de Bellême ou Yves l'Ancien (Yvo Belesmensis) († av. ) est le premier seigneur connu de Bellême. Il semble être aussi considéré comme le fondateur de la famille de Bellême..

Premier titulaire connu de la seigneurie de Bellême Son existence, dans la deuxième moitié du et du début du , est attestée par cinq documents rédigés de son vivant ou peu après. L'acte le plus ancien, une charte sans date et rédigée vers l'an mil, aujourd'hui disparue et connu par une copie de la fin du , est la fondation par d'une nouvelle église dans l'enceinte du château de Bellême, Notre-Dame du Vieux-Château, pour son salut, celui de sa femme et de ses enfants. Un autre document mentionne une donation qu'il fait au profit de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire. Il est également mentionné dans des actes de ses fils. Ceci est complété par des témoignages d'Orderic Vital au , de Robert de Torigny ou par les moines de Sées et de Troarn aux . Robert de Torigny le qualifie de puissant et sage.

La Vita Gauzlini, écrite vers 1043 par le moine André, rapporte qu'au début du Yves de Bellême donne son domaine de Magny à l'abbé Gauzlin. À sa mort, son fils le confisque pour ne le restituer qu'à la suite de l'intervention de Gauzlin lui-même. Ce passage, qui a lieu dans le récit entre le début de l'abbatiat de Gauzlin en 1005 et son accession à l'archevêché de Bourges le , permet d'inscrire le décès d'Yves l'Ancien durant cette période. Les dates de 979 et 997, avancées par des auteurs anciens, sont sans fondements.

Son fils, , lui succède à la tête de la seigneurie de Bellême.

Confusion avec Yves de Creil Orderic Vital, qui malgré un contexte historique établi, change cette vision des choses. Il reporte l'histoire d' de Bellême à l'époque du roi (936-954) et du duc de Normandie (942-996). Il paraît vouloir confondre en un seul personnage de Bellême et un certain Yves de Creil. Il y a un écart d'une génération, et Gérard Louise laisse en suspens cette question, ne cherchant pas comme d'autres à faire coïncider ces deux personnages.

L'identification entre Yves de Bellême et Yves de Creil est toutefois l'objet d'un débat (Ivo) de Bellême. Stewart Baldwin indique clairement toutes les références sur lesquelles se sont basés les différentes opinions sur l'identité de Yves de Bellème..Les seigneurs de Bellème : le site d'Hélène et Thierry Bianco expose les points de la controverse sur la parenté de , citant auteurs et sources originales.. En effet, chronologiquement, il semble peu plausible que le comploteur des années 943-945 soit Yves de Bellême, lequel meurt après 1005. Orderic Vital s'est-il trompé ? L'historien Geoffrey H. White émet l'hypothèse qu'Yves l'Ancien est le fils d'Yves de Creil. Néanmoins, si Yves de Creil a certainement existé, il n'existe pas de preuve d'un lien entre lui et les seigneurs de Bellême.

Titres, propriétés et donations Selon G. Louise, on peut penser que la famille de Bellême a la maîtrise d'une partie des massifs forestiers entre la Normandie et le Maine : Bellême et Perche, Perseigne et Andaine. En effet, Yves l'Ancien, lors de la fondation d'une nouvelle église dans l'enceinte du château de Bellême, donne Saint-Jean-de-la-Forêt, Dancé, Berd'huis. ainsi que l'église de Saint-Martin de Livet située en lisière de la forêt de Perseigne. Celle-ci faisait, selon Gérard Louise, partie de lhonor comtal, dont le transfert d'autorité a eu lieu au tournant de l'an mil.. Yves de Bellême donne son domaine de Magny à l'abbé Gauzlin au début du . Les moines de Marmoutier évoquent vers 1060-1070 « la terre d'Yves l'Ancien de Bellême » située au Mans dans un acte en faveur de l'abbaye..

Famille Son épouse est Godehilde, Godehildis († ap. 1005).

Citée par trois sources différentes, son origine est inconnue. Quatre hypothèses existent mais la première semble le mieux correspondre dans l'état des connaissances actuelles : une sœur de Sigefroi († entre 998 et 1004), évêque du Mans, selon de Geoffrey H. White et Gérard Louise ; une femme issue du lignage des vicomtes du Maine, hypothèse déduite des travaux de J. Depoin ; une sœur de Liégeard, fille du comte et épouse de Thibaud le Tricheur, selon Joseph Depoin et reprise par Michel Bur ; la vénérable Geila et qui la rattacherait également à la famille de Vermandois, hypothèse formulée par H. Prentout. Elle survit à son mari, selon une donation conjointe avec son fils Guillaume en faveur de l'église Notre-Dame et Saint-Léonard de Bellême.

Il est possible, selon Gérard Louise, que le lieu de sépulture des deux époux soit l'église fondée par Yves vers l'an mil, suivant une légende rapportée au début du .

Ils ont eu 5 enfants : († v. 1030), de Bellême ; Avesgaud († ), devient évêque du Mans en succédant à son oncle Sigefroi ; , de Bellême ; Hildeburge († ), qui épouse Hamon, du Château-du-Loir ; Godehilde, qui épouse : 1° Le Riche, seigneur de GallardonÉtienne Pattou, Seigneurs de Leves et de Gallardon. sur racineshistoires.free.fr. (à moins que ce ne soit sa sœur Hildeburge qui soit l'épouse d' Le Riche, en premières noces avant de marier Hamon de Château-du-Loir : les deux versions existent) ; 2° (et/ou) , vicomte du Maine.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes

Seigneurie de Bellême Famille de Bellême

Bibliographie Geoffrey H. White, « The First House of Bellême », Trans. Royal Hist. Soc., ser. 4, 22 (1940), p. 67-99. . .

Sources Guillaume de Jumièges, Orderic Vital, Robert de Torigni, Histoire des ducs de Normandie, éd. Guizot, 1826. Orderic Vital, Histoire de la Normandie (Historia ecclesiastica), éd. Guizot, 1825, . M. Barret, éd., Cartulaire de Marmoutier pour le Perche'', Mortagne, 1894. Seigneurs de Bellême dans Medieval Lands.

Liens externes(en)''' Le débat sur la famille de Yves de Bellême

Yves 1 Catégorie:Seigneur du Moyen Âge