de Bellême (Yvo.) fut évêque de Séez (av.1035-v.1070) sous Guillaume le Conquérant, duc de Normandie.
Famille Yves est le fils de , seigneur de Bellême et sire d'Alençon, et petit-fils d', fondateur de la famille..
Il est le frère de Guérin, Robert et et l'oncle d'Arnoul († v. 1047-1048) et de Mabile de Bellême, femme de .
Biographie Accession à l'évêché La date traditionnelle de l'accession à l'évêché de Séez par Yves est en 1032/1033. Gérard Louise propose quant à lui 1047/1048. Le dernier acte souscrit par Radbod date du La seigneurie de Bellême, tome 2, 148-152. tandis que la première mention fiable d'Yves est en 1046-1048. Selon G. Louise, il y a eu confusion entre , frère de et , le fils de .
Le nouveau seigneur de Bellême Il n'en reste pas moins un « évêque à l'ancienne mode »François Neveux, la Normandie, des ducs aux rois (), Rennes, Ouest-France, 1998, p.284., autrement dit un ecclésiastique un peu trop impliqué dans les affaires temporelles. Il rappelle en cela ses contemporains Odon de Bayeux et Geoffroy de Montbray.
Son accession à la seigneurie de Bellême est également obscure. Suivant les textes d'Orderic Vital, Yves évêque de Séez devient à la suite de la disparition de ses frères Guérin, Robert et Guillaume, seigneur de Bellême. Vers 1047-1048, il aurait soutenu la révolte d', contre son père , seigneur de Bellême. Finalement, ce dernier est vaincu et doit abandonner ses terres. La seigneurie est partagée entre Arnoul et son oncle Yves. Ce dernier obtient Bellême. Puis tout lorsque quelques années plus tard, vers 1048/1049, est assassiné. Ce n'est qu'après la mort de son neveu Arnoul qu'Yves reçoit le château de Bellême. Toutefois, une partie de la seigneurie se trouve aux mains de Mathilde, sa nièce et épouse de de Montgommery.
L'incendie de la cathédrale de Sées thumb|285px|Vue de la cathédrale Notre-Dame de Sées. En 1048, Guillaume Soreng et ses trois fils entrent en rébellion contre Yves. Ils seraient selon G. Louise des membres de la famille de Bellême, partisans de Talvas, face à Arnoul et Yves. Ils ont réuni une troupe de bandits qui a ravagé la région avant de s'emparer de Sées et sa cathédrale Saint-Gervais. Selon les mots d'Orderic VitalInterpolations d'Orderic Vital dans les Gesta Normannorum Ducum de Guillaume de Jumièges., ces hommes ont transformé la cathédrale en caverne de voleurs, en écurie pour les chevaux et en lupanar de prostituées. Yves doit donc mener un siège et tente de déloger ses adversaires réfugiés dans une tourUne tour de la cathédrale ou une tour du rempart romain.. Il ordonne de mettre le feu aux maisons voisines mais le feu se propage et gagne la cathédrale qui se trouve en grande partie détruite.
La cathédrale trouve rapidement une nouvelle couverture et est dédicacée le . Mais les murs, fragilisés par l'incendie, ne tiennent pas longtemps avant de céder.
Quand le , le prélat assiste au concile de Reims, après avoir été présent à la dédicace de Saint-Rémi de Reims la veille, le pape , très hostile aux Normands avait à cette époque de nombreux problèmes avec les Normands du sud de l'Italie ; voulant les chasser de la péninsule, il constituera une armée qui sera anéantie à la bataille de Civitate (1053)., s'en prend violemment à lui pour avoir incendié la cathédrale. En pénitence, Yves est contraint de la restaurer. Pour trouver les importantes ressources nécessaires au chantier, il quitte la Normandie et ose un voyage lointain en Méditerranée pour quêter en Apulie, et même à Constantinople, où sont installés de nombreux Normands enrichis. La période de son absence de Sées est comprise entre et 1053. De son voyage, il ramène une somme considérable et une relique de la vraie Croix, don de l'empereur d'orient. Vers 1053, il commence le chantier de construction de la nouvelle cathédrale, mais ne verra pas sa fin. Sa consécration n'aura lieu qu'en 1126 sous l'épiscopat de Jean de Neuville.
Fin de carrière thumb|285px|Planche gravée du représentant l'abbaye Saint-Martin de Sées, dans le livre Monasticon Gallicanum. Joseph Decaëns suppose que c'est Yves qui serait à l'origine de la motte castrale de Sées. Elle aurait été élevée soit en 1048 lors de la rébellion des Sorengs, soit plus tard comme un facteur de sécurité pour le développement du bourg.
Vers 1060, il mène à bien la restauration du monastère Saint-Martin de Sées, en collaboration avec sa nièce Mabile de Bellême et son mari .
Il assiste en 1055 au concile de Lisieux, convoqué à l'initiative du duc Guillaume, qui dépose Mauger, archevêque de Rouen. En 1059, Yves préside la bénédiction de Robert de Grandmesnil à Saint-Évroult.
thumb|285px|Vue de l'entrée du caveau des évêques de Séez dans la cathédrale Notre-Dame de Sées (Orne).
Il meurt le 12 ou ou 1072 comme le suggère G. Louise, et inhumé dans le chœur de la cathédrale qui devait être achevé. Son sarcophage de pierre a été découvert en 1601 par l'abbé Blin. Sur son corps quasiment intact qui au contact de l'air s'est réduit en poussière se distinguait sa longue barbe. Il possédait une mitre, des mules épiscopales, une crosse de bois doré orné d'un écusson aux armes des Bellême (château crénelé d'or sur fond de sable). Ses restes se trouvent de nos jours dans le caveau des évêques sous le chœur de la cathédrale de Sées.
Le portrait d'Orderic Vital Le chroniqueur anglo-normand Orderic Vital brosse un portrait flatteur de ce personnage. Cette description positive tranche avec les autres membres de la famille de Bellême qui, sous la plume de Vital, cumulent tous les vices. Yves est présenté comme « grand et bien fait », « connaisseur dans les lettres », « pénétrant », « spirituel », « éloquent » et « ami de la paix »Orderic Vital, Histoire de la Normandie, éd. Guizot, 1826, , p.40..
Notes et références
Voir aussi
Liens internes Famille de Bellême Seigneurie de Bellême
Bibliographie Joseph Decaëns, « l'évêque Yves de Sées », dans Pierre Bouet et François Neveux (dir.), les évêques normands du , Actes du colloque de Cerisy-la-Salle (1993), Presses Universitaires de Caen, 1995, . . François Neveux, la Normandie, des ducs aux rois (), Rennes, Ouest-France, 1998.
Yves de Bellême Yves de Bellême Catégorie:Normands