en effet la semaine de sa sortie du simpleD'après le livre de Bill Wyman et Richard Havers, Rolling with the Stones, EpA, 2003, page 234. et celui-ci se classe pour une semaine à la première place des classements anglais le , précédé par Pretty Flamingo de Manfred Mann et suivi par Frank Sinatra et le célèbre Strangers in the NightVoir le classement hebdomadaire des meilleures ventes britanniques pour 1966 sur la Wikipedia anglophone.. En tout, le simple demeure 10 semaines dans le hit-parade britannique.

Le , Paint It, Black est placée en ouverture de la version américaine de l'album Aftermath, à la place de Mother's Little Helper, mais pas dans la version britannique : le fait d'incorporer des morceaux sortis en simple dans un album n'est pas très en vogue au Royaume-Uni à l'époque.

On peut trouver deux versions de cette chanson selon les supports : une version longue, en stéréo et une version courte en mono. Cette dernière est une version dégradée de l'enregistrement original, réalisé en stéréo. La différence réside dans la longueur du coda (fin de la chanson).

La critique encense le titre, à l'instar du Melody Maker du qui qualifie Paint It, Black de ou encore du NME qui déclare que le titre Cités dans le livre de Bill Wyman et Richard Havers, Rolling with the Stones, EpA, 2003, page 234..

En 2004, Paint It, Black est classée à la de la liste des 500 plus grandes chansons de tous les temps du magazine Rolling StoneVoir la liste complète des 500 meilleures chansons sur le site internet de Rolling Stone..

La chanson a été classée chanson britannique de tous les temps par Xfm en 2010http://bestbritishsongs.xfm.co.uk/50-1?page=2..

En concert Interprétée lors des concerts du groupe dès la tournée américaine de promotion d'Aftermath, en juin-, Paint It, Black resta interprétée régulièrement jusqu'en mars-avril 1967 (même si elle ne figure pas sur l'album Got Live If You Want It!, retraçant la tournée britannique de septembre-), dernière tournée européenne avant une « pause » des Rolling Stones au niveau des concerts (notamment à cause des abus de drogue et des assignations en justice de Jagger, Richards puis Jones) qui dura jusqu'à la mort de Brian Jones et le concert de Hyde Park (été 1969). À partir de ce moment, Paint It, Black fut écartée des concerts au profit de nouveaux tubes tels que Jumpin' Jack Flash ou Sympathy for the Devil.

C'est lors de la tournée d'août à en Amérique du Nord (l'époque étant pour les Stones à la fois un retour aux sources et un retour au succès), lors de la tournée Steel Wheels/Urban Jungle, que cette chanson revint dans les concerts du groupe dans une version remise au goût du jour, réarrangée et avec plus de guitares ; elle est depuis presque constamment jouée lors des tournées mondiales du groupe. Elle fut en effet jouée régulièrement lors des tournées Bridges to Babylon (1997-1998), No Security (1999), Licks (2003) et A Bigger Bang (2006-2007) D'après le site www.timeisonourside.com., comme en témoigne sa présence sur les albums live Flashpoint (1991) et Live Licks (2004).

L'interprétation de Paint It, Black est un des moments forts des concerts des Stones, Keith Richards prenant généralement plaisir à effectuer des mouvements de guitare d'inspiration espagnole avant d'entamer le célèbre riff.

Autres publications 1966 : Aftermath, version américaine uniquement (version originale) 1966 : Big Hits (High Tide and Green Grass), version britannique uniquement (version de 1966 compilée) 1969 : Through the Past, Darkly (Big Hits Vol. 2), version américaine uniquement (version de 1966 compilée) 1971 : Hot Rocks 1964-1971 (version de 1966 compilée) 1975 : Rolled Gold (version de 1966 compilée) 1989 : Singles Collection - The London Years (version de 1966 compilée) 1991 : Flashpoint (version en concert) 2002 : Forty Licks (version de 1966 compilée) 2004 : Live Licks (autre version en concert) 2004 : Singles 1965-1967 (version de 1966 compilée)

Analyse Sens de la chanson La chanson traite du sentiment de noirceur, de la volonté de s’échapper de la réalité, et de l’incapacité à penser à autre chose lorsqu'on a perdu sa partenaire.

Reprises notables Grâce à son succès, Paint It, Black a été reprise par de nombreux groupes depuis sa création.

Dès 1966, Chris Farlowe sortit un simple de Paint It, Black, avec I Just Need Your Loving en face B, le disque étant produit par Mick Jagger lui-même, sous la direction du producteur des Stones, Andrew Loog Oldham et sous le label de ce dernier, Immediate Records.

En 1967, le groupe de rhythm and blues britannique The Animals intégra dans son album Winds of Change une reprise live de Paint It, Black, avant qu'une fois les Animals séparés le nouveau groupe du chanteur Eric Burdon, War, n'en publie une version studio sur The Black-Man's Burdon (1970).