Les raids gaulois en Italie font suite à l'installation des Celtes dans la plaine du Pô où ils repoussent les Étrusques et les Ombriens entre la deuxième partie du et les premières années du S'ensuivent un certain nombre de raids en Italie, notamment en Étrurie, tout au long du , dont le premier est connu pour avoir mené au sac de Rome de 390 par les Sénons de Brennos.

À la suite de l'expansion romaine en Italie, certaines tribus celtes s'allient aux Étrusques, aux Ombriens et aux Samnites dans la troisième guerre samnite, mais la coalition est vaincue en 295 à la bataille de Sentinum. En 284 , les Sénons remportent une victoire devant Arretium sur les Romains, mais ces derniers réagissent et annexent le territoire des Sénons. L'année suivante, une coalition entre Étrusques et Boïens est vaincue à la deuxième bataille du lac Vadimon en 283

En 225 , une armée de Gaulois cisalpins se sentant fortement menacés par l'expansionnisme romain, et rejointe par des contingents de Gaule transalpine, envahit et pille l'Étrurie puis se dirige vers Rome. La victoire romaine est totale à la bataille de Télamon. Rome s'engage alors dans la conquête de la Gaule cisalpine, ce qui marque la fin de la menace gauloise sur les possessions italiennes de Rome.

Migration des Celtes du au début du

thumb|upright=1.5|Civilisation de La TèneJohn Haywood, Atlas of the Celtic World, Londres, Thames & Hudson Ltd., 2001, ..

De Germanie vers la Gaule, Bretagne, Ibérie et les Alpes

Les Celtes quittent la Germanie méridionale dans la deuxième partie du et une grande part d'entre eux s'installe en Gaule, entre la Garonne au sud et la Seine et la Marne au nord. Les guerriers celtes sont accompagnés de leurs familles non combattantes et de leurs troupeaux. Certaines tribus passent ensuite en Gaule belgique puis traversent la Manche pour occuper les îles Britanniques. D'autres franchissent les Pyrénées pour s'installer dans la péninsule Ibérique où ils deviennent des Celtibères. D'autres Celtes longent les Alpes par le nord pour s'installer en Rhétie ou poussent jusqu'au Danube pour s'établir en Norique, dès le début du

Installation dans la plaine du Pô en Italie

Une grande partie des Celtes s'installe aussi dans la région très fertile de la plaine du Pô, au nord de la péninsule italienne, dès le Ils repoussent alors surtout les Étrusques qui perdent là l'Étrurie padane au début du , où ils se sont installés à partir du eux aussi. Les Ombriens et d'autres peuples sont aussi refoulés. En quelques décennies, la région est dominée par les Celtes et est connue dorénavant sous le nom de Gaule cisalpine, les « Celtes d'Italie » devenant des « Gaulois cisalpins » ou des « Gaulois » tout court dans les sources gréco-romaines..

Géographiquement, l'arc alpin, de l'ouest à l'est en passant par le nord, borde le nouveau territoire de ces Gaulois Cisalpins, et les contreforts de l'Apennin du Nord forment la limite au sud avec le reste de l'Italie. À l'ouest, sur les bords de la mer Ligure, se trouve un peuple alpin protohistorique non celte, les Ligures. Au nord, au-delà des Alpes, se trouvent les régions de Rhétie et de Norique. À l'est, on retrouve principalement les Vénètes, un peuple italique installé sur les bords du golfe de Vénétie. Au sud, séparés par les fleuves Arno et Aesis, on retrouve les Étrusques, les Ombriens et les Picéniens d'ouest en est. Les Celtes d'Italie s'installent aussi le long de la mer Adriatique jusqu'à Ancône au début du , tout juste au nord des Picéniens.

Tite-Live rapporte ainsi la tradition telle qu'est est passée dans l'annalistique romaine du passage des Gaulois en Italie. :

Une fois l'expansion achevée dans le nord de l'Italie, les différentes tribus celtes s'organisent et se partagent le riche territoire de la Gaule cisalpine en plusieurs tribus. Aux côtés des Taurins, les Insubres sont installés dans l'actuelle Lombardie depuis le , la région la plus fertile, et ils fondent Mediolanum. Les Boïens d'Italie prennent les terres entre l'Apennin du Nord et le Pô. Les Cénomans se fixent autour de Brescia et de Vérone, 1. et les Lingons entre le delta du Pô et l'Apennin du Nord, dans l'actuelle province de FerrareHenri Hubert, « L'expansion des Celtes à l'époque de la Tène / Les Celtes en Italie », Les celtes depuis l'époque de la Tène et la Civilisation celtique, 1933.. Enfin, les Sénons, qui ne franchissent les Alpes que vers 400 , s'établissent entre Ravenne et Ancône après avoir chassé les Ombriens.

Les raids gaulois du

Les sources disponibles

Le principal récit des raids gaulois en Italie est l'Histoire romaine de l'auteur latin Tite-Live, datant de l'époque augustéenne, ou encore les Vies parallèles de l'auteur grec Plutarque, datant de l'époque trajane. Polybe, historien grec du , est jugé plus objectif.

Les Gaulois n’ayant pas de langue écrite, leur point de vue est totalement occulté. De plus, les auteurs romains sont focalisés sur les conflits romano-gaulois et particulièrement sur les raids concernant Rome. Les sources romaines ont tendance à exagérer fortement le nombre de soldats gaulois présents lors des raids et des différentes batailles.

Le raid de 390

Vers 390 Pour les années antérieures à l'an 300 , la chronologie varronienne n'est plus considérée comme juste. Elle est notamment utilisée par Tite-Live. Voir Conquête romaine de l'Italie, « Le problème de la chronologie ». En dépit d'erreurs reconnues, la littérature académique moderne, par convention, continue à utiliser cette chronologie (Gary Forsythe, A Critical History of Early Rome, 2005, Berkeley, University of California Press, 369-370)., Brennos, un chef gaulois sénon, marche sur l'Étrurie et assiège la ville étrusque de Clusium.

Tite-Live et Plutarque nous rapportent que Clusium demande l'aide de Rome qui envoie trois émissaires issus de la gens Fabia avec pour objectif, dans un premier temps, de jouer le rôle de médiateur entre les assiégés étrusques et les tribus gauloises. Néanmoins, Rome prend vite conscience du danger que représentent ces redoutables envahisseurs et décide de s'allier à ses voisins Étrusques. Brennos relève le défi et décide de marcher sur Rome à la tête de ses troupes. Lorsque le Sénat romain est informé de ces évènements, il lance un appel aux armes à tous les citoyens romains, afin de constituer une armée qui arrête l'avancée gauloise.. L'affrontement entre les deux armées a lieu le 18 juillet 390 sur la rive gauche du Tibre, à l'endroit où s'y jette le modeste affluent appelé Allia, qui donne son nom à la semi-légendaire bataille de l'Allia. Les estimations modernes font état de face à lors de la bataille. L'armée romaine, mal préparée, est terrassée par l'armée gauloise, plus expérimentée et avide de vengeance.. La défaite est si grave que le 18 juillet (le Dies Alliensis, le « Jour de l’Allia ») est dès lors considéré comme un jour néfaste dans le calendrier romain.

Les autorités romaines mettent en sécurité à Caeré les objets sacrés ainsi que les vestales et les flamines. Le chef gaulois met à sac Rome, la rançonne après l'épisode des « oies du Capitole » et le célèbre « Vae Victis ». Si l'on en croit les auteurs antiques, Tite-Live et Plutarque, Rome est totalement détruite par les hordes celtes et seuls les Romains assiégés sur le Capitole survivent, après sept mois de siège. Selon les données archéologiques et le fait que seul le pillage intéresse alors les Gaulois, il est probable que les principaux monuments de la ville sont pillés et que seuls certains quartiers sont incendiés.

Tite-Live et Plutarque font ensuite intervenir Camille, nommé dictateur, qui conteste la légalité de la rançon. L'auteur latin indiquant que cette position provoque un combat avec les Gaulois et qui est perdu par ces derniers.. Néanmoins, l'historicité de cet évènement reste sujette à caution. Tite-Live rapporte d'ailleurs un second combat « plus régulier » selon ses propres dires, sur le chemin de Gabies, combat également remporté par Camille. Plutarque, s'écartant quant à lui de l'historien romain, conteste la première victoire romaine, mais il atteste également du combat du chemin de Gabies. Dans sa version, les Romains sont également victorieux, quoique de manière moins complètePlutarque, Vies parallèles, Camille, 29..

L'historien Polybe, plus fiable, rapporte une tradition différente où les Vénètes envahissant leur pays, les Gaulois sont forcés d'interrompre le siège du CapitoleLaurent Avezou, « Gaulois, l’histoire d’un mythe, Métarécit de l’histoire nationaliste française », conférence à la cité des Sciences et de l'Industrie, 31 janvier 2012.. Tite-Live parle aussi d'une possible épidémie qui contraint les Gaulois à se retirer.

Les Gaulois sont peut-être un pion, à la solde du tyran Denys l'Ancien, dans la guerre que se livrent les Syracusains et les Étrusques. Les Gaulois, peut-être au retour de leur périple jusqu'en Iapygie, sont pris en embuscade et massacrés par les troupes étrusques de Caeré. Il est possible que le « sac de Rome soit une anecdote quasi mineure dans le grand conflit que se livrent Syracuse et les Étrusques ».

Des raids contre Rome de 367 à 349

Rome doit faire face à d'autres raids gaulois en 367, 361 et 360 , venant de Celtes installés en Apulie.

Pour l'année 367, Tite-Live et Plutarque rapportent les évènements ainsi : Camille est nommé dictateur pour la cinquième fois pour faire face à une invasion gauloise. Il les vainc dans la campagne d’Albe. Les survivants gaulois regagnent l'Apulie et Camille triomphe, 4-8..

Pour l'an 361, les Gaulois viennent camper près de Rome, au-delà du pont de l’Anio. À Rome, Titus Quinctius Poenus Capitolinus Crispinus est nommé dictateur. Un pont sépare les deux armées. Tite-Live rapporte alors une anecdote : « Enfin un Gaulois d’une taille gigantesque, s’avance sur ce pont libre alors, et de toute la puissance de sa voix s’écrie : “Que le plus vaillant des guerriers de Rome vienne et combatte, s’il l’ose, afin que l’issue de notre lutte apprenne qui des deux peuples vaut plus à la guerre” ». Le jeune Titus Manlius vainc alors le Gaulois en combat singulier. Les Gaulois se retirent en Campanie après s'être alliés avec Tibur, alors en guerre contre Rome..

Pour l'année suivante, alors que Rome lutte contre Tibur, les Gaulois reviennent de Campanie et ravagent les territoires de Labicum, de Tusculum et d’Albe. À nouveau, un dictateur est nommé à Rome : Quintus Servilius Ahala. Ce dernier défait les Gaulois dans une bataille qui s'est déroulée près de la Porte Colline. Les Gaulois fuient vers Tibur mais sont interceptés par le consul Caius Poetilius avant d'atteindre la ville. Les Tiburtins tentent une sortie pour soutenir leurs alliés mais ils sont également défaits par les Romains.. Les combats contre les Gaulois au sein de la guerre romano-tiburtine paraissent cependant douteux.

En 358 , le Latium est de nouveau menacé par une invasion gauloise. Tite-Live rapporte que les Romains négocient un nouveau traité avec les Latins à la demande de ces derniers qui envoient des troupes pour combattre les Gaulois qui ont atteint Préneste et se sont installés dans les environs de Pedum. Le dictateur romain Caius Sulpicius Peticus prend la tête de l'armée romano-latine et défait les Gaulois, 12.. La menace que représentent les Gaulois a pu décider les Latins à se tourner vers Rome et lui fournir des troupes.

En 350 , le consul Marcus Popillius Laenas vainc une armée gauloise.. L'année suivante, les restes de l’armée gauloise reviennent. Marcus Valerius Corvus vainc en combat singulier un colosse gaulois, à l'instar de Titus Manlius quelques années plus tôt. L'armée celte est ensuite vaincue et s'en retourne en Apulie..

D'autres raids sont mentionnés par les annales romaines tout au long du , mais ne concernent pas la cité de Rome.

La troisième guerre samnite et ses conséquences

La bataille de Sentinum (295)